Jean-Jean Lavallière

Fils d'Ève Lavallière

Jean-Jean Lavallière, né le à Paris et mort le à Saint-Baslemont, est un comédien, artiste de music-hall et animateur de spectacle français. Fils d'Ève Lavallière, une actrice renommée de la Belle Époque, il se fait connaître pour sa transition de genre en tant qu'homme trans pendant les Années folles.

Jean-Jean Lavallière
Biographie
Naissance
Décès
Autres noms
Jean Lavallière, Jean-Jean Samuel, Jean Samuel, Jean-Jean Louveau
Nationalité
Activité
Père
Mère
Œuvres principales
La Beauté de Paris, d'Henri Varna, Léo Lelièvre et Fernand Rouvray

Enfance et jeunesse

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Jean-Jean Lavallière naît le , dans le 17e arrondissement de Paris[1]. Il est le fils unique de la comédienne Ève Lavallière et de son directeur de théâtre Fernand Samuel, tous deux célèbres dans le monde du théâtre. Ses parents ont l'un comme l'autre des origines italiennes du côté paternel[2],[3.1]. L'accouchement est difficile pour Ève, manquant de lui être fatal. Elle choisit de nommer l'enfant d'après Jeanne d'Arc ; celui-ci est ensuite baptisé à Saint-Pierre de Rome, selon le désir du père[3.2],[4.1].

Dès 1900, le petit Jean-Jean est fréquemment en coulisses du Théâtre des Variétés, l'établissement dirigé par son père[5],[6]. Entouré des vedettes de théâtre de l'entourage de ses parents, ce jeune enfant blond, éveillé et bavard est gâté par la troupe. Ayant la santé fragile, il est confié à la supérieure d'un couvent de jeunes filles par sa mère, dont la carrière laisse peu de temps à consacrer à un enfant malade. La religieuse lui attribue parmi ces femmes une mère d'adoption. Choyé, il reste auprès de celle-ci jusqu'à l'âge d'entrer au collège[6]. À cette époque, il est tenu à l'écart du milieu du théâtre par ses parents : selon ses propres dires, à l'âge de douze ans, il ne va que deux fois par an au théâtre, au Châtelet et au Cirque d'Hiver[7].

Il est ensuite envoyé en pensionnat en Angleterre[4.2], un pays où il se réfugiera avec sa mère à l'arrivée de la Première Guerre mondiale[4.3]. Son père meurt en 1914, ce qui engendre un conflit d'héritage avec Jeanne Saulier, la comédienne avec laquelle Samuel avait refait sa vie[8]. Les deux plaignants obtiendront chacun la moitié de la fortune de « Samuel le Magnifique »[9], et Jean-Jean héritera du château de Saint-Baslemont[4.4].

Montant à Paris pour « mener la grande vie »[10], le jeune Lavallière se fait connaître en tant que « Jean-Jean », porte les cheveux courts, des costumes d'homme, fume des cigarettes parfumées et côtoie les milieux interlopes[5]. Alors que la ville est sous la menace des Gothas allemands durant la guerre, il fréquente les dancings clandestins parisiens où il danse avec la chanteuse Damia[11].

Affaires judiciaires

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Jean-Jean Lavallière hérite de plusieurs centaines de milliers de francs à la mort de son père. Il a alors 19 ans. Il ne peut cependant pas toucher cet argent tant qu'il est encore mineur, ce qui est son cas, l'âge de la majorité étant à l'époque fixé à 21 ans. En 1915, il rencontre à Paris Joseph-Charles Delrue, le tenancier d'un bar de nuit rue Taitbout[12]. Lavallière devient un important client du bar, y consommant apéritifs, cigarettes et champagne en quantité[13]. Delrue lui accorde un crédit en attendant sa majorité et Lavallière devient propriétaire du John John's Bar, mais se retrouve profondément endetté envers Delrue, un homme qui cherche à l'influencer et qui encourage son alcoolisme et sa consommation conséquente d'opium, de cocaïne et d'éther[14]. Lavallière est ainsi décrit dans la presse comme faisant partie des « plus notoires intoxiquées de la capitale »[15].

Delrue manipule Lavallière et lui fait signer une procuration qui le nomme tuteur du jeune héritier. Il se met ensuite à vivre aux dépens de Lavallière, lui extorquant près de 150 000 francs. Lavallière finit par porter plainte contre le barman en 1917, une fois majeur[12],[16],[17]. Celui-ci est arrêté, ce qui entraîne un long procès pour escroquerie au cours de l'année 1918, l'affaire Delrue, qualifiée dans les journaux d'affaire « très parisienne » en raison de la proximité avec des personnalités connues comme Ève Lavallière ou la comédienne Rose Mignon, l'une des témoins[9],[18]. Delrue est condamné à trois ans de prison et 3 000 francs d'amende[19]. Malade, Jean-Jean Lavallière n'assistera pas au procès[14]. Mi-mai 1918, le bruit de son décès court, des articles déclarant que Jean-Jean serait mort « de ses excès » ; sa « résurrection » est proclamée lorsqu'on découvre qu'il a simplement quitté Paris pour se retirer dans son château au cœur des Vosges[20],[21].

En 1919, Lavallière se retrouve une nouvelle fois mentionné dans une affaire au tribunal, sans être directement impliqué. Trois ans plus tôt, il avait rencontré un jeune homme de 14 ans en se baladant à la campagne et décidé de l'engager comme groom. Après l'avoir l'emmené avec lui à Paris, Lavallière le cède éventuellement à Delrue, le tenancier de bar escroc. Au sein de ce milieu, le domestique tombe dans la criminalité, se rapprochant d'un groupe de malfaiteurs qui pillent des villas de banlieue, et finit par écoper de trois ans de prison pour cambriolage[22],[23].

Transition

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Jean-Jean Lavallière a déclaré qu'il s'est toujours considéré comme un garçon. De ses propres dires, dès l'enfance, il préfère les jouets associés aux garçons, se rêve en aventurier et prend plaisir à s'habiller de manière masculine. Plus grand, il s'habille en homme et se coupe les cheveux courts[24].

Cette identification masculine continue à l'âge adulte. En août 1916, à 21 ans, il organise au château de Saint-Baslemont une cérémonie de mariage, dans laquelle il épouse en grande pompe sa compagne d'alors, prenant le rôle masculin du marié[24],[25],[26]. Ce mariage symbolique, perçu comme lesbien, fera scandale à Paris et sera mentionné lors de l'affaire Delrue, le barman ayant été l'officiant de la cérémonie[27].

Edmund Wilson, de passage au château de Saint-Baslemont en 1917, décrit Lavallière comme quelqu'un ressemblant à un petit jeune homme au costume élégant, qui parle anglais avec l'accent londonien et rappelle Vesta Tilley (une artiste de music-hall connue pour ses rôles travestis de dandy)[28]. La même année, sa mère Ève vient lui rendre visite à Saint-Baslemont, découvrant qu'il y vit « comme mari et femme » avec sa compagne, Marcelle[4.4]. Jean-Jean se fait appeler « Monsieur » et « Petit Patron » par les domestiques ; il vient même à la messe en homme, accompagné de Marcelle. Au grand étonnement d'Ève, qui a du mal à accepter cette situation, cela ne crée pas de scandale au village, les autres habitants ayant accepté le couple[3.3]. Jean-Jean sera ainsi désigné comme parrain de l'enfant d'une servante lors du baptême du bébé[29].

De sociale, la transition de Lavallière passe à médicale et légale. À la suite d'une « grave maladie », il est examiné par un médecin qui le déclare homme (Lavallière étant vraisemblablement intersexe). Il se fait ensuite opérer par le docteur Jean-Louis Faure et son état-civil est modifié[30],[31]. L'histoire fait sensation et une étrange rumeur court à ce sujet : le chirurgien l'aurait suspendu par les pieds et il serait devenu un homme « en reprenant contact avec le sol »[32]…

En 1921, Hugues Delorme rédige un épigramme moqueur à propos de cette opération dans le journal Le Rire[33] :

« À son gré de sexe changeant
(Si j'en crois le bruit qui circule)
Notre sympathique Jean-Jean
A retrouvé son... réticule.

Elle peut ainsi, sans façon,
Aux hasards de son état d'âme,
Tantôt fille et tantôt garçon,
Jouer au monsieur, à la dame.

Où cela s'arrêtera-t-il ?
Poussant les choses à l'extrême,
Elle va, par un jeu subtil,
Se faire un enfant elle-même. »

— Hugues Delorme, Rideau sur l'opération faite à Jean-Jean Lavallière

D'autres articles de presse continueront d'ironiser publiquement sur sa transition les années suivantes[34],[35]. Claude Farrère mentionne brièvement cette transition dans une anecdote à propos de la profonde aversion du poète Pierre Louÿs envers les hommes homosexuels. Louÿs avait ainsi coupé les ponts avec ses amis André Gide et Oscar Wilde par rejet de leur homosexualité et s'apprêtait à s'éloigner de Farrère pour la même raison lorsque, le voyant un jour auprès de Lavallière vêtu en homme, il s'imagina une proximité homosexuelle entre les deux[36] :

« Toutefois, André Gide ne cachait pas ses mœurs amoureuses. Et Pierre Louÿs avait pour ces mœurs-là beaucoup plus qu'une simple réprobation. Il en avait une horreur religieuse — un dégoût insurmontable. — Je me souviens que, dans une soirée prétendue poétique, il s'écarta tout à coup de moi, parce que j'avais enveloppé de mon bras un jeune poète, ou soi-disant tel, qui était Jean-Jean de Lavallière, alors supposée fille, car les chirurgiens ne s'étaient pas encore occupés d'elle pour en faire un garçon. Jean-Jean portait une défroque masculine. Pour rasséréner Pierre, je dus lui engager ma parole que ce mousse de la flotte était une fille. Tout le monde alors, comme moi-même, en était persuadé. Louÿs, ayant compris, me serra fortement la main. »

— Claude Farrère, Mon ami Pierre Louÿs

Selon Edmund Wilson, Janet Flanner aurait connu Jean-Jean Lavallière à Paris ; elle le décrit comme « la lesbienne la plus masculine qu'elle ait jamais vue ». Flanner parle de l'opération que Lavallière a subie et ajoute qu'il avait une petite amie nommée Fi-Fi, qu'il aurait épousée après avoir changé d'état-civil[37]. Un article de presse de février 1924 semble corroborer ses dires : le Jean-Jean d'avant-guerre y est qualifié de « tout ce qu'il y a de plus garçonne », sa transition et son opération sont mentionnées, ainsi qu'un mariage, qu'il aurait réalisé l'année précédente[38]. (Ce mariage, s'il a existé, n'était probablement pas avec Marcelle, celle-ci ayant quitté Jean-Jean fin 1918[3.4].)

Géo London, venu interviewer Lavallière en août 1928 alors qu'il a fui les moqueries de Paris pour les Vosges où il travaille comme commis, le décrit comme un garçon timide et myope de 32 ans, qui sert le sucre et la farine aux dames du village, mais qui est, lorsqu'il raccroche sa blouse d'épicier, un homme « du monde raffiné, dont la voix, les gestes, les attitudes sont celles d'un être normal », et dont on ne soupçonnerait pas « qu'il n'ait pas toujours porté culotte »[30].

Après son retour à Paris durant l'automne 1928, une rumeur circule selon laquelle Lavallière serait l'homme ayant demandé en mariage Maryse Choisy, avançant même qu'il désirerait employer l'écrivaine pour rédiger un roman sur son passé, dont le titre est donné comme « Vingt ans parmi les demoiselles » (faisant écho à Un mois chez les filles)[39]. Lavallière comptait en effet publier ses mémoires, sous le titre Quand j'étais femme[40].

Carrière artistique

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Pré-transition

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Dès 1915, Lavallière prévoit de faire ses débuts au théâtre, mais la question du nom de scène pose problème : il voudrait utiliser « Jean-Jean Lavallière », nom sous lequel il est déjà connu autour de lui, mais sa mère s'y oppose, menaçant un procès. Il ne peut pas s'appeler « Jean-Jean Samuel », autre nom qu'il utilise, car une autre artiste utilisant le nom de scène « Samuel » s'y opposerait. Même son patronyme d'état-civil, « Louveau », n'est pas considéré comme un bon nom de théâtre, raison pour laquelle son père Fernand Samuel (de son vrai nom Adolphe-Amédée Louveau) y avait substitué un nom d'artiste[41]. En dépit de ces obstacles, Lavallière fera un peu de music-hall aux Bouffes du Nord en tant que girl, sous le nom « Jean-Jean Lavallière »[39],[42].

En Lorraine

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En 1925, Lavallière a quitté Paris pour les Vosges, laissant derrière lui sa vie parisienne. Il vit auprès de sa mère Ève, qui a renoncé définitivement à sa carrière d'actrice pour se consacrer à la religion. Converti, il songe à se faire moine lui aussi[43]. Il finit par être accepté au sein de l'Ordre des Tertiaires franciscains[44]. En 1926, Ève Lavallière, interviewée par Robert de Flers, dit ainsi au sujet de son fils : « Mon enfant, mon petit Jean, est revenu auprès de moi. Il m'est arrivé brisé par la vie et par la maladie. Je l'ai guéri physiquement. Dieu l'a guéri moralement. Il partage aujourd'hui mon espérance, ma certitude, ma foi. »[45].

Cependant, cette situation ne dure pas. En août 1928, Jean-Jean Lavallière donne une interview à Géo London qui va propulser son retour sur la scène parisienne. Il y décrit sa situation : après une longue convalescence, il gagne à présent sa vie en tant que garçon d'épicier dans les Vosges, près de Thuillères où sa mère vit en recluse. Il y a monté une petite compagnie de théâtre, « Le Cercle Artistique », où se jouent Le médecin malgré lui et une revue dans laquelle il tient plusieurs rôles où il chante sur des airs à la mode. Désargenté, bien loin de la gloire passée de ses célèbres parents, il a tout perdu, y compris le soutien de sa mère, devenue si dévote qu'elle le rejette. Il a même vendu pour peu d'argent son château de Saint-Baslemont ; transformé en auberge par la nouvelle propriétaire, Lavallière y a travaillé quelques temps en tant que serveur, passant de châtelain à simple employé[30],[46].

Retour à Paris

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Quelques semaines après l'article de London, Henri Varna, qui connaissait déjà Lavallière pour l'avoir fait jouer au music-hall une dizaine d'années plus tôt, relance la carrière théâtrale du jeune homme. Avec son associé Oscar Dufrenne, il télégraphie Lavallière pour le convaincre de quitter son épicerie et de revenir à la capitale[47]. Lavallière accepte, auditionne en interprétant la chanson Ça gaze et signe son contrat. Il débute très vite dans plusieurs rôles de music-hall au Palace, dont le plus proéminent est un sketch du Gamin de Paris dans La Beauté de Paris, une revue avec l'actrice Edmonde Guy en vedette[48],[42],[49]. Un de ses numéros est intitulé Quand j'étais femme[50]. En quelques semaines à peine, il passe d'un banal garçon à lunettes, au veston pauvre et aux mains de campagnard, qui s'occupe des choux et bêche le jardin à l'héritier d'Ève Lavallière sous les projecteurs, animé par l'envie de jouer sur scène[51]. À ses débuts dans La Beauté de Paris, sa prestation de chant et de danse est bien reçue et sa modestie en dépit de ses origines est appréciée[49],[52].

Les années 1930

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En 1930, Jean-Jean, orphelin et sans argent, semble être malade. Il est très affecté par la mort de sa mère, décédée en juillet 1929[6]. Pour raisons de santé, il a dû mettre fin à sa carrière théâtrale, mais il conserve une certaine notoriété en tant qu'homme étant une « ancienne jeune femme », notamment auprès des dames. Une tragédienne de l'Odéon aurait même délaissé pour lui un comédien célèbre[32].

En 1931, Lavallière tient un cabaret portant son nom, rue d'Hauteville, où il donne à chanter. Le chansonnier Marcel Celmas y passe la même année. Ce cabaret Jean Lavallière deviendra une brasserie alsacienne en 1950[53],[54].

Lavallière se fait également un nom en tant qu'animateur de spectacle. Il présente en 1933 et 1934 des spectacles au cabaret à Montmartre[55],[56], puis, en 1937, une fête caritative pour une fondation aidant les rhumatisants. Suzy Solidor, Madeleine Renaud, Pierre Bayle et Jacques Simonot, les vedettes parisiennes de l'époque, se produisent à cette soirée[57]. Il organise également l'édition de l'année suivante, pour laquelle la liste des artistes s'allonge : en plus des précédents, on y compte aussi Léon Bélières, Régina Camier, Reda Caire, Celmas, George Chepfer, Pierre Dac, Damia, Suzette Desty, Marguerite Gilbert, Lucienne Herblay, Jean Kolb, Mistinguett, Parisys, Raymond Souplex, Jane Sourza, Renée Piat, Géo Sundy[58],[59],[60]… En 1938 et 1939, le nom de Lavallière est associé à un cabaret et bar rue Pierre-Charron, l'Ascot (ascot signifiant « lavallière » en anglais) où il se produit chaque jour avec ses vedettes, leurs spectacles étant rediffusés sur Radio 37[61],[62],[63].

Affaire de plagiat

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Au début des années 1930, dans les cabarets de Montmartre, on chante une chanson intitulée Crois-moi, à la musique composée par un certain Maurice Jacob et aux paroles de Jean-Jean Lavallière. Cependant, Jean-Jean n'est pas à l'origine du texte : il s'agit en réalité d'un quatrain du poète belge Adolphe Hardy publié des années plus tôt, À mi-voix. Ce poème était très cher à Ève Lavallière, qui en ignorait l'auteur ; ces vers auraient même contribué à la conversion religieuse de celle-ci. Jean-Jean fait de ce poème une chanson sous son propre nom, ce qui entraîne une affaire en plagiat[64].

Projet de film sur Ève Lavallière

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Dans les années 1940, Jean-Jean Lavallière participe à des projets racontant la vie de sa mère décédée. Il passe à la radio en mai 1943 pour parler d'elle[65]. En 1944, un projet de film sur la vie d'Ève Lavallière émerge. Marcelle Maurette, qui passe un traité officiel avec Jean-Jean Lavallière pour l'exclusivité des droits au théâtre ou au cinéma pour un biopic sur sa mère, a même un synopsis[66]. Jean Cocteau, censé collaborer, est empêché par ses projets personnels. Le projet passe dans les mains d'André Tranché et André Zwobada pour la production, avec un scénario écrit par Jean-Jean lui-même[67], mais n'aboutit visiblement jamais[68],[69].

Retraite à Saint-Baslemont

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Après ces années à Paris, Jean-Jean Lavallière prend sa retraite et s'installe à Saint-Baslemont. Dans les années 1950, il organise des représentations au café du village, où se jouaient des spectacles d'écoliers qu'il mettait en scène, ainsi que, de temps à autres, ceux de vedettes parisiennes venues lui rendre visite. Jacques Demarny et son frère, surnommés les « jumeaux de la chanson », s'y sont ainsi produits au début de leur carrière[70].

Dernières années et mort

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Peu de choses sont connues sur le reste de la vie de Jean-Jean Lavallière. Edmund Wilson raconte sa nouvelle rencontre avec lui en 1963 dans ses carnets et journaux intimes (en le mégenrant). Lavallière est alors un septuagénaire qui vit près de son château en ruine, dans la solitude[37].

Jean-Jean Lavallière meurt le 21 juin 1980 à Saint-Baslemont, dans les Vosges, à l'âge de 85 ans. Son acte de décès le liste sous son identité féminine[1].

Références

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  70. ↑ « Saint-Baslemont. Les jumeaux de la chanson. », sur www.vosgesmatin.fr, (consulté le )

Voir aussi

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