Jean-Louis Billon
Jean-Louis Eugène Billonⓘ, né le à Bouaké, est un entrepreneur et homme politique ivoirien.
| Jean-Louis Billon | |
Jean-Louis Billon, au Forum économique mondial pour l'Afrique le 5 mai 2011. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre ivoirien du Commerce | |
| – (11 mois et 28 jours) |
|
| Président | Alassane Ouattara |
| Premier ministre | Daniel Kablan Duncan |
| Gouvernement | Duncan V |
| Prédécesseur | Lui-même (Commerce) |
| Successeur | Souleymane Diarrassouba |
| Ministre du Commerce, de l'Artisanat et de la Promotion des PME | |
| – (3 ans, 1 mois et 22 jours) |
|
| Président | Alassane Ouattara |
| Premier ministre | Daniel Kablan Duncan |
| Gouvernement | Duncan IV |
| Prédécesseur | Sidiki Konaté |
| Successeur | Lui-même (Commerce) Azoumana Moutaye (Artisanat & Promotion des PME) |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bouaké (Vallée du Bandama, Côte d'Ivoire) |
| Nationalité | Ivoirienne |
| Parti politique | PDCI-RDA |
| Diplômé de | Université Montpellier 1 |
| Profession |
|
| modifier |
|
Figure majeure de l'agro-industrie en Afrique de l'Ouest, il a dirigé le groupe SIFCA, crée par son père, comme PDG de 2001 à 2012, avant d'en rester administrateur et président du conseil d'administration de plusieurs de ses filiales cotées.
Engagé également dans la vie publique, il a exercé les fonctions de ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME (2012-2017), de maire de Dabakala (2001-2010), de président du conseil régional du Hambol (2013-2017) et de député à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire (2021-2025).
Candidat à l'élection présidentielle de 2025, il arrive en deuxième position avec 3,09 % des voix.
Formation
modifierJean-Louis Billon passe son enfance entre Abidjan et Dabakala en Côte d'Ivoire dans les années 1960 et 1970. Il fait ses études primaires au Nid de Cocody à Abidjan, puis ses études secondaires au Collège moderne d’Abidjan II et au pensionnat de Bingerville. En classe de seconde, il part poursuivre ses études secondaires en France[1].
Il obtient une maîtrise en droit des affaires à l’université de Montpellier ainsi qu’un diplôme de l'Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN)[2].
Il part ensuite aux États-Unis pour un master en affaires internationales à l'université de Floride. En 1992 en Floride, il rencontre Henriette Gomis, sa future femme, dont le père Charles Gomis est un haut diplomate sous le président Félix Houphouët-Boigny et éphémère ministre des Relations extérieures en 2000 sous le général Robert Gueï. Il se marie avec elle en 1994[3].
Parcours professionnel
modifierJean-Louis Billon commence sa carrière dans le Wisconsin en tant que directeur des ventes de la société Grace Cocoa[2].
En 1995, il rentre en Côte d'Ivoire et intègre le groupe familial SIFCA comme secrétaire général cette même année[2]. Le groupe SIFCA, crée en 1964 par Pierre Billon, est l'un des premiers groupes privés du continent avec plus de 33.000 employés dans 5 pays et actif sur les marchés de l’huile de palme, du caoutchouc et du sucre[2].
À la mort de son père en 2001, il prend la tête du groupe. Il devient ainsi le PDG du plus grand groupe privé de Côte d'Ivoire et l'une des personnes les plus riches du pays[4].
Il est aussi président de la chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire de 2002 à 2012[5].
Parcours politique
modifierSur le plan politique, en 2001, Billon est élu maire sans étiquette de la commune de Dabakala dont son père est originaire. Il occupe ce fauteuil jusqu'à son élection à la présidence du conseil régional du Hambol, en 2013[6].
En 2004, la décision du président Laurent Gbagbo d'octroyer le premier terminal à conteneurs du port d'Abidjan au groupe Bolloré et non à une de ses entreprises provoque la rupture avec celui-ci[2].
Opposant à Laurent Gbagbo, il est exfiltré d'Abidjan dans des conditions rocambolesques par un commando de militaires français après avoir exhorté ses homologues entrepreneurs de ne pas effectuer le règlement de l’échéance fiscale du à un gouvernement désormais sans légitimité depuis le scrutin présidentiel ayant donné la victoire à Alassane Ouattara[7].
Le , il entre au gouvernement comme ministre du Commerce, de l'Artisanat et de la Promotion des PME[8],[1],[9]. Il y plaide pour la bonne gouvernance, la lutte contre les monopoles et la corruption; il dénonce aussi la victoire du groupe Bolloré sur le port d’Abidjan, même si sa position était fragilisée par les intérêts de son propre groupe[10].
Durant ses années en tant que ministre, il définit un cadre institutionnel et réglementaire relatif aux activités de l’artisanat d’une part, et aux PME d’autre part. Il est notamment à l’origine du projet Phoenix, visant à promouvoir la création, le suivi et le développement de ces dernières, dans une volonté permanente de promouvoir le secteur privé, valoriser les entreprises africaines et accélérer le développement économique de la Côte d'Ivoire[11]. Il plaide pour la bonne gouvernance, la lutte contre les monopoles et la corruption; il dénonce aussi la victoire du groupe Bolloré sur le port d’Abidjan, même si sa position était fragilisée par les intérêts de son propre groupe[10].
Il travaille aussi à la réhabilitation du Centre artisanal de Grand-Bassam, à la création du premier Marché ivoirien de l’artisanat (MIVA)[12], à la construction de casses modernes (San Pedro, N’Dotré) et au lancement de l’Agence des PME, comprenant la mise en place d’un fonds de garantie et d’incubateurs d’entreprises[13].
Il devient ensuite ministre du Commerce, jusqu'en , date à laquelle il quitte le gouvernement. Il se rapproche alors du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et en devient le porte-parole.
Ce rapprochement déclenche la colère au sein du Rassemblement des républicains (RDR). Le , il est suspendu de ses fonctions de président du Conseil régional du Hambol à la suite d'un décision du Conseil des ministres sous prétexte qu’il avait été élu sous la bannière du RDR[2].
En 2020, il présente sa candidature à l'investiture du PDCI à l'élection présidentielle avant de renoncer en et de se résigner à apporter son soutien au candidat du parti depuis les années 1990, Henri Konan Bédié[14].
En , il bat le député sortant Aboubacary Coulibaly en obtenant 47,64 % des suffrages, ce que les observateurs considèrent comme une petite prouesse dans une région acquise depuis des années au RDR du président Alassane Ouattara[15].
En , Jean-Louis Billon annonce sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour 2025[4],[16]. Le , il réaffirme sa candidature à l'élection présidentielle[17]. Billon abandonne sa nationalité française et cette mesure est effective dans un décret du [18],[19].
En , ne pouvant être candidat du PDCI-RDA pour l'élection présidentielle d’octobre, il réunit 18 partis et mouvements politiques au sein du Congrès démocratique (CODE) dont il est le candidat[20]. Sa candidature est retenue par le Conseil constitutionnel[21]. Il arrive en deuxième position derrière Alassane Ouattara lors du premier tour avec 3,09 % des voix[22].
Autres postes
modifierJean-Louis Billon est nommé conseiller économique et social en 2001, vice-président de la chambre régionale UEMOA en 2002 et vice-président pour l’Afrique de l’Ouest de la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones en 2004.
Le , Jean Louis Billon prend la tête du Comité national de soutien aux Éléphants de Côte d'Ivoire, dont il démissionne le après la campagne du mondial sud-africain[23].
Distinctions
modifier- Légion d'honneur française[1]
- Officier de l'ordre du mérite ivoirien
- Commandeur dans le mérite sportif ivoirien
Chevalier de l'ordre du Mérite congolais
Notes et références
modifier- 1 2 3 « Jean-louis BILLON (Ex Ministre du Commerce) - Abidjan.net Qui est Qui », Abidjan.net, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 Servan Ahougnon, « Jean-Louis Billon : figure de proue de la nouvelle garde politique ivoirienne », sur Agence Ecofin, (consulté le )
- ↑ « DIPLOMATIE: Qui est Charles Gomis, le nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire en France ? », sur Ivoirebusiness.net, (consulté le )
- 1 2 Aïssatou Diallo, « Côte d’Ivoire : Jean-Louis Billon, (trop ?) impatient d’être président », Jeune Afrique,
- ↑ « Nicolas DJIBO, nouveau président de la chambre de commerce et d’industrie », sur mpme-ci.org via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ « Jean Louis Billon fait ses adieux à la mairie de Dabakala (AIP) », sur Slate Afrique (consulté le ).
- ↑ « Billon, un ministre qui vient de loin », sur Connectionivoirienne.net, (consulté le )
- ↑ « Jean-Louis Billon, un chef d’entreprise privée comme ministre du… », sur lefaso.net (consulté le ).
- ↑ Aissatou Doumbia, « Jean-Louis Billon : Le parcours d’un homme d’affaires ambitieux à la conquête de la présidence ivoirienne | Pulse Côte d'Ivoire », sur www.pulse.ci, (consulté le )
- 1 2 financialafrik.com
- ↑ « Activités du gouvernement : le ministre du commerce, de l’artisanat et de la promotion des Pme, Jean-Louis Billon a fait le bilan de ses activités et confirmé son rôle dans la relance économique ! », sur Abidjan.net (consulté le ).
- ↑ « Premier marché ivoirien de l`artisanat : Le ministre Jean Louis Billon lance le… », sur abidjan.net via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ « Ministère de la Promotion des PME, de l'Artisanat et de la Transformation du… », sur pme.gouv.ci (consulté le ).
- ↑ André Silver Konan, « Présidentielle en Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié annonce sa candidature à l’investiture du PDCI », Jeune Afrique, (lire en ligne)
- ↑ « Législatives à Dabakala : Billon remporte plus qu’un siège de député », sur Observateur Citoyen, (consulté le )
- ↑ Julien Clémençot, « Jean-Louis Billon : « Je me bats pour être le candidat du PDCI en 2025. Et je ferai tout pour l’être » », Jeune Afrique,
- ↑ Bineta Diagne, « Côte d’Ivoire: le député du PDCI Jean-Louis Billon se déclare candidat à la présidentielle de 2025 », Radio France International,
- ↑ « Présidentielle en Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam n’est officiellement plus français », Jeune Afrique, .
- ↑ Décret du 7 mars 2025
- ↑ « Présidentielle en Côte d’Ivoire: Jean-Louis Billon rompt avec Tidjiane Thiam et veut être le candidat de "l'alternative" », sur information.tv5monde.com, (consulté le )
- ↑ « Présidentielle en Côte d'Ivoire: cinq candidatures retenues, celles de Tidjane Thiam et de Laurent Gbagbo rejetées », Radio France internationale, .
- ↑ David Kalfa, « Présidentielle en Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara largement vainqueur, selon les résultats provisoires », Radio France internationale, .
- ↑ « Football », sur Sport-ivoire.ci (consulté le ).