Élection présidentielle ivoirienne de 2025

élection présidentielle en Côte d'Ivoire

L’élection présidentielle ivoirienne de 2025 a lieu le afin d'élire le président de la république de Côte d'Ivoire pour un mandat de cinq ans.

Élection présidentielle ivoirienne de 2025
Corps électoral et résultats
Inscrits 8 568 456
Votants 4 292 474
 
50,10 % en diminution 3,8
Blancs et nuls 171 944
Alassane Ouattara – RHDP
Voix 3 759 030
89,77 %
 
en diminution 5,5
Jean-Louis Billon – CODE
Voix 129 493
3,09 %
 
Président de la République
Sortant Élu
Alassane Ouattara
RHDP
Alassane Ouattara
RHDP

Le président sortant Alassane Ouattara est candidat à un quatrième mandat. Le scrutin a lieu dans un contexte d'invalidation des candidatures de plusieurs figures de l'opposition, dont celle de l'ancien président Laurent Gbagbo, celle de l'ancien Premier ministre Guillaume Soro, et celles des anciens ministres Tidjane Thiam, Charles Blé Goudé et Pascal Affi N'Guessan.

L'élection est une victoire sans surprise pour le président sortant, qui l'emporte dès le premier tour avec plus de 89 % des voix en l'absence de ses principaux opposants. Le taux de participation accuse une nouvelle baisse consécutive, avec un peu plus de 50 % des électeurs s'étant rendus aux urnes.

Contexte

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Présidence d'Alassane Ouattara

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Alassane Ouattara.

Le président sortant Alassane Ouattara est au pouvoir depuis la présidentielle de 2010, où il est élu au second tour face au président Laurent Gbagbo[1],[2]. Le scrutin débouche sur une crise politique[3],[4]. La crise, qui se transforme rapidement en guerre civile, s'achève cinq mois plus tard par la prise de la capitale par les forces nouvelles pro-Ouattara et l'arrestation de l'ancien président Gbagbo retranché dans la résidence présidentielle de Cocody. À nouveau candidat, Ouattara est réélu dès le premier tour en 2015[5],[6], l'opposition pro-Gbagbo ayant boycotté le scrutin.

Un référendum constitutionnel instaure la Troisième République, qui met en place un parlement bicaméral, un poste de vice-président et remet à zéro le compteur de la limite du nombre de mandats présidentiels, renouvelable une seule fois[7],[8]. Les précédentes législatives en décembre de la même année sont remportées par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara, qui obtient la majorité absolue des suffrages. Le parti réitère ensuite cette victoire lors des sénatoriales de .

Réélection de 2020

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Éligible pour un troisième mandat, Alassane Ouattara affirme à plusieurs reprises son intention de ne pas briguer à nouveau la présidence, conditionnant toutefois ce retrait à la non-participation des anciens présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié[9],[10],[11]. Il affirme ainsi vouloir « transférer le pouvoir à une nouvelle génération », mais uniquement si « ceux de [s]a génération comprennent que [leur] temps est passé »[12]. Début , il annonce aux parlementaires réunis en Congrès ne pas être candidat à sa réélection[13]. Cette décision, qu'il affirme avoir mûrie deux ans durant, est saluée en Côte d'Ivoire comme à l'étranger[14],[15],[16]. Amadou Gon Coulibaly, premier ministre en exercice, est alors désigné candidat du RHDP pour la présidentielle de 2020[17]. Hospitalisé en raison de problèmes cardiaques, Coulibaly meurt cependant quatre mois plus tard[18],[19]. La mort de son dauphin désigné à l'élection présidentielle est alors un coup dur pour le président sortant, qui s'était mis en froid avec plusieurs autres personnalité du parti au pouvoir afin d'imposer sa candidature. Devant le vide laissé par le décès du Premier Ministre et la mise hors jeu préalable de ses concurrents internes, une troisième candidature de Ouattara finit par s'imposer, le président revenant sur sa décision de ne pas se représenter lors d'un discours à la Nation, prononcé le , à l'occasion de la fête nationale ivoirienne[20]. L'annonce est immédiatement suivie de violences pré-électorales. Des affrontements ont lieu entre des opposants à un troisième mandat du président sortant et des militants de son parti, le tout sur fond de tensions ethniques et communautaires[21],[22].

Le scénario de 2015 se répète par conséquent lors de l'élection présidentielle de 2020, qui conduit à une large réélection d'Alassane Ouattara dans le contexte d'un boycott des partis d'opposition[23],[24],[25]. Le premier tour est entaché de violences et seuls 17 601 bureaux de votes peuvent ouvrir sur 22 381, provoquant une réduction du nombre d'inscrits capables de voter de 7 495 082 à 6 066 441, soit une exclusion de près d'un cinquième des inscrits. Ouattara réunit 95 % des voix, pour un taux de participation de 53 %[26].

L'opposition ne reconnait pas les résultats, ses dirigeants annonçant la création d'un conseil national de transition[27],[28]. Le , Pascal Affi N'Guessan est arrêté. Il est accusé par le procureur de « complot contre l'autorité de l'État », « mouvement insurrectionnel », « assassinat » et « actes de terrorisme »[29]. Le , le Conseil constitutionnel confirme les résultats publiés par la Commission électorale[30]. Henri Konan Bédié annonce entretemps le qu’il met fin au régime de « transition » proclamé à la suite de l’élection, et appelle au « dialogue national »[31]. Alassane Ouattara prête serment pour un troisième mandat le . Il annonce dans la foulée la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et appelle à la reprise du dialogue avec l’opposition en vue des élections législatives de 2021[32].

Avec la participation des principaux partis politiques pour la première fois depuis la crise politique dix ans auparavant, qui avait conduit les deux législatives suivantes à s'organiser sous le poids de boycotts de l'opposition, ces élections s’opèrent dans un contexte d'appels à la réconciliation et d'espoir d'un retour à un climat politique apaisé. Bien que finalement décevant en termes de participation, le scrutin se déroule dans le calme. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix du président Alassane Ouattara connait un recul mais conserve la majorité absolue des sièges.

Demande de réforme de l'opposition

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Le , 15 partis d'opposition se réunissent à Bonoua et demandent des réformes électorales, à travers une déclaration lue par Simone Gbagbo, ancienne première dame. Parmi les partis politiques présents figurent le Mouvement des générations capables (MGC) de Simone Ehivet, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples de Charles Blé Goudé. Ils estiment que le processus électoral actuel sera « source majeure de conflits »[33]. Le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) de l’ancien président Laurent Gbagbo ne signe cependant pas cette déclaration des partis d’opposition[34].

Révision de la liste électorale

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La Commission électorale indépendante lance le la révision de la liste électorale qui comporte près de 8 millions d'électeurs. Elle ouvre 12 000 centres d'enrôlement dans tout le pays[35]. L'enrôlement doit aboutir à l'inscription de 4,5 millions de nouveaux électeurs de plus sur une période 3 semaines prenant fin le [36].

Afin de faciliter les procédures administratives liées à l'enrôlement, le certificat de nationalité est délivré gratuitement et il est possible de s'inscrire avec un récépissé de carte d'identité pour les personnes n'ayant pas encore reçu leur carte nationale d'identité. Malgré cette mesure, l'opposition demande un prolongement de la période d'enrôlement[35].

Le , par décret pris en conseil des ministres, le gouvernement prolonge la période du recensement électoral de la révision de la liste électorale d'une semaine, jusqu'au [37],[38].

Le , le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), exige en vain l’inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorales[39].

Le nombre d'inscrit sur la liste électorale est annoncée le à 8 727 431 électeurs[40].

Mode de scrutin

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Le président ivoirien est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois de manière consécutive. Est élu le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu. La constitution fixe la date du premier tour au dernier samedi du mois d'octobre de la cinquième année du mandat présidentiel en cours, et celle du second tour éventuel au dernier samedi du mois de novembre suivant[41].

Après l'élection présidentielle de 2020, le scrutin de 2025 sera le deuxième à avoir lieu sous la Constitution ivoirienne de 2016 adoptée par référendum neuf ans plus tôt. Celle-ci modifie notamment plusieurs des critères d'éligibilité du président comme la limite maximum d'âge d'un candidat, auparavant fixée à 75 ans, qui disparaît, tandis que l'âge minimum est abaissé à 35 ans (art. 55)[42].

Là où l'ancienne constitution imposait qu'un candidat soit « exclusivement de nationalité ivoirienne, nés de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine », la nouvelle constitution remplace cette condition par « nés de père ou de mère ». Un seul des parents d'un candidat présidentiel a désormais besoin de posséder la nationalité ivoirienne de naissance et ils ont maintenant la possibilité d'avoir eu une autre citoyenneté. Le candidat lui-même peut également avoir eu une autre nationalité, ce qui était auparavant impossible, mais doit y renoncer avant de soumettre sa candidature[42].

La fonction de vice-président est également créée en 2016. Nommé par le président, il lui succède en cas de vacance du pouvoir[41].

Candidats

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Candidatures retenues

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Seuls cinq candidatures sont finalement retenues, le Conseil constitutionnel jugeant le irrecevables cinquante-cinq candidatures sur les soixante dossiers soumis par la Commission électorale indépendante (Cei). Les candidatures retenues sont celles de Jean-Louis Billon, Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou[43].

Candidats déclarés

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Candidat Parti Idéologies Détails
Alassane Ouattara
Alassane Ouattara
Alassane Ouattara
(83 ans)[44]
Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) Droite
Libéralisme, Houphouëtisme
Président de la République de Côte d'Ivoire (depuis 2011)
Jean-Louis Billon
Jean-Louis Billon
Jean-Louis Billon
(60 ans)
Congrès démocratique (CODE)[45] Centre droit Ministre du Commerce (2012-2017)[46].
Actuel député de Dabakala

En octobre 2021, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour 2025. Le 26 octobre 2024, il réaffirme sa candidature à l'élection présidentielle[47].
Ancien cadre du PDCI.

Simone Gbagbo
Simone Gbagbo
Simone Gbagbo
(75 ans)
Mouvement des générations capables (MGC) Gauche
Socialisme
Panafricanisme
Souverainisme
Présidente du MGC
Ancienne Première dame, en tant qu'épouse du président Laurent Gbagbo de 2000 à 2011. Elle est déclarée candidate de son parti en novembre 2024[48].
Henriette Lagou Adjoua
Henriette Lagou Adjoua
Henriette Lagou Adjoua
(66 ans)
Indépendante
Soutenu par le Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP-PAIX)[a]
Ancienne ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant dans le gouvernement Affi N'Guessan I et candidate à l'élection présidentielle de 2015. Elle est déclarée candidate par la coalition GP-Paix le [49],[50].
Ahoua Don Mello
Ahoua Don Mello
Ahoua Don Mello
(67 ans)
Indépendant

Candidatures notables rejetées

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La liste ci-dessous est non exhaustive.

Candidat Parti Idéologies Détails
Pascal Affi N'Guessan (72 ans)[51] Front populaire ivoirien (FPI) Centre gauche Président du FPI
Premier ministre de Côte d'Ivoire de 2000 à 2003
Laurent Gbagbo (80 ans)[52] Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire
(PPA-CI)
Gauche
Socialisme
Panafricanisme
Souverainisme[53]
Ancien président de la république de Côte d'Ivoire (2000-2011)[54].

Inéligible à la suite d'une condamnation de la justice ivoirienne[55].

Tidjane Thiam (63 ans)[56] Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain
(PDCI-RDA)
Centre droit
Liberalisme
Houphouëtisme
Président du PDCI
Ancien ministre du Plan et du Développement et ancien directeur du Bureau national d'études techniques et de développement (1994-1999)
Déclaré inéligible par le tribunal de première instance d’Abidjan pour avoir perdu la nationalité ivoirienne après l'acquisition de la nationalité française en 1987[57].
Gnangbo Kacou[58](63 ans) Indépendant Ex-député, et quatrième vice-président du Conseil régional du Sud-Comoé.
Wakallet Oga Cyrill Baï

(38 ans)

Indépendant Social-démocratie Président de la MOPALIC, consultant en stratégie et ingénierie d'affaires
⁠Président de la MOPALIC (Mouvance pour la Paix la Liberté et le Changement).
Vincent Toh Bi Irié[59](55 ans) Indépendant Ex-préfet d'Abidjan (2018 - 2020). Il annonce sa candidature le [60].
Assalé Tiémoko Antoine

(49 ans)

Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (ADCI) Le , à Yamoussoukro lors des célébrations de l'an 1 d'existence de son parti, il annonce être candidat aux élections présidentielles d'[61]

Candidatures préalablement exclues

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Le , la Commission électorale indépendante publie la liste électorale définitive. Sont notamment exclus les noms de quatre figures de l'opposition ivoirienne : Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro. Aucun d'entre eux ne peut ainsi se présenter à l'élection présidentielle ni même voter[62],[63].

Campagne

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Campagne des candidats

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Alassane Ouattara est désigné candidat à la présidentielle le par son parti politique, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), sans avoir encore lui même confirmé sa candidature[64]. Il déclare officiellement sa candidature lors d'un discours télévisé le , justifiant celle-ci par son expérience, qu'il juge nécessaire face aux défis qu'affronte le pays[65]. Il ajoute notamment : « j'ai fait de la parole donnée un engagement, toutefois, les années passées à la tête de notre pays m'ont fait comprendre que le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi »[66].

Certains candidats dont Gnangbo Kacou ont pour projet d'abandonner le franc CFA, ce qui est sujet à controverses[67].

La campagne se passe dans la majorité à l'intérieur du pays. Jean Louis Billon avec son mouvement le Congrès démocratiques ouvre sa campagne à Abidjan dans la commune de Marcory, le [68]. Le , Alassane Ouattara avec son parti le RHDP, lance sa campagne électorale à Daloa au centre ouest de la Côte d'Ivoire[69],[70]. Quant à Simone Gbagbo, elle lance sa campagne à Bouaflé le , avec le soutien de Charles Blé Goudé présent à son meeting[71],[72].

Mouvement de protestation

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Dans un communiqué publié le , les partis de l'opposition rassemblés au sein du Front Commun, dont le PDCI et le PPA-CI dont les leaders n'ont pas été retenus annoncent une marche de manifestation pour le [73]. Le , le gouvernement interdit les meetings et les manifestations contre l'exclusion de candidats de l'opposition[74]. L'opposition reporte alors la manifestation au [75].

La manifestation de l'opposition a lieu le , mais elle est dispersée par les forces de l'ordre[76]. Le ministère de l'intérieur annonce 237 personnes interpellées et 18 autres à l'intérieur du pays à Dabou dans une ville proche de la capitale[76]. Selon le procureur, c'est un total de 700 personnes qui sont arrêtées à travers le pays[77]. Dix jours plus tard, 32 personnes arrêtées lors des manifestations sont condamnées à trois ans de prison ferme pour troubles à l'ordre public et attroupement sur la voie publique[78].

Amnesty International produit un communiqué le dans lequel l'ONG appelle « Les autorités à arrêter de réprimer les manifestations pacifiques ». L'ONG demande la libération des personnes interpellées[79]. Les partis de l'opposition dénoncent de leur côté l'interdiction de manifester[80].

Résultats

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Résultats nationaux[81]
Candidats Partis Premier tour
Voix %
Alassane Ouattara RHDP 3 759 030 89,77
Jean-Louis Billon CODE 129 493 3,09
Simone Ehivet Gbagbo MGC 101 238 2,42
Ahoua Don Mello Indépendant 82 508 1,97
Henriette Lagou Adjoua Indépendante 48 261 1,15
Votes blancs[b] 66 788 1,56
Votes valides 4 120 530 95,99
Votes nuls 105 156 4,01
Total 4 292 474 100
Abstention 4 275 982 49,90
Inscrits / participation 8 568 456 50,10

Analyse et conséquences

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Les résultats provisoires sont proclamés le 27 octobre par la commission électorale indépendante, qui choisit pour la première fois de les publier en incluant le vote blanc en tant que suffrage exprimé[82],[83],[84],[85]. Avec 89 %, Alassane Ouattara l'emporte dès le premier tour pour la troisième fois consécutive après les élections de 2015 et 2020. Arrivé deuxième avec 3 % des voix, Jean-Louis Billon reconnait sa défaite et adresse ses félicitations au président pour sa réélection tout en pointant les irrégularités et le très faible taux de participation[86]. Le président sortant, qui bénéficie d'un solide bilan économique, l'emporte ainsi sans suspense face à des candidats au faible poids politique[87].

Cette victoire intervient cependant dans le contexte de l'absence de candidats des principaux partis de l'opposition, le Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam, dont les candidatures ont été recalées par le Conseil constitutionnel. Les deux dirigeants, réunis au sein du Front commun, dénoncent une « mascarade électorale » et un « coup d'État civil » et appellent à la tenue de nouvelles élections inclusives[88].

Boycottée par une large majorité de l'opposition, l'élection voit son taux de participation accuser une nouvelle baisse consécutive, avec 50,10 % des électeurs s'étant rendus aux urnes contre 53,90 % en 2020 et 52,86 % en 2015. Elle est particulièrement faible dans les bastions de l'opposition tel le département de Gagnoa (20,68 %) ou le quartier de Cocody de la capitale Abidjan (19,24 %)[88],[89]. Dans l'ensemble, le scrutin se déroule néanmoins dans le calme selon les observateurs de l'Union africaine, de la Cedeao et du Conseil national des droits de l'homme, qui saluent le déroulement du scrutin. Ce dernier note des incidents dans 2 % des bureaux de vote, dans un pays habitué aux tensions meurtrières lors des élections. Un total de 10 morts sont ainsi à déplorer, dont 6 avant le scrutin. Lors de la crise post-électorale de 2010, le pays avait connu environ 3 000 morts[88],[87].

Le scrutin est notamment perçu comme l'occasion manquée d'une transmission du pouvoir. Selon l'écrivain Ousmane Ndiaye, la réélection de Ouattara est ainsi « une victoire sans bataille, sans jeu démocratique réel. La Côte d'Ivoire rate ici une occasion majeure de renouvellement et d'inclusion politique ». La réélection du président sortant repousse à plus tard la question d'une passation de pouvoir au profit d'un dauphin politique de la nouvelle génération ou d'une alternance politique pacifique, véritable enjeu de la Côte d'ivoire post-crise de 2010[87].

La publication des résultats définitifs le par le Conseil constitutionnel, qui conserve inchangés ceux de la Commission électorale en l'absence de réclamations, est suivie de l'investiture d'Alassane Ouattara pour un quatrième mandat le [90],[91]

Notes et références

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  1. ↑ Coalition regroupant l'Union pour la démocratie totale en Côte d'Ivoire (UDT-CI), le Rassemblement pour la paix et la concorde (RCP-PAIX), le Nouveau ivoirien démocratique (NID) et le Congrès national pour le développement de la Côte d'Ivoire (CNDCI).
  2. ↑ Inclus dans les suffrages exprimés par la Commission électorale.

Références

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