Jean-Michel Atlan

peintre et lithographe français

Jean-Michel Atlan, né le à Constantine (Algérie)[1], mort le à Paris (6e arrondissement)[2], est un peintre français.

Jean-Michel Atlan
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Biographie

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Jean-Michel Atlan est issu d'une famille d'origine juive berbère. Son père, Liaou Atlan, né en 1870 à Constantine, est commerçant et marié à Rachel Melili. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein des services auxiliaires du 11e bataillon territorial de zouaves[3].

Jean-Michel Atlan effectue ses études supérieures en philosophie à la Sorbonne, et adhère au Parti communiste français et à l'Union fédérale des étudiants[4], puis il milite à l'extrême gauche trotskiste et anticolonialiste. Il est professeur de philosophie au lycée de Laval en 1938-1939, puis, à la rentrée 1939, au lycée Condorcet à Paris.

Sous l'Occupation, Jean-Michel Atlan est frappé par la politique antisémite du régime de Vichy. En application de la loi portant statut des Juifs du 3 octobre 1940, il est révoqué de l'enseignement et devient peintre autodidacte[5].

Le 9 juin 1942, Jean-Michel Atlan est arrêté et incarcéré à la prison de la Santé à Paris (14e arrondissement) pour « actes de terrorisme ». Au cours de l'hiver 1942-1943, il est transféré à l'hôpital Sainte-Anne après avoir simulé la folie, à l'instar du peintre juif Léon Schwarz-Abrys. À la Libération, il est libéré[5].

Il est ami notamment avec le couple formé par Jean Duvignaud et Clara Malraux, Alain Robbe-Grillet, René de Obaldia, et avec l'écrivain et théoricien de l'architecture Michel Ragon. Il se consacre désormais à la peinture et expose en 1944 au Salon des surindépendants dans un style expressionniste. Quelques mois plus tard, en , il publie un recueil de poèmes, Le Sang profond, qu'il illustre, et présente en une exposition à la galerie l'Arc-en-Ciel à Paris.

En 1946, Atlan rencontre Asger Jorn, puis rejoint le mouvement CoBrA[6] et se rapproche de l'abstraction. Cette même année 1946, Maeght publie l'ouvrage Description d'un Combat de Franz Kafka et dont les lithographies en noir ont été réalisées par Atlan. En 1948, il participe à la création du groupe CoBrA, grâce à l'intervention de Guillaume Corneille. En 1955, il expose à la galerie Charpentier à Paris. Il est victime d'une hémorragie en 1959 pendant une exposition à Londres et meurt le d'un cancer foudroyant[7], peu de temps avant de présenter ses toiles à New York.

Il avait épousé Denise Veron, morte le [8].

En 1980, il est l'objet d'une rétrospective au Centre Pompidou[5].

Atlan commence à peindre en 1944 sans ordre ou structure formelle préconçus, tout fasciné qu'il est par la matière rendue en empattements de couleurs, frottages et autres ratures comme dans Peinture (1947). Il ne se forge un style pensé qu'à partir de 1950, où l'informel cède la place à une organisation plastique[9].

Œuvres (sélection)

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  • Le Kahena
  • Composition
  • Le Roi David
  • Hérodiade
  • Carnaval
  • Los Incas
  • Le Roi Guerrier
  • Les Gémeaux
  • Le Scarabée
  • Maldoror
  • Nedroma
  • Rythmes africains
  • Sagittaire
  • Sumatra
  • Zodiaque
  • 39 lithographies (imprimerie Fernand Mourlot, 1946-1950)[10]

Notes et références

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  1. Archives nationales d'outre-mer, « État civil de Constantine, registre des naissances de 1913, acte n°154, vue 37 / 411 » Accès libre, sur http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil du 6e arrondissement, registre des décès du 2 janvier au 2 juin 1960, acte n°81, vue 9 / 31, 6D 276 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Archives nationales d'outre-mer, « Registre des matricules militaires, bureau de recrutement de Constantine, classe 1890, matricule n°749 » Accès libre, sur http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. « ATLAN Jean [ATLAN Jean-Michel] – Maitron » (consulté le )
  5. 1 2 3 Pierre Albertini, « Les juifs du lycée Condorcet dans la tourmente », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, vol. 92, no 4, , p. 81–100 (ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.092.0081, lire en ligne, consulté le )
  6. Acronyme de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam (1948-1951).
  7. P. Albertini, « Les juifs du lycée Condorcet dans la tourmente », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, no 92, p. 85, Presses de Sciences Po, Paris, octobre 2006 (ISSN 0294-1759), DOI 10.3917/ving.092.0081.
  8. « Carnet du jour », Le Figaro, 6 juillet 2004.
  9. Dora Vallier, L'Art abstrait, Hachette-Pluriel, 1980, p. 250 (ISBN 2-01-010051-4).
  10. « Altan, Jean-Michel », dans Janine Bailly-Herzberg, L'Estampe en France 1830-1950, Paris, AMG-Flammarion, 1985, p. 18.

Annexes

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Bibliographie

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  • André Verdet, Atlan, Le Musée de Poche, Paris, 1957.
  • Bernard Dorival, Essai de biographie artistique, Paris, Pierre Tisné, 1962.
  • Michel Ragon, Atlan mon ami, 1948-1960, Paris, Éditions Galilée, 1989.
  • " Atlan premières périodes 1940/1954 ", Editions Adam Biro, Paris, 1989
  • Jacques Polieri, Catalogue raisonné de l'œuvre complet d'Atlan, essai de biographie de Kenneth White, préface d'Alain Bondfand, Paris, Gallimard, 1996.
  • Marc Alyn, Atlan : Description d'un combat, Approches de l'art moderne, Bartillat, 2007.
  • Jean-Luc Nancy, Atlan : Les Détrempes, Paris, Hazan, 2010.

Iconographie

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Article connexe

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Liens externes

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