Jean Bogas (grec ancien : Ἰωάννης Βογᾶς) est un dignitaire et officier byzantin du début du Xe siècle, principalement connu pour son rôle dans les relations avec les Petchénègues durant la guerre byzantino-bulgare de 913-927. Stratège de Cherson et patrice, il négocie en 914 une alliance avec les Petchénègues contre Siméon Ier de Bulgarie.

Biographie

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Représentation de la bataille d'Anchialos dans la chronique de Skylitzès de Madrid.

Jean Bogas apparaît dans les sources vers 913-914, après la mort de l'empereur Alexandre. Après le retour au pouvoir de l'impératrice-mère Zoé Carbonopsina au printemps 914, le gouvernement byzantin cherche des alliés susceptibles d'intervenir contre les Bulgares. Bogas, probablement alors stratège de Cherson, affirme pouvoir convaincre les Petchénègues de prendre part à la guerre et demande en contrepartie la dignité de patrice, qui lui est accordée. La Crimée byzantine est alors un lieu à l'interface du monde impérial et des pouvoirs nomades qui peuplent une partie de l'Ukraine et de la Russie actuelles et sert donc de point d'appui à la diplomatie byzantine. Jean Bogas se rend auprès des Petchénègues avec des présents et conclut avec eux un accord par lequel ceux-ci s'engagent à attaquer les Bulgares. Il revient ensuite à Constantinople accompagné d'otages petchénègues, dont la libération est conditionnée au respect de l'accord conclu[1].

Lors de la grande campagne byzantine de 917, Bogas conduit les Petchénègues jusqu'au Danube, où ils doivent rejoindre l'offensive contre la Bulgarie. Une violente dispute l'oppose toutefois au commandant de la flotte byzantine, Romain Lécapène. Devant la mésentente entre les deux commandants, les Petchénègues renoncent à participer à l'expédition et regagnent leur territoire. Peu après, l'armée byzantine subit une lourde défaite face aux forces de Siméon lors de la bataille d'Anchialos. Une enquête est menée à Constantinople sur les circonstances de l'échec de l'expédition petchénègue, au cours de laquelle Romain Lécapène manque d'être condamné à l'aveuglement[1].

Une lettre adressée en 917 à Siméon par le patriarche Nicolas Mystikos mentionne également un Bogas, stratège de Cherson, qui lui transmet régulièrement des informations sur les tentatives du souverain bulgare pour rallier les Petchénègues et d'autres peuples à sa cause. L'identification de ce personnage avec Jean Bogas des chroniqueurs est considérée comme très probable. Trois sceaux pourraient également lui appartenir, puisqu'ils évoquent un Jean, stratège de Cherson vers le début du Xe siècle. Il faudrait toutefois, dans ce cas, les dater d'avant 914, puisque Bogas porte déjà à cette date la dignité de patrice, alors que les titulaires de ces sceaux ne sont encore qualifiés que de basilikos protospatharios[1],[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Pmbz, Ioannes Bogas (#22900).
  2. (de) Werner Seibt et Alexandra-Kyriaki Wassiliou-Seibt, Die byzantinischen Bleisiegel in Österreich, vol. 2 : Zentral- und Provinzialverwaltung, Vienne, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, , p. 336.

Bibliographie

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  • Petre Diaconu, « Les Petchénègues du Bas-Danube au Xe siècle », Dacia. Revue d'archéologie et d'histoire ancienne, nouvelle série, vol. 11, , p. 259-270 (lire en ligne)
  • (de) Ralph-Johannes Lilie, Claudia Ludwig, Beate Zielke et Thomas Pratsch (dir.), Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit Online, De Gruyter, (lire en ligne).
  • (en) Steven Runciman, The Emperor Romanus Lecapenus and His Reign: A Study of Tenth-Century Byzantium, Cambridge University Press, (ISBN 9780521357227)