Alexandre (empereur byzantin)
Alexandre[N 1] (en grec : Ἀλέξανδρος), né en 869 ou 870 et mort le , est un empereur byzantin de la dynastie macédonienne. Fils de Basile Ier, il est associé au trône vers 879 puis demeure coempereur durant tout le règne de son frère Léon VI, sans participer de manière significative au gouvernement et semble entretenir des relations complexes, voire conflictuelles avec lui. À la mort de Léon en 912, il devient le principal détenteur du pouvoir aux côtés de son jeune neveu Constantin VII, alors mineur.
| Alexandre | |
| Empereur byzantin | |
|---|---|
La mosaïque d'Alexandre dans la basilique Sainte-Sophie est exposée dans le coin sud-ouest de la galerie du nord. Elle est l'une des œuvres les mieux conservées de la basilique. | |
| Règne | |
| - 1 an et 26 jours |
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| Période | Macédonienne |
| Précédé par | Léon VI le Sage |
| Suivi de | Constantin VII Porphyrogénète |
| Biographie | |
| Naissance | (Constantinople) |
| Décès | (à 42 ans) |
| Père | Basile Ier |
| Mère | Eudocie Ingérina |
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Son règne personnel, qui ne dure que treize mois, est marqué par une importante recomposition de l'entourage impérial, le rappel du patriarche Nicolas Mystikos et la déposition d'Euthyme, ainsi que par la rupture de la paix avec le souverain bulgare Siméon Ier le Grand. Mort en , Alexandre laisse le pouvoir à Constantin VII, encore enfant. Les sources byzantines lui ont transmis une réputation particulièrement négative, le décrivant comme débauché, superstitieux et incapable. Depuis les travaux de Patricia Karlin-Hayter, cette image est fortement nuancée : sans réhabiliter son gouvernement, l'historiographie souligne le caractère polémique des principales sources et la difficulté de distinguer la personnalité réelle de l'empereur de la légende noire construite après son règne. En outre, l'iconographie de son règne, quoique modeste, est d'une valeur explicative certaine pour appréhender certains traits de son exercice du pouvoir.
Sources et historiographie
modifierSources contemporaines et traditions narratives
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La brièveté du règne d'Alexandre et sa position secondaire pendant celui de Léon VI expliquent la relative pauvreté des sources qui lui sont directement consacrées. Pour son règne personnel, la principale source narrative est la chronique attribuée à Syméon le Logothète, composée au milieu du Xe siècle et conservée dans plusieurs recensions, notamment celles de Léon le Grammairien et du continuateur de Georges le Moine. Shaun Tougher souligne que cette œuvre est généralement hostile à la dynastie macédonienne et favorable à Romain Ier, qui interrompt l'exercice effectif du pouvoir par Constantin VII. Pour la période allant de 867 à 913, le Logothète paraît avoir utilisé une série d'annales qui peuvent préserver des informations chronologiques précieuses, mais son choix des événements et leur présentation ne sont pas neutres[3],[4]. Dans le cas d'Alexandre, son récit prend la forme d'une succession d'une douzaine d'anecdotes destinées à illustrer les vices et les erreurs du souverain[5]. La chronique de Jean Skylitzès est également mobilisable pour les événements de cette période mais l'auteur n'est guère favorable à Alexandre, ainsi dépeint : « Le mode de vie antérieur de l’empereur Alexandre était fastueux et débridé ; ses passions étaient la chasse et d’autres pratiques habituelles licencieuses. Il ne connaissait rien d’une conduite digne d’un empereur, préférant se livrer à la débauche et à l’immoralité »[6]. Il n'est d'ailleurs pas exclu que Skylitzès s'appuie sur la Vita Euthymii[7].
La Vita Euthymii, biographie du patriarche Euthyme, constitue une autre source essentielle et parfois plus proche des événements. Elle apporte notamment des informations sur les relations entre Alexandre et Léon VI, la crise religieuse provoquée par la tétragamie, la déposition d'Euthyme en 912 et les dernières semaines d'Alexandre. Sa perspective est cependant fortement déterminée par son sujet : le retour au patriarcat de Nicolas Ier Mystikos entraîne la disgrâce et les mauvais traitements infligés à Euthyme, de sorte que le règne d'Alexandre apparaît comme celui des adversaires du héros de l'œuvre. Tougher souligne plus généralement que la Vita tend à reconstruire certains épisodes du règne de Léon VI pour mettre en valeur Euthyme et ses alliés[8],[9],[10].
Les écrits d'Aréthas de Césarée offrent un témoignage plus directement contemporain, mais tout aussi polémique. Partisan d'Euthyme et adversaire de Nicolas Mystikos, Aréthas se montre extrêmement hostile à Alexandre. Son témoignage est particulièrement important pour les cérémonies accomplies par l'empereur dans l'Hippodrome et pour sa dernière maladie. Il affirme qu'Alexandre offre aux statues de l'Hippodrome un sacrifice qu'il associe aux Anthestéries[11].
Ces sources ne sont cependant pas nécessairement indépendantes les unes des autres. Karlin-Hayter relève des ressemblances verbales et narratives suffisamment précises entre le Logothète et la Vita Euthymii pour supposer l'utilisation d'un matériau commun, notamment dans le récit des cérémonies de l'Hippodrome. La multiplication apparente des témoignages hostiles peut ainsi donner une impression trompeuse de consensus : plusieurs textes peuvent reproduire ou développer une même tradition plutôt qu'attester indépendamment un événement[11].
D'autres témoignages permettent ponctuellement de contrôler cette tradition. La chronique de Théophane continué l'excuse en partie en rapportant que sa mauvaise gestion du gouvernement doit beaucoup au fait qu'il a été écarté des affaires publiques par son frère[12]. Une homélie consacrée à la paix conclue avec les Bulgares en 927, rédigée une quinzaine d'années seulement après le règne, demeure défavorable à Alexandre mais donne de la rupture avec Siméon Ier le Grand une image plus complexe que celle du Logothète[13]. Les nombreux textes attribués à Constantin VII apportent également des éclairages sur le règne d'Alexandre mais lui sont également assez défavorables, son neveu ayant visiblement gardé une piètre image de lui[14].
Une documentation plus favorable est exceptionnellement rare. Ihor Ševčenko a relevé que certains poèmes consacrés à la mort de Léon VI adoptent envers Alexandre une attitude au moins neutre et respectueuse : le souverain mourant y confie son fils à son frère et demande réciproquement à Constantin de considérer Alexandre comme son protecteur. Ševčenko souligne le caractère exceptionnel de ces textes au sein d'une tradition byzantine presque unanimement hostile à Alexandre[15].
Perspectives contemporaines
modifierLa mauvaise réputation d'Alexandre est déjà un fait acquis chez les chroniqueurs byzantins postérieurs au règne d'Alexandre. Elle se retrouve par exemple au XIIe siècle chez Constantin Manassès[16]. Cette tradition hostile a profondément influencé l'historiographie moderne. Comme le relève Patricia Karlin-Hayter en 1969, les historiens qui s'intéressent à Alexandre ont longtemps repris du Logothète non seulement ses informations, déjà peu nombreuses, « mais aussi son attitude et même ses adjectifs[N 2] ». Le souverain apparaît ainsi dans les grandes synthèses comme un personnage débauché, superstitieux et incapable, dont les treize mois de règne auraient suffi à compromettre l'héritage politique de Léon VI et à provoquer une guerre désastreuse avec la Bulgarie[18]. Cette appréciation se retrouve par exemple chez Edward Gibbon qui écrit d'Alexandre qu'il parcourt « rapidement la carrière du vice et de la folie, [il] égala bientôt en ce genre la réputation de l’empereur Michel »[19]. Il est rejoint par Georg Ostrogorsky, qui le dit « jouisseur et frivole » avec comme seule politique de « liquider l'héritage de son frère défunt »[20]. Romilly Jenkins relève plus généralement qu'Alexandre peut concourir au titre de pire empereur byzantin[21]. Pour autant, tous ne sont pas aussi critiques, Karlin-Hayter souligne la plus grande modération de certains auteurs[22]. Elle a elle-même largement contribué à adopter un regard critique envers les sources primaires presque unanimement hostiles à Alexandre et les historiens sont désormais souvent plus pondérés sur le personnage d'Alexandre, sans pour autant le réhabiliter complètement[23],[24].
Jeunesse
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Alexandre naît le , même si l'année 869 ou 871 a pu être mentionnée[25],[12],[21]. Il est le fils de l'empereur Basile Ier et de l'impératrice Eudocie Ingérina, et le plus jeune de leurs fils destiné à une carrière séculière, tandis que son frère cadet Étienne est voué à l'Église. Contrairement à son frère aîné Léon VI, dont la filiation a fait l'objet de controverses en raison de la liaison entretenue par Eudocie avec l'empereur Michel III, la paternité de Basile ne fait guère de doute dans le cas d'Alexandre, conçu plusieurs années après la mort de Michel en 867. Cette différence semble avoir conservé une certaine importance dans les représentations dynastiques postérieures, les chroniqueurs insistant sur Alexandre comme fils véritable de Basile[26],[21].
Les premières années d'Alexandre sont très mal connues. Il grandit au sein d'une famille impériale nombreuse dans laquelle la succession paraît d'abord solidement organisée autour de Constantin, fils aîné de Basile Ier et coempereur depuis le début du règne de son père. Léon est lui-même couronné coempereur en 870, tandis qu'Étienne est destiné à l'Église et que les filles de Basile et d'Eudocie sont placées dans un monastère. La mort prématurée de Constantin en 879 modifie cet équilibre. Léon devient alors le principal héritier de son père et Alexandre est vraisemblablement associé à l'Empire peu après. La date exacte de son couronnement n'est pas connue, mais les données numismatiques conduisent généralement à le situer entre septembre et novembre 879 ; Alexandre apparaît dès lors aux côtés de Basile et de Léon dans la représentation du pouvoir impérial[27],[28]. Une association plus précoce d'Alexandre au trône a néanmoins été envisagée. Le numismate D. M. Metcalf s'appuie notamment sur un follis de Basile Ier qu'il interprète comme représentant l'empereur avec Constantin et Alexandre, ce qui impliquerait que ce dernier ait été couronné avant la mort de son frère[29],[N 3]. Shaun Tougher considère toutefois que cet indice ne permet pas d'établir avec certitude une association aussi précoce d'Alexandre au pouvoir[31].
Quoi qu'il en soit, cette association ne signifie pas qu'Alexandre soit placé sur un pied d'égalité avec son frère Léon. Dans le système dynastique mis en place par Basile Ier, plusieurs fils peuvent porter simultanément le titre impérial sans que soit remise en cause la prééminence de l'héritier principal. Après 879, ce rôle revient clairement à Léon, que Basile prépare à lui succéder et qu'il marie à Théophanô Martinakia probablement en 882. Alexandre, encore enfant, demeure donc un coempereur junior, dont aucune participation effective au gouvernement n'est connue. Cette situation n'a rien d'exceptionnel : selon Tougher, elle tient moins à une mise à l'écart personnelle d'Alexandre qu'au rôle normalement dévolu à un fils cadet au sein d'une collégialité impériale fortement hiérarchisée[32].
La situation change temporairement lorsque les relations entre Basile et Léon se détériorent. En 883, Léon est accusé d'avoir comploté contre son père, dépouillé de ses insignes impériaux et emprisonné. Cette disgrâce, qui dure près de trois ans, pose nécessairement la question de la succession. Alexandre, seul autre fils de Basile susceptible d'exercer le pouvoir, pourrait alors avoir été élevé au rang d'héritier présomptif. Cette reconstruction, anciennement proposée par Albert Vogt, a été reprise par Shaun Tougher, qui s'appuie notamment sur le récit de l'historien arabe Al-Mas'ûdî. Celui-ci rapporte qu'à la mort de Basile, Alexandre aurait d'abord accédé au pouvoir avant d'être remplacé par Léon. Pour Tougher, ce témoignage conserverait le souvenir déformé d'une période durant laquelle Alexandre a effectivement été considéré comme le successeur de son père. L'hypothèse reste toutefois difficile à démontrer, aucune source byzantine contemporaine ne confirmant explicitement une telle promotion[33],[34].
Léon est finalement libéré et rétabli dans sa dignité impériale en juillet 886. À la mort accidentelle de Basile Ier le mois suivant, c'est lui qui prend la direction de l'Empire, tandis qu'Alexandre conserve son titre de coempereur. Tougher voit dans l'épisode de 883-886 une explication possible de l'hostilité durable qu'Alexandre manifeste ensuite envers son frère : pendant quelques années, il aurait pu raisonnablement envisager de devenir le principal successeur de Basile avant que le retour en grâce de Léon ne le replace au second rang. Cette interprétation est néanmoins une reconstruction historiographique et doit être distinguée des sources, qui attestent bien la mauvaise entente entre les deux frères mais n'en donnent pas clairement la cause[35],[32].
Coempereur sous Léon VI
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Un coempereur discret
modifierÀ la mort de Basile Ier en , Léon VI devient le souverain principal tandis qu'Alexandre conserve la dignité impériale qu'il détient depuis son enfance. Les deux frères ne constituent toutefois pas une véritable dyarchie : Léon exerce seul la direction du gouvernement et Alexandre ne paraît recevoir aucune responsabilité administrative ou militaire importante. Cette situation a parfois été interprétée comme le résultat d'une volonté de Léon d'écarter son frère, mais Shaun Tougher la considère plutôt comme conforme à la hiérarchie existant entre un empereur principal et son collègue cadet. Sous Basile Ier déjà, l'association de plusieurs de ses fils au trône n'avait nullement limité son autorité ; de même, le statut impérial d'Alexandre ne lui confère pas nécessairement un droit au partage effectif du gouvernement[32].
Alexandre n'est pas pour autant déchu ou tenu entièrement à l'écart de la vie publique. Son statut de coempereur est attesté tout au long du règne de Léon par une documentation particulièrement variée : textes hagiographiques, Synaxaire de Constantinople, inscriptions, actes juridiques, monnaies et jusqu'aux traités conclus avec les Rus' au début du Xe siècle. Le Kletorologion de Philothée, composé en 899 pour codifier les préséances de la cour, mentionne lui aussi les deux empereurs et prévoit la participation d'Alexandre aux cérémonies impériales. Tougher souligne ainsi que, si Alexandre demeure politiquement secondaire, il continue d'occuper une place reconnue dans la représentation et le cérémonial de la monarchie macédonienne[36].
Cette position se traduit par plusieurs apparitions publiques. Alexandre participe notamment aux cérémonies religieuses auxquelles prend part la famille impériale et certaines sources le montrent aux côtés de son frère dans des occasions solennelles. Le Kletorologion laisse entrevoir une répartition cérémonielle dans laquelle les deux empereurs peuvent recevoir séparément certains groupes de dignitaires avant de se retrouver lors du banquet impérial. Il est également associé à Léon lors de cérémonies telles que la translation de reliques attribuées à Marie Madeleine et de celles de Lazare à Constantinople. Il accompagne aussi la dépouille de Michel III quand elle est ramenée à Constantinople pour être inhumée dans l'église des Saints-Apôtres de Constantinople[12].
Des relations fraternelles complexes
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Les rapports personnels entre les deux frères semblent malgré tout avoir été mauvais. La Vita Euthymii (Vie d'Euthyme) affirme qu'Alexandre éprouve de l'hostilité envers Léon dès l'avènement de celui-ci, tandis que les événements de son propre règne montrent qu'il s'empresse ensuite de revenir sur plusieurs choix de son frère. Les causes de cette animosité sont difficiles à établir. L'historiographie a parfois invoqué les doutes entourant la paternité de Léon, qu'Alexandre aurait pu considérer comme un fils de Michel III plutôt que de Basile. Tougher privilégie une explication plus directement politique : la disgrâce de Léon entre 883 et 886 aurait temporairement fait d'Alexandre le successeur le mieux placé de Basile, avant que le rétablissement de son frère puis son accession au pouvoir ne le ramènent durablement au second rang. Il s'agit toutefois d'une reconstruction : les sources établissent plus solidement l'existence de l'hostilité que ses motivations[23],[38].
À deux reprises, Alexandre aurait tenté de renverser son frère selon la Vie d'Euthyme. La première fois se situerait au tournant de l'année 900, alors que la troisième épouse de Léon vient de mourir et qu'il demeure sans héritier. Selon la Vita Euthymii, Alexandre aurait réagi au fait que son frère l'aurait fait se séparer de son épouse, possiblement pour l'empêcher d'avoir une descendance mâle[23]. La deuxième fois intervient à la Pentecôte 903, quand Léon manque d'être assassiné dans une église mais l'implication personnelle d'Alexandre reste incertaine[39],[12]. Dans ces deux situations, Shaun Tougher émet des doutes sur le rôle d'Alexandre. Il estime en revanche que cette idée de complots dans le proche entourage de l'empereur reflète alors la réalité des aléas de la vie politique byzantine, souvent agitée de conspirations à caractère familial. S'il est donc difficile de savoir si Alexandre cherche à prendre le pouvoir à son frère, la méfiance de ce dernier est assez aisément envisageable car pouvant s'appuyer sur des antécédents dans le monde byzantin[40].
En parallèle, il est aussi possible que Léon a été tenté d'évincer son frère. Il aurait par exemple réuni plusieurs hauts dignitaires pour leur faire promettre de ne pas favoriser son usurpation au détriment du jeune Constantin voire, il aurait pu faire d'Himérios, le beau-père de Constantin, son tuteur[12],[41]. Cette dernière hypothèse, issue uniquement de la Vie de Nicétas David, une source hostile à Léon VI, doit néanmoins être considérée avec prudence. Selon cette même source, ce serait le Sénat qui aurait intercédé en faveur d'Alexandre mais Shaun Tougher émet les plus grands doutes sur la véracité de ce récit[42].

Les tensions entre les frères n'empêchent pas Alexandre de conserver une position dynastique tout du long[N 4]. Pendant une grande partie du règne, Léon ne dispose en effet d'aucun fils susceptible de lui succéder. Ses trois premiers mariages restent sans héritier mâle survivant et Alexandre demeure donc, de fait, l'autre représentant masculin adulte de la dynastie. Sa propre situation matrimoniale n'apporte toutefois aucune solution : il semble s'être marié à deux reprises sans avoir d'enfant. Cette absence d'héritier chez les deux frères contribue à expliquer l'importance prise par la naissance, le , du futur Constantin VII, fils de Léon et de Zoé Carbonopsina, mais aussi l'ampleur de la crise provoquée par la volonté de Léon de légitimer cet enfant en épousant sa mère, qui devient sa quatrième épouse[45].
Malgré leur mésentente, Léon choisit précisément Alexandre pour être le parrain de Constantin lors du baptême de l'enfant, célébré le à Sainte-Sophie. Le geste possède une forte portée politique. En créant une parenté spirituelle entre son frère et son fils, Léon cherche vraisemblablement à renforcer les obligations d'Alexandre envers son neveu dans l'éventualité où il mourrait avant lui. Le choix est d'autant plus significatif qu'Alexandre, adulte et sans descendance, reste alors un successeur potentiel tandis que la légitimité de Constantin est fragilisée par la situation matrimoniale de ses parents[46],[47].
La crise de la tétragamie, ouverte par le quatrième mariage de Léon avec Zoé Carbonopsina, renforce encore l'enjeu de la succession. Léon obtient finalement la reconnaissance de son mariage et fait couronner Constantin coempereur le , donnant à son fils une position impériale qui le place désormais dans la succession dynastique aux côtés d'Alexandre. Rien ne permet cependant d'établir qu'Alexandre joue un rôle actif dans le conflit religieux qui oppose Léon au patriarche Nicolas Mystikos puis aboutit à la déposition de ce dernier et à son remplacement par Euthyme. Son attitude après 912 montre en revanche qu'il est hostile au règlement imposé par son frère : devenu souverain principal, il rappelle immédiatement Nicolas et dépose Euthyme. Il serait donc tentant d'en déduire une proximité antérieure avec le parti de Nicolas, mais les sources disponibles ne permettent pas de l'affirmer pour les années du règne de Léon[48],[11].
La place d'Alexandre dans la succession demeure néanmoins ambiguë jusqu'aux derniers jours de Léon. Constantin est empereur couronné mais n'a que six ans lorsque son père tombe gravement malade au printemps 912. Léon semble avoir compris que son frère exercerait nécessairement le pouvoir après sa mort et cherche surtout à garantir les droits de son fils. Le fait qu'Alexandre n'a pas d'enfant renforce d'ailleurs sa position puisqu'il est alors moins tenté d'évincer son neveu. Plusieurs traditions rapportent les recommandations de Léon à son frère en faveur de Constantin. Des poèmes probablement composés peu après sa mort lui font demander à Alexandre de considérer son neveu comme son propre fils et à Constantin de regarder son oncle comme son père ; Skylitzès rapporte de même que Léon demande que Constantin reçoive une éducation conforme à son rang et qu'Alexandre le désigne comme son successeur. Tougher estime ainsi que Léon accepte l'accession de son frère faute d'alternative réaliste, tout en multipliant les garanties morales et politiques autour de son fils[49],[50],[51].
À la mort de Léon VI, le , Alexandre devient donc naturellement le détenteur effectif de l'autorité impériale, sans qu'une nouvelle proclamation soit nécessaire puisqu'il est empereur depuis plusieurs décennies. Constantin VII conserve sa dignité de coempereur mais, encore enfant, se trouve placé sous l'autorité de son oncle[50],[52].
Règne personnel
modifierPrise du pouvoir et recomposition de l'entourage impérial
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À la mort de Léon VI, le , Alexandre devient le principal détenteur de l'autorité impériale. Alexandre n'est pas à proprement parler le régent de son neveu : empereur couronné depuis plus de trente ans, il gouverne en son nom propre et apparaît dans les sources comme le souverain effectif de l'Empire. Cette situation explique que son règne, quoique partagé nominalement avec Constantin, soit généralement considéré comme un règne personnel[17],[53].
Alexandre entreprend rapidement de modifier l'entourage constitué sous son frère. Zoé Carbonopsina, veuve de Léon et mère de Constantin VII, est éloignée du palais, tandis que plusieurs des principaux serviteurs du règne précédent perdent leurs fonctions. Le parakimomène Constantin le Paphlagonien, proche du couple impérial, est écarté et l'amiral Himérios, qui avait exercé une influence importante sous Léon, est enfermé dans le monastère de Kalybai à son retour d'une campagne malheureuse contre les Arabes ; il y meurt quelques mois plus tard[54]. Les sources hostiles à Alexandre présentent volontiers ces mesures comme le produit de sa rancune envers son frère et les hommes qui l'avaient servi[55],[56],[57].
Cette lecture doit cependant être nuancée. Patricia Karlin-Hayter interprète les changements de 912 comme les manifestations assez ordinaires d'une recomposition du personnel politique lors de l'avènement d'un nouveau souverain. Après vingt-six années durant lesquelles Léon a gouverné sans lui laisser de rôle effectif, Alexandre doit disposer de ses propres relais et écarter des personnages dont la position dépend étroitement du règne précédent. Plusieurs hommes jusque-là peu en vue accèdent ainsi à son entourage immédiat, notamment Jean le Recteur, Basilitzès et Gabrielopoulos, tous deux d'origine slave. Le Logothète dénonce les richesses qu'Alexandre aurait distribuées à ces favoris et insiste sur leur basse extraction ; Karlin-Hayter y voit plutôt l'indice d'une politique destinée à promouvoir des hommes dépendant directement du nouvel empereur et à contrebalancer les groupes déjà puissants à la cour[58].
Cette politique semble également avoir affecté les relations entre l'empereur et une partie de l'aristocratie sénatoriale. Les chroniqueurs reprochent à Alexandre ses largesses envers ses favoris et lui attribuent différents projets extravagants, jusqu'à l'intention de faire de Basilitzès son successeur, quitte à émasculer le jeune Constantin[59]. Karlin-Hayter souligne toutefois que ces récits proviennent d'une tradition particulièrement hostile au souverain et propose d'y reconnaître la réaction des groupes évincés par le changement de régime. Elle rapproche notamment les promotions effectuées par Alexandre d'une stratégie impériale classique consistant à limiter l'influence des détenteurs de grandes charges en leur opposant des hommes nouveaux, dont la fortune dépend directement de la faveur du souverain. Il demeure néanmoins difficile, en raison de la brièveté du règne et de la nature des sources, de déterminer si ces décisions relèvent d'un véritable programme de gouvernement[58]. La violence avec laquelle les chroniqueurs condamnent le remplacement des hommes de Léon contraste d'ailleurs avec leur propre hostilité envers certains favoris de ce dernier, comme l'eunuque Samonas. Pour Karlin-Hayter, cette apparente contradiction s'explique moins par la qualité individuelle des dignitaires que par la méfiance des milieux aristocratiques envers une politique impériale susceptible de réduire leur influence[14].
Le sort de Constantin VII constitue un autre élément important de cette recomposition. Plusieurs chroniqueurs affirment qu'Alexandre envisage de faire castrer son neveu afin de le rendre inapte à l'exercice du pouvoir, voire de lui substituer Basilitzès, mais qu'il en aurait été dissuadé par des hommes reconnaissants envers Léon VI[60]. Le récit est devenu un élément central du portrait traditionnel d'Alexandre en tyran hostile à la dynastie de son frère[57]. Sa valeur historique reste pourtant incertaine : aucun passage à l'acte n'est attesté et la tradition qui le rapporte appartient précisément au corpus dont Karlin-Hayter souligne la forte hostilité envers Alexandre. Surtout, celui-ci ne supprime pas le statut impérial de Constantin et, lorsqu'il sent sa propre mort approcher, organise un conseil chargé d'assurer le gouvernement pendant la minorité de son neveu. Il paraît donc préférable de présenter le projet de castration comme une accusation des chroniqueurs plutôt que comme une intention établie du souverain[61].
Le retour de Nicolas Mystikos et la crise ecclésiastique
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La rupture la plus manifeste avec le règne précédent concerne cependant l'Église. Alexandre rappelle Nicolas Mystikos, que Léon VI avait contraint à abandonner le patriarcat en 907 au cours de la crise de la tétragamie, et lui restitue le siège patriarcal. Euthyme, installé par Léon, est parallèlement déposé. Les circonstances précises du retour de Nicolas ont fait l'objet de discussions, celui-ci ayant ultérieurement laissé entendre que Léon lui-même avait préparé sa restauration avant sa mort. La majorité des traditions narratives l'attribuent néanmoins à Alexandre et cette interprétation demeure la plus vraisemblable[61],[56],[12].
La déposition d'Euthyme donne lieu à une scène particulièrement violente. Convoqué devant un Silentium! réuni à la Magnaure, l'ancien patriarche est déposé en présence d'Alexandre et de Nicolas, puis agressé par certains des participants avant d'être envoyé en exil[52]. La Vita Euthymii, dont dépend en partie la tradition historiographique ultérieure, décrit longuement les humiliations et les coups qui lui sont infligés[62]. Karlin-Hayter ne conteste pas l'événement mais invite à le replacer dans les violences accompagnant parfois les changements de pouvoir à Byzance et surtout dans le contexte d'un conflit ecclésiastique déjà ancien : les partisans de Nicolas avaient eux-mêmes subi des mesures de rétorsion après sa déposition. Le retour de celui-ci entraîne à son tour l'éviction d'évêques et de clercs euthymiens, même si l'ampleur réelle de cette épuration semble avoir été plus limitée que ne le laisse penser la violence des récits[61],[56].
Le choix d'Alexandre ne met donc pas fin à la crise ouverte par le quatrième mariage de Léon VI : il en inverse plutôt le rapport de forces. Le schisme entre partisans de Nicolas et d'Euthyme se prolonge au-delà de son règne et n'est définitivement résolu qu'en 920 avec le Tome d'Union. Surtout, le rétablissement de Nicolas ne doit pas nécessairement être interprété comme la seule manifestation de l'hostilité d'Alexandre envers son frère. Nicolas représente une autorité ecclésiastique importante et son retour permet au nouvel empereur de s'appuyer sur un homme lui aussi écarté par le régime précédent. En revanche, l'alliance entre le trône et le patriarche ne signifie pas une soumission de l'un à l'autre : la politique fiscale menée ultérieurement par Alexandre à l'encontre de certains biens ecclésiastiques provoque au contraire des résistances dans les milieux favorables à Euthyme[63].
Appuis et oppositions intérieures
modifierCes premières mesures ont largement contribué à la réputation posthume d'Alexandre. Les sources issues des milieux hostiles au nouvel ordre politique les présentent comme une succession de règlements de comptes : expulsion de Zoé, disgrâce des serviteurs de Léon, promotion de favoris indignes et vengeance contre Euthyme. Karlin-Hayter a proposé une lecture différente, sans pour autant faire d'Alexandre un souverain particulièrement capable : ses décisions peuvent former les éléments d'une tentative cohérente d'affirmation de l'autorité impériale après plusieurs décennies passées dans l'ombre de son frère. Le renouvellement des élites de cour, la recherche de nouveaux soutiens et le rétablissement de Nicolas Mystikos participeraient ainsi d'une volonté de constituer un régime propre. L'extrême brièveté du règne empêche toutefois de savoir jusqu'où Alexandre entendait pousser cette réorientation[63].

Alexandre paraît en revanche avoir bénéficié d'une certaine popularité auprès des couches urbaines de Constantinople. Cette dimension est principalement connue par les écrits d'Aréthas de Césarée, adversaire du patriarche Nicolas Mystikos et très hostile à Alexandre, qui dénonce le soutien apporté à l'empereur par la foule des marchés et des carrefours. Le témoignage est difficile à interpréter précisément, mais il montre au minimum que les adversaires d'Alexandre associaient son régime aux catégories populaires de la capitale. Il est possible d'y voir une stratégie politique : un empereur pouvait chercher dans la population constantinopolitaine un appui permettant de contrebalancer l'influence de l'aristocratie. Le caractère polémique de la source interdit cependant d'aller jusqu'à faire d'Alexandre le promoteur d'une véritable politique favorable aux classes populaires[64].
Une autre opposition apparaît à l'occasion d'un prélèvement extraordinaire sur les biens de l'Église. D'après la Vita Euthymii, l'initiative en revient à Nicolas Mystikos, qui propose à Alexandre un moyen de procurer des ressources supplémentaires au Trésor ; l'empereur en ordonne aussitôt la mise en œuvre. Le récit, favorable aux adversaires de Nicolas, présente la mesure comme particulièrement coercitive et affirme que les ecclésiastiques du parti d'Euthyme en empêchent la perception en distribuant aux pauvres les biens recherchés par les agents impériaux. Karlin-Hayter estime que certains détails de cette narration sont probablement exagérés, mais considère le prélèvement lui-même comme un élément important de l'opposition ecclésiastique à Alexandre. Elle suppose qu'il était destiné à financer les préparatifs militaires liés à la dégradation des relations avec la Bulgarie, sans que cette finalité puisse être établie avec certitude[65].
L'opposition au prélèvement prend une dimension politique lorsque des membres du clergé euthymien auraient encouragé les contribuables à ne pas s'en acquitter. L'épisode s'inscrit dans la persistance du conflit provoqué par la tétragamie : les ecclésiastiques évincés après le retour de Nicolas disposent ainsi d'un motif supplémentaire pour combattre le gouvernement qui les a marginalisés. Il invite également à nuancer l'image d'un patriarche Nicolas dominant un empereur faible : sur cette question, Nicolas soutient une mesure impériale qui touche directement les ressources de l'Église. L'hostilité simultanée d'une partie de l'aristocratie et des euthymiens pourrait expliquer pourquoi la mémoire d'Alexandre a été transmise presque exclusivement par des sources défavorables[66].
Il reste toutefois difficile d'interpréter tous ces éléments. L'hypothèse de Karlin-Hayter est donc avant tout explicative : derrière le portrait moral d'un souverain ivrogne, débauché et gouverné par de mauvais conseillers se laisserait entrevoir une lutte plus conventionnelle autour de l'accès au pouvoir, aux dignités et aux ressources. Cette réinterprétation ne conduit pas à faire d'Alexandre un réformateur ni à considérer son gouvernement comme un succès, mais elle invite à ne pas prendre les jugements de ses adversaires pour une description neutre de son règne[18],[67].
Un paganisme supposé
modifierL'épisode le plus singulier concerne des cérémonies accomplies à l'Hippodrome de Constantinople. Contrairement à plusieurs accusations transmises seulement par des chroniqueurs postérieurs, leur existence est attestée par deux sources proches des événements : Aréthas de Césarée, contemporain d'Alexandre, et la Vita Euthymii. Aréthas affirme que l'empereur accomplit des sacrifices associés aux Anthestéries devant des statues de l'Hippodrome, avant d'être frappé par la maladie. La Vita Euthymii donne une version plus circonstanciée : souffrant d'impuissance sexuelle, Alexandre aurait consulté des magiciens qui lui auraient conseillé d'honorer les statues de bronze de l'Hippodrome, qu'il aurait alors vêtues, encensées et entourées de luminaires et de processions aux flambeaux[68]. Le Logothète rapporte une histoire apparentée mais plus spectaculaire. Des magiciens auraient convaincu Alexandre que la statue de bronze d'un sanglier située dans l'Hippodrome constituait son double et que leurs existences étaient liées. Comme la statue était dépourvue de défenses et d'organes génitaux, l'empereur les aurait fait restituer, puis aurait organisé des courses et transporté dans l'Hippodrome tentures et luminaires provenant des églises afin d'honorer les statues. Le chroniqueur établit explicitement un rapport entre cette « idolâtrie » et le châtiment divin qui frappe ensuite Alexandre[57]. Il serait toutefois trompeur de conclure simplement qu'Alexandre est revenu au paganisme. Les trois traditions décrivent ces pratiques dans un langage polémique chrétien et leur donnent une signification religieuse qu'il est difficile de restituer indépendamment. Karlin-Hayter considère que l'existence d'une cérémonie dans l'Hippodrome est solidement établie, puisque deux témoignages contemporains ou proches la mentionnent indépendamment de la forme tardive du récit du Logothète, mais elle est beaucoup plus prudente sur son interprétation. Les pratiques magiques, les rites destinés à obtenir une guérison et la réutilisation de traditions ou de monuments antiques ne signifient pas nécessairement l'adhésion consciente à une religion païenne[11].
Il est notable que cette réputation ait dépassé les frontières de l'Empire. La chronique de Salerne rapporte ainsi un récit similaire, possiblement influencé par la Vie d'Euthyme. De nouveau, Alexandre se rend coupable d'idolâtrie envers d'anciennes statues romaines, transférées depuis Rome lors de la fondation de Constantinople. Il les aurait fait revêtir de soie et l'apôtre Pierre lui serait apparu en songe pour le frapper. C'est alors qu'Alexandre serait tombé malade puis serait mort[12].
Il faut rajouter à ces récits un événement bien réel, le passage de la comète de Halley, attestée pour cette date et mentionnée par les sources, qui contribue aux mauvais présages entourant le règne d'Alexandre[69],[70]. Le Théophane continué dit ainsi que son passage annoncerait une effusion de sang dans Constantinople[60].
Relations extérieures
modifierDans l'ensemble, la brièveté du règne d'Alexandre empêche d'y discerner des orientations claires de politique étrangère. Comme souvent, les sources partiales orientent l'interprétation du règne vers un empereur malhabile dans sa diplomatie, au risque de braquer les adversaires de l'Empire[12].
Relations avec le monde musulman
modifierLa politique d’Alexandre envers les puissances musulmanes est difficile à reconstituer. Il hérite d’une situation encore tendue à la suite des conflits du règne de Léon VI, marqués notamment par les attaques navales arabes et les opérations de l’amiral Himérios. Celui-ci revient à Constantinople après une défaite contre les forces musulmanes et est aussitôt emprisonné par Alexandre au monastère de Kalybai. Les chroniqueurs expliquent cette mesure par l’hostilité personnelle qu’aurait nourrie l’empereur envers un dignitaire étroitement lié à son frère ; Karlin-Hayter estime toutefois qu’Alexandre pouvait avoir des raisons politiques plus concrètes de se méfier d’Himérios, dont plusieurs proches avaient joué un rôle important sous Léon VI[14],[54].
Les sources lui reprochent également d’avoir compromis les négociations relatives aux prisonniers musulmans. Cette accusation a longtemps pesé lourdement dans l’appréciation de son règne, notamment à travers l’étude de Romilly Jenkins consacrée à « Alexandre et les prisonniers sarrasins ». Shaun Tougher reprend encore l’idée selon laquelle Alexandre « offense » les Arabes parmi les décisions par lesquelles il aurait cherché à revenir sur la politique de Léon VI[71],[72]. Cependant, la documentation conservée ne permet pas de reconstituer avec précision une rupture diplomatique comparable à celle qui intervient avec la Bulgarie. Il paraît donc préférable de ne pas extrapoler à partir de cet épisode et de constater surtout que le bref règne d’Alexandre ne donne lieu à aucune réorientation militaire majeure identifiable sur la frontière orientale[18].
Enfin, une information rapportée par le catholicos arménien et historien Hovhannès de Draskhanakert suggère qu’Alexandre refuse, ou n'est pas en mesure, de fournir une assistance militaire à l’allié byzantin Smbat Ier, alors menacé par les Arabes[12].
Rupture avec la Bulgarie
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Les relations avec la Bulgarie constituent en revanche l’enjeu extérieur majeur du règne. Depuis la victoire bulgare de Boulgarophygon en 896, Léon VI avait réussi à maintenir la paix avec Siméon Ier le Grand. Les modalités exactes de l’accord sont imparfaitement connues, mais il paraît avoir comporté le versement régulier d’un subside byzantin aux Bulgares ; les relations demeurent suffisamment stables pour que le Kletorologion de 899 mentionne encore la présence de dignitaires bulgares à la cour impériale. Tougher estime que cette paix, malgré plusieurs tensions ponctuelles, se maintient globalement jusqu’à la mort de Léon en 912[73].
Peu après l’avènement d’Alexandre, Siméon envoie une ambassade à Constantinople afin d’obtenir la confirmation des arrangements conclus sous Léon. Selon la tradition du Logothète, reprise plus tard par Jean Skylitzès, les envoyés demandent la poursuite de la paix et du versement du subside. Alexandre les renvoie avec mépris, prononce des menaces contre le souverain bulgare et refuse de poursuivre les paiements[74]. Siméon considère alors le traité comme rompu et commence à préparer la guerre[54],[57]. Dans cette version des faits, Alexandre apparaît comme le responsable direct et presque exclusif de la reprise du conflit[72].
Cette lecture traditionnelle a toutefois été fortement nuancée par Patricia Karlin-Hayter. Elle s’appuie notamment sur une homélie anonyme consacrée à la paix conclue avec les Bulgares en 927, composée seulement une quinzaine d’années après les événements. Ce texte suggère que Siméon réclame davantage que le simple maintien des avantages matériels accordés sous Léon : il semble revendiquer une reconnaissance politique supérieure, liée à son aspiration au titre impérial. L’auteur rapporte en effet qu’un empereur byzantin refuse qu’un souverain non romain puisse recevoir les honneurs dus à un empereur. Pour Karlin-Hayter, la crise de 912-913 doit donc être replacée dans le développement plus ancien des ambitions impériales de Siméon, plutôt que réduite à une réaction personnelle aux insultes d’Alexandre[13].

Cette interprétation est renforcée par le fait que les relations entre Byzance et la Bulgarie étaient déjà fragiles sous Léon VI. L’homélie de 927 présente celui-ci comme ayant préservé la paix au prix d’efforts constants face à l’ambition croissante du souverain bulgare. Autrement dit, Alexandre hérite moins d’une situation parfaitement stabilisée qu’un équilibre diplomatique difficile à maintenir. Son refus de satisfaire les demandes de Siméon peut avoir précipité la rupture, mais il n’en constitue probablement pas l’unique cause[13]. John V.A. Fine reprend cette analyse et développe le fait que les Bulgares entendent probablement profiter du changement d'empereur byzantin pour passer à l'offensive[75].
Il faut également distinguer la rupture diplomatique de la guerre elle-même. Alexandre meurt le [76] avant que Siméon ne lance sa grande offensive contre l’Empire. Karlin-Hayter souligne que les lettres de Nicolas Ier Mystikos situent la véritable crise militaire après la mort de l’empereur : le patriarche reproche notamment à Siméon de vouloir attaquer un enfant devenu orphelin et les gouvernants qui succèdent à Alexandre. L’idée selon laquelle Alexandre aurait personnellement engagé l’Empire dans une guerre qu’il aurait ensuite conduite est donc erronée ; il est plus exact de dire que son refus des exigences bulgares contribue à rompre l’équilibre diplomatique dont hérite la régence de Constantin VII[18].
Quelques semaines après sa mort, la situation se dégrade rapidement. En août 913, les forces de Siméon atteignent les environs de Constantinople et le conseil de régence dirigé par Nicolas Mystikos doit négocier directement avec lui. Le patriarche accepte alors une cérémonie ambiguë au cours de laquelle il place son couvre-chef sur la tête du souverain bulgare, tandis qu’est envisagée une alliance matrimoniale entre une fille de Siméon et Constantin VII[77],[78].
Mort et succession
modifierUne mort parfois caricaturée
modifierAu printemps 913, la santé d’Alexandre semble déjà fragile. Plusieurs sources associent certaines de ses pratiques à l’Hippodrome à une tentative de prolonger sa vie ou de conjurer une maladie, ce qui suggère que son état pouvait être préoccupant avant même sa mort. Lynda Garland évoque l’hypothèse d’un cancer, mais cette identification reste conjecturale et les sources ne permettent pas d’établir un diagnostic précis[56]. Patricia Karlin-Hayter souligne également que certains contemporains semblent avoir considéré sa disparition prochaine comme plausible, ce qui pourrait expliquer la fortune ultérieure de paroles attribuées à Léon VI ou aux partisans d’Euthyme annonçant qu’il ne survivrait guère à son avènement[11].
Le récit transmis par la tradition du Logothète, puis repris par Jean Skylitzès ou le Théophane continué, donne à sa mort une coloration nettement moralisatrice. Le , Alexandre aurait pris un bain, mangé abondamment et bu beaucoup de vin avant de descendre jouer à un jeu de balle, similaire au polo. Saisi de violentes douleurs abdominales, il serait retourné au palais en perdant du sang par le nez et les parties génitales, puis serait mort peu après. Le chroniqueur présente explicitement l’épisode comme la conséquence de ses excès, conformément au portrait général d’un souverain livré à la boisson et aux plaisirs[54],[57],[79].
La valeur historique de cette scène est toutefois très incertaine. Karlin-Hayter remarque que la chronologie du récit du Logothète est mal construite et que plusieurs épisodes sont manifestement déplacés ou agencés pour produire un enchaînement moral. Elle juge notamment peu crédible l’histoire selon laquelle Alexandre serait mort directement après avoir joué à la balle. Les sources contemporaines ou proches ne permettent pas de déterminer avec certitude les circonstances médicales de son décès ; elles établissent surtout qu’il meurt le , après un règne personnel d’un peu plus d’un an[11].
La brièveté de son règne alimente elle aussi une tradition prophétique. Selon certains chroniqueurs, Léon VI aurait, sur son lit de mort, désigné son frère comme « l’homme de treize mois », formule interprétée après coup comme l’annonce de la durée de son règne. Karlin-Hayter, suivant une suggestion de Cyril Mango, estime plus vraisemblable qu’il s’agisse à l’origine d’une formule injurieuse ou d’un souhait de mauvaise fortune ultérieurement transformé en prophétie. Le fait que l’état de santé d’Alexandre ait pu être déjà préoccupant facilite en outre une réinterprétation rétrospective de ce type de paroles[80],[56].
L'organisation de la succession
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Avant sa mort, Alexandre prend néanmoins des dispositions précises pour la succession. Il confirme les droits de Constantin VII et constitue un conseil chargé d’exercer le gouvernement pendant la minorité du jeune empereur. Skylitzès cite parmi ses membres le patriarche Nicolas Mystikos, le magistre Étienne, le magistre Jean Eladas qui a plus spécifiquement la charge de tuteur du jeune empereur, le rhaiktor Jean Lazanès, Basilitzès et Gabrielopoulos. Plusieurs d’entre eux appartiennent directement à l’entourage qu’Alexandre a promu depuis 912, en particulier le recteur Jean Lazanès, Basilitzès et Gabrielopoulos[81],[82].
Cette décision est importante pour apprécier les accusations selon lesquelles Alexandre aurait voulu éliminer Constantin VII. Quelles qu’aient été ses intentions antérieures, difficiles à établir, il ne cherche pas à modifier la succession au profit d’un autre candidat lorsqu’il comprend que sa propre mort est proche[83],[54].

L’absence de Zoé Carbonopsina du conseil de régence est en revanche significative. Mère du jeune empereur et veuve de Léon VI, elle aurait pu revendiquer un rôle central dans la conduite du gouvernement, mais Alexandre l’avait déjà éloignée du palais et ne lui restitue aucun pouvoir au moment de sa mort. Nicolas Mystikos devient ainsi la figure dominante du nouveau régime, même s’il gouverne formellement avec les autres membres du conseil[82],[84]. À la mort d’Alexandre, Zoé tente de revenir auprès de son fils mais est de nouveau écartée par Nicolas, qui entreprend même de lui retirer ses prérogatives impériales[78].
La transition se révèle immédiatement fragile. Peu après la mort d’Alexandre, le domestique des Scholes Constantin Doukas tente de s’emparer du pouvoir, profitant de la minorité de Constantin VII et de l’incertitude créée par la disparition du seul empereur adulte. La tentative échoue grâce notamment à l’action de Jean Éladas et Doukas est tué avec plusieurs de ses partisans[85],[78]. Quelques semaines plus tard, les forces de Siméon de Bulgarie atteignent Constantinople, plaçant le conseil de régence dans une position diplomatique et militaire particulièrement délicate[78].
Quant à Alexandre, il est enterré dans le même sarcophage que son père Basile Ier, dans l'église des Saints-Apôtres de Constantinople[76]. Sa mort met fin à la présence d’un fils adulte du fondateur de la dynastie macédonienne à la tête de l’Empire et ouvre une longue période durant laquelle Constantin VII reste empereur de droit sans exercer pleinement le pouvoir : d’abord sous la régence de Nicolas Mystikos et de Zoé Carbonopsina, puis sous la domination de Romain Ier. En ce sens, malgré la brièveté de son règne, la disparition d’Alexandre constitue une rupture dynastique et politique majeure, puisqu’elle laisse l’Empire gouverné au nom d’un enfant de sept ans au moment même où les tensions avec la Bulgarie atteignent un nouveau sommet[81],[82].
Représentation du pouvoir impérial
modifierL’accession effective d’Alexandre au pouvoir en 912 s’accompagne d’une affirmation particulièrement nette de sa dignité impériale. Sous Léon VI, bien qu’il porte le titre d’empereur, Alexandre demeure clairement subordonné à son frère : le Kletorologion de Philothée distingue l’autokrator, Léon, du « petit empereur » et attribue au premier seul les principales décisions touchant au cérémonial et aux offices. Alexandre conserve certes une présence institutionnelle et cérémonielle, mais il reste dans une position secondaire[36].
Numismatique
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Cette posture change avec son accession au pouvoir réel. Cette évolution apparaît notamment dans son monnayage[N 5]. Si très peu de monnaies de son règne éphémère ont été retrouvées (deux pièces en argent et une douzaine en or), elles sont d'une réelle importance numismatique[87],[88]. Sur le miliarésion d’argent émis sous son règne figure deux innovations. D'abord, le Christ y apparaît pour la première fois en médaillon, lui-même inclus dans une croix ayant la forme d'un labarum, un objet à haute valeur symbolique car rattaché aux victoires militaires de Constantin le Grand. Pour Neil Churchill, une telle imagerie sur des pièces d'argent qui ont vocation à plus aisément traverser les frontières peut s'interpréter comme portant un message martial aux voisins de l'Empire[89]. Ensuite, la titulature impériale peut se lire ainsi « Alexandre, dans le Christ autokrator, fidèle et pieux empereur des Romains »[90]. Nicole Thierry souligne qu’il s’agit de la première apparition du terme autokrator sur ce type de monnaie et y voit une proclamation explicite de la volonté d’Alexandre de gouverner en souverain pleinement autonome, alors même que Constantin VII demeure nominalement son coempereur[91],[92]. La formule prend une signification particulière pour un homme qui, pendant plus de trois décennies, a porté la dignité impériale sans disposer du pouvoir effectif[36].
Le nomisma d’or d’Alexandre présente une innovation iconographique encore plus remarquable. L’empereur y apparaît couronné et béni par une figure sacrée placée à ses côtés, ce qui constitue, selon Thierry, la première représentation monétaire byzantine d’un souverain directement investi de la sorte par un saint ; des compositions comparables feront ensuite intervenir le Christ, la Vierge, des archanges ou d’autres saints, confortant à chaque fois l'origine divine du pouvoir impérial byzantin[93],[92]. Si cette iconographie n'est pas complètement inédite, car elle se retrouve dans des œuvres d'art byzantine datant du début de l'époque macédonienne, c'est bien la première fois qu'elle figure sur des pièces de monnaie[94].
L’identité du personnage sacré a fait débat. Philip Grierson a notamment envisagé d’y reconnaître le saint patron d’Alexandre[92], tandis qu’une autre interprétation propose d’identifier le patriarche Nicolas Mystikos, rappelé au pouvoir par l’empereur. Une des raisons de cette thèse est l'absence d'auréole, ce qui ouvre la possibilité qu'il s'agisse d'un personnage bien réel et contemporain d'Alexandre. Thierry rejette cette dernière hypothèse : la figure ne porte ni le costume épiscopal attendu ni le livre qui aurait normalement constitué l’attribut du patriarche. La barbe, la longue chevelure, le vêtement d’ascète et surtout la croix à longue haste correspondent en revanche à l’iconographie traditionnelle de Jean le Baptiste, ce qui conduit Thierry à identifier celui-ci comme la figure qui couronne et bénit Alexandre, une analyse partagée également par Catherine Jolivet-Lévy[95],[96].


Le choix du Baptiste pourrait être chargé d’une signification dynastique et théologique. Dans l’iconographie chrétienne, Jean est le témoin du baptême du Christ et de la reconnaissance divine du Fils ; cette thématique est liée à la célébration de l’Épiphanie et a déjà été associée à l’idéologie impériale. Thierry rappelle notamment que Constantin VII, neveu d’Alexandre, a été baptisé le , jour de l’Épiphanie. Tant Nicole Thierry que Catherine Jolivet-Lévy interprètent ainsi le monnayage d’Alexandre comme une affirmation de la légitimité divine de son propre pouvoir : le souverain, béni par le témoin même de la manifestation divine du Christ, se présente comme directement confirmé par Dieu dans sa fonction[97],[98]. Neil Churchill considère d'ailleurs comme significatif que Constantin VII soit complètement absent de cette iconographie, manifestant par-là la pleine légitimité d'Alexandre à gouverner seul, un fait renforcé par son usage déjà cité de la formule d’autokrator[99].
En revanche, les quelques sceaux retrouvés d'Alexandre ne manifestent aucune originalité iconographique et reprennent le style classique qui fait figurer l'empereur principal et le coempereur, en l'occurrence Alexandre et Constantin. Ce conservatisme peut s'expliquer par la moindre force symbolique des sceaux[100].
La mosaïque d'Alexandre
modifierUne autre représentation majeure est conservée dans la galerie nord de Sainte-Sophie. Le portrait monumental d’Alexandre, étudié notamment par Paul Underwood et Ernest Hawkins, est généralement daté de son règne. Shaun Tougher reprend cette datation et souligne l’intérêt exceptionnel de l’œuvre : contrairement aux portraits littéraires ultérieurs, elle appartient vraisemblablement au contexte même où Alexandre exerce effectivement le pouvoir[101],[102]. Sa conservation permet de confronter la mémoire hostile transmise par les chroniqueurs avec l’image que le régime entend donner de lui-même. Associée au monnayage, elle suggère qu’Alexandre ne se contente pas d’hériter passivement de la dignité détenue sous son frère : une fois devenu souverain principal, il cherche à donner à son pouvoir une expression visuelle propre et à inscrire son règne dans les formes traditionnelles de la sacralité impériale[102],[103].
Alicia Walker a malgré tout souligné le caractère singulier de cette mosaïque, dont l'emplacement la rend assez discrète. Surtout, Alexandre y apparaît seul, sans représentation divine qui lui soit associée, avec une iconographie finalement très conventionnelle, qui reprend les attributs classiques du pouvoir temporel[104]. Pour expliquer cette localisation atypique, Natalia Teteriatnikov postule que la mosaïque date du règne de Léon VI, il s'agirait alors moins d'une mise en valeur d'Alexandre que d'une manière de rappeler sa position secondaire[105]. Cette hypothèse a été rejetée par Neil Churchill. Il convient que cette mosaïque jure quelque peu dans un lieu hautement spirituel comme Sainte-Sophie, dont l'iconographie est généralement plus explicitement religieuse. Dans une tentative d'expliquer l'existence de cette mosaïque, qui est plus surprenante que ne l'aurait été son absence pour un empereur aussi éphémère, il la met en relation avec la créativité de l'iconographie monétaire d'Alexandre. Il y voit ainsi la marque d'un souverain en quête de légitimité et qui envisage de se mantenir durablement sur le trône. En outre, il rappelle l'usage du terme « despote » dans les inscriptions entourant la figure impériale, qui se réfère explicitement à la titulaire d'un empereur régnant et non d'un simple coempereur[106].
Dans tous les cas, ces témoignages matériels invitent à nuancer l’image d’un souverain entièrement dominé par ses plaisirs ou incapable de concevoir la fonction impériale. Ils semblent révéler un langage politique cohérent : affirmation du titre d’autokrator, mise en scène d’une investiture divine et présence monumentale dans Sainte-Sophie. À cet égard, ils rejoignent l’interprétation de Karlin-Hayter qui voit dans plusieurs décisions du règne les signes d’une tentative du trône pour affirmer son autorité, laquelle pâtit de la durée éphémère du règne[22],[97].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Il peut arriver qu'un numéro de règne soit rattaché à Alexandre, dès lors que sont pris en compte les empereurs romains qui ont pu porter le nom d'Alexandre, comme Sévère Alexandre ou, encore plus rarement, Domitius Alexander. Dans ces cas-là, qui demeurent rares, il peut être appelé Alexandre II voire Alexandre III, tandis que certains historiens le désignent également comme Alexandre Ier[1],[2].
- ↑ « but also the attitude and even the adjectives »[17]
- ↑ Une lettre papale datée de 879 est également parfois citée comme une preuve de l'association commune de Constantin, Léon et Alexandre comme coempereurs mais son interprétation demeure discutée[30].
- ↑ Spyrídon Lámpros a postulé qu'il aurait pu perdre son titre impérial à partir de 904 mais cette hypothèse est depuis longtemps abandonnée[43],[44].
- ↑ Alexandre apparaît déjà sur quelques semissis du règne de son père, aux côtés de son frère[86].
Références
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Voir aussi
modifierBibliographie
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Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
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