Jean Cristofol
Jean Cristofol, né le à Aja-Vilallobent (Cerdagne, Espagne) et mort le à Villejuif, est un homme politique français, douanier de profession. Il est président du conseil municipal puis maire de Marseille en 1946-1947 — seul maire communiste de Marseille — et député des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1940 et de 1945 à 1957.
| Jean Cristofol | |
Jean Cristofol, député-maire de Marseille. | |
| Fonctions | |
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| Député français | |
| – (12 ans et 15 jours) |
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| Élection | 21 octobre 1945 |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 17 juin 1951 2 janvier 1956 |
| Circonscription | 1re des Bouches-du-Rhône |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante Ire, IIe et IIIe (Quatrième République) |
| Groupe politique | COM |
| Successeur | Pierre Doize |
| – (3 ans, 7 mois et 20 jours) |
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| Élection | 26 avril 1936 |
| Circonscription | 2e de Marseille |
| Législature | XVIe (Troisième République) |
| Groupe politique | COM (1936-1939) NI (1939) GOPF (1939-1940) |
| Prédécesseur | Toussaint Ambrosini |
| Successeur | Déchéance du mandat |
| Maire de Marseille | |
| – (10 mois et 5 jours) |
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| Élection | 22 décembre 1946 |
| Coalition | Union républicaine et résistante PCF-FN-CGT |
| Prédécesseur | Marcel Renault (président de la délégation spéciale) Lui-même (président du conseil municipal) |
| Successeur | Michel Carlini |
| Président du conseil municipal de Marseille | |
| – (9 mois et 3 jours) |
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| Élection | 28 janvier 1946 |
| Prédécesseur | Gaston Defferre |
| Successeur | Marcel Renault (président de la délégation spéciale) Lui-même (maire) |
| Conseiller municipal de Marseille | |
| – (13 ans, 2 mois et 22 jours) |
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| Maire | Lui-même Michel Carlini Gaston Defferre |
| Président du Comité régional de Libération pour la région Sud-Est | |
| – (1 an) |
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| Vice-président | Max Juvénal |
| Coalition | PCF-SFIO-FN-MLN-FUJP-CGT-CCOC |
| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Fonction supprimée |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Aja-Vilallobent (Espagne) |
| Date de décès | (à 56 ans) |
| Lieu de décès | Villejuif |
| Nature du décès | Cancer du poumon |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | PC-SFIC/PCF (1933-1957) |
| Syndicat | SNAD-CGT |
| Conjoint | Jacqueline Cristofol |
| Profession | Douanier |
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| Maires de Marseille | |
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Biographie
modifierJean Joseph Antoine Cristofol naît le à Aja en Espagne[1]. Il est issu d'une famille française de petits cultivateurs établis dans les Pyrénées-Orientales et venus travailler en Cerdagne espagnole. Dès l'âge de quatorze ans, il doit aider sa mère devenue veuve aux travaux des champs. La guerre venue, il s'engage alors qu'il n'a que dix-sept ans[2].
Entré en 1923 dans l'administration des douanes, il commence à militer au Syndicat national des agents des douanes CGT[3]. Membre de la Ligue des droits de l'Homme en 1931, il adhère au Parti communiste en 1933[2].
Il est député communiste des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1940 après avoir battu un sortant SFIO, Toussaint Ambrosini. Étant devenu membre du groupe ouvrier et paysan français nouvellement constitué, il est arrêté le , déchu de son mandat et condamné le par le 3e tribunal militaire de Paris à cinq ans de prison, 4 000 francs d'amende et cinq ans de privation de ses droits civiques pour infraction au décret portant dissolution du Parti communiste[2]. En 1941, il est incarcéré à la prison d'Alger. Libéré le , trois mois après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, il participe à la refonte du Parti communiste algérien et au journal Liberté. Le , en compagnie de De Lattre de Tassigny, il débarque à Saint-Tropez. De retour à Marseille, il prend la tête des journaux Rouge-Midi, puis La Marseillaise.
Nommé conseiller municipal de Marseille le lors de l'installation de la délégation municipale[4], il est élu à cette fonction lors des municipales de 1945. Le , il épouse la résistante Jacqueline Delayance, avec laquelle il aura trois enfants[5].
Au début de l’automne 1944, une nouvelle assemblée est créée et il devient président du comité régional de Libération pour la région Sud-Est, afin de jouer — comme les Comités Départementaux de Libération — un rôle consultatif auprès du commissaire régional de la République, et « coordonner l’activité des CDL dans toute la région »[6],[2]. Il devient ainsi le représentant du Front national, du MLN, de la CGT, du PCF, de la SFIO, des FUJP et du Comité de coordination des organisations[6]. Il a pour vice-président Max Juvénal, et Lucien Molino comme secrétaire[6]. Cette création confère au Parti communiste un poste honorifique important, alors que pratiquement toutes les autres structures sont sous responsabilité socialiste[6].
En octobre de cette même année, à la suite de la démission de Gaston Defferre, il prend la présidence du conseil municipal du au , date du décret du président du gouvernement provisoire de la République portant dissolution du conseil municipal et instituant une délégation spéciale menée par Marcel Renault[7]. Après la suppression du régime spécial de Marseille, de nouvelles élections municipales des 8 et sont organisées[8], à l’issue desquelles Jean Cristofol est élu maire de la ville le [7],[9], fonction qu'il occupe jusqu'aux élections d'octobre 1947[10]. Il siège ensuite jusqu'à sa mort dans l'opposition municipale communiste, sous les municipalités de Michel Carlini puis de Gaston Defferre.
De 1946 à 1957, Jean Cristofol est de nouveau député des Bouches-du-Rhône, membre de la Commission du règlement et du suffrage universel et de celle de l'intérieur puis participant aux travaux de la Commission des finances. Il est à l'origine de la loi du supprimant le régime administratif spécial de Marseille et mettant ainsi fin à la tutelle administrative exercée sur la ville[1].
Atteint d'un cancer du poumon, il meurt le à Villejuif.
Hommage
modifierDepuis la délibération du Conseil municipal de la Ville de Marseille du , une rue porte le nom de Jean Cristofol dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de Marseille[2].
Synthèse des résultats électoraux
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Au second tour, la liste de l'URR fusionne et accueille sur les 63 sièges disponnibles 17 membres de la Section française de l'Internationale ouvrière et 4 du Parti radical.
Références
modifier- 1 2 « Jean, Joseph, Antoine Cristofol », assemblee-nationale.fr.
- 1 2 3 4 5 Antoine Olivesi, Notice CRISTOFOL Jean, sur maitron.fr.
- ↑ La Fédération générale des fonctionnaires avait choisi l'autonomie après la scission syndicale de 1922. Elle rejoint la CGT après 1930.
- ↑ « 1 D 242 - 30 août 1944 - 24 avril 1945 (délibérations prises par la nouvelle délégation municipale) : délibérations - 1944-1945 », sur archives.marseille.fr (consulté le )
- ↑ Dray-Bensousan, Renée., Dictionnaire des Marseillaises, Marseille, Gaussen, , 397 p. (ISBN 978-2-35698-049-6 et 2356980490, OCLC 822017986).
- 1 2 3 4 « Le comité régional de libération et sa composition, octobre 1944 », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le ).
- 1 2 « Les maires de Marseille », sur archives.marseille.fr (consulté le )
- ↑ « Élections municipales à Marseille », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ « M. Cristofol élu maire de Marseille », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Catherine Walgenwitz, « [Portrait] Jean Cristofol, un maire visionnaire de Marseille », sur lamarseillaise.fr, .
- ↑ « Les élections municipales de Marseille », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ « La liste de " Rassemblement démocratique " l'emporte aux élections municipales de Marseille », Le Monde, (lire en ligne)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jacqueline Cristofol, Batailles pour Marseille : Jean Cristofol, Gaston Defferre, Raymond Aubrac, Paris, Flammarion, , 418 p. (ISBN 2-08-067481-1)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la vie publique :