Jean François Leval

militaire français

Jean François Leval, né le à Paris et mort le dans cette même ville, est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Jean François Leval
Naissance
Paris
Décès (à 72 ans)
Ancien 1er arrondissement de Paris
Origine Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1779 – 1832
Commandement 99e régiment d'infanterie de ligne
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Pensacola
Jemappes
Maastricht
Tirlemont
Neerwinden
Iéna
Eylau
Durango
Talavera
Almonacid
Ocaña
Tarifa
Distinctions Baron de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur[1]
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 7e colonne

Biographie

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Du simple soldat au général de division

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Né le à Paris[2], il est le fils de Jean François, bourgeois de Paris et Marie Madeleine Ducres.

Sa carrière militaire commence au régiment Poitou infanterie comme simple soldat le . Il participe à la guerre d'indépendance américaine de 1781 à 1783 et est blessé le à la bataille de Pensacola. Rentré en France en 1784, il s'installe à Paris pour exercer le métier d'orfèvre. Lorsqu'éclate la Révolution française en , il devient sergent de la garde nationale parisienne dont il est promu sous-lieutenant le suivant puis capitaine le . Il passe avec son grade, le , au 1er bataillon de Paris, avec lequel il sert à la frontière de l'est du pays. L'année suivante, il est lieutenant-colonel au 1er bataillon des grenadiers de Paris[3].

Le , pendant le combat de Tirlemont sous les yeux du général Valence, il défait un régiment de cavalerie et les gardes du corps de l'empereur avant de prendre trois pièces de calibre 13 et deux obusiers. Après cette action d'éclat, il est nommé colonel du 99e régiment d'infanterie de ligne. Il gravit rapidement les grades pendant la Révolution française : au début de l'année 1793, il commande une demi-brigade à l'armée de Sambre-et-Meuse. Promu général de brigade le sous les ordres de Jourdan, il dirige une brigade durant la bataille de Fleurus. Il est élevé au grade de général de division le .

Général de l'Empire

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Commandant de la 5e région militaire à Strasbourg lors de l'affaire du duc d'Enghien, c'est lui qui est chargé d'arrêter le duc à Ettenheim, dans le pays de Bade, en [4].

Tableau anonyme représentant le siège de Tarifa, dont Leval échoue à s'emparer pendant l'hiver 1811-1812 (Royal Irish Fusiliers Regimental Museum, Armagh).

Au début du Premier Empire, il obtient le commandement d'une division de la Grande Armée avec laquelle il se distingue à Iéna et à Eylau. En 1808, Leval est fait grand officier de la Légion d'honneur et passe en Espagne comme chef de la « division allemande », une formation composée de la brigade hollandaise, du régiment de Nassau, du régiment de Bade, du régiment de Hesse-Darmstadt, d'un régiment de gardes nationaux de Paris et de quelques autres unités. La division assiste aux batailles de Durango, de Talavera, d'Almonacid et d'Ocaña où Leval est blessé. Son plus important commandement a lieu lors du siège de Tarifa en Andalousie, de à , où, seul en responsabilité, il échoue.

Il participe enfin à la campagne de France en 1814 au sein du 7e corps d'armée commandé par le maréchal Oudinot. À la tête de la 7e division d'infanterie, il se distingue notamment aux batailles de Champaubert le , Vauchamps le 14 et Bar-sur-Aube le 27 ; blessé à Arcis-sur-Aube le , il est suffisamment rétabli pour combattre cinq jours plus tard à Saint-Dizier. Sous la Première Restauration, il est employé un temps comme inspecteur général d'infanterie, préalablement à sa mise en non-activité le . Rappelé au service pendant les Cent-Jours en tant que gouverneur de Dunkerque, il est mis à la retraite par les Bourbons le . Il en sort toutefois l'année suivante pour exercer, de 1817 à 1818, les fonctions d'inspecteur général d'infanterie, avant d'être compris dans le cadre de la réserve en 1831[4]. Définitivement admis à la retraite le , le général Leval meurt le à Paris[3]. Il avait épousé Marie-Louise Delécolle, dont il n'a pas eu d'enfant[5]. Son nom figure sur la 7e colonne sous l'arc de triomphe de l'Étoile.

L'historien Georges Six indique qu'il « fut enterré aux frais de l'État par suite du manque absolu de ressources »[4]. Un mémorialiste allemand, Heinrich von Brandt, le décrit comme « un tout petit homme, dont l'aspect chétif contrastait singulièrement avec sa grande réputation. Les soldats l'avaient surnommé le meunier, à cause d'un certain pardessus gris, sans lequel on ne le voyait jamais. Il avait l'air de sortir de la poche de notre général Habert »[6]. Le général Louis de Bouillé, qui le qualifie de « soldat parvenu avec honneur, mais sans éclat », formule un jugement peu charitable à son égard :

« Quoique M. le général Leval eût une grande routine militaire et une bravoure éprouvée dans une infinité d'occasions, rien en lui ne paraissait devoir le porter au commandement d'un corps d'armée : non seulement il ne pouvait imposer par sa réputation et ses talents, mais il était de plus dépourvu de toute dignité dans les manières, de résolution dans le caractère, d'étendue dans les idées ; il n'avait même que peu de pénétration dans l'esprit et n'avait pas, pour suppléer à ce qui lui manquait, ce clinquant avec lequel son prédécesseur [Sébastiani] éblouissait les yeux des faibles […][6]. »

Hommages

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Ayant été pendant huit campagnes consécutives à l'avant-garde[7], il est créé baron de l'Empire le .

Notes et références

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  1. ↑ Base Léonore.
  2. ↑ Six 1934, p. 115.
  3. 1 2 Six 1934, p. 115-116.
  4. 1 2 3 Six 1934, p. 116.
  5. ↑ Albert Révérend, Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, t. 3, Paris, Bureau de l'annuaire de la noblesse, , 351 p. (lire en ligne), p. 125.
  6. 1 2 Alain Pigeard (préf. baron Gourgaud), Les étoiles de Napoléon : maréchaux, amiraux, généraux 1792-1815, Quatuor, , 768 p., p. 458.
  7. ↑ Mémoire pour être admis dans la Légion d'honneur.

Bibliographie

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  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), t. 2, Paris, Librairie Georges Saffroy, (lire en ligne), p. 115-116.

Liens externes

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