Bataille de Champaubert
La bataille de Champaubert est une des batailles de la campagne de France, liée à la Sixième Coalition, qui se déroule de fin à et durant laquelle Napoléon Ier tente d'arrêter l'invasion de la France et conserver son trône. Malgré plusieurs victoires, dont celle de Champaubert, et après l'entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, l'empereur abdique le et part en exil à l'île d'Elbe.
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Champaubert, sud ouest de la Marne |
| Issue | Victoire française |
| Napoléon Ier | Zakhar Dmitrievitch Olsoufiev |
| 1 800 cavaliers 4 111 fantassins 6 canons |
4 500 hommes 24 canons |
| 650 morts ou blessés | 3 000 morts et prisonniers 21 canons 6 drapeaux |
Batailles
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| Coordonnées | 48° 52′ 51″ nord, 3° 46′ 33″ est | |
|---|---|---|
La bataille de Champaubert s’est déroulée le [1]. Elle s’est soldée par une victoire des troupes de Napoléon Ier, commandées par le maréchal Marmont, sur les Russes commandés par le général Olsoufiev. Cet épisode fait partie des événements de la campagne des Six-Jours.
Contexte
modifierA la suite de la bataille de La Rothière, le 1er février 1814, les troupes françaises se trouvant sous le commandement de Napoléon ont réussi à rejoindre Troyes le 3 février, avant de se replier sur Nogent-sur-Seine les 6 et 7 février. Les Alliés ayant entre-temps pris la décision de séparer les armées en deux groupes, la dite Armée de Silésie, sous le commandement du Feldmarschall Blücher, qui suivra la vallée de la Marne d'un côté, et de l'autre la dite Armée de Bohême du Prince de Schwarzenberg, avec la vallée de la Seine pour itinéraire, Napoléon prend pour stratégie de laisser 39000 hommes au sud pour contenir l'avancée de Schwarzenberg et de se diriger vers le nord pour tenter de couper celle de Blücher.
Pendant la première semaine de février, le général prussien se focalise sur le Corps d'armée français de Macdonald, qui s'est retiré de Châlons-sur-Marne le 5 février et se replie vers Meaux ; le 6 février, il donne mission au Corps du général Yorck de le poursuivre par la voie principale longeant la Marne, tandis qu'un second Corps, sous le commandement du prince von der Osten-Sacken, prendra la voie plus directe de Montmirail, pour tenter de lui barrer le passage à La Ferté-Sous-Jouarre. Le 8 février, la cavalerie de ce dernier atteint Viels-Maisons et son infanterie Montmirail. Plus à l'est sur la même route, un Corps d'armée de 5000 hommes, commandé par le général russe Olsoufiev, se trouve ce même jour à Etoges, à 11 km en avant du quartier-général de Blücher, établi à Vertus. Par ailleurs, les 7 et 8 février sont arrivés à Châlons, en provenance d'Allemagne, un Corps d'armée prussien de 10000 hommes, sous le commandement de Kleist, et un Corps russe de 8000 hommes commandé par Kaptzevitch. Les différents Corps d'armée de Blücher sont ainsi étalés sur une distance de 44 kilomètres.
Le 9 février, tandis que le Corps de 20000 hommes de Sacken atteint Montmirail, d'où il repartira le lendemain pour La Ferté-sous-Jouarre, sans y parvenir à temps pour empêcher aux troupes de Macdonald le passage de la Marne, et que celui de 18000 hommes de Yorck se trouve dans les parages de Château-Thierry, Olsoufiev poursuit son mouvement vers l'ouest, jusqu'au village de Champaubert, où la route de Châlons-sur-Marne à Montmirail croise celle qui, du sud au nord, mène de Sézanne à Epernay.
Le 7 février, Napoléon a pris la décision de se diriger vers Sézanne à la tête d'une armée de 20000 fantassins environ et 10000 cavaliers, constituée des deux divisions d'infanterie de la Jeune Garde du maréchal Ney, du VIe Corps de Marmont, d'une partie de la Garde impériale à cheval (Grouchy), du Ier Corps de cavalerie et de la division de cavalerie du général Defrance. Deux divisions d'infanterie de la Vieille Garde, sous le commandement de Mortier, ferme la marche à Nogent-sur-Seine.
Le 9 février, en début de soirée, les cavaliers de l'avant-garde du Corps de Marmont, envoyés en éclaireurs, arrivent en vue des troupes d'Olsoufiev au village de Baye, quelques kilomètres au sud de Champaubert. A 9 heures du soir, un courrier du général russe apporte au Feldmarschal Blücher, qui vient d'installer son quartier-général au château d'Etoges, la nouvelle de l'approche des troupes françaises.
Le même jour, Marmont a établi à Napoléon dès son arrivée à Sézanne un rapport de l'état des voies, signalant à l'empereur que la route de Monmirail lui semblait impraticable et lui suggérant de rallier Meaux par Esternay et La Ferté-Gaucher, afin de tenter de faire la jonction avec les troupes de Macdonald. Le passage du Petit-Morin aux alentours des marais de Saint-Gond en particulier paraissait impossible.
Malgré tout, après avoir lancé un appel à la population locale de mettre à disposition tous les chevaux disponibles pour l'acheminement de l'artillerie et d'assister les soldats dans leur marche sur les chemins rendus boueux par les pluies incessantes, Napoléon ordonne la nuit même de se porter vers le nord. Dès 9 heures, le 10 février, l'empereur, s'apprêtant à passer le Petit-Morin sur le pont de Saint-Prix avec la division du général Ricard, donne l'ordre de l'offensive.
Forces en présence
modifierAu total, Olsoufiev n’aligne que 3690 hommes, sans appui de cavalerie, mais soutenu par une artillerie assez importante de 24 canons.
La bataille
modifierL'engagement débute au petit matin, lorsque le Corps de Marmont commence à franchir le Petit-Morin. La division d'infanterie Ricard et les cuirassiers de Bordessoule attaquent avec 12 canons les Russes présents à Baye, tandis que plus à l'ouest la division Lagrange appuyée par la cavalerie de Doumerc gravit les collines pour tenter de s'emparer de Bannay, Olsoufiev envoie alors du renfort vers ce village, qui fait l'objet d'une attaque de la brigade Pelleport (division Lagrange), sans succès : Napoléon décide d'envoyer la Jeune Garde du maréchal Ney avec toute l'artillerie disponible sur Bannay.
Vers 11h, les troupes de Lagrange repoussent les Russes dans Baye et les bois environnants.
A 1h de l'après-midi, alors que les troupes d'Olsoufiev tiennent encore sur leur position, le général russe tient un conseil de guerre, au cours duquel ses officiers se prononcent en faveur d'un repli sur Etoges, mais Olsoufiev refuse, arguant d'un ordre spécifique de tenir Champaubert. Il envoie cependant un courrier à Blücher pour le tenir informé de sa situation précaire... en vain : le Feldmarschall, ayant été avisé entre-temps de l'irruption de Napoléon en personne à Sézanne, a donné l'ordre à ses troupes de marcher sur la ville et s'est lui-même mis en route vers midi.
Vers 2h, les troupes russes doivent évacuer Baye et Bannay. Jugeant un petit bois comme la clé de la position russe, Marmont a organisé une attaque générale et lancé la 113e infanterie de ligne déployée en ordre d'escarmouche. Appuyée par des canons et par un escadron de lanciers du général Picquet, la division de Ricard s'est emparée de Baye, tandis que les troupes de Lagrange a mené l'attaque entre les deux villages. Enfin, la brigade de Pelleport a réussi, avec l'aide des canons de Ney, à prendre Bannay.
Napoléon donne alors la mission aux cavaliers de Doumerc de contourner les Russes par la flanc ouest afin d'occuper la route de Montmirail et de leur couper tout repli dans cette direction.
Après avoir en vain tenté de stopper par une canonnade l'avancée des Français, Olsoufiev ordonne à son lieutenant général Poltoratsky de tenir le village de Champaubert, avec deux régiments et 9 canons, et lui-même se porte à l'est avec le reste des troupes pour tenter de rompre d'encerclement, en libérant la route d'Etoges, sur laquelle s'est portée la divsion de Ricard et les cavaliers de Bordessoulle.
Postant son artillerie au carrefour de Champaubert, Poltoratsky repousse plusieurs charges de cavalerie et parvient même à repousser les Français après une première attaque féroce au corps à corps des troupes de Ricard, qui finissent par prendre la village en se frayant un passage à l'intérieur de plusieurs maisons. Vers 3h, il ordonne un repli en formation en carré vers le nord, en direction du village de La Caure, mais les troupes russes viennent à manquer de muntions au bout de 3 km environ. Les Français demandent alors à Poltoratsky de capituler. Devant son refus, ils décident de bombarder les troupes russes, qui essaient alors de se réfugier dans les bois alentours, où ils sont pris en escarmouches par les Français. Poltoratsky finit par accepter de se rendre, avec deux régiments.
Après avoir échoué à s'ouvrir un passage vers Etoges, Olsoufiev tente lui aussi un repli vers le nord. Près de la ferme de la Grange de Vaux, ses troupes subissent une charge des cuirassiers de Bordessoulle, qui parvient à couper en deux la formation russe et entraîne une déroute complète des fantassins. De nombreux Russes sont capturés, mais les généraux de division Udom et Kornilov parviennent à se frayer un passage dans la forêt avec 1500 hommes environ et à rejoindre Etoges pendant la nuit. Quant au général Olsoufiev, capturé par Pierre-Christophe Christille, un chasseur à cheval qui est décoré sur-le-champ de la croix de la Légion d'honneur[2], il dînera avec Napoléon le soir même.

A 7h du soir, Napoléon envoie deux divisions de cavalerie sous le commandement du général Nansouty, avec l'ordre d'occuper Montmirail, près de la jonction des routes de Château-Thierry et de Meaux, pendant la nuit.
Pertes
modifierAu total, 3 000 Russes sont capturés ou trouvent la mort. Les Français perdent 650 hommes tués ou blessés, parmi lesquels le général Lagrange, grièvement blessé à la tête.
Mémoire
modifierÀ Paris, une avenue de Champaubert perpétue le souvenir de cette victoire française.
L'un des chars du 501e régiment de chars de combat de la 2e division blindée (2e DB) du général Leclerc portait le nom de Champaubert. Troisième char entré dans Paris le 24 août 1944, il fut détruit au cours d'une attaque menée avec le Montmirail le long d'une route très boisée à Anglemont au pied des Vosges le 2 octobre 1944. Quatre des cinq membres de l'équipage furent tués, le cinquième grièvement blessé[3].
Notes et références
modifierUne bonne partie des informations de cette page sont issues des pages Wikipedia en anglais et en allemand traitant de la bataille.
- ↑ Le Petit journal du 6 février 1867.
- ↑ Louis Christillin, La Vallée du Lys; études historiques, Aoste, J.B. Stevenin, , 404 p..
- ↑ « CHAMPAUBERT 501RCC », sur www.chars-francais.net (consulté le )