Jean Larocque (La Rochefoucauld, Épinay-sur-Orge, [1]) est un écrivain, journaliste et essayiste français. Son œuvre comprend des ouvrages de poésie, des essais littéraires et historiques, des écrits consacrés à la condition et à l'éducation des femmes, ainsi que des récits et souvenirs politiques. Il est surtout connu aujourd'hui pour la série de romans érotiques Les Voluptueuses, publiée à la fin des années 1880 et au début des années 1890[1],[2].

Jean Larocque
Biographie
Naissance
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Jean-Baptiste LarocqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Œuvres principales

Biographie

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Les débuts littéraires

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Jean-Baptiste Larocque commence sa carrière littéraire dans les années 1850. Son nom apparaît notamment en 1856 dans la revue satirique et poétique Tribune des poètes, où il publie Jean qui pleure et Jean qui rit[3].

Le recueil, publié aux bureaux de la revue à Paris, est constitué de livraisons parues entre mars et juillet 1856 ; l'exemplaire décrit comme édition originale rassemble neuf livraisons sur les treize que compta finalement la publication[3].

Son activité littéraire ne se limite pas à la poésie. Dans les années suivantes, il publie notamment L'Unité scientifique et littéraire (1858) et Idylles parisiennes (1862). Ces titres figurent dans les bibliographies modernes de son œuvre[4].

Écrits sur les femmes et l'éducation

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Une partie importante de la production de Larocque dans les années 1860 porte sur la place des femmes dans la société. En novembre 1863 paraît chez Renaud, à Paris, Niobé ou la femme au XIXe siècle, dont un exemplaire d'époque est décrit dans un catalogue de la librairie Ader ; il s'agit de l'édition originale, au format in-18[5].

Le livre connaît ensuite une nouvelle édition, Niobé, étude moderne, 2e édition, précédée d'observations critiques, publiée en 1865. Le titre et sa présence dans la bibliographie de Larocque sont également attestés par les notices bibliographiques modernes[4].

En 1868, Larocque publie en outre L'Enseignement supérieur des jeunes filles. Ces publications montrent que son intérêt pour les questions féminines est antérieur à la publication des Voluptueuses[4].

Cette dimension de son œuvre est importante pour comprendre l'évolution de sa carrière : l'écrivain qui deviendra à la fin des années 1880 l'auteur de romans érotiques avait auparavant consacré plusieurs ouvrages à des questions intellectuelles et sociales liées à la condition féminine[5].

Journalisme, histoire et voyages

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Larocque poursuit parallèlement une activité d'auteur portant sur l'histoire, la politique et les relations internationales. En 1882, il publie chez A. Degorce-Cadot L'Angleterre et le peuple anglais, dans la collection « Bibliothèque de vulgarisation ». La notice de la BnF donne une édition parisienne de 1882 en un volume de III-360 pages, accompagnée d'une carte dépliante[6].

Cette période voit également paraître La Grèce au siècle de Périclès (1883) et Par delà la Manche[4].

Larocque s'intéresse également à l'histoire littéraire. Il publie notamment des textes réunis sous le titre Les Poètes devant le pouvoir, consacrés à Racine, dont Jean Racine homme de cour (1884) et La jeunesse de Racine (1886)[4].

Il consacre aussi un article à La Fontaine. Son étude intitulée « Les poètes devant le pouvoir : Jean de La Fontaine » paraît en 1880 dans la Nouvelle Revue, tome 5, n° 2, aux pages 553-582.

Son activité d'historien et de vulgarisateur s'accompagne d'un intérêt pour la littérature du XVIIe siècle. En 1888, il publie chez Ollendorff La Plume et le pouvoir au XVIIe siècle[4].

La réception de cette partie de son œuvre est toutefois inégale. Dans une notice bibliographique consacrée à Larocque, Pierre Saunier rapporte une critique de Félix Fénéon publiée dans la Revue indépendante en juin 1888, à propos de La Plume et le pouvoir au XVIIe siècle, critique qui se montre particulièrement sévère à l'égard de l'érudition de l'auteur[7].

Larocque et la Commune de Paris

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Larocque est également associé aux événements politiques de la fin du Second Empire et de la Commune de Paris. Il publie en 1888 1871, souvenirs révolutionnaires, consacré notamment à la coalition de 1869, à la grève du Creusot, à la guerre franco-prussienne, à la défense de Paris, au 31 octobre, à la « déclaration de Belleville », au Comité central et au 18 mars[8].

L'ouvrage est publié à Paris chez Albert Savine en 1888. Un exemplaire décrit dans un catalogue de librairie ancienne comporte V-354 pages ; le catalogue de la collection de la University of Sussex le répertorie également parmi les ouvrages consacrés à la Commune[9],[8].

L'ouvrage a fait l'objet d'une réédition en fac-similé par Hachette Livre/BnF en 2018, à partir de l'édition originale de 1888[10].

Les dernières années et les Voluptueuses

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À partir de la fin des années 1880, Larocque se tourne vers le roman érotique. Les premiers titres des Voluptueuses paraissent chez Félix Brossier ; les exemplaires conservés ou décrits dans les catalogues permettent notamment de dater Fausta et Daphné de 1889[5].

Cette nouvelle orientation connaît un certain succès commercial, mais entraîne également des poursuites judiciaires. La situation est particulièrement documentée pour La Naïade, publiée en 1890 par J.-B. Ferreyrol. Le livre est saisi peu après sa mise en vente et Ferreyrol est condamné à huit jours de prison pour outrage à la morale publique[11].

Selon le récit d'Émile Couret consacré à Sainte-Pélagie, Larocque est ensuite envoyé à la prison de Sainte-Pélagie au pavillon des Princes après avoir été condamné à quatre mois d'emprisonnement. Couret décrit un séjour très bref et affirme que Larocque fut ensuite transféré à l'infirmerie du Dépôt, puis à Sainte-Anne[11].

La chronologie de cette affaire est toutefois discutée par les chercheurs. Jean-Paul Goujon et Jean-Jacques Lefrère, dans leur ouvrage Deux malchanceux de la littérature fin de siècle : Jean Larocque et Léon Genonceaux, publié en 1994, constituent une source importante pour la reconstitution de cette période[12].

Un témoignage secondaire consacré à Larocque indique qu'il fut condamné à trois mois de prison à la fin mars 1890 et qu'il fut incarcéré à Sainte-Pélagie le 6 octobre 1890 ; ce même témoignage rapporte qu'il mourut le 27 novembre 1890 à l'établissement de Perray-Vaucluse, à Épinay-sur-Orge[13].

La date exacte de sa mort n'est cependant pas entièrement établie. La BnF conserve actuellement une notice d'autorité « Jean Larocque (1836-1890) », tandis que certaines autres notices bibliographiques ont retenu 1891[1].

Œuvres

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Ouvrages

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  • Jean qui pleure et Jean qui rit (Paris), 1856[4].
  • L'Unité scientifique et littéraire, 1858[4].
  • Idylles parisiennes, 1862[4].
  • Niobé, ou La femme au XIXe siècle, 1863[4],[5].
  • Niobé, étude moderne, 2e édition, précédée d'observations critiques, 1865[4].
  • L'Enseignement supérieur des jeunes filles, 1868[4].
  • Le Grand journal (Paris, 1880), 1880[4].
  • La Grèce au siècle de Périclès, 1883[4].
  • Par delà la Manche[4].
  • Les Poètes devant le pouvoir. Jean Racine homme de cour, 1884[4].
  • Les Poètes devant le pouvoir. La jeunesse de Racine, 1886[4].
  • Les Voluptueuses, 1888–1891, série de romans[4],[14].
  • 1871, souvenirs révolutionnaires : la coalition de 1869, la grève du Creusot, la déclaration de guerre, la défense de Paris, le 31 octobre, l'Évangile de la faim, la déclaration de Belleville, le Comité central, le 18 mars, 1888[4].
  • Le Sensualisme au théâtre : le Cid, 1888[4].
  • La Plume et le pouvoir au XVIIe siècle, 1888[4].

Les Voluptueuses

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La série des Voluptueuses est publiée à partir de la fin des années 1880 et comprend plusieurs romans dont les dates d'édition et l'appartenance exacte à la série ne sont pas toujours établies avec certitude. Les titres traditionnellement associés à la série sont les suivants[4],[5] :

  • Isey, 1888
  • Viviane, s. d.
  • Odile, s. d.
  • Fausta, 1889
  • Daphné, 1889
  • Phœbé, 1890
  • Fusette, 1890
  • La Naïade, 1890
  • Louvette, 1890
  • Hémine, 1891
  • Lucine, s. d[4],[14].

Postérité

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Longtemps peu présent dans les histoires générales de la littérature française, Larocque fait l'objet d'un regain d'intérêt chez les historiens du livre, les bibliophiles et les chercheurs consacrés à la littérature dite « fin de siècle ». L'étude de référence sur sa trajectoire et sur ses relations avec l'éditeur Léon Genonceaux est l'ouvrage de Jean-Jacques Lefrère et Jean-Paul Goujon, Deux malchanceux de la littérature fin de siècle : Jean Larocque et Léon Genonceaux, publié en 1994[12].

Plusieurs de ses ouvrages ont également fait l'objet de rééditions modernes. 1871, souvenirs révolutionnaires a ainsi été réédité en fac-similé par Hachette Livre/BnF en 2018[10].

Bibliographie

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Notes et références

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  1. 1 2 3 « Jean Larocque (1836-1890) », sur BnF, data.bnf.fr (consulté le )
  2. « Glossaire (actualisé) pour La Marseillaise de 1869-70 », sur La Commune de Paris, (consulté le )
  3. 1 2 « Jean qui pleure et Jean qui ritTribune des poètes », sur AbeBooks (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 « Jean Larocque — Toutes ses œuvres », sur BnF, data.bnf.fr (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 « LAROCQUE (Jean) — Les Voluptueuses », sur Ader (consulté le ), p. 134
  6. « L'Angleterre et le peuple anglais... / par Jean Larocque », sur BnF (consulté le )
  7. « C'est les bottes de 7 lieues », sur Pierre Saunier (consulté le )
  8. 1 2 « Paris Commune Collection », sur University of Sussex (consulté le )
  9. « Inventaire du fonds Chambelland », sur Centre d'histoire sociale des mondes contemporains (consulté le )
  10. 1 2 « 1871, souvenirs révolutionnaires », sur Hachette BNF, (consulté le )
  11. 1 2 « Jean Larocque et Ferreyrol à Sainte-Pélagie », sur Livrenblog (consulté le )
  12. 1 2 « Deux malchanceux de la littérature fin de siècle : Jean Larocque et Léon Genonceaux », sur WorldCat (consulté le )
  13. « Reflets d'une Maupassante » (consulté le )
  14. 1 2 « Iwan Bloch, The Sexual Life of Our Time in Its Relations to Modern Civilization, p. 748 », sur Internet Archive (consulté le )

Bibliographie

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Autre littérature

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  • Deux malchanceux de la littérature fin de siècle : Jean Larocque et Léon Genonceaux / Jean-Jacques Lefrère et Jean-Paul Goujon, 1994.

Liens externes

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