Jean Quatremer
Jean Quatremer, né le à Nancy, est un journaliste, éditorialiste et essayiste français.
| Naissance | |
|---|---|
| Pseudonyme |
Jean Quatremer |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Enseignant ( - |
| Rédacteur à |
| A travaillé pour |
Marianne (depuis ) RMC () Arte (depuis ) Libération (- |
|---|---|
| Distinctions |
Il est à partir de correspondant à Bruxelles pour le quotidien français Libération qu'il quitte en pour Marianne. Perçu comme un journaliste « europhile », il est l'auteur de plusieurs livres et reportages sur la politique de l'Union européenne.
Biographie
modifierJean Quatremer[N 1], naît le [2],[3] à Nancy en Meurthe-et-Moselle[4].
À partir de , il est chargé de couvrir l'actualité communautaire pour le journal Libération dont il est le correspondant auprès des institutions européennes[5].
En , dans un contexte de relations dégradées avec une partie de la rédaction, lui reprochant des déclarations outrancières en lien avec le conflit israélo-palestinien ou l'islam ainsi que des déclarations insultantes sur les réseaux sociaux, il démissionne de Libération pour rejoindre Marianne[6],[7], justifiant sa décision dans une lettre publiée par l'hebdomadaire Le Point[8],[9]. La société des rédacteurs de Marianne (SRM) s'élève contre la « place démesurée » promise à Jean Quatremer au sein du magazine. La direction de celui-ci assure cependant que Jean Quatremer « ne va exercer aucun rôle dans la direction de la rédaction, ni l'orientation du journal », mais « va exprimer une opinion »[10].
Le même mois, l'eurodéputée Rima Hassan dépose plainte pour cyberharcèlement contre Jean Quatremer. La plaignante fait état d'un « acharnement » du journaliste sur ses réseaux sociaux, de « fausses accusations et des insultes à répétition ». Ce dernier la nomme régulièrement « Rima Hamas » ou « Lady Gaza » plutôt que de la citer par son nom et l'accuse d'être « passionnément antisémite »[11].
Opinions et prises de position
modifierLes écrits de Jean Quatremer ont régulièrement suscité des controverses. À partir de , devant la répétition de celles-ci, le quotidien Libération demande que Jean Quatremer ne soit plus présenté comme journaliste à Libération dans ses interventions extérieures[12]. Il fait également fait l'objet d'entretiens disciplinaires et d'un rappel au règlement en lien avec ces polémiques, notamment en lien avec des propos insultants sur les réseaux sociaux[12],[9],[13].
Dominique Strauss-Kahn
modifierEn , il est le premier à évoquer publiquement le comportement problématique de Dominique Strauss-Kahn avec les femmes[14],[15], précisant que le candidat potentiel à l'élection présidentielle française frôlait « souvent le harcèlement » et que cette relation risquait de lui coûter son poste au Fonds monétaire international (FMI)[16],[17]. Dans son ouvrage paru en intitulé Sexes, mensonges et médias, il revient sur l'« omerta » médiatique dont bénéficieraient les responsables politiques[17].
Bruxellisation
modifierEn , une vive polémique est déclenchée à la suite d'un article évoquant une ville de Bruxelles « pas belle » et victime de la bruxellisation[18].
Accusation d'antisémitisme contre LFI et le mouvement pro-palestinien
modifierEn , il présente des excuses au fondateur de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, qu'il avait accusé d'antisémitisme, et accuse la présentation biaisée de l'AFP à l'origine de ses accusations contre l'homme politique[19].
Le journaliste — qui qualifie l'attaque palestinienne sur Israël du de pogrom — soutient qu'il faut nommer l'antisémitisme « d'où qu'il vienne » et dénonce plus généralement « l'antisémitisme décomplexé » de la gauche et des pays de l'Occident. En et , face à la montée de l'antisémitisme, notamment en France et en Belgique, il fustige encore ce qu'il considère comme l'antisémitisme de Mélenchon et de l'euro-députée LFI Rima Hassan [20]. Le , au micro de Frédéric Haziza sur Radio J, il déclare : « Moi depuis le 7-Octobre, je me revendique comme Juif et sioniste. Faut que les choses soient extrêmement claires. Et j'emmerde LFI, [...] il y a un moment il faut qu'ils arrêtent. C'est le premier parti antisémite de France. [...] je dis clairement ce que je pense de ce parti que j'estime largement aussi dangereux voire plus dangereux que le Rassemblement national. [...] Ce parti n'est pas un parti démocratique. Pour moi, ce n'est même pas un parti d'extrême gauche, c'est un parti d'extrême droite de gauche. »[21]
En , il remplace son image de profil sur les réseaux sociaux par une représentation d'Adolf Hitler avec un keffieh pour dénoncer l'antisémitisme autour du conflit israélo-palestinien, induisant le blocage de ses comptes sur ces réseaux sociaux et la désapprobation de la rédaction de Libération[12].
Europhilie
modifierEn , L'Obs relève son europhilie[22], un positionnement lui ayant valu, dès l'année , des critiques de personnalités politiques comme l'ancien ministre des Affaires étrangères socialiste Hubert Védrine — qui le qualifie d'« ayatollah du fédéralisme » européen[23] —, ou académiques comme l'économiste Frédéric Lordon[24], ou encore de journalistes comme Daniel Schneidermann[25] ou Éric Zemmour[26].
Communautarisme et islam
modifierEn , parlant d'une crise d'identité belge, il évoque Molenbeek et déclare notamment « À deux cent mètres de la Grand-Place, tu es en Arabie saoudite » provoquant de nombreuses réactions[27],[28]. Il explique peu après qu'il s'agissait de « dénonciation du communautarisme, quel qu'il soit, tant le flamingant qu'islamique »[29],[30].
En 2026, Mediapart écrit que Jean Quatremer est « régulièrement mis en cause pour des propos insultants ou islamophobes sur ses réseaux sociaux »[9],[13].
Emmanuel Macron
modifierEn , il déclare soutenir Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, en versant un don au mouvement En marche[31].
Il est l'un des principaux fers de lance du scandale entourant la nomination de Martin Selmayr comme secrétaire général de la Commission européenne[32],[33].[pourquoi ?]
Gilets jaunes
modifierJean Quatremer prend violemment à partie les manifestants du mouvement des Gilets jaunes, qu'il qualifie dans différents tweets de « beaufs poujadistes », de « France moisie », de « factieux » qu'il est « vraiment temps d'embastiller », de « fascistes », de « racistes », ou encore d'« homophobes »[34]. En réponse à des questions concernant les propos du journaliste, la rubrique Checknews de Libération précise que « la position de Jean Quatremer sur les gilets jaunes ne représente pas celle du journal »[35]. Cette hostilité du journaliste vis-à-vis du mouvement social est relevée par Marianne et Causeur[36],[37].
Covid-19
modifierÀ l'occasion de la pandémie de Covid-19, il adopte un discours critique envers les mesures de confinement adoptées dans la plupart des pays du monde. En , il s'exprime sur le fait que ces mesures lui semblent disproportionnées et s'accompagnent d'un coût économique déraisonnable face à la gravité de la situation sanitaire[38]. En , il affirme que « les pays qui ont décidé d'un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer »[39].
Réforme des retraites
modifierEn , Valeurs actuelles fait part de la critique de Quatremer aux opposants au projet de réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron : « c'est une hystérie collective dès qu'il s'agit d'une réforme », « il n'y a absolument pas de réflexion intelligente »[40]. À cette occasion, Tonino Serafini, journaliste de Libération, se désolidarise du soutien de Quatremer à cette réforme et l'interpelle avec cette remarque : « Tu devrais […] lire l'avis du Conseil d'État qui étrille le projet de réforme des retraites. Il pointe les contours juridiques et financiers incertains du texte[40]. »
Publications
modifierEssais
modifier- Ces hommes qui ont fait l’euro, querelles et ambitions européennes, Paris, Plon, 1999, en collaboration avec Thomas Klau, journaliste au Financial Times Deutschland
- Les Maîtres de l’Europe, Paris, Grasset, 2005, en collaboration avec Yves Clarisse, journaliste à l’agence de presse Reuters.
- Du Larzac à Bruxelles, entretiens avec José Bové, Paris, Le Cherche midi éditeur, 2011
- Sexe, mensonges et médias, collection « Tribune libre », Plon, 2012
- Debout l'Europe ! Manifeste pour une révolution postnationale en Europe[41], manifeste de Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt suivi d'un entretien des auteurs avec Jean Quatremer, Acte Sud et André Versaille éditeur, 2012
- Les Salauds de l'Europe, guide à l'usage des eurosceptiques, Calmann-Levy, 2017
- Il faut achever l'euro : tout ce que vous avez voulu savoir sur l'euro (sans oser le demander), Calmann-Levy, 2019
Ouvrages en collaboration
modifier- Notre Europe, sous la direction de Michel Rocard et Nicole Gnesotto, Robert Laffont, 2008
- 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, sous la direction de Patrick Weil, Grasset, 2012
Distinctions
modifier- : prix Louise-Weiss du journalisme européen pour son blog « Coulisses de Bruxelles » créé en [42],[2].
- : Prix Richelieu, pour récompenser sa défense de la langue française[43].
- :
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[44],[45]
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Jean Quatremer est un nom de plume utilisé par le journaliste[1].
Références
modifier- ↑ « M. Jean Quatremer » (documentation biographique des quotidiens de la Société générale de presse), sur LesBiographies.com, (version du sur archive.org).
- 1 2 « Jean Quatremer », sur radiofrance.fr (consulté le ).
- ↑ Jean Quatremer, « Thèmes récurrents : Introduction », International Law FORUM du droit international, Pays-Bas, Kluwer / International Law Association, vol. 3, no 4, , p. 204 (ISSN 1571-8042, DOI 10.1163/15718040120962950, lire en ligne).
- ↑ Raphaël da Silva, « Jean Quatremer : "En démocratie, ceux qui aspirent au pouvoir doivent être transparents" », Luxemburger Wort, .
- ↑ Marion Cocquet et Jason Wiels, « Télé grecque : comment a-t-on pu en arriver là ? », Le Point, .
- ↑ AFP, « Le journaliste Jean Quatremer quitte « Libération » et rejoint « Marianne » », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ AFP, « Le journaliste Jean Quatremer quitte Libération et rejoint Marianne », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Erwan Seznec, « Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux » : Jean Quatremer quitte « Libération », Le Point, (consulté le ).
- 1 2 3 David Perrotin, « Après son départ de « Libé », l’islamophobie encore plus décomplexée du journaliste Jean Quatremer », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ AFP, « Les journalistes de « Marianne » affirment que Jean Quatremer pourrait « tordre » l'ADN du magazine et « brusquer » ses lecteurs », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Violaine Jaussent, « L'eurodéputée LFI Rima Hassan a porté plainte pour cyberharcèlement contre le journaliste Jean Quatremer », sur franceinfo.fr, .
- 1 2 3 Pauline Bock, « "Libé" à nouveau dans la tourmente : mais à quoi joue Jean Quatremer ? »
, sur Arrêt sur image, . - 1 2 Yunnes Abzouz, Dan Israel, « À « Libération », une page se tourne et la rédaction voit flou », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ Bruno Roger-Petit, « Jean Quatremer et l'affaire DSK : le triomphe des culs-bénis du journalisme ? », sur leplus.nouvelobs.com, (version du sur archive.org).
- ↑ « DSK / femmes : Quatremer regrette le silence de Libé », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
- ↑ Jean Quatremer, « FMI : Sarkozy propulse DSK et enterre Fabius »
, Coulisses de Bruxelles, Libération, . - 1 2 Raphaël Stainville, « Sexe, mensonges et médias, retour sur l'affaire DSK », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Jean-Laurent Cassely, « «Bruxelles pas Belle» vs «Paris pourri»: un article de Jean Quatremer déclenche une polémique en Belgique », sur Slate.fr, .
- ↑ Sandra Lorenzo, « Antisémitisme : Jean-Luc Mélenchon distribue les coups et les bons points », sur Le HuffPost, (consulté le ).
- ↑ [vidéo] « "LFI, c'est le triple A : anticapitalisme, anticolonialisme, antisémitisme" : Jean Quatremer », Radio J, , 47:34 min (consulté le ).
- ↑ [vidéo] « "J’emmerde LFI, le premier parti antisémite de France, ils sont plus dangereux que le RN !" », Radio J, , 47:21 min (consulté le ).
- ↑ Daniel Schneidermann, « Barroso chez Goldman Sachs : un silence assourdissant », L'Obs, (consulté le ).
- ↑ Antoine Schwartz, « La gauche française bute sur l'Europe », Le Monde diplomatique, no 687, , p. 1 et 24–25 (lire en ligne
). - ↑ Frédéric Lordon, « Conspirationnisme : la paille et la poutre », La pompe à phynance, Le Monde diplomatique, .
- ↑ Daniel Schneidermann, « Comment on devient "rouge brun" pour Quatremer », Le Matinaute, sur Arrêt sur images, .
- ↑ Éric Zemmour, « Éric Zemmour : «Jean Quatremer, l'europhile souriant mais sûr de lui »
, Le Figaro, (consulté le ). - ↑ Olivier Mouton (Entretien avec Jean Quatremer), « Nous sommes entrés de plain-pied dans la post-Belgique »
, Le Vif/L'Express, (consulté le ). - ↑ Michaël Bouche, « Quatremer crée un tollé sur Twitter: "À 200 mètres de la Grand-Place, tu es en Arabie Saoudite" », sur 7sur7.be,
- ↑ « «À 200m de la Grand-Place, l'Arabie Saoudite»: Quatremer s'explique (vidéo) »
, Le Soir, (consulté le ). - ↑ R. H., « Jean Quatremer s'explique sur ses propos polémiques: "À 200m de la Grand-Place, l'Arabie Saoudite" », La Libre, (consulté le ).
- ↑ Robin Andraca, « Quatremer soutient Macron (mais ne le répétez pas !) »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ). - ↑ (en) Steven Erlanger, « A Sudden Promotion Raises Questions in the Brussels Bubble »
, The New York Times, (consulté le ). - ↑ Jean Quatremer, « Commission: comment un eurocrate s'est emparé du pouvoir », Coulisses de Bruxelles, Libération, (consulté le ).
- ↑ Étienne Campion et Hadrien Mathoux, « Centrisme autoritaire : top 10 des "modérés", champions du mépris de classe », Marianne, .
- ↑ Pauline Moullot, « Les positions du journaliste de Libé Jean Quatremer sur les gilets jaunes gênent-elles la rédaction ? », Libération, (consulté le ).
- ↑ Jack Dion, « Quand le gilet est jaune, l'éditocrate voit rouge », Marianne, (consulté le ).
- ↑ « Mais enfin, pourquoi les médias sont-ils la cible des gilets jaunes? », sur Causeur, (consulté le ).
- ↑ Olivier Mouton, « C'est dingue de plonger le monde en récession pour une pandémie qui a tué moins de 100000 personnes », Le Vif, .
- ↑ Antonin Marsac, « Jean Quatremer: "Les pays qui ont décidé d'un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer" »
, La Libre, . - 1 2 « Quand deux journalistes de Libération règlent leurs comptes en place publique », Valeurs actuelles, (consulté le ).
- ↑ Livre paru simultanément en Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Benelux, Pologne et Grèce.
- ↑ « Les lauréats 2006 », Prix Louise Weiss.
- ↑ « Le prix Richelieu a été remis le », sur langue-francaise.org, Défense de la langue française (version du sur archive.org).
- ↑ Jean Quatremer, « Décoré à l'insu de mon plein gré »
, Coulisses de Bruxelles, Libération, . - ↑ Arrêté du portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres, NOR MCCA1302183A.
Liens externes
modifier- Blog « Coulisses de Bruxelles, UE » de Jean Quatremer
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à plusieurs domaines :