Jean d'Amboise, né à Douai vers 1514 et mort à Paris le , est un chirurgien ordinaire du roi sous les derniers Valois, de François Ier à Henri III.

Jean d'Amboise
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Enfants

Biographie

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Naissance et ascendance

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Jean d'Amboise est né à Douai, alors situé dans les Pays-Bas espagnols. Sa date de naissance précise est inconnu, bien qu'il soit réputé avoir vécu au moins 70 ans[1]. Malgré diverses théories qui présente Michel d'Amboise comme père de Jean, il est aujourd'hui admis que ses parents sont inconnus et qu'il nous est seulement possible de connaître son lieu de naissance[2],[3].

Rattachement contesté au poète Michel d'Amboise

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Certains auteurs présentent une filiation avec le poète Michel d'Amboise. Borel d'Hauterive écrit que le chirurgien Jean d'Amboise et ses descendants sont issus du poète Michel d'Amboise (né vers 1505/1506), fils naturel du maréchal d'Amboise, sans donner d'éléments ni de références pour appuyer cette affirmation[4]. Cette thèse est reprise par Pol Potier de Courcy, dans sa version de l'Histoire de la Maison royale de France (1879), du père Anselme[5] et par Louis de La Roque, dans Le Bulletin héraldique de France (1888)[6]. Ces auteurs écrivent que Jean d'Amboise était ainsi le fils de Michel d'Amboise et de son épouse Isabeau du Bois.

Or, les écrits du poète Michel d'Amboise contredisent ces affirmations. Michel d'Amboise indique que sa femme Isabeau du Bois mourut en couches en 1530 avec l'enfant qu'elle mit au monde[7],[8],[9] et il ne mentionne pas d'autre enfant[7],[10]. Il ne mentionne pas non plus d'autre mariage avant son mariage avec Isabeau du Bois[7]. Parmi les endroits cités par Michel d'Amboise comme ceux où il vécut, il ne cite jamais la ville de Douai (alors située dans les Pays-Bas espagnols) où est né le chirurgien Jean d'Amboise[7]. En outre, Michel d'Amboise, à la recherche de mécènes, semble avoir contacté le chirurgien Jean d'Amboise (portant "même nom" et selon lui "même naissance"), qu'il désigne comme "un sien parent" et "un bon personnage" et non "son fils"[11].

Dante Ughetti concède la possibilité que Jean d'Amboise soit le fils de Michel d'Amboise (fils naturel du maréchal d'Amboise), en s'appuyant sur un document qui le désigne comme le bâtard du seigneur d’Aubjoux de la maison d’Amboise et pointe la similitude des armoiries de François d'Amboise avec la maison d'Amboise. Mais Dante Ughetti conclut en qualifiant cette théorie d'hasardeuse.

Rattachement contesté à la maison d'Amboise

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La plupart des historiens et généalogistes tels que Louis Moréri[12], le père Anselme[13], Pierre Louvet[14], La Chenaye-Desbois[15], Gustave Chaix d'Est-Ange[16], etc. indiquent que la maison d'Amboise s'est éteinte en 1656 avec François-Jacques d'Amboise, comte d’Aubijoux qui mourut dernier de son nom et de sa maison le [13]

Au XVIIIe siècle, plusieurs chirurgiens ont écrit que Jean d'Amboise se rattachait à la maison d'Amboise. C'est le cas de Jean Devaux (1649-1729)[17] ou de François Quesnay (1694-1774). L'abbé Philippe-Louis Joly, en 1748, relève que dans l'ouvrage de Michel d'Amboise intitulé Deux satyres du renommé poète Juvénal, Michel d'Amboise écrit dans la préface qu'il a "Un sien parent, né hors de France, qui porte même nom et même naissance que lui, qui, ce néanmoins, par sa connaissance merveilleuse du corps humain a prins la route de fortune és Cour des Grands, qui prisent son industrie"[18]. Joly y reconnaît Jean d'Amboise[11]. Selon cette théorie, les écrits même du poète Michel d'Amboise viennent donc formellement démentir l'hypothèse que le chirurgien Jean d'Amboise soit son fils : car il ne l'aurait pas désigné "un sien parent" et "un bon personnage" mais "son fils".

Dès le XVIIIe siècle, cette hypothèse de rattachement est contestée. Dès 1736, Jean Pierre Niceron conteste déjà le rattachement à la lignée d'Amboise et identifie le lieu de naissance de Jean d'Amboise à Douai[19]. En 1745, J. de l’Epine, doyen de la Faculté de Médecine à Paris, invoque quant à lui l'incompatibilité des activités de chirurgien avec le statut de noble. En 1790, la notice consacrée à Jen d'Amboise dans l'Encyclopédie méthodique : Médecine... dément elle aussi cette assertion. Les auteurs de l'édition de 1820 du Dictionnaire historique et critique citent un mémoire de 1716 communiqué par Charles d'Hozier[20], juge d'armes et généalogiste du roi, qui à la suite d'une enquête de sa part sur un rattachement de la famille d'Amboise à la maison d'Amboise[21], signale cette « inoffensive imposture »[22].

À partir du XIXe siècle, des auteurs d'ouvrages régionaux ont repris ce rattachement sans donner d'éléments pour l'appuyer : comme Georges Touchard Lafosse (La Loire historique, pittoresque et biographique, 1840), L. Boileau (Le château d'Amboise et ses environs, 1860[23]), Marguerite Coleman (Histoire du Clos-Lucé, 1937[24]), Luc Boisnard (Dictionnaire des anciennes familles de Touraine). Gérard Troupeau (dans "Neuillé-le-Lierre et la vie littéraire en Touraine aux XVIe et XVIIe siècles", Mémoires de la Société archéologique de Touraine, 1991) donne une généalogie de la famille d'Amboise qui rattache Jean d'Amboise (chirurgien) à Michel d'Amboise (fils naturel du maréchal d'Amboise)[25].

De nos jours, les historiens et les ouvrages consacrés à la noblesse française (Le Dictionnaire de la noblesse française (1975), le Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle (2007), le Dictionnaire de la vraie/fausse noblesse (2008), le Dictionnaire et Armorial de la Noblesse (2005-2009) etc.) ne reprennent plus ce rattachement du chirurgien Jean d'Amboise à la maison d'Amboise.

Noblesse du lignage

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Sur l'appellation « très noble », Dante Ughetti écrit dans un ouvrage consacré à François d'Amboise (fils du chirurgien Jean d'Amboise) que cette indication s'expliquerait non pas par la noblesse du lignage mais par le fait que certains membres s'en sont signalés dans les sciences ou les arts. Opinion déjà partagée par Pierre Bayle en 1697 au sujet d'un éloge faite à Adrien d'Amboise[26].

Sur la reprise des armes de la maison d'Amboise par les descendants du chirurgien Jean d'Amboise, d'Hozier écrit : « C’est sur cette fausse supposition que celui qui reste aujourd’hui le seul de la postérité de François d’Amboise usurpe les armes pleines de cette puissante maison »[20].

Carrière professionnelle

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Il était en 1545 chirurgien du connétable Anne de Montmorency[27]. Il fut ensuite chirurgien ordinaire de cinq rois de France à partir de François Ier[1].

Il fut naturalisé français par lettres du [28],[3]. Il est alors valet de chambre de Charles IX.

Jean d'Amboise destine son troisième fils à la chirurgie. En 1579, ce dernier réalise un dissection sur un corps féminin à laquelle assiste Jean d'Amboise[1]. Celui-ci porte alors le titre de chirurgien ordinaire du roi au Châtelet de Paris. Il seconde alors Ambroise Paré.

Un épitaphe de la bibliothèque du roi le mentionne également comme docteur en pharmacopée et chirurgie[1].

Jean d'Amboise décède le . Il est inhumé dans la chapelle Saint-Pierre de l'église Saint-Gervais à Paris. Sur sa tombe figure l'épitaphe suivante : Cy gist noble homme et sire maître Jehan d'Amboise, en son vivant conseiller et chirurgien ordinaire de cinq rois, qui trespassa le 13 jour de [1].

Famille

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Jean d'Amboise épousa le [29] Marie Fromager, fille de Jean Fromager, chirurgien juré au Châtelet de Paris. Ils eurent pour enfants :

Voir aussi

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Encyclopédie méthodique : Médecine, Panckoucke, 1790, pp. 110-111, « On voit que Jean d'Amboise doit avoir fourni une assez longue carrière ; car lors même qu'il n'aurait été mis au nombre des chirurgiens de François I qu'en 1544, il aurait exercé cette fonction à la cour durant quarante ans; il avait donc au moins soixante-dix ans à sa mort, en 1584. » (lire en ligne).
  2. Frédéric Saulnier, Le Parlement de Bretagne, 1554-1790, Imprimerie de la Manutention, (ISBN 978-2-85554-047-4, lire en ligne)
  3. 1 2 Frédéric Saulnier, Le parlement de Bretagne, Plihon et Hommay, 1909, page 28 (lire en ligne).
  4. A-F-J Borel d’Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines, 1856, page 173 (lire en ligne).
  5. Pol Potier de Courcy, Histoire de la Maison royale de France, volume 9, partie 2, 1879, page 510
  6. Louis de La Roque, Le Bulletin héraldique de France, volumes 7 à 8, 1888, page 465.
  7. 1 2 3 4 Claude-Pierre Goujet, Bibliothèque françoise, ou Histoire de la littérature françoise, 1745, page 339.
  8. Enea Henri Balmas, Il tema della fortuna nella letteratura francese e italiana del Rinascimento, L.S. Olschki, 1990, page 108.
  9. Catherine d'Amboise (1482-1550) Poésies, Ed. Ceres, 2002, page 18.
  10. Jacques George de Chaufepié Nouveau Dictionnaire historique et critique pour servir de supplément ou de continuation au « Dictionnaire historique et critique » de Mr. Pierre Bayle, volume 1, 1750, page 276.
  11. 1 2 Philippe-Louis Joly, Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle, F. Desventes, 1752, page 113.
  12. Louis Moreri, Le Grand Dictionaire Historique, Gallet,1698, page 140.
  13. 1 2 Anselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, tome VII, 1733, page 129.
  14. Pierre Louvet, La France dans sa splendeur, volume 2, 1674, page 51
  15. François-Alexandre de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire Généalogique, volume 1, 1757, page 79.
  16. 1 2 3 Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. T. Ier. A-Att., 1903, pp. 166-168 : « Amboise (d') » (lire en ligne).
  17. Jean Devaux, Index funerous chirurgorum parisiensum, ab anno 1315 ad annum 1714, imprimé à Trévoux en 1714, chez Étienne Gaveau, p. 30
  18. Philippe-Louis Joly, Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle,
  19. Jean Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, 1736, page 339.
  20. 1 2 Pierre Bayle, « Amboise », dans Dictionnaire historique et critique, 11, (lire en ligne), p. 492.
  21. Edouard Fournier, Le Théâtre Français au XVIe et au XVIIe siècle, Laplace, Sanchez et Cie, 1874, page 340.
  22. Les Annales "Conferencia, Volume 30, 1936, page 161.
  23. L Boileau, Le château d'Amboise et ses environs 1860, page 27
  24. Marguerite Histoire du Clos-Lucé, 1937, page ?
  25. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Gérard Troupeau Neuillé-le-Lierre et la vie littéraire en Touraine aux XVIe et XVIIe siècles, 1991, page 237 à 247
  26. Pierre Bayle Dictionnaire historique et critique, Volume 1, 1697, page 228.
  27. Emile Compardon & Alexandre Tuetey "Inventaire des registres des insinuations du Châtelet de Paris, règnes de François Ier et de Henri II", page 207 : Jean Rozel, prêtre, demeurant au collège des trésoriers en l'Université de Paris: Donation à Jean d'Amboise, chirurgien de Monsieur le connétable d'un terrain...12 septembre 1545.
  28. Pierre Bayle, « Amboise », dans Dictionnaire historique et critique, 11, (lire en ligne), p. 491.
  29. CARAN : Contrat de mariage de Jehan d'Amboise et Marie Fromager, par devant les notaires Maheut et Montigne, le jeudi 29 mars 1543. ET/XLIX/70.