Grand Conseil (France)

Organe du Conseil du roi (France)

En France, sous l'Ancien Régime, le Grand Conseil était une formation juridictionnelle du Conseil du roi.

Grand Conseil
Copie du XVIe siècle d'un compte des gages des conseillers du Grand Conseil pour les années 1498 et suivantes.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Pays
Organisation
Fondateurs

Fondation

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Créé à l'initiative de Guy de Rochefort, chancelier de France, par l'ordonnance du 2 août 1497[1], puis confirmé en 1498 par Louis XII, le Grand Conseil était à l'origine destiné à soulager le Conseil du roi des requêtes judiciaires qui lui étaient adressées par des plaideurs.

Structure

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Présidé de droit par le chancelier de France, le Grand Conseil est, dans les faits, présidé par le plus ancien maître des requêtes de l'hôtel du Roi, puis à partir de 1540, par un président en titre, titulaire d'une charge. En 1543, un autre édit prévoit la nomination des présidents au Grand Conseil parmi les maîtres des requêtes, ce qui crée une interpénétration entre les deux fonctions. Composé d'un personnel spécifique d'officiers (propriétaires de leur charge) jouissant d'un statut équivalent à celui du personnel du parlement, le Grand Conseil voit, comme les autres cours souveraines, la formation de dynasties de magistrats[2].

Son ressort territorial était étendu à l'ensemble du royaume. En revanche, il n'avait qu'une compétence d'attribution, dépendant de la volonté royale. Il pouvait être saisi :

  • par voie d'évocation :
    • générale comme le contentieux des bénéfices ecclésiastiques après le concordat de Bologne de 1516 ou le contentieux entourant la bulle Unigenitus,
    • particulière, c'est-à-dire sur requête du Roi ou d'un puissant personnage ;
  • par voie d'attribution, comme les règlements de juge en cas de conflit de juridiction et une partie du contentieux administratif.

À la fin de l’Ancien Régime, le Grand Conseil se compose d’un premier président, de huit présidents, quarante-huit conseillers, d’un procureur général, d’un avocat général et de huit substituts, auxquels il faut ajouter secrétaires, greffiers et huissiers.

En , la compagnie conclut un bail avec le chapitre collégial de Saint-Germain-l'Auxerrois pour tenir en location une maison, dite des coquilles, sise au cloître de l'église[3],[4]. En , la maison des coquilles tombant en ruine, la compagnie loue une autre maison dans le même cloître[5]. Elle ne le quitte qu'en pour tenir ses séances en l'hôtel d'Aligre, rue d'Orléans-Saint-Honoré, toujours en qualité de locataire[3]. En , l'hôtel menaçant ruine, le roi ordonne son transfert d'abord aux Grands-Augustins puis, en de la même année, au Louvre[3]. Il est installé provisoirement dans l'ancien appartement de la Reine-mère, près du jardin de l'Infante[3]. Il lui est promis un local plus spacieux et spécialement aménagé pour elle, dans l'aile nord du péristyle[3]. Mais il ne sera jamais construit.

Critique

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Alors que le Parlement, puis la Chambre des comptes s'émancipaient progressivement de la Curia Regis, à partir du XIIIe siècle, le roi ressentit le besoin de conserver des conseillers plus proches de lui, pour l'assister dans l'administration du royaume. Par divers moyens de procédure, le roi gardait la possibilité de soustraire certaines affaires judiciaires à leurs juges naturels en les faisant évoquer devant son Grand Conseil. Ce phénomène allant en s'amplifiant, les rois Charles VIII puis Louis XII organisèrent ce Grand Conseil en une nouvelle Cour souveraine de justice par les deux édits de 1497 et 1498. Cette création, perçue par le parlement comme celle d'une institution rivale ou concurrente, suscita dès le départ son l'hostilité : cela n'empêcha pas le Grand Conseil de tenir, au profit de l'autorité royale, une place importante parmi les juridictions des XVIe siècle et XVIIe siècle, avant de voir son influence décliner au XVIIIe siècle[6].

Parfois critiqué comme juridiction d'exception, le Grand Conseil est une première fois supprimé sous Louis XV, par un édit que le roi fait enregistrer en lit de justice en [7]. Les raisons invoquées étaient alors que le Grand Conseil n'avait plus d'utilité dans le cadre de la réforme judiciaire du chancelier Maupeou, qui avait institué les conseils supérieurs qui permettaient de décharger le Parlement de Paris. Rétabli par Louis XVI qui décide d'abandonner les réformes de Maupeou, il est, comme les autres cours souveraines, supprimé par l'Assemblée constituante, par l'article 13 de la loi des 6, 7 et .

Archives

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Les archives du Grand Conseil sont conservées aux Archives nationales de France dans la sous-série V5. La série V regroupe avec elles les archives des provisions d'office (V1), des secrétaires du roi (V2), de la prévôté de l'Hôtel (V3), des Requêtes de l'Hôtel (V4), du conseil privé du roi (V6), des commissions extraordinaires (V7) et du conseil souverain de Dombes (V8).

Notes et références

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  1. Le texte de cette ordonnance est conservé à la Bibliothèque nationale de France dans le t. 239 de la collection Brienne, fol. 297.
  2. Camille Trani, « Les Magistrats du Grand conseil au XVIe siècle (1547-1610) », Paris et Ile de France - Mémoires, vol. 42, , p. 68-90
  3. 1 2 3 4 5 Laurent 1958, p. 42.
  4. Laurent 1958, p. 42, n. 3.
  5. Laurent 1958, p. 42, n. 4.
  6. Camille Trani, « Les Magistrats du Grand Conseil au XVIe siècle (1547-1610) », Paris et Ile de France - Mémoires, vol. 42, , p. 61-68
  7. Édit du Roi portant suppression du Grand Conseil, Donné à Versailles au mois d'avril 1771, Registré en Parlement (Voir Provès-verbal de ce qui s'est passé au Lit de Justice tenu par le Roi, au château de Versailles, le samedi 13 avril 1771.

Annexes

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Bibliographie

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  • Robert de Roton, Les arrêts du Grand Conseil portant dispense du marc d'or de noblesse, 1951, Paris, Société du Grand Armorial du France, 543 pages.
  • [Laurent 1958] Jean-Paul Laurent, « Grand Conseil », dans Michel Antoine, Henri-François Buffet, Suzanne Clémencet, Ferréol de Ferry, Monique Langlois, Yvonne Lanhers, Jean-Paul Laurent et Jacques Meurgey de Tupigny (introd. Charles Braibant), Guide des recherches dans les fonds judiciaires de l'Ancien Régime, Paris, Impr. nat., publ. du ministère de l'Éducation nationale – direction des Archives de France, (réimpr. 2016), 1re éd., XIII-417 p., 18 × 27 cm (OCLC 490107390, BNF 36695892, S2CID 174207873, SUDOC 008664102, résumé, présentation en ligne, lire en ligne Accès libre [PDF]), sous-série V5 Grand Conseil du roi »), p. 26-60.
  • Monique Pelletier, Le Grand Conseil de Charles VIII à François 1er (1483-1547), 1960, thèse dactylographiée de l'École des Chartes ;
  • François Bluche, Les magistrats du Grand Conseil au XVIIIe siècle 1690-1791, 1966, Paris, Annales littéraires de l'université de Besançon, 189 pages ;
  • Camille Trani, Le Grand Conseil de Henri II à Henri IV (1547-1610), 1969, thèse pour le doctorat en Droit, Paris  ;
  • Camille Trani, Les Magistrats du Grand Conseil au XVIe siècle (1547-1610), in Paris et Ile de France, Mémoires, tome 42, 1991, pages 61 à 218.
  • Noël Valois, « Le Conseil du roi et le Grand Conseil pendant la première année du règne de Charles VIII [deuxième article] », Bibliothèque de l'école des chartes, t. 44, 1883, pp. 137-168.

Articles connexes

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Liens externes

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