Jenny Le Guillou
Jenny Le Guillou est, pendant les quelque trente dernière années de la vie d'Eugène Delacroix (de 1835 à 1863), la gouvernante du peintre, devenue progressivement sa confidente et son modèle[3],[2],[1].
Portrait de Jeanne-Marie, dite Jenny le Guillou
(Musée national Eugène-Delacroix, Paris)
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Jeanne Marie Le Guillou |
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Biographie
modifierLes parents de Jeanne Marie sont une femme qui « travaillait à la journée » et un couvreur. Elle est la deuxième de leurs sept enfants, née à Pleyben (Finistère) le 30 vendémiaire an IX ()[1]. Enfant, elle apprend à écrire et parler français dans l’une des quatre écoles du bourg[3], ce qui lui permet, vers 1816, de « monter à Paris » pour y travailler. Elle devient vite couturière familiale.
L'un des fils lycéens de la famille Pierret qui l'emploie échange parfois chez lui quelques propos avec son condisciple nommé Eugène Delacroix.
Une douzaine ou une quinzaine d'années plus tard — avant 1835[1] —, elle devient la gouvernante de celui qui est devenu un peintre « dont on parle », et elle le restera jusqu'à la mort de l'artiste en 1863.
Elle veille assidument à épargner à Delacroix tout souci matériel. Au fil des ans, elle devient son amie et confidente, et sa collaboratrice, qui prépare sa palette et organise ses expositions et son emploi du temps.
Chez lui, elle rencontrer parfois Frédéric Chopin, George Sand ou Charles Baudelaire[3].
Delacroix — qui en 1855 dit d’elle que « [c'est] le seul être dont le cœur soit à moi sans réserve »[2] — lui offre une vingtaine de ses œuvres, et notamment son « autoportrait au gilet vert », un portrait d'elle et un autre de sa fille.
Dans sa « causerie sur Delacroix », qu'il avait publiée en 1855 dans La Presse, Alexandre Dumas rappelle que « Delacroix racontait que c’est en peignant Marino Faliero qu’il a trouvé sa théorie des couleurs. Il lui fallait pour son doge décapité et ses sénateurs, des manteaux d’or, et il avait inutilement employé les jaunes les plus éclatants : ses manteaux étaient restés ternes. Il résolut d’aller au Louvre étudier les Rubens, pour essayer de ravir à cet autre titan le feu du ciel. Delacroix chargea alors sa camérière, sa gouvernante, sa bonne, sa Jenny Le Guillou, d’aller chercher un cabriolet. Jenny vint au bout d’un quart d’heure annoncer que le cabriolet était à la porte… ».
Le 13 août 1863, elle est au chevet de Delacroix et recueille son dernier souffle.
Elle meurt six ans plus tard et est inhumée à côté de Delacroix, comme il l'avait souhaité, « afin qu’elle veille sur [lui] pour l’éternité comme elle l’a si bien fait de [s]on vivant »[2].
Bibliographie
modifier- Thierry Engels, « Le Guillou Jeanne Marie, dite Jenny (1801-1869) », sur Amis et Passionnés du Père Lachaise (APPL), (non daté) (consulté le )
- Dimitri L’Hours, « La Pleybennoise guidant le peintre Delacroix », Le Télégramme de Brest, (lire en ligne, consulté le )
- Alain Fléjou - Lépée, « Jeanne Marie le Guillou », sur Généanet, (non daté) (consulté le )