Jimmy Chérizier
Jimmy Chérizier, surnommé « Barbecue » ou « Babekyou », né le à Port-au-Prince (Haïti), est un ancien policier haïtien devenu l’un des chefs de gang les plus influents et controversés du pays. Il est le leader du G9, une fédération de gangs lourdement armés, et de la coalition « Viv Ansanm », qui regroupe plusieurs groupes armés de la capitale.
| Jimmy Chérizier | |
Jimmy Chérizier en janvier 2024. | |
| Fonctions | |
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| Chef de la coalition Viv Ansanm (en) | |
| En fonction depuis le (2 ans, 6 mois et 9 jours) |
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| Prédécesseur | Création de la coalition |
| Chef des forces révolutionnaires de la famille du G9 et alliés | |
| En fonction depuis le (6 ans, 2 mois et 28 jours) |
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| Coalition | Viv Ansanm |
| Prédécesseur | Création |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Nationalité | Haïtienne |
| Profession | Policier |
| modifier |
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Depuis l’effondrement progressif de l’État haïtien dans les années 2020, Chérizier est considéré par de nombreux observateurs comme un chef de facto sur une large portion du territoire urbain haïtien, notamment dans la capitale Port-au-Prince. En 2024, il intensifie la guerre des gangs et renverse le premier ministre Ariel Henry.
Il est souvent décrit comme l’homme le plus puissant d’Haïti, plus influent que le gouvernement officiel.
Biographie
modifierCarrière dans la police
modifierChérizier rejoint la Police nationale d’Haïti (PNH) dans les années 2000. Il devient membre de l’unité départementale de maintien d’ordre (UDMO), une brigade anti-émeute. Pendant sa carrière policière, il est accusé d’avoir participé à plusieurs massacres dans des quartiers populaires.
Il aurait participé au massacre de La Saline en 2018, massacre après lequel il est renvoyé de la police[1]. En 2019, il aurait également participé au massacre de Bel Air (en), au cours duquel quinze personnes sont mortes[2].
Criminalité organisée
modifierEntre 2020 et 2021, Chérizier affiche une certaine proximité avec le président Jovenel Moïse[1], dénonçant les élites politiques et économiques traditionnelles tout en protégeant indirectement le pouvoir présidentiel, accusé d’utiliser les gangs pour contenir la révolte sociale. Chérizier est même appuyé par le PHTK, le parti présidentiel.
La guerre des gangs
modifierDe 2022 à 2024, il devient progressivement un pouvoir parallèle, contrôlant de vastes quartiers de Port-au-Prince avec ses hommes lourdement armés, et réglementant la vie quotidienne dans ces zones. Il devient l'un des hommes les plus puissants d'Haïti[3], demandant la destitution d’Ariel Henry et bloquant les livraisons de pétrole dans le pays pendant deux mois en automne 2022[4]. En , le Conseil de sécurité des Nations unies met en place des sanctions contre lui[3],[5]. Le mois suivant, le Canada met en place également des sanctions contre Jimmy Chérizier[6], suivi du Royaume-Uni[7]. En , il s'est opposé publiquement à une intervention militaire étrangère[3],[8]. Le même mois, sa coalition G9 annonce une alliance avec le gang rival Gpep[9]. En , il annonce la création de la coalition Viv Ansanm[10]. En , il demande à nouveau le départ d'Ariel Henry, en le menaçant de mener le pays à une guerre civile, peu après qu'un accord entre le Conseil de sécurité des Nations unies, Haïti et le Kenya définisse le rôle d'une force d'intervention extérieure dans le pays[11],[12].
Pouvoir de facto
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Ariel Henry, bloqué hors du pays, est contraint à la démission le .
En , la Police nationale haïtienne [PNH] appuyée par les FAD’H [Forces armées d'Haïti] et la Force de répression des gangs (en) [FRG ou GSF] mène une opération incluant des bombardements aériens par drones contre son domicile et des habitations aux alentours dans le quartier Delmas 6 de Port-au-Prince. L’objectif était de démanteler le gang et de rétablir la sécurité dans la zone[13]. Les quartiers de Bel Air, La Saline, ainsi que Delmas 2, 4 et 6 ont été touchés et « réduit certains secteurs en cendres et semé la panique au sein des groupes armés », mais elles ont également contraint plus de 1 500 familles « à fuir leurs domiciles », selon Gazette Haiti[14].
Sanctions internationales
modifierLe , le département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions à Chérizier et à deux hauts responsables du gouvernement haïtien qui auraient fourni du matériel de police, des armes et des véhicules pour des massacres contre le peuple haïtien[15].
Le , le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé à l'unanimité ses premières sanctions contre Haïti depuis cinq ans (résolution 2653), établissant une interdiction de voyager, un gel des avoirs et un embargo sur les armes pendant un an à l'encontre de Jimmy Chérizier et d'autres personnes ou entités désignées par un nouveau comité des sanctions créé par le Conseil de sécurité[16],[17].
Références
modifier- 1 2 « “Barbecue”, chef de gang et homme le plus puissant d’Haïti »
, sur Courrier international, - ↑ Caroline Popovic, « Une quinzaine de personnes massacrées près de Port-au-Prince »
, sur La 1ère, - 1 2 3 Evens Sanon, « Un chef de gang en Haïti met en garde contre une intervention armée étrangère »
, sur Le Devoir, - ↑ Théophile Simon, « J’assure les missions auxquelles l’État a renoncé »
, sur La Presse, - ↑ (en) « Who is Haiti’s sanctioned gang leader Jimmy ‘Barbecue’ Cherizier? »
, sur Al Jazeera, - ↑ Raoul Junior Lorfils, « Jimmy Chérizier interdit d'entrer au Canada »
, sur Loop, - ↑ « Le Royaume-Uni sanctionne le chef de gang Jimmy Chérizier »
, sur Mag Haiti, - ↑ (en) Tom Phillips et Harold Isaac, « Haiti’s most powerful gang boss calls for uprising to overthrow prime minister »
, sur The Guardian, - ↑ Théophile Simon, « Dans les coulisses d’une alliance impensable »
, sur La Presse, - ↑ « Haïti : Port-au-Prince subit la violence des gangs, 4 policiers tués »
, sur Africanews, - ↑ Antonin Lainé, « En Haïti, les images d’une situation catastrophique et la menace d’une « guerre civile » par un chef de gang »
, sur Le Monde, - ↑ « Le Kenya et Haïti signent un accord pour l’envoi de policiers dans l’île »
, sur Le Monde, - ↑ « Haïti : la police mène une opération contre le chef du gang Jimmy Chérizier "Barbecue" à Delmas 6 », sur Guadeloupe la 1ère (consulté le )
- ↑ « Vaste opération antigang à Haïti : “Toutes les forces sont sur le terrain” », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en) « Treasury Sanctions Serious Human Rights Abusers on International Human Rights Day », sur U.S. Department of the Treasury, (consulté le )
- ↑ (en) « UN Authorizes Sanctions on Haitian Gangs », sur Voice of America, (consulté le )
- ↑ (en) Al Jazeera Staff, « UN sanctions Haiti top gang leader Jimmy ‘Barbecue’ Cherizier », sur Al Jazeera (consulté le )