Joan Mari Torrealdai
Joan Mari Torrealdai Nabea, ou sous son pseudonyme Torre, Alday, Altzibar, Altxarteondo et Larrinaga, né le à Forua, et mort le [1], est un journaliste, sociologue, écrivain et académicien basque espagnol de langues basque et espagnole. Il a consacré sa vie à la défense et à la promotion de la langue et de la culture basques, notamment à travers ses travaux journalistiques, sociologiques et littéraires.
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Biographie
modifierAprès ses études de philosophie à Olite et sa formation théologique à Arantzazu, Joan Mari Torrealdai poursuit des études supérieures en théologie à l'Institut catholique de Toulouse, où il obtient une licence en 1972[2]. En 1964, après l'autorisation de reprendre la publication de Jakin, il exerce des fonctions de direction au sein de la revue pendant deux ou trois ans, avant de la quitter en 1966 ; il en reprend la direction en 1967, puis de nouveau à partir de 1977[3],[4]. Il participe ainsi durablement à l'évolution de Jakin, qui passe d'une revue destinée aux séminaristes à une publication culturelle ouverte au grand public, consacrée notamment aux questions culturelles, sociales et politiques[2]. Il est également lié à la société Jakinkizunak, créée pour assurer la continuité du projet de Jakin après son interdiction sous le franquisme[5].
Il obtient une licence en sciences sociales à l'Institut d'études sociales de Paris en 1975, puis une licence en sciences de l'information à l'université du Pays basque en 1984, où il présente le premier mémoire de licence rédigé en langue basque. Il soutient en 1991 une thèse de doctorat en sociologie et en sciences politiques à l'université de Deusto, consacrée à la censure gouvernementale et à l'édition basque sous le franquisme[4].
Joan Mari Torrealdai est secrétaire de l'Association des écrivains basques à ses débuts, notamment en 1969-1970, puis secrétaire de l'Association des sociologues basques en 1979 et 1980[6]. Lors de la création d'Euskaldunon Egunkaria en 1990, il participe à son lancement, devient membre de son conseil d'administration et préside son comité éditorial de 1990 à 2000, avant de présider le conseil d'administration de 2000 à 2003[4]. Il est nommé membre titulaire de l'Académie de la langue basque en 2007, après avoir été membre correspondant de l'institution à partir de 1975[7].
Il travaille également dans le domaine du journalisme. En 1973, il publie l'essai Iraultzaz chez Jakin[8]. En 1977, il publie Euskal idazleak, gaur / Historia social de la lengua y literatura vascas, une étude consacrée à l'histoire sociale de la langue et de la littérature basques[9]. Cet ouvrage étudie notamment, à partir d'une approche sociologique et statistique, l'évolution de l'édition et de sa diffusion dans la société ainsi que l'évolution historique et sociologique des écrivains de langue basque.
En 1985, il publie Euskal telebista eta euskara, chez Elkar, un travail issu de son mémoire de licence en sciences de l'information, qui fut le premier mémoire présenté en langue basque dans cette faculté[10]. En 1993, il publie XX. mendeko euskal liburuen katalogoa (1900-1992), vaste catalogue consacré aux livres publiés en langue basque au XXe siècle ; l'ouvrage compte 1 187 pages et est publié par la Députation forale du Guipuscoa[11]. Ce travail est poursuivi par plusieurs volumes consacrés aux périodes suivantes : XX. mendeko euskal liburuen katalogoa II. 1993-1994, publié en 1995, puis XX. mendeko euskal liburuen katalogoa III. 1995-1996, publié en 1997[12]. En 1997, il publie Euskal kultura gaur. Liburuaren mundua, une étude consacrée à la situation de la culture basque, avec une attention particulière portée au monde du livre et à la littérature[13].
En 1998, il publie El libro negro del euskera, ouvrage consacré à l'histoire des persécutions et des atteintes dont la langue basque a fait l'objet[14]. La même année, il publie une biographie de l'écrivain Martin Ugalde, Martin Ugalde. Andoaindik Hondarribira Caracasetik barrena, chez Elkarlanean[15]. Il poursuit parallèlement ses recherches sur la censure franquiste et ses effets sur l'édition et les écrivains basques. En 1998, il publie également La censura de Franco y los escritores vascos del 98, consacré à la censure exercée sous le régime franquiste à l'encontre des écrivains basques[16]. En 1999, il publie La censura de Franco y el tema vasco, consacré à la censure franquiste des publications portant sur la question basque[17]. Il poursuit cette recherche avec Artaziak. Euskal liburuak eta Francoren zentsura, 1936-1983, publié en 2000 par Susa[18]. Ses recherches sur la censure gouvernementale et les livres basques donnent également lieu à des travaux consacrés à la documentation administrative et à l'analyse des rapports des lecteurs chargés de la censure[4].
En février 2003, lors de la fermeture judiciaire d'Euskaldunon Egunkaria, seul quotidien alors entièrement publié en langue basque, Joan Mari Torrealdai, qui en est le président du conseil d'administration, est arrêté puis placé en détention provisoire. Le juge de l'Audiencia Nacional Juan del Olmo l'accuse, avec plusieurs autres responsables du journal, de participation ou de collaboration avec l'ETA[19]. Torrealdai est libéré sous caution en mars 2003[20]. En avril 2010, l'Audiencia Nacional acquitte les cinq responsables poursuivis, dont Torrealdai, estimant notamment que la fermeture du journal n'avait pas de fondement constitutionnel[21].
En 2011, Joan Mari Torrealdai devient bibliothécaire académique de l'Académie de la langue basque et prend la responsabilité de la Bibliothèque Azkue, succédant à José Antonio Arana Martija.
Publications
modifierEssais
modifier- Iraultzaz, 1973, Jakin
- Euskal idazleak gaur, 1977 ;
- Euskal kultura gaur, 1997 ;
- Artaziak - euskal liburuak eta Francoren zentsura 1936-1983, 2000, Susa.
Biographies
modifier- Martin Ugalde, Andoaindik Hondarribira Caracasetik barrena, 1998 ;
- Imanol Murua, Gipuzkoako alkate, 2004, Alkartasuna Fundazioa.
Bibliographie
modifier- XX. mendeko euskal liburuen katalogoa, 1993, Gipuzkoako Foru Aldundia.
Références
modifier- ↑ (es) « Fallece Joan Mari Torrealdai », sur www.deia.eus (consulté le )
- 1 2 (eu) Ainhoa Irazu, « Joan Mari Torrealdai: «Zentsurak basamortu kulturala ekarri zuen» », Euskonews, no 37, 1999-06-11/1999-06-18 (ISSN 1139-3629, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, « Joan Mari Torrealdai », Jakin (consulté le )
- 1 2 3 4 (eu) « Joan Mari Torrealdai: Biografia », Jakin (consulté le )
- ↑ (eu) « Joseba Intxausti: «Mirari bat da garai batetik hona Euskal Herrian gertatu dena» », Argia, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (eu) « Joan Mari Torrealdai Nabea », Euskal Idazleen Elkartea (consulté le )
- ↑ (eu) José Antonio Arana Martija, « Joan Mari Torrealdai Nabea », Euskera, vol. 54, no 3, , p. 1271-1278 (ISSN 0210-1564, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, « Iraultzaz », Jakin (consulté le )
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, Euskal idazleak, gaur : Historia social de la lengua y literatura vascas, Oñati, Jakin, , 675 p. (ISBN 84-7240-065-4)
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, Euskal telebista eta euskara, Donostia, Elkar, (ISBN 84-7529-315-8)
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, XX. mendeko euskal liburuen katalogoa (1900-1992), Donostia, Gipuzkoako Foru Aldundia, , 1187 p.
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, XX. mendeko euskal liburuen katalogoa II. 1993-1994, Donostia, Gipuzkoako Foru Aldundia, (ISBN 978-84-605-4513-2)
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, Euskal kultura gaur : Liburuaren mundua, Donostia, Jakin, (ISBN 84-922537-0-3)
- ↑ (es) Joan Mari Torrealdai, El libro negro del euskera, Donostia, Ttarttalo, (ISBN 84-8091-395-9)
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, Martin Ugalde : Andoaindik Hondarribira Caracasetik barrena, Donostia, Elkarlanean, (ISBN 84-922537-9-7)
- ↑ (es) Joan Mari Torrealdai, La censura de Franco y los escritores vascos del 98, Donostia, Ttarttalo,
- ↑ (es) Joan Mari Torrealdai, La censura de Franco y el tema vasco, Donostia, Kutxa Fundazioa,
- ↑ (eu) Joan Mari Torrealdai, Artaziak : Euskal liburuak eta Francoren zentsura, 1936-1983, Zarautz, Susa, (ISBN 978-84-86766-98-6)
- ↑ (es) Mikel Ormazabal, « El juez Del Olmo cierra el periódico 'Egunkaria' por ser «instrumento» de ETA », El País, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) « El juez deja en libertad bajo fianza a dos directivos de Egunkaria », El País, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) José Yoldi, « La Audiencia sentencia que el juez no debió cerrar el diario 'Egunkaria' », El País, (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
modifier- (es) Joan Mari Torrealdai sur Auñamendi Eusko Entziklopedia
- (eu) Literaturaren zubitegia sur Joan Mari Torrealdai