Johana Caicedo Sinisterra
Johana Caicedo Sinisterra (1980 -) est une femme politique afro-colombienne et militante pour les droits de l'homme. Elle s'engage contre les discriminations racistes, sexistes et homophobes et pour l'éducation populaire dans un objectif de tolérance et de réconciliation en contexte urbain tendu. Elle est nommée au poste de secrétaire de la paix pour la ville de Cali entre 2024 et 2026 et est doctorante en sciences sociales.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Domicile | |
| Formation | |
| Activités |
Biographie
modifierJeunesse
modifierJohana Caicedo Sinisterra naît en 1980 Guapi[1] de l'union de Mayimbú et Aurora, dans une grande famille gérant une entreprise de matelas[2]. Elle partage son foyer avec 53 autres enfants[1] et a 9 adelphes[2]. Elle a 16 ans quand sa mère commence à l'encourager à quitter sa ville natale pour aller faire des études[2]. En 2003, alors qu'elle a 23 ans, elle déménage à Medellín où elle fait face pour la première fois au racisme : elle est moquée et agressée[1],[2].
En 2004, Caicedo quitte Medellín pour Cali[3] et candidate à l'Université de Valle pour étudier les sciences politiques[1]. Elle n'est pas reçue mais commence à la place des études de philosophie[1]. Sans soutien financier de sa famille, elle survit sur un faible salaire[1]. Pour remédier à sa situation, Johana Caicedo Sinisterra lance une entreprise sur le campus universitaire : une sandwicherie appelée Chuzo[1]. La boutique est un succès et embauche d'autres étudiants qui, comme Caicedo, ont des problèmes financiers[1]. Elle considère que les femmes qui veulent vivre dans un monde meilleur doivent le construire elles-mêmes[4].
Établissement pérenne à Cali
modifierUne fois installée à Cali plus confortablement, avec un emploi stable, elle laisse Chuzo aux nouveaux étudiants qui peinent à trouver un travail[1]. Johana Caicedo Sinisterra dit ne pas s'intéresser à l'argent mais plutôt à la création d'opportunités pour d'autres jeunes en difficultés[1].
En 2009 elle fait un coming out en tant que lesbienne sur le campus universitaire en réponse à des rumeurs sur son orientation sexuelle[1]. Elle admet être victime de discrimination racistes, sexistes et homophobes[1]. Dans sa pratique, elle privilégie une approche intersectionnelle[4].
En 2011, elle rencontre Sami Arizabaleta qui devient sa femme en 2020. Elles ont deux enfants[1].
Après l'obtention de sa licence de philosophie, elle valide un master en sciences de l'éducation avec une spécialité en éducation populaire[1],[5]. En 2019, elle est doctorante en sciences sociales[1],[2].

Carrière militante et politique
modifierDébut de carrière : 2004-2015
modifierLe goût de Johana Caicedo Sinisterra pour la justice éclot à l'Université, où elle obtient, en tant que représentante étudiante au Conseil académique, des exonérations de frais pour les étudiants afro descendants[1],[3]. Elle crée l'association Somos Identidad qui lutte pour les droits LGBT des étudiants[1],[2] et lance les rencontres ENEUA : Encuentro Nacional de Estudiantes Universitarios Afrocolombianos (« conférences nationales des étudiants afrocolombiens »)[5].
Après l'obtention de son diplôme, elle commence à travailler avec des groupes de citoyens du quartier d'Aguablanca pour promouvoir la tolérance[1]. Sa motivation réside dans la conviction qu'il est possible de rassembler et faire travailler ensemble des communautés aux cultures et aux horizons différentes[2]. Elle s'engage auprès de l'Organisation internationale pour les migrations et pour l'ONG d'aide au développement ACDI/VOCA (en)[3],[5]. Ces expériences militantes consolident chez Caicedo la conviction que le changement social et l'apaisement social s'obtient par l'organisation collective[3].
En cette qualité d'éducatrice et militante, elle se rend à La Havane pour participer à la médiation entre les FARC-EP et le gouvernement colombien et ainsi faire avancer le processus de paix[1],[3].
Fonction publique : 2016-2026
modifierEn 2016, elle devient fonctionnaire sous l'égide du maire de Cali Maurice Armitage (es)[1],[2],[3]. Elle dirige le groupe Jóvenes en Acción (« jeunesse en action ») et est conseillère du secrétaire de la paix et des affaires sociales[3],[5]. En 2019, elle est sous-secrétaire pour l'égalité et le genre à Cali[2],[3], ce qui lui permet d'améliorer la prise en charge des femmes victimes de violences domestiques[2]. Le sous-secrétariat met également en place des dispositifs de soutien aux entrepreneures, à l'éducation des femmes et à la sensibilisation auprès des hommes en ce qui concerne les violences sexistes[2].
En 2024, le maire Alejandro Eder (en) nomme Johana Caicedo Sinisterra secrétaire de la paix et de la culture urbaine pour la ville de Cali, un poste qui implique de travailler sur l'harmonie entre les communautés, les Droits de l'homme et les enjeux sociaux[1],[5],[6]. Au moment de prendre son poste, elle estime qu'un de ses plus gros challenge est la prévention de l'enrôlement forcé des jeunes dans les gangs de la ville[6],[7]. La population de Cali est divisée et particulièrement impactée par la violence urbaine, son but est de la « réconcilier »[6]. Pour ce faire, différents dispositifs sont mis en place pour promouvoir le dialogue et gérer le conflit entre les différentes communautés de la ville dans une démarche de démocratie participative[7]. 9 milliards de pesos sont alloués à cette mission en 2025, ce qui permet d'ériger une Carpa de la Paz (« tente de la paix ») dans le quartier Potrerogrande destinée aux activités culturelles et artistiques communautaires, au mentorat et à la santé mentale[7]. Cette initiative fait diminuer la violence urbaine[7].
En 2026 elle met de côté sa carrière de fonctionnaire pour se consacrer à la recherche[8]. Johana Caicedo Sinisterra démissionne du poste de Secrétaire de la paix, dans un contexte de remaniement entier de l'équipe dirigeante de la mairie[8].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 (es) « La fascinante e inspiradora historia de Johana Caicedo, secretaria de Paz y Cultura Ciudadana de Cali », Semana, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (es) Erika Mantilla, « "En Guapi yo no sabía que era negra": Johana Caicedo, subsecretaria de Equidad y Género de Cali », El País, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (es) « “Soy producto de lo colectivo”: Johana Caicedo, secretaria de Paz y Cultura Ciudadana », Calistero FM, (lire en ligne)
- 1 2 (es) Fundación WWB Colombia, « Johana Caicedo Sinesterra #MujeresPioneras », sur youtube.com,
- 1 2 3 4 5 (es) « Johana Caicedo: una secretaria que le apuesta a lo social desde los territorios y para las comunidades », Extra, (lire en ligne)
- 1 2 3 (es) Ana María Marles Muñoz, « "A camellar con amor por Cali": Johana Caicedo, nueva secretaria de Paz », 90 Minutos, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 (es) Santiago Cruz Hoyos, « La duda de Johana Caicedo, secretaria de Paz y Cultura Ciudadana: ¿por qué los caleños se enojan si les piden orden? », El País, (lire en ligne)
- 1 2 (es) « Johana Caicedo, secretaria de Bienestar Social de Cali, sale del cargo tras ajuste en gabinete », CW Mas, (lire en ligne)