Jorge Ángel Livraga Rizzi, né le à Buenos Aires et mort le à Madrid, est un philosophe et écrivain ésotérique argentin.

Jorge Ángel Livraga Rizzi
Naissance
Décès
(à 61 ans)
Madrid (Espagne)
Nationalité
Formation
Influencé par
Helena Blavatsky
Citation
Il ne suffit pas de changer le monde, et cela n'est pas nécessaire ; il faut changer la perspective que l'homme a du monde. L'homme est la clé de toute chose. J.A.L.
Conjoint
Ada Albrecht (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Après avoir été membre de la Société théosophique pendant une dizaine d’années, il fonde en 1957 l’organisation internationale Nouvelle Acropole.

Son intention est de créer, au XXe siècle une école de philosophie à la manière classique, en réintroduisant la méthode socratique comme recherche de la sagesse et de la connaissance de l’être humain. Il s'inspire de la tradition classique, entre autres l’Académie platonicienne, le lycée d'Aristote, l’école néoplatonicienne d’Alexandrie.

Jorge Ángel Livraga Rizzi a été critiqué par des médias, des politiciens, des philosophes, pour le sectarisme et le fascisme de son organisation Nouvelle Acropole.

Biographie

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Il est né de parents d'origine italienne : Ángel Livraga, ingénieur industriel, et Victoria Rizzi, tous deux issus de familles émigrées à la fin du XIXe siècle.

La mort précoce de son père alors qu'il avait à peine quinze ans l’amène à s'intéresser à la philosophie ésotérique et à entrer en contact avec la Société théosophique argentine, où il commence ses études sur l'histoire des religions et la symbologie[1],[2]. Par la suite, il suit les enseignements des professeurs Curuppumullage Jinarajadasa et Nilakanta Sri Ram, tous deux présidents de la Société théosophique mondiale basée à Adyar (Chennai) en Inde[3].

En parallèle, il entreprend des études de médecine, d'histoire de l'art et de philosophie[4] à l'université de Buenos Aires[5].

En 1956, il crée la revue Études théosophiques destinée à faire connaître les œuvres de Helena Petrovna Blavatsky aux jeunes universitaires, en les confrontant aux nouvelles découvertes scientifiques du XXe siècle.

Après s'être séparé de la Société théosophique, il fonde avec sa femme Ada Albrecht en 1957 l’association Nouvelle Acropole. Après leur séparation en 1981, cette dernière fonde en Uruguay sa propre association, Hastinapura[6]. En 1972, il s'installe en Espagne. Deux de ses disciples, Delia Steinberg Guzmán et Fernand Schwarz, dirigeront Nouvelle Acropole en Espagne et en France.

Il est l'auteur de 36 ouvrages enregistrés à la Bibliothèque nationale d'Espagne[7] et traduits en plusieurs langues.

Il meurt à Madrid en 1991. Son ancienne maison à Buenos Aires est aujourd'hui devenue un musée[4].

Controverse

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Atelier philosophique avec Jorge Livraga.

Nouvelle Acropole France et son fondateur sont cités dans le rapport de la commission d'enquête sur les sectes du parlement français publié en janvier 1996.

Ce rapport a été critiqué par les Etats-Unis et des lobbies favorables aux sectes et nouvelles religions comme le CESNUR (Centre d'étude sur les nouvelles religions)[8].

Certains des écrits de Livraga datant des années 1960, faisant la critique des dérives des régimes démocratiques contemporains, dénoncés comme « apocryphes » par Nouvelle Acropole ont été utilisés pour supporter la thèse que l'organisation poursuit des buts politiques fascistes, notamment en France[9] mais aussi dans d'autres pays[10]. Cependant, dans l'ouvrage autobiographique Möassy el perro publié en 1975, Jorge Livraga renvoie dos à dos les deux superpuissances et l'ensemble des modèles politiques de l'époque, devenus désenchantés, déspiritualisés et ayant perdu le sens du sacré au profit du tout industriel et du rendement[11].

Dans une enquête, un chercheur proche du mouvement, Antoine Faivre, considère que cette organisation ne doit être considérée ni comme un nouveau mouvement religieux ni un courant occultiste ni une société initiatique car elle serait « dépourvue de tout rituel initiatique ». L'intention de son fondateur étant de créer une école de philosophie éclectique, en quête d'une culture universelle fondée sur des principes de fraternité et de concorde, une philosophie loin de celle du « progrès » dans lequel croyait la philosophie des Lumières. Le vrai progrès, pour la Nouvelle Acropole, consisterait plutôt en un retour à ce qui est pour elle la « tradition » même si celle ci n'est pas une finalité en soi. Concernant ses propres affirmations, le sociologue précise en ce qui concerne la vie quotidienne du mouvement et des membres : « les dirigeants vivent de leurs activités professionnelles et encouragent tant l'intégration sociale de leurs membres que le respect des lois républicaines […] une enquête sociologique serait évidemment nécessaire pour pénétrer plus profondément dans la connaissance de celui-ci. Il est certain aussi qu'il mériterait qu'on lui consacre une étude sérieuse, beaucoup plus approfondie que la présente note »[12].

Œuvres

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Collection d'ouvrages de Jorge Livraga

Jorge Livraga écrit plusieurs livres sur des sujets liés à la philosophie, l'histoire, et la spiritualité, abordant des thèmes comme les sagesses anciennes, la symbolique des civilisations et la psychologie.

Ouvrages traduits en français

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  • Comment s'incarnent les rêves, Paris, Ed. Nouvelle Acropole, coll. « Acropolis », , 287 p. (ISBN 978-2-9026-056-20).
  • Möassy, le chien, Pantin, Les Textes essentiels, coll. « Mystère et initiation », (réimpr. 2017), 150 p. (ISBN 2-86447-006-3 et 978-2902605552).
  • L’alchimiste, Ed. Nouvelle Acropole, coll. « Acropolis », (réimpr. 2017), 183 p. (ISBN 978-2-9026-0553-8).
  • Les esprits de la nature : Elfes, fées, gnomes..., Éditions des 3 Monts, coll. « Mystère et initiation », (réimpr. 2000,2014), 142 p. (ISBN 2-902605-06-4).
  • Thèbes, éd. Nouvelle Acropole, coll. « Mystère et initiation », (réimpr. 2017), 236 p. (ISBN 978-2-902605-58-3 et 978-2-902605-6-37).
  • Lettres à Délia et Fernand, éd. Nouvelle Acropole, , 281 p. (ISBN 2-902605-37-4).
  • Jorge Angel Livraga, Délia Steinberg Guzman, Fernand Schwarz et Ramon Sanchis Fernandis, Dangers du racisme : réflexions autour du problème du racisme et alternatives philosophiques pour l'éradiquer, Paris, éd. Nouvelle Acropole, coll. « Les Dossiers Spéciaux », , 85 p. (ISBN 2-902605-37-4).
  • Ankor le disciple : dernier prince de l'Atlantide, Éditions des 3 Monts, , 192 p. (ISBN 2-909735-61-3 et 978-2-909735-61-0).

Notes et références

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  1. ↑ Bibliothèque Nationale de France, « Catalogue BNF - Notice de Livraga Rizzi », sur bnf.fr, (consulté le ).
  2. ↑ « Un Peu d'Histoire », sur Nouvelle Acropole (consulté le )
  3. ↑ (en)Jorge Ángel Livraga Rizzi, Biographical notes
  4. 1 2 (en) John Gordon Melton et Martin Baumann, Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, vol. 6, ABC-CLIO, (réimpr. 2010), 3200 p. (ISBN 978-1-5988-4204-3, présentation en ligne).
  5. ↑ Biographie de Jorge Ángel Livraga Rizzi sur le site de Nouvelle Acropole France
  6. ↑ « Theosophical Society and New Acropolis », sur www.kelebekler.com (consulté le )
  7. ↑ (es) Bibliothèque Nationale d'Espagne, « Datos BNE - Livraga Rizzi, Jorge A. », sur datos.bne.es (consulté le )
  8. ↑ Jean-Pierre Raffarin, « Circulaire du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires », sur Legifrance.gouv.fr,
  9. ↑ (en) Peter Clarke (dir.), Massimo Introvigne (rédacteur de l'article New Acropolis) et al., Encyclopedia of New Religious Movements, Routledge, (ISBN 978-0415453837), p. 822.
  10. ↑ (es) María Paredes, « Baños en un río helado y bofetadas: un exmiembro Nueva Acrópolis cuenta las prácticas de la "secta" », sur El Español, (consulté le )
  11. ↑ André Lampe (journaliste à RTL), « Préface », dans Möassy, le chien, (ISBN 2-86447-006-3)
  12. ↑ Massimo Introvigne, J. Gordon Melton, Antoine Faivre et al., Le débat sur le rapport de la commission d'enquête sur les sectes, Dervy, (ISBN 978-2-85076-817-0), p. 240

Voir aussi

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