Josef Munzinger

homme politique suisse

Josef Munzinger, né le à Olten (originaire du même lieu) et mort le à Berne, est une personnalité politique suisse.

Josef Munzinger
Illustration.
Portrait réalisé entre 1850 et 1880.
Fonctions
Conseiller fédéral
–
(trois mandats)
Président lui-même en 1851[n 1]
Département DFF (1848-1850 et 1852)
Département politique (1851)
Postes et travaux publics (1853-1854)
Commerce et péages (1855)
Prédécesseur poste créé
Successeur Melchior Josef Martin Knüsel
Conseiller aux États
–
Landamann du Petit Conseil soleurois
–
Président lui-même en 1833
Biographie
Nom de naissance Martin Josef Munzinger
Date de naissance
Lieu de naissance Olten
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Berne
Nature du décès Maladie neurologique
Nationalité suisse
Parti politique Parti radical-démocratique
Enfants Walther Munzinger (de)
Werner Munzinger
Wilhelm Munzinger

Conseiller fédéral de 1848 à 1855, il est le premier responsable des finances du nouvel État fédéral et considéré comme le père du franc suisse.

Biographie

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Origines et famille

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Martin Josef Munzinger[1], connu sous le nom de Josef Munzinger, naît le à Olten, dans le canton de Soleure, en Suisse[2]. Il est originaire du même lieu[2]. Il a trois frères[3], dont Ulrich Munzinger, personnalité politique cantonale[4]. Leur père, Konrad Munzinger, est commerçant et facteur des sels ; leur mère est née Elisabeth Schmid[2].

Josef Munzinger se marie à deux reprises : en 1815, avec Magdalena Brunner, fille d'un tanneur et lieutenant de justice ; et en 1819 avec Anna Maria Lüthi, fille d'un boulanger[2]. L'explorateur africain Werner Munzinger, le professeur de droit, conseiller national et pionnier du mouvement catholique-chrétien Walther Munzinger (de) et le juge Wilhelm Munzinger sont issus de la seconde union[5].

Formation

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Après le collège à Soleure, où il obtient sa maturité gymnasiale[6], Josef Munzinger fait un apprentissage commercial à Bologne, en Italie[2].

De 1817 à 1825, il est secrétaire communal à Olten[2].

Ascension politique

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Josef Munzinger participe en 1814 à une tentative de renversement du gouvernement patricien soleurois, ce qui lui coûte une expulsion de trois ans, à Côme, en Italie[2]. Il est cependant amnistié la même année[3].

Son ascension politique commence en 1830 après l'assemblée populaire de Balsthal, pendant laquelle il déploie son talent oratoire pour soutenir la reconnaissance sans condition de la souveraineté du peuple[2].

Il siège au Grand Conseil soleurois (Conseil cantonal à partir de 1841[7]) et au Petit Conseil à partir de 1831 et comme landammann du canton à partir de 1833[2],[3]. Sur toute cette période, il est premier délégué à la Diète fédérale[2].

Convaincu par le système représentatif et la nécessité d'une organisation fédérale de la Suisse, politicien éclairé sans être libéral doctrinaire, Josef Munzinger prône une Église d'État[2]. Réaliste, il sait respecter les idées conservatrices de la population rurale et rester modéré sur les questions confessionnelles[2]. Sa politique progressiste au niveau cantonal est marquée par la réalisation de l'égalité des droits, l'abolition des droits féodaux, la réforme du système scolaire et la construction du réseau routier[2].

Il est médiateur lors de la division du canton de Bâle en 1833, de l'affaire des couvents d'Argovie en 1841 et de la guerre du Sonderbund en 1847[2]. En outre, il siège dans de nombreuses commissions de la Confédération, notamment celle préparant la révision de la constitution[2]. Ces engagements politiques favorisent sa nomination au Conseil des États (exercice du mandat à partir du [1]), tôt suivie par son élection au premier Conseil fédéral, en 1848[2].

Conseil fédéral et mort

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Josef Munzinger est le quatrième conseiller fédéral élu après Jonas Furrer, Ulrich Ochsenbein et Daniel-Henri Druey. Mobilisé par la Diète fédérale pour apaiser les troubles à la frontière sud du pays, il s'y trouve le , jour de l'élection du nouveau gouvernement[8]. Le premier Conseil fédéral est élu le [9].

On lui confie la responsabilité du Département des finances et sa première mission consiste à remplir les caisses vidées par la guerre du Sonderbund[8]. Dans la foulée, il entreprend de créer une monnaie fédérale unique. Conseillé par le banquier bâlois Johann Jakob Speiser, Josef Munzinger présente au parlement, en avril 1850, la solution suivante : « Cinq grammes d'argent, au titre de neuf dixièmes d'argent fin, constituent l'unité monétaire suisse et portent le nom de franc[8]. » Le franc suisse voit donc le jour en 1852. Il préside le collège gouvernemental en 1851[2].

Il reprend l'année suivante les rênes du Département politique (affaires étrangères) puis, en 1853, celui des postes et des travaux publics. Son état de santé se détériore mais il est tout de même réélu le alors qu'il se déplace en fauteuil roulant[8]. Ses collègues lui attribuent le Département du commerce et des péages mais, deux mois plus tard, alors que le Conseil fédéral est en réunion, il s'effondre. Le , il succombe à une maladie neurologique[8].

Notes et références

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  1. ↑ Fonction liée à celle de chef du Département politique.

Références

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  1. 1 2 « Biographie de Josef Munzinger », sur le site de l'Assemblée fédérale suisse.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Thomas Wallner (de) (trad. Denis Rohrer), « Josef Munzinger » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne
  3. 1 2 3 Erich Meyer (trad. Denis Rohrer), « Munzinger » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  4. ↑ Erich Meyer (trad. Denis Rohrer), « Ulrich Munzinger » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  5. ↑ Peter Müller-Grieshaber (trad. Elena Vuille-Mondada), « Wilhelm Munzinger » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  6. ↑ (de) Edgar Bonjour, « Munzinger, Josef », dans Neue Deutsche Biographie, vol. 18, (lire en ligne), p. 599 et 600
  7. ↑ (de) Services du parlement, « Geschichte - Kanton Solothurn » [archive du ], sur site officiel du canton de Soleure (consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 Bernard Wuthrich, « La grande et la petite histoire du Conseil fédéral (1). La mort brutale du père du franc suisse », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  9. ↑ « admin.ch - Droit fédéral / FF 1849 I 131 ss. », sur www.admin.ch (consulté le )

Liens externes

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