Jérôme Gebwiller (également appelé Hieronymus Gebwiler sous la forme latinisée de son prénom), né vers à Kaysersberg et mort le à Haguenau, est un humaniste, pédagogue et historien du début du XVIe siècle, actif dans plusieurs villes de la plaine d'Alsace, alors intégrées au Saint-Empire romain germanique.

Biographie

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Né vers dans la ville impériale de Kaysersberg, Jérôme Gebwiler effectue ses études à l'université de Bâle en , puis à l'université de Paris en , avant de revenir à Bâle pour obtenir le grade de maître ès arts. Influencé par Jacques Wimpfeling, il s'inscrit dans les milieux humanistes du Rhin supérieur, marqués par le renouveau des études classiques et par l'essor de l'imprimerie[1].

En , le conseil de la ville impériale de Sélestat le choisit pour diriger l'école latine. L'institution compte alors parmi les établissements humanistes réputés du Saint-Empire. Parmi ses nombreux élèves figurent les humanistes Johannes Witz Sapidus et Beatus Rhenanus[2].

En , il quitte Sélestat pour la ville impériale libre de Strasbourg, où il devient pédagogue de l'école latine, à la demande du Grand Chapitre de la cathédrale. Il enseigne notamment à Ottmar Nachtgall. À Strasbourg, il évolue dans les milieux humanistes et rejoint la Sodalitas Literaria Argentinensis, société littéraire où il fréquente les milieux humanistes proches de Jean Geiler de Kaysersberg et de Sébastien Brant[2].

Gebwiler poursuit parallèlement une activité d'auteur et d'érudit, publiant plusieurs ouvrages consacrés à l'histoire, à la littérature et à l'éducation. Il est considéré comme l'un des historiographes de la maison de Habsbourg[3]. Ses écrits témoignent également de son attachement à la mémoire des grandes figures religieuses et politiques en Alsace. Dans une œuvre consacrée à Odile de Hohenbourg en , Gebwiler est le premier auteur connu à mentionner l'existence de l'Hortus deliciarum, manuscrit du XIIe siècle toujours conservé à l'abbaye de Hohenbourg au début du XVIe siècle[4].

Resté fidèle au catholicisme dans le contexte des bouleversements religieux de l'époque, il se montre critique à l'égard de la Réforme protestante. Cette position contribue à son éloignement de Strasbourg, devenue progressivement un centre majeur du protestantisme. Il quitte la ville vers ou [2],[5].

Le conseil de la ville impériale de Haguenau l'invite à diriger l'école latine située près de l'église Saint-Georges. Il accepte et poursuit son activité de pédagogue jusqu'en . Il reste à Haguenau jusqu'à sa mort le [1].

Principales œuvres

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Gebwiler a publié des éditions des Épîtres d'Horace et des comédies de Plaute destinées à l'enseignement du latin, ainsi qu'une édition annotée des commentaires sur la Physique d'Aristote par Jacques Lefèvre d'Étaples et une édition de l'ouvrage historique De inventoribus rerum de Polydore Virgile[2].

Il réalise une édition de la grammaire latine révisée par Jean Cochlaeus, qu'il dédie à son ami Wimpheling. Parmi ses œuvres figure également Panegyris Carolina, composé en l'honneur de Charles Quint[5].

Annexes

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Notes et références

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  1. 1 2 André-Marcel Burg, « Jérôme Gebwiler », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 (en) « Gebwiler, Hieronymus », sur Historical Dictionary of Renaissance (consulté le )
  3. [Green 1979] (en) Rosalie B. Green (dir.), Michael Evans, Christine Bischoff, Michael Curschmann et al., Hortus deliciarum, vol. 1-2, Londres, Institut Warburg, coll. « Studies of the Warburg Institute » (no 36), , 508-244 p. (ISBN 0-85481-055-2), p. 13
  4. Marie-Thérèse Fischer, Initiation à l'Hortus Deliciarum, Strasbourg, Signe, , 259 p. (ISBN 978-2-7468-4023-2), p. 233.
  5. 1 2 (de) Heinrich Kämmel, « Gebwiler, Hieronymus », sur Allgemeine Deutsche Biographie (consulté le )

Bibliographie

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  • (en) « Gebwiler, Hieronymus », sur Historical Dictionary of Renaissance (consulté le )
  • « Guebwiller, Jérôme », dans Édouard Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, t. 1 : A-J, Rixheim, Imprimerie F. Sutter & Cie, (lire en ligne), p. 659-660.
  • « Jérôme Gebwiler », dans Encyclopédie de l'Alsace, vol. 6 : Frey-Hématologie, Strasbourg, Publitotal, , p. 3278.
  • André-Marcel Burg, « Jérôme Gebwiler », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, (lire en ligne).
  • (de) Heinrich Kämmel, « Gebwiler, Hieronymus », sur Allgemeine Deutsche Biographie (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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