Kate Lechmere

peintre britannique

Kate Elizabeth Lechmere, née le à Fownhope dans le Herefordshire et morte en février 1976, est une peintre et modiste britannique. Elle est surtout connue pour avoir cofondé avec Wyndham Lewis le Rebel Art Centre en 1914[1].

Kate Lechmere
Biographie
Naissance

Fownhope, Herefordshire, Angleterre
Décès
(à 88 ans)
Nom de naissance
Kate Elizabeth Lechmere
Nationalité
britannique
Activité
peintre, modiste
Père
Arthur Lechmere (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Alice Evans (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Rebel Art Centre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Associée aux débuts du vorticisme, elle fut également le modèle de plusieurs œuvres de Wyndham Lewis, dont Smiling Woman Ascending a Stair et The Laughing Woman, réalisées en 1912[2]. À ce jour, aucune peinture de Kate Lechmere ne semble avoir été conservée[3].

Biographie

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Jeunesse et formation

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Kate Lechmere naît à Fownhope, dans le Herefordshire. Son père, Arthur Lechmere, est agriculteur, et sa mère se nomme Alice Lechmere. Elle a deux frères, Arthur et Herbert. Lors du recensement britannique de 1891, la famille vit à Bowens, Highland Place, à Fownhope, et dispose d’un personnel domestique comprenant une nourrice et une cuisinière[4].

Elle est éduquée au Clifton College, puis étudie à l’Atelier La Palette à Paris. Elle suit ensuite l’enseignement de Walter Sickert à la Westminster School of Art[5]. Elle est également proche de Lawrence Atkinson, avec lequel elle avait étudié le piano en Normandie[6].

Rencontre avec Wyndham Lewis

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Kate Lechmere écrit avoir rencontré Wyndham Lewis en 1912[7], bien que le biographe Paul O’Keeffe situe leur première rencontre plutôt à la fin de 1910 ou au début de 1911[8].

Lechmere devient proche de Lewis, qui la surnomme « Jacques » parce qu’elle lisait Jean-Jacques Rousseau au moment de leur rencontre. Elle l’appelle pour sa part « Golliwog », en référence à ses longs cheveux noirs[8].

Elle sert de modèle à plusieurs tableaux de Lewis. Celui-ci semble notamment s’être intéressé à son sourire et à son rire, éléments rares dans ses œuvres du début des années 1910. Lechmere est ainsi considérée comme le modèle de Smiling Woman Ascending a Stair et de The Laughing Woman, deux œuvres de 1912[2].

Rebel Art Centre

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Vers janvier 1914, Kate Lechmere écrit à Wyndham Lewis depuis la France pour lui proposer de créer à Londres un « studio d’art moderne », organisé sur un modèle proche de ceux qu’elle avait connus à Paris[7]. Après la rupture entre Lewis et Roger Fry en 1914, Lewis fonde avec Lechmere, et grâce au soutien financier de celle-ci, le Rebel Art Centre, situé au 38 Great Ormond Street à Londres. Le centre est conçu comme une alternative aux Omega Workshops de Roger Fry[8].

Lechmere joue un rôle matériel décisif dans la création du lieu. Elle paie les trois premiers mois de loyer, finance des transformations intérieures afin d’adapter les espaces aux ateliers, et achète même un nouveau costume à Wyndham Lewis[8]. Elle habite alors dans un petit appartement situé au dernier étage du bâtiment[7].

Elle prête également à Lewis la somme de 100 livres sterling pour la publication du premier numéro de la revue BLAST[7]. Lewis lui propose d’en vendre cinquante exemplaires, mais ceux-ci doivent finalement être retournés à l’éditeur faute d’acheteurs. Il lui demande aussi de réaliser un dessin pour le premier numéro, mais elle ne parvient pas à le terminer dans l’atmosphère conflictuelle du moment. Elle est cependant « bénie » dans les pages de la revue[9]. Contrairement à Jessica Dismorr et Helen Saunders, elle ne signe pas le manifeste vorticiste[3].

Le Rebel Art Centre attire une certaine attention de la presse. Le journal Evening Standard se rend notamment sur place et photographie Lechmere faisant semblant d’achever une peinture déjà encadrée. Selon son témoignage, elle peint en réalité peu à cette période, trouvant l’esthétique vorticiste trop abstraite et insuffisamment humaine[7].

Le centre n’est pas un succès commercial. Il n’attire que peu d’élèves et reçoit très peu de commandes. Il ferme en juin 1914, lorsque Lechmere refuse de payer le trimestre de loyer suivant. Elle doit ensuite recourir à des courriers d’avocats pour tenter de récupérer les 100 livres prêtées à Lewis[5].

Relation avec T. E. Hulme

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Kate Lechmere rencontre le critique et poète T. E. Hulme lorsque Wyndham Lewis l’amène au Rebel Art Centre[7]. Hulme devient rapidement un rival de Lewis dans les affections de Lechmere. Il admire par ailleurs Jacob Epstein et David Bomberg, ce que Lewis perçoit comme une menace pour son propre rôle au sein du groupe[7].

Les relations entre Lewis, Hulme et Lechmere deviennent conflictuelles. Après une dispute entre Lewis et Lechmere, Lewis déclare son intention de tuer Hulme. Lechmere le suit alors dans les rues de Londres en le suppliant de ne pas le faire. Lorsque Lewis retrouve Hulme dans le salon d’Ethel Kibblewhite, au 67 Frith Street, une bagarre éclate entre les deux hommes. Hulme, physiquement plus puissant, prend finalement le dessus sur Lewis[5],[6].

Première Guerre mondiale

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Pendant la Première Guerre mondiale, Kate Lechmere sert comme infirmière au sein du Voluntary Aid Detachment[5]. Elle est stationnée pendant plusieurs années à Macclesfield, près de la famille de T. E. Hulme, ce qui permet à celui-ci de lui rendre visite. Les deux sont alors fiancés[6].

Hulme est tué par un obus d’artillerie le 28 septembre 1917[7]. Kate Lechmere ne se mariera jamais[6].

Après-guerre

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Après la guerre, Kate Lechmere devient modiste. Elle travaille sous le nom commercial de Rigolo et possède un atelier à Knightsbridge. Elle réalise notamment une robe pour Vanessa Bell et des chapeaux commandés pour plusieurs productions théâtrales[10].

Dans les années 1950, elle est retraitée et vit au 29 Oakley Gardens, à Chelsea, où elle prend des locataires. Elle est alors consultée comme témoin direct des débuts du vorticisme[6]. Sa notice nécrologique dans The Times souligne qu’elle demeura, pour les chercheurs du mouvement moderne qui la rencontrèrent, une interlocutrice vive, charmante et attentive[10].

Postérité

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Kate Lechmere occupe une place singulière dans l’histoire du vorticisme. Bien qu’elle n’ait pas signé le manifeste de BLAST et qu’aucune de ses peintures ne semble avoir survécu, son rôle financier et organisationnel fut déterminant dans la création du Rebel Art Centre. Elle apparaît ainsi comme une actrice importante mais longtemps marginalisée du modernisme britannique d’avant-guerre[3].

Notes et références

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  1. (en) « Rebel Art Centre », Grove Art Online, Oxford Art Online,
  2. 1 2 (en) Richard Humphreys, Wyndham Lewis, Londres, Tate Publishing, (ISBN 1854375245), p. 17
  3. 1 2 3 (en) Brigid Peppin, « Women that a movement forgot », sur Tate, (consulté le )
  4. (en) « 1891 England, Wales & Scotland Census Transcription », sur findmypast.co.uk (consulté le )
  5. 1 2 3 4 (en) Jeffrey Meyers, « Kate Lechmere's Wyndham Lewis from 1912 », Journal of Modern Literature, vol. 10, no 1, , p. 158-160
  6. 1 2 3 4 5 (en) Robert Ferguson, The Short Sharp Life of T. E. Hulme, Londres, Faber and Faber, (ISBN 978-0-571-29529-6)
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Kate Lechmere, « Wyndham Lewis from 1912 », Journal of Modern Literature, vol. 10, no 1, , p. 161-166
  8. 1 2 3 4 (en) Paul O'Keeffe, Some Sort of Genius: A Life of Wyndham Lewis, Londres, Pimlico, (ISBN 0712673393)
  9. (en) Blast: Review of the Great English Vortex, , chap. 1, p. 28
  10. 1 2 (en) « Miss Kate Lechmere », The Times, Londres, , p. 16

Voir aussi

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Liens externes

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