Keiko Fujimori
Keiko Fujimori Higuchi, née le à Lima, est une femme d'État péruvienne, présidente de la république depuis le 28 juillet 2026.
| Keiko Fujimori | ||
Keiko Fujimori en 2026. | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Présidente de la république du Pérou | ||
| En fonction depuis le (1 mois et 16 jours) |
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| Élection | 7 juin 2026 | |
| Vice-président | Luis Galarreta Miki Torres |
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| Président du Conseil | Luis Galarreta | |
| Gouvernement | K. Fujimori | |
| Législature | 2026-2031 | |
| Prédécesseur | José María Balcázar | |
| Présidente de Force populaire[a] | ||
| En fonction depuis le (16 ans, 6 mois et 4 jours) |
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| Secrétaire général | Luis Galarreta | |
| Prédécesseur | Parti créé | |
| Membre du Congrès de la République | ||
| – (5 ans) |
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| Élection | 9 avril 2006 | |
| Circonscription | Métropole de Lima | |
| Première dame du Pérou | ||
| – (6 ans, 2 mois et 28 jours) |
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| Président | Alberto Fujimori | |
| Prédécesseur | Susana Higuchi | |
| Successeur | Nilda Jara de Paniagua | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Keiko Sofía Fujimori Higuchi | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Lima (Pérou) | |
| Nationalité | Péruvienne | |
| Parti politique | NM (1992-2010) FP (depuis 2010) |
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| Père | Alberto Fujimori | |
| Mère | Susana Higuchi | |
| Fratrie | Kenji Fujimori | |
| Enfants | 2 | |
| Diplômée de | Université de Stony Brook Université de Boston Columbia Business School |
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| Religion | Catholicisme | |
| Résidence | Palais du gouvernement (Lima) | |
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| Présidents de la république du Pérou | ||
| modifier |
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Fille du président autoritaire Alberto Fujimori et de Susana Higuchi, elle est Première dame du Pérou de 1994 à 2000 en raison du divorce de ses parents.
En 2006, elle est élue au Congrès de la République. Quatre ans plus tard, elle prend la présidence du parti libéral-conservateur Force populaire (FP) et s'impose comme la figure du fujimorisme, courant lancé par son père et qui structure la vie politique péruvienne contemporaine.
Après avoir été défaite de justesse au second tour des élections présidentielles de 2011 (48,6 % face à Ollanta Humala) et de 2016 (49,9 % face à Pedro Pablo Kuczynski), elle est accusée de corruption et placée en détention provisoire entre 2018 et 2020. À l'élection présidentielle de 2021, elle est une nouvelle fois battue de très peu (49,9 % face à Pedro Castillo au second tour).
Accusée de corruption pour avoir perçu près de dix-sept millions de dollars de l'entreprise Odebrecht, elle est placée en détention provisoire plusieurs mois en 2020 et 2021. Sans se prononcer sur le fond de l'affaire, le Tribunal constitutionnel décide d'annuler une grande partie des poursuites en 2025. Les magistrats qui le composent sont élus par le Parlement, au sein duquel le fujimorisme disposait d'une majorité absolue en 2016 puis simple en 2021.
Lors de l'élection présidentielle de 2026, elle se qualifie pour une quatrième fois consécutive au second tour, et l'emporte dans un duel à nouveau très serré, avec 50,1 % des suffrages exprimés, face à Roberto Sánchez. Elle devient ainsi la première femme élue à la présidence du pays.
Origines et jeunesse
modifierKeiko Sofía Fujimori Higuchi, née en 1975 à Lima, est la fille aînée d’Alberto Fujimori, président de la République de 1990 à 2000, et de Susana Higuchi, tous deux enfants d'immigrés japonais. En 1994, à la suite du divorce de ses parents, elle devient en substitution de sa mère la Première dame du Pérou[1],[2].
Condamné en 2009, son père purge une peine de 25 ans pour des crimes contre l'humanité lors de sa présidence. Durant l'élection présidentielle de 2011, Keiko Fujimori garde un certain recul vis-à-vis de sa filiation[3]. En 2013, une demande de grâce formulée par les quatre enfants de l'ancien dirigeant est rejetée par le président Ollanta Humala après qu'un examen médical eut prouvé qu'il n'était pas atteint d'un cancer[4]. Pour Keiko Fujimori, son père est « l'otage de ses ennemis politiques »[5]. En 2017, alors que son autorité sur le courant fujimoriste est remise en cause, elle se montre cependant réservée sur la grâce présidentielle accordée à son père par Pedro Pablo Kuczynski[6],[7]. Après le retour en prison de celui-ci, elle promet en 2021 de le gracier en cas d’élection à la présidence du Pérou[1].
Première dame du Pérou
modifierEn 1994, la mère de Keiko accuse son mari d'avoir tenté de la réduire au silence et de la torturer. Elle dénonce en outre des stratagèmes de corruption au sein du gouvernement[8],[9]. Alberto, pour sa part, s'est défendu en rejetant les accusations, arguant que son épouse était « instable »[10]. Alberto et Susana se sont séparés la même année, ce qui a fait perdre à celle-ci son titre protocolaire[10]. Sur ce, Keiko interrompit ses études à Stony Brook et rentra au Pérou[11] et, le , elle devint Première dame, la plus jeune des Amériques[12],[13]. Parallèlement à ses fonctions symboliques, comme accompagner son père dans ses engagements publics, elle crée elle-même au cours de l'année 1996 une fondation pour opérer les enfants atteints de maladies congénitales et cardiaques[14],[15].
En , elle termine ses études à l'université de Boston, où elle obtient un baccalauréat en administration des affaires[14]. Au cours de ses études dans cette université, qui ont débuté en , elle a simultanément rempli ses obligations d'étudiante et de Première dame. Au cours des trois années suivantes, elle a pu s'acquitter de ses fonctions protocolaires et a accompagné son père lors de divers voyages, représentant le pays lors de conférences tenues à Santiago, Ottawa et Carthagène des Indes. En tant que Première dame, elle a traversé trois polémiques majeures :
- L'accusation de détournement de vêtements donnés à des œuvres caritatives par les Japonais, portée plus tard par la Cour suprême.
- Celle de faire peindre en rose les chambres du Palais du Gouvernement.
- Et ce qui a été considéré par ses adversaires comme une faute, pour ne pas avoir défendu sa mère lorsqu'elle a dénoncé avoir été harcelée et persécutée par le président.
Par rapport à cette dernière polémique, Keiko s'est défendue en affirmant que les maltraitances subies par sa mère étaent « une légende »[14],[16]. Les deux femmes se sont réconciliées en 2004, Susana a déclaré qu'elle avait demandé à Keiko de devenir la Première dame du pays et l'avait soutenue dans ses campagnes électorales[17],[18].
En 1998, alors qu'Alberto tente de briguer une nouvelle réélection, Keiko se prononce contre l'initiative de son père en signant un document préparé par l'opposition[19]. Elle a ensuite déclaré : « En tant que fille, je préférerais que mon père se repose, mais en tant que citoyenne, je pense que le pays a besoin de lui ». Cependant, Keiko a aidé son père à se présenter aux élections en , comme lors de la campagne de 1995[11]. En , Alberto s'est enfui au Japon alors qu'il se rendait au Brunei et a démissionné de son poste de président au milieu d'un scandale de corruption qui a rendu l'exercice de ces fonctions intenable[20]. À cette époque, Keiko demande à son père de ne pas démissionner et de retourner au Pérou pour se défendre. Cela a finalement été annulé par le Congrès, ce qui a contraint Keiko à quitter la Casa de Pizarro le . En , elle s'est rendue à Tokyo pour rencontrer son père, qui dispose de la double nationalité nippo-péruvienne, pour demander au Japon de rejeter les demandes d'extradition[21]. Par la suite, l'ancien président a déménagé au Chili avec l'intention de retourner au Pérou et de se présenter à nouveau comme candidat à la présidence.
Parcours politique
modifierDéputée de Lima
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Au début de l’année 2006, à la suite de l’extradition au Pérou d’Alberto Fujimori après cinq années d’exil, les fujimoristes créent la coalition Alliance pour l'avenir (AF) en vue des élections générales à venir. De retour des États-Unis, Keiko Fujimori prend la tête de la formation et se fait élire au Congrès de la République en avec plus de 600 000 voix, un score jusque-là jamais atteint pour des élections parlementaires au Pérou[22].
Alors que l’AF constitue la quatrième force du Congrès, Keiko Fujimori siège comme députée pour Lima. Elle fait partie de l’opposition au président Alan García mais accepte de passer des compromis avec celui-ci, qui ne dispose pas d'une majorité. En cinq ans, elle est à l’origine d’une vingtaine de propositions de loi, notamment pour durcir les dispositions du code pénal. Elle prend un congé maternité après la naissance de ses filles et voyage fréquemment à l’étranger, en particulier pour finir son master à l’université Columbia[23],[24].
Lors des procès de son père pour des faits de corruption et crimes contre l'humanité qui auraient été commis durant sa présidence, elle organise des manifestations pour le soutenir, dénonce un manque de preuves à son encontre et déclare que la justice péruvienne n’est ni impartiale, ni indépendante du pouvoir politique en place[24].
À la fin de la législature, en 2011, elle ne sollicite pas un second mandat de parlementaire.
Élection présidentielle de 2011
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En vue des élections générales de 2011, Keiko Fujimori lance le parti Force 2011 — qui sera par la suite renommé Force populaire —, au côté des autres formations fujimoristes que sont Cambio 90 et Nouvelle Majorité, composantes de l’ex-Alliance pour l'avenir. Alors que son père ne peut se représenter, Keiko Fujimori annonce qu’elle brigue la présidence de la République à l’occasion de ces échéances électorales[24].
Selon l'universitaire Immanuel Wallerstein, elle bénéficie de l'appui des États-Unis, dont l’ambassadrice Rose Likins fait ouvertement campagne en sa faveur[25]. En 2018, l’ancien directeur d’Odebrecht à Lima, Jorge Barata, affirmera que l'entreprise a financé la campagne présidentielle de Keiko Fujimori à hauteur de 1,2 million de dollars[26].
Elle se qualifie au second tour de l'élection présidentielle en arrivant en deuxième position, avec 23,5 % des voix[27],[28]. Le elle est battue de justesse par Ollanta Humala, qui recueille un peu plus de 51 % des voix[29],[30].
Élection présidentielle de 2016
modifierKeiko Fujimori est candidate de Force populaire à l'élection présidentielle de 2016. Durant la campagne, elle prend ses distances avec la politique de son père et s'engage à respecter les libertés et l'État de droit. Par rapport à sa candidature de 2011, elle s'appuie cette fois sur un parti centralisé et a effectué un travail de terrain dans tout le pays. Même s'il a évolué, le « fujimorisme » reste l'objet de critiques virulentes de ses adversaires autant que mystique chez ses partisans[31]. Perçue comme proche du peuple, proposant notamment un programme social (doubler le salaire des professeurs, insérer les jeunes dans les entreprises, etc.), elle conserve une image populiste et autoritaire (proposant de rétablir la peine de mort)[32].

Le , elle arrive largement en tête du premier tour avec 39,9 % des voix, devant Pedro Pablo Kuczynski (21,0 %), la candidate de gauche Verónika Mendoza (18,7 %), Alfredo Barnechea (7,0 %) et l’ancien président Alan García (5,8 %). Le procureur général annonce, le , que les services « blanchiment d’argent » du parquet général enquêtent sur près d'un million de dollars de fonds que le parti de Keiko Fujimori aurait reçus, ainsi que sur l’achat de terres par son mari[33]. Les résultats du second tour, qui se tient le , la donnent battue de justesse par Pedro Pablo Kuczynski, crédité de 50,12 % des voix contre 49,88 % en sa faveur[34]. Alors qu’il s'agit de l'élection présidentielle la plus serrée de l'histoire du Pérou[35], elle invoque des fraudes, avant d’accepter le résultat du scrutin[36].
Elle met à profit sa majorité au Congrès pour exercer une constante pression contre le président et le renverser. Cette tactique s'avère payante et conduit à la démission de Pedro Pablo Kuczynski en , puis à la destitution de son successeur et ancien vice-président Martín Vizcarra en [37].
Elle entre en conflit avec son frère Kenji Fujimori, qui, bien que membre du même parti qu'elle, s'allie au président Pedro Pablo Kuczynski ; Kenji Fujimori quitte ensuite la vie politique après avoir échoué à renverser sa sœur[1]. En parallèle, Keiko Fujimori tente en 2017 d’empêcher Pedro Pablo Kuczynski de gracier son père, qu'elle percevrait comme une menace pour sa position à la tête du parti fujimoriste[6].
Élection présidentielle de 2021
modifierKeiko Fujimori présente sa troisième candidature présidentielle en 2021, après avoir passé seize mois en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour corruption. Le parquet a requis trente ans d’emprisonnement à son encontre[1].

Durant la campagne, elle adopte un ton plus modéré que précédemment. Elle continue alors de bénéficier d'une certaine popularité, notamment en raison de l’action de son père contre la guérilla de l'organisation d'extrême gauche Sentier lumineux et pour sa politique contre l'hyperinflation héritée des années 1980. Revenant sur sa position ambiguë des années précédentes, Keiko Fujimori promet d’accorder la grâce présidentielle à son père, estimant avoir usé de tous les moyens légaux pour le faire libérer[1].
À l'issue d’un premier tour marqué par une forte fragmentation de l’électorat, elle arrive en deuxième position avec 13,4 % des suffrages exprimés, cinq points derrière le candidat de gauche radicale Pedro Castillo[38]. Alors qu’elle accuse un net retard dans les sondages de second tour, elle reçoit le soutien du prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, opposant historique à son père qui redoute cependant les conséquences négatives pour la démocratie et l’économie péruviennes en cas de victoire de son adversaire[39].
Confrontée à un très fort taux de rejet[40], elle mène une campagne défensive dans la perspective du second tour, cherchant à se présenter comme un moindre mal face à Castillo[41]. Soutenue par les élites et les grands médias, elle décrit son adversaire comme communiste et sympathisant du Sentier lumineux, affirmant qu'il va transformer le Pérou en une dictature et le conduire à la ruine économique[42]. Elle parvient à combler son retard dans les sondages (en), passant de moins de 40 % d'intentions de vote à environ 50 % en quelques semaines.
Après dix jours de décompte, les résultats définitifs lui donnent 49,88 % des suffrages, son adversaire l’emportant de quelque 44 000 voix sur 19 millions de votants[43]. Keiko Fujimori dénonce des « fraudes systématiques », sans toutefois apporter d’éléments pour étayer ses accusations. Elle mobilise de grands cabinets d'avocats pour faire annuler 200 000 suffrages issus des régions rurales[36],[44],[45].
Les allégations de fraudes conduisent le Jury national électoral (JNE) à examiner les résultats ; le , six semaines après le second tour et neuf jours avant l’investiture prévue du nouveau président, l’instance confirme les résultats, ce qui conduit Keiko Fujimori à reconnaître sa défaite[46].
Élection présidentielle de 2026
modifierDès sa défaite de 2021, Keiko Fujimori ouvre la possibilité d'une quatrième candidature présidentielle à l'occasion des élections générales de 2026.

Après la tentative d'auto-coup d'État et la destitution du président Pedro Castillo en , Keiko Fujimori appelle la nouvelle présidente, Dina Boluarte, à organiser une élection présidentielle anticipée en 2023 ou 2024. Les propositions d'avancement des élections générales sont toutes refusées.
En , Keiko Fujimori indique que son père, libéré après seize ans d'emprisonnement, sera le candidat de son parti lors de la prochaine élection présidentielle[47]. Malade, celui-ci meurt en septembre suivant à l'âge de 86 ans, Keiko Fujimori redevenant la candidate naturelle de Force populaire[48].
Le parti fujimoriste est considéré comme responsable de la destitution de trois présidents de la république depuis 2016, année depuis laquelle se sont succédé neuf chefs d'État (dont quatre après le scrutin présidentiel de 2021). En outre, Force populaire nomme des alliés à la tête du ministère public et du tribunal constitutionnel[48]. Keiko Fujimori explique en 2026 avoir exercé pendant dix ans un important « pouvoir politique » depuis le Parlement, soulignant que cette position permettait de « faire des lois, représenter et contrôler les gouvernements »[49].

En , Keiko Fujimori annonce sa quatrième candidature à la présidence du Pérou[50]. Les enquêtes d'opinion la donnent parmi les favoris, bien qu'elle soit devancée par l'ancien maire d'extrême droite de Lima Rafael López Aliaga. Le thème de la sécurité est au cœur de la campagne, le Pérou connaissant une hausse importante de la criminalité[51].
Alors que l'instabilité politique s'intensifie, 35 candidats sont en lice pour ce scrutin, lors duquel Keiko Fujimori parvient à se recentrer face à des candidats plus à droite[48]. À l'issue d'un premier tour émaillé d'incidents sans que des fraudes ne soient relevées par la mission d'observation de l'Union européenne, elle arrive en tête avec 17,2 %, devant le candidat de gauche Roberto Sánchez (12,0 %) et Rafael López Aliaga (11,9 %)[52],[53]. Dès lors, face à Roberto Sánchez, les analystes estiment que cette élection constitue sa « meilleure chance » d'être élue[48].
Au soir du second tour, Keiko Fujimori et Roberto Sánchez sont au coude-à-coude, la première étant donnée gagnante par les sondages à la sortie des urnes et le second par des projections d'instituts d'opinion[54],[55],[56]. Le 24 juin, elle devance son rival de plus de 43 000 voix. Celui-ci annonce alors qu’il ne reconnaîtrait pas un gouvernement Fujimori et affirme qu’il y avait eu une « grave atteinte au processus électoral »[57]. La Commission électorale achève le décompte de la totalité des voix le 29 juin, et Fujimori est officiellement proclamée élue à la présidence de la République le 3 juillet suivant, avec 50,13 % des suffrages exprimés[58],[59].
Présidente de la République
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Keiko Fujimori est investie présidente de la République le , succédant à José María Balcázar et de façon indirecte à son père Alberto Fujimori, président de 1990 à 2000. Elle est ainsi la deuxième femme à accéder à cette fonction, mais la première à avoir été élue (Dina Boluarte est devenue présidente après la destitution de Pedro Castillo)[60]. Elle est la dixième personne titulaire de la fonction en une décennie[61].
Dans son discours d'investiture devant le Congrès, elle appelle à l'unité nationale et au retour à l'ordre dans les régions affectées par la crise sécuritaire, tout en promettant de mener à terme son mandat de cinq ans – ce qui serait une première depuis Ollanta Humala en 2016. Alors que plusieurs chefs d'État d'Amérique latine assistent à la cérémonie, des parlementaires de gauche quittent le palais législatif, en signe de protestation[62],[61].
Même si son parti constitue le plus grand groupe à la Chambre des députés et au Sénat, elle devra composer avec d'autres formations pour gouverner[62],[61]. Dans son gouvernement, elle nomme son premier vice-président, Luis Galarreta, à la présidence du Conseil des ministres, l'économiste Elmer Cuba au ministère de l'Économie et le journaliste et ancien candidat à la présidence Carlos Espá aux Affaires étrangères[62]. De nombreux ministres sont dépourvus d’expérience dans leur domaine. Quinze d’entre eux ont des antécédents judiciaires et sept sont visés par des enquêtes, y compris le Premier ministre, Luis Galarreta, soupçonné de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle[63].
Elle annonce au début de son mandat une légère hausse du salaire minimum et le rétablissement des relations diplomatiques avec le Mexique, rompues en 2025 par Lima[63]. Pro-américaine, elle rompt les relations diplomatiques avec l'Iran du fait de la guerre d'Iran menée par les États-Unis[64] et rejoint le « Bouclier des Amériques », une coalition de pays américains mise sur pied par Washington[65]. Son gouvernement doit également faire face aux conséquences du phénomène El Niño, qui provoque des épisodes de sécheresse et d'inondations au Pérou, mais est critiqué pour son manque de réactivité[63].
Accusations de corruption
modifierSelon la justice péruvienne, des preuves existeraient sur la relation entre Keiko Fujimori et l'entreprise brésilienne Odebrecht, à l'origine d'un vaste scandale de corruption en Amérique latine[66]. Selon le quotidien de gauche argentin Página/12, elle exploite son influence politique pour faire pression et menacer les procureurs et juges qui la poursuivent[67].
Le scandale des Cuellos Blancos del Puerto éclate en juillet 2018 après la diffusion d’écoutes téléphoniques révélant un réseau de trafics d’influence impliquant des juges, procureurs et membres du Conseil national de la magistrature (CNM)[49]. Des responsables du parti Fuerza Popular, dont le président du Congrès, se sont notamment réunis avec des dirigeants du CNM et représentants de l’autorité judiciaire afin d’obtenir des faveurs dans le cadre d’enquêtes visant Keiko Fujimori. Les parlementaires fujimoristes, qui disposaient de la majorité absolue au Congrès entre 2016 et 2019, ont voté contre la levée de l’immunité de personnalités directement visées par l’enquête, parmi lesquelles le juge suprême César Hinostroza[49].
Le , Keiko Fujimori est arrêtée par la police[68]. Le , elle est libérée pour vice de procédure[69]. Le , elle est de nouveau arrêtée[70]. Sur décision du Tribunal constitutionnel, elle est libérée le , après plus d'un an de détention provisoire[71]. Elle est remise en prison le [72]. La justice fait droit à sa demande de libération sous caution le suivant, dans le cadre de la pandémie de Covid-19 ; après le paiement d’une garantie financière de 70 000 sols (environ 19 000 euros), elle est relâchée le [73],[74].
En , trente ans de prison sont requis à son encontre et 22 ans contre son mari, Mark Vito Villanella, pour « blanchiment, appartenance au crime organisé, entrave à la justice et fausses déclarations ». Le procureur ordonne l'ouverture d'une procédure préliminaire pour une deuxième affaire à son encontre pour la passation de marchés de courtage de sa société MVV Bienes Raíces, entre et [75].
La dissolution de son parti Force populaire est aussi demandée. Keiko Fujimori réagit en évoquant une « persécution », alors qu'une élection présidentielle, à laquelle elle participe, doit se tenir un mois plus tard[76]. En , durant l’entre-deux-tours, un juge invoque un risque de fuite pour lui refuser une autorisation de se rendre en Équateur afin d’y donner une conférence internationale sur la démocratie à l’invitation de l’écrivain Mario Vargas Llosa[2].
En 2022, le parquet du Pérou présente un dossier de près de 2 400 pages dans lequel il serait prouvé comment Keiko Fujimori aurait reçu en main propre et irrégulièrement des millions de dollars pour financer ses campagnes électorales[77]. Selon ces documents auxquels le journal péruvien La República a eu accès, le moment et l'heure précis des versements sont détaillés, ainsi que les différents représentants de Fujimori au moment du retrait de cet argent en espèces remis par les sociétés Sudamericana de Fibras et Credicorp pour le financement des campagnes de 2011 et 2016[78]. De son côté, le mari de Keiko Fujimori, Mark Vito Villanela, aurait touché 160 000 dollars. Le « bras droit » de la présidente de Force populaire, Pier Figari Mendoza, se serait présenté jusqu'à quatorze fois dans les bureaux de Sudamericana de Fibras à Callao pour recueillir un total de 745 000 $[79],[80]. Des personnalités comme Dioniso Romero (président du directoire de Credicorp, principale holding financière du Pérou) ont publiquement reconnu ces versements[49].
Sans se prononcer sur le fond de l'affaire, le Tribunal constitutionnel décide d'annuler une grande partie des poursuites en 2025[48]. Les magistrats qui le composent sont élus par le Parlement, au sein duquel le fujimorisme disposait d'une majorité absolue en 2016 puis simple en 2021[49].
Résultats électoraux
modifierÉlections présidentielles
modifier| Année | Parti | 1er tour | 2d tour | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Adversaire | Issue | |||
| 2011[81] | Force 2011 | 3 449 595 | 23,55 | 2e | 7 490 647 | 48,55 | Ollanta Humala | Battue | |
| 2016 | Force populaire | 6 115 073 | 39,86 | 1re | 8 555 880 | 49,88 | Pedro Pablo Kuczynski | ||
| 2021 | 1 930 762 | 13,41 | 2e | 8 792 117 | 49,87 | Pedro Castillo | |||
| 2026 | 2 877 678 | 17,18 | 1re | 9 223 396 | 50,13 | Roberto Sánchez | Élue | ||
Élections législatives
modifier| Année | Étiquette | Circonscription | Score | Issue | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | |||||
| 2006[82] | Alliance pour l'avenir | Métropole de Lima | 602 869 | 5,60 | 1re | Élue | |
Vie privée
modifierKeiko Fujimori a été mariée de 2004 à 2022 à Mark Vito Villanella, un Américain d'origine italienne, avec qui elle a deux enfants[1].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Parti dénommé « Force 2011 » jusqu’en 2012.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 « Présidentielle au Pérou: le novice Pedro Castillo et l'expérimentée Keiko Fujimori », sur lexpress.fr, (consulté le ).
- 1 2 « Pérou: Keiko Fujimori, un troisième échec qui pourrait rimer avec prison », sur rtl.be, (consulté le ).
- ↑ Keiko Fujimori au second tour des élections au Pérou: où sont les soutiens ?, Sciences Po
- ↑ Marie Sanz, Pérou: l'ex-président Alberto Fujimori restera en prison, Yahoo! News/AFP, 7 juin 2013.
- ↑ "Son père était "l'otage de ses ennemis politiques", Yahoo! News/AFP, 7 juin 2013
- 1 2 « Au Pérou, le clan Fujimori ne meurt jamais », sur courrierinternational.com, .
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- ↑ « Keiko Fujimori reconnaît la victoire d'Ollanta Humala au Pérou », sur nouvelobs.com, .
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Voir aussi
modifierLiens externes
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