Khirbat Nasr al-Din

village palestinien expulsé en 1948

Khirbet Nasr al-Din (نصر الدين) était un petit village palestinien à 3 km au sud-ouest de Tibériade.

Khirbat Nasr al-Din
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Géographie
Pays
District
District de Galilée (d)
Sous-district
Superficie
6 797 km2
Subdivision
Coordonnées
Carte de Khirbat Nasr al-Din dans les années 1940.
Démographie
Population
90 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
0,01 hab./km2 ()
Histoire
Origine du nom
d’après un guerrier de l’époque des Croisades inhumé près du village.
Événement clé
12 avril 1948 : massacre et destruction par la Haganah.
Carte

Ce village fait partie des centaines de villages arabes détruits et dépeuplés durant l'exode palestinien de 1948 par les milices sionistes ; 10 à 20 personnes ont été massacrées par la Haganah le .

Géographie

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Khirbet Nasr al-Din était un petit village arabe de Palestine ; situé sur une crête à 75 mètres au-dessus du niveau de la mer, il dominait le lac de Tibériade de près de 300 m de haut et la ville de Tibériade. Il était doté de plusieurs sources. Khirbet Nasr al-Din et le hameau voisin d’al-Manara relevaient d’une seule juridiction, avec 6797 dounams de territoire[1]. Une route secondaire le reliait à la grande route vers Tibériade[1].

En 1944/45, sur les 6797 dounams du village, 4185 appartenaient à des Arabes, 1410 à des Juifs et 1202 étaient des terres publiques. 5555 étaient des terres cultivées dont 4172 en céréales[1].

Histoire

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Des fouilles archéologiques ont montré que l’endroit était habité à la période hellénistique, et qu’une agglomération importante se trouvait là sous l’Empire romain, du IIe au IVe siècle[2].

Le nom de Khirbet Nasr al-Din vient d’un sanctuaire consacré au général ayyoubide Nasir al-Din, mort en combattant les croisés et enterré au nord du village, selon la tradition locale. Un kilomètre à l’ouest du village se trouve un autre sanctuaire, consacré à un autre combattant musulman mort dans les mêmes circonstances, cheikh al-Qaddumi[3], à Tall Ma'un[1].

Mandat britannique

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Au recensement de 1922 mené par les autorités britanniques, Khirbat Nasr al-Din avait 109 habitants, tous musulmans[4] ; à celui de 1931, la population avait augmenté à 179 habitants, tous musulmans également[5].

Pendant le mandat britannique en Palestine, les maisons du village étaient dispersées sur un axe nord-sud, sans organisation particulière[3].

Dans les statistiques de Village de 1945, la population est estimée à 90 musulmans[6] ; avec le village d’al-Manara, la surface était de 4185 dounams[7], dont 4172 dounams cultivés en céréales[8], 13 classés comme terrains construits[9].

Guerre de 1948 et destruction

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Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Khirbet Nasr al-Din est attribué à l’État arabe[10].

Le 11 ou le , dans le sillage du massacre de Deir Yassin, une compagnie du 12e bataillon de la brigade Golani s’empare de Khirbat Nasr al-Din pour couper Tibériade des principales villes arabes à l’ouest (Nazareth et Lubya) et ainsi démoraliser la population assiégée[1],[11]. L’escarmouche dure quatre heures, car la résistance locale est plus importante qu’attendue par la Haganah. Selon l’historien Saleh Abdel Jawad, 12 à 20 civils (femmes et enfants en majorité) sont massacrés à la mitraillette et plusieurs maisons détruites à l’explosif[11] ; les villageois se réfugient à Tibériade ou Lubya ; ceux réfugiés à Tibériade sont évacués à Lubya par l’armée britannique. Le rapport de la Haganah mentionne 22 Arabes tués, six blessés et trois prisonniers[12] ce qui est confirmé par l’historien Nafez Nazzal qui mentionne plusieurs femmes tuées. Les maisons sont détruites à l’explosif, les maisons en terre incendiées[1]. Parmi les morts dont le genre a été identifié, se trouvent sept hommes et une femme, et plusieurs enfants. La Haganah n’a que deux blessés.

La prise et le massacre de Khirbat Nasr al-Din sont des facteurs décisifs de la fuite des Arabes de Tibériade et un démoralisation supplémentaire pour les forces arabes. L’historien Benny Morris signale que des Arabes ont appelé cette attaque un « deuxième Deir Yassin », en référence au massacre de Deir Yassin qui avait reçu une grande publicité[13] Toutes les maisons ont été détruites, et les habitants qui étaient encore là le ont été expulsés[14].

Actuellement, le site du village est recouvert par un quartier de Tibériade, et les terres sont utilisées comme pâturages[1]. En 1998, le nombre de réfugiés descendant des habitants de Khirbat Nasr al-Din est estimé à 4132[15].

  1. 1 2 3 4 5 6 7 « Nasir al-Din — ناصِر الدِين », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 17 mai 2025.
  2. ↑ Abu-‘Uqsa, 2008, Tiberias, Khirbat Nasir ed-Din East.
  3. 1 2 Khalidi, 1992, p. 534.
  4. ↑ Barron, 1923, Table XI, Sous-district de Tibériade, p. 39.
  5. ↑ Mills, 1932, p. 84.
  6. ↑ Gouvernement de Palestine, Department of Statistics, 1945, p. 12.
  7. ↑ Gouvernement de Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 72.
  8. ↑ Gouvernement de Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 123.
  9. ↑ Gouvernement de Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 173.
  10. ↑ Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
  11. 1 2 Saleh Abdel Jawad, « Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War », In E. Benvenisti, C. Gans, S. Hanafi, (directeurs de publication) Israel and the Palestinian Refugees. Beiträge zum ausländischen öffentlichen Recht und Völkerrecht, vol. 189. Springer, Berlin, Heidelberg, 2007. https://doi.org/10.1007/978-3-540-68161-8_3, p. 105. "12 April 1948: Nasir al-Deen and Sheikh Qadumi hill (Tiberias area): Indiscriminate killings occur. The two locations are attacked by Haganah’s Golani Brigade to aid the demoralisation of the besieged city of Tiberias. 12-20 civilians are massacred by machine guns and homes in Nasir al-Deen and Sheikh Qadumi are blown up. The majority of the dead are women and children."
  12. ↑ Morris, 2004, p. 183
  13. ↑ Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited (2004), "The Arabs subsequently alleged that ‘there had been a second Deir Yassin’ in Nasir ad Din – and, indeed, some non-combatants, including women and children, were killed."
  14. ↑ Morris, 1987, p. xv, 71. Cité par Khalidi, 1992, p. 534.
  15. ↑ « Welcome To Nasir al-Din - نصر الدين (ח'ירבת נאצר א-דין)  », Palestine Remembered, consulté le 17 mai 2025.

Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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