Kinéis

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Kinéis est un opérateur de satellites français implanté dans l'agglomération toulousaine qui fournit des services d'Internet des objets (IoT) par satellite. Kinéis a été créée en 2018 par la société CLS (filiale du CNES) pour développer le segment spatial de son système Argos. Pour répondre à ses besoins, la société a achevé de déployer en 2025 une constellation de 25 nano-satellites. Elle dispose d'un réseau de 20 stations terriennes qui permettent d'acheminer les données collectées par les satellites lors de leur survol des objets connectés (balises, etc.).

Kinéis
Création 2018
Siège social Ramonville Saint-Agne (Haute-Garonne)
Drapeau de la France France
Président Laurence Delpy
Actionnaires CLS, CNES, Bpifrance
Activité Opérateur de satellites
Effectif 60
Site web www.kineis.com
Satellite Kinéis.
Lot de cinq satellites Kinéis assemblés avant leur lancement.

Présentation du projet

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Le projet Kinéis a achevé le lancement en 2025 de 25 nano-satellites de type CubeSat pour offrir une connectivité dédiée à l'Internet des objets (sigle IdO ou IoT en anglais). Ces satellites circulent sur des orbites polaires héliosynchrones à une altitude de 650 km dans cinq plans orbitaux. Cette configuration permet de garantir une meilleure revisite que 15 minutes partout sur le globe. Kinéis base sa technologie sur le système Argos qui offre des services de localisation et collecte de données bas débit depuis 1987 en bande UHF. Quant à son offre de connectivité, elle est fondée sur le constat que les réseaux 'IoT' ne peuvent couvrir toute la planète. Ainsi Kinéis se positionne par rapport aux autres systèmes spatiaux (Iridium, Inmarsat, Globalstar) comme les réseaux Liaison sans fil à faible consommation énergétique (sigle LPWAN en anglais) (Sigfox ou LoRa) se positionnent vis-à-vis des réseaux terrestres cellulaires ou câblés : une proposition d'entrée de gamme à un niveau de coût inférieur. Kinéis n'est pas le seul sur ce créneau, plusieurs jeunes pousses du NewSpace ayant le même positionnement.

Une charge utile secondaire sur une dizaine de satellites permettra de capter le signal d'identification AIS des bateaux en bande VHF.

Historique

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Système Argos

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Le système Argos est un système mondial de localisation et de collecte de données géo-positionnées par satellite. Le système Argos permet de localiser les balises n'importe où à la surface de la Terre. La balise Argos peut être installée par exemple sur un voilier, un canot de sauvetage, des bouées, une station météo automatique dérivante ou sur un animal. Le système permet de transmettre à l'utilisateur final (service de sauvetage en mer, service météorologique, scientifique), la position et des données associées au client du système. Le système est géré par la société toulousaine Collecte Localisation Satellites (CLS) filiale de l'agence spatiale française, le CNES, qui l'a créé avec l'agence américaine NOAA. Le segment spatial est constitué par des équipements spécialisés embarqués sur des satellites en tant que charge utile secondaire. Avant la création de Kinéis, un peu moins de 10 satellites circulant tous sur une orbite basse étaient équipés d'un récepteur Argos.

Création de Kinéis

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En Collecte Localisation Satellites (CLS) crée la société Kinéis pour étoffer le segment spatial de son système Argos et de manière plus générale développer les services de connexion spatiale en lien avec l'Internet des objets. Kinéis doit déployer une constellation de 25 nano-satellites d'ici 2023[1]. Sa création est réalisée avec l'appui de l'agence spatiale française e CNES. La conception et construction de la constellation doit débuter en 2019 et s'ensuivront les lancements. Après une phase de mise à poste de quelques mois, le système sera officiellement opérationnel. En 2030, Kinéis espère compter plusieurs millions d'abonnés pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 100 millions d'euros. Le financement du système est assuré par un tour de table qui ouvrira le capital de la société à des investisseurs aussi bien publics que privés. Le consortium industriel qui développe le système est mené par la société Thales Alenia Space qui travaille en coopération avec les sociétés Hemeria (ex-NEXEYA), Syrlinks et Comat[2], qui sont des PME. Le projet est également soutenu par le CNES. À ce titre, le projet fait figure d'hybride entre le NewSpace et le « Old Space ».

Le service commercial de Kinéis ouvre le [3], en , tous les satellites sont en orbite[4].

Caractéristiques techniques

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Le concept d'IoT spatial repose sur quatre fondamentaux : des objets de très petite taille, une consommation très faible, un délai raisonnable et un coût abordable. Les caractéristiques techniques sont permises par les fréquences choisies (bande UHF, fréquence dédiée au niveau global et peu polluée) ainsi que par les orbites retenues. En effet, à environ 650km d'altitude, le bilan de liaison entre l'objet et le satellite reste positif, en comparaison des satellites géostationnaires qui sont à poste à plus de 36 000 km. Par ailleurs, les progrès réalisés en termes de composants radio et de modulation permettent de sécuriser les transmissions et garantir des niveaux de service élevés. Ainsi les modulations utilisées seront en spectre étalé, inspirées des nouvelles formes d'onde développées par l'ESA pour les applications spatiales M2M/IoT[5]. Par ailleurs, si l'IoT ne nécessite pas fondamentalement de temps réel, les délais de transmission doivent être réduits au minimum. Ce délai est la somme de la revisite du satellite et du temps de traitement au sol. Le délai de revisite est réduit en augmentant le nombre de satellites : ainsi une vingtaine de satellites circulant à une altitude de 650 km permettent d'offrir un délai entre deux survols inférieur à 15 minutes partout dans le monde, les délais les plus longs étant à l'équateur et les plus courts aux pôles (la trace au sol d'un satellite en orbite polaire passe systématiquement près des pôles). Une fois les données transmises par l'objet connecté reçues par le satellite, celles-ci sont transmises au sol puis routées vers les utilisateurs : c'est le rôle du réseau constitué d'une vingtaine de stations terriennes créé par la société Kinéis à des endroits stratégiques du globe qui reçoivent les données des satellites de la constellation lorsqu'elles sont survolées par ceux-ci.

Caractéristiques des satellites

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Maquette d'un satellite Kinéis.

Les satellites sont des nano-satellites de type CubeSat 16 U fabriqués par la société française Hemeria. Ils auront une masse d'environ 25 kg pour une taille de 0,2 × 0,2 × 0,4 mètre. Ces satellites sont basés sur un compromis entre la taille, le prix et les performances.

CaractéristiqueCommentaire
TailleSimilaire à 16 UCompromis entre les petits nano-satellites (3 U, 6 U) et les micro-satellites
Puissance15 W continu (50 W pic)La puissance disponible permet de garder la charge utile en fonctionnement en permanence
PropulsionÉlectriquePermet de faciliter la mise à poste et de contrôler la constellation
Stabilisation3 axesviseur d'étoiles
Système antennaireUHF déployable, VHF déployable, patch bande S
Panneaux solaires2 panneaux déployables
LanceursCompatible avec tous les lanceurs orbite basse
Durée de vie8 ans
Charge utile secondaireCapacité d'emport complémentaire de 1,5 U

Caractéristiques des objets

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La plupart des objets utilisés par la constellation Kinéis seront connectés à des capteurs ou des machines pour fournir des services de type communications entre machines, (Machine to machine, sigle M2M, en anglais) ou Internet des objets (sigle IoT en anglais). Ils comporteront une électronique miniaturisée de quelques grammes, une batterie destinée à assurer l'autonomie et une antenne. Typiquement, leur taille sera de l'ordre de celle d'un paquet de cigarettes et leur durée de vie de plusieurs mois à plusieurs années suivant les usages.

Une autre catégorie d'objet sera destinée à des usages personnels et seront dotés d'une interface homme-machine. Il pourra s'agir de terminaux de suivi de personnes pour les sports extrêmes (trekking, voile, expéditions), de systèmes de protection des travailleurs isolés (casques ou vestes connectées) ou de boîtiers d'aide à la petite pêche avec des fonctions d'alerte météo. Dans la plupart des usages, ces boîtiers comporteront un bouton SOS pour transmettre un signal de détresse.

Cas d'usage et applications

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Les cas d'usage prévus relèvent en général de l'IoT industriel avec des terminaux de petite taille et qui présentent une consommation réduite. Les technologies satellitaires étant par nature plus coûteuses que les technologies terrestres, Kinéis ne concurrencera pas directement les réseaux terrestres (cellulaires ou LPWAN) mais vise à compléter les réseaux existants dans des zones non couvertes. Ainsi les applications type seront les suivantes :

  • suivi de migration d'animaux ou de troupeaux d'élevage extensif[6],
  • suivi de conteneurs intermodaux et autres transports internationaux,
  • suivi de bateaux côtiers dans le cadre de la pêche artisanale ou de la plaisance,
  • Agriculture de pointe avec par exemple le contrôle de l'humidité des sols ou des intrants.

Historique des lancements

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Les satellites sont tous lancés par groupe de cinq par la fusée Electron[7].

Mise à jour : mars 2025[8],[4]
Désignation Date de lancement Lanceur Identifiant COSPAR Commentaire Statut
Kinéis 1, 2, 3, 4, 5ElectronSuccès
Kinéis 6, 7, 8, 9, 10ElectronSuccès
Kinéis 11, 12, 13, 14, 15ElectronSuccès
Kinéis 16, 17, 18, 19, 20ElectronSuccès
Kinéis 21, 22, 23, 24, 25ElectronSuccès

Notes et références

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  1. « Kinéis, une constellation unique », sur Collecte Localisation Satellitess,
  2. Florine Galéron, « Spatial : Comat lance la production en série d'antennes pour la constellation Kinéis », sur La Tribune, (consulté le ).
  3. « A quoi va servir Kinéis, la première constellation européenne pour l'Internet des objets », Les Échos,
  4. 1 2 Charlotte David, « Kinéis : la constellation dédiée à l’IoT et l’AIS est au complet », Mer et Marine, (consulté le )
  5. ESSA Waveform
  6. (en) Jonathan Amos, « 'Internet of animals' spreads its wings », sur British Broadcasting Corporation, (consulté le )
  7. Pierrick Merlet, « Nanosatellites : le Toulousain Kinéis choisit Rocket Lab pour lancer sa constellation », sur La Tribune, (consulté le ).
  8. (en) Gunter Dirk Krebs, « Kinéis 1, ..., 25 », Gunter's space page (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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