Beta Ursae Minoris

étoile géante de la constellation de la Petite Ourse
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Beta Ursae Minoris (β Ursae Minoris / β UMi, Bêta de la Petite Ourse), également nommée Kochab, est une étoile de la constellation de la Petite Ourse. Il s'agit de la seconde étoile la plus brillante de cette constellation, d'où sa désignation de Bayer Beta Ursae Minoris, et de la 56e étoile la plus brillante du ciel nocturne, avec une magnitude apparente de +2,07. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, l'étoile est située à environ 131 années-lumière de la Terre[1]. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de +17 km/s[5].

β Ursae Minoris
Kochab
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 14h 50m 42,326s[1]
Déclinaison +74° 09 19,81[1]
Constellation Petite Ourse
Magnitude apparente +2,07[2]

Localisation dans la constellation : Petite Ourse

(Voir situation dans la constellation : Petite Ourse)
Caractéristiques
Type spectral K4- III[3]
Indice U-B +1,78[4]
Indice B-V +1,47[4]
Indice R-I +0,76[4]
Variabilité ORG présumée[2]
(amplitude 0,001 mag.[2])
Astrométrie
Vitesse radiale +16,96 ± 0,19 km/s[5]
Mouvement propre μα = −32,61 mas/a[1]
μδ = +11,42 mas/a[1]
Parallaxe 24,91 ± 0,12 mas[1]
Distance 130,9 ± 0,6 al
(40,1 ± 0,2 pc)
Magnitude absolue −0,95[6]
Caractéristiques physiques
Masse 1,4 ± 0,2 M[7]
Rayon 38,3 ± 1,1 R[7]
Gravité de surface (log g) 1,5 ± 0,1[7]
Luminosité 537 L[6]
Température 4 126 ± 25 K[7]
Métallicité [Fe/H] = −0,27 ± 0,07[7]
Rotation 1,7 ± 1,4 km/s[7]
Âge 2,95 ± 1,03 Ga[7]
Système planétaire
Planètes Beta Ursae Minoris b

Désignations

Kochab, β UMi, 7 UMi, HD 131873, HIP 72607, HR 5563, BD+74°595, FK5 550, NSV 6846, SAO 8102[8]

Le radiant des Ursides est situé près de cette étoile.

Nomenclature

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Kochab, nom apparu fin du XVIe siècle, a été approuvé l'Union astronomique internationale (UAI)[9]. Ce nom ne vient pas de l'arabe kaucab-al-Shemali comme le pense Camille Flammarion[10], suivi par Richard Hinckley Allen[11], mais il résulte de la convergence de deux phénomènes. Le premier est l’altération du nom donné à α UMi, par transformation du /r/ en /k/ ‒ Rucaba > Kuca[b] , encore une fois par déplacement du nom الركبة al-Rukba, « le Genou », qui correspond, dans la représentation gréco-arabe, c’est-à-dire celle que les astronomes arabes ont emprunté aux Grecs au IXe siècle, à l’étoile θ UMa. Le second phénomène est l’influence, dans la recherche d’une origine hébraïque à ce nom arabe, chère aux philologues de la Renaissance, de kochab, graphie alors commune de la transcription de l’hébreu כוכב kokab [pron. : koχav], « étoile »[12],[13].

Kochab forme avec Gamma Ursae Minoris (Pherkad) un petit astérisme appelé, dans l'imaginaire populaire, les Gardes, soit les Gardiennes du Pôle (nord)[14].

En Mésopotamie

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Beta Ursae Minoris est connue comme MAR.GÍD.DA.AN.NA = Eriqq samē, « Le Chariot céleste ». Nous pouvons le lire dans la Série MUL.APIN, le premier traité d'astronomie mésopotamienne, découvert à Ninive dans la bibliothèque d'Assurbanipal et datant au plus tard de  : DIŠ mul.MAR.GÍD.DA.AN.NA d.dam-ki-an-na, i.e. « Le Chariot céleste » pour une étoile identifiée à Beta Ursae minoris. Comme toute étoile, celle-ci est associée à un dieu, et c’est en l’occurrence la déesse Damkina, l’équivalent de la sumérienne DAM.GAL.NUN.NA, littéralement « l’Épouse du Grand Prince », ou NINKI, « Dame Terre ». Elle apparaît, dans Enūma eliš, qui est l’Épopée de la création, compilée et mise en forme à la fin du XIIe siècle av. J.-C. à Babylone, quand Marduk, en lequel les Grecs verront l’équivalent de Zeus, conquit la prééminence sur les autres dieux : « Marduk fut mis au monde / Éa, son père, ‖ Et accoucha de lui / Sa mère, Damkina »[15]. ENKI = Éa, est « le Maître de la Terre », le dieu de la Terre et des Eaux, de la Sagesse, de la Fertilité, celui qui a inventé l’écriture, le Gardien des Lois divines et le Créateur des êtres humains. Damkina est la déesse Mère, la mère de Marduk qui est, à cette époque devenu à Babylone le dieu principal dans lequel les Grecs verront[16],[17], qui, dans Enūma eliš, engendra Marduk avec ENKI = Ea[18].

On comprend la valeur symbolique donnée à cette étoile que son parcours circulaire au sommet de la coûte céleste permet de dominer cette dernière. Cette étoile est à l’origine de la figure de MAR.GÍD.DA.AN.NA = Eriqq samē, dont les Grecs ont hérité sous le nom d’Άμαξα. On sait en effet par Diogène Laërce que Callimaque de Cyrène (ca. 305-ca. 240) écrit à propos de Thalès de Milet (ca. 625- 620-ca. 548-545) : « C’est lui, dit-on, qui reconnut « la constellation du Chariot [Άμαξα dans le texte] / sur laquelle les Phéniciens règlent leur navigation[19].

Caractéristiques

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Kochab est une étoile géante rouge de type spectral K4- III[3], âgée d'environ trois milliards d'années (2,95 ± 1,03×109 a)[7].

Système planétaire

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Beta Ursae Minoris est l'objet primaire d'un système planétaire dont l'unique objet secondaire connu est Beta Ursae Minoris b, une planète confirmée[20],[21]. Elle a été détectée par la méthode des vitesses radiales. Sa découverte a été annoncée en 2014.

D'une masse minimale d'environ six fois celle de Jupiter (6,1 ± 1,0 MJ), elle tourne autour de Beta Ursae Minoris en environ 522 jours terrestres (522,3 ± 2,7 j)[7].

Bibliographie

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2, , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752).
  2. 1 2 3 (en) « VSX : Detail for bet UMi », sur The International Variable Star Index, AAVSO (consulté le ).
  3. 1 2 (en) Philip C. Keenan et Raymond C. McNeil, « The Perkins catalog of revised MK types for the cooler stars », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 71, , p. 245 (DOI 10.1086/191373, Bibcode 1989ApJS...71..245K).
  4. 1 2 3 (en) D. Hoffleit et W. H. Jr. Warren, « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050, (Bibcode 1995yCat.5050....0H, lire en ligne).
  5. 1 2 (en) B. Famaey et al., « Local kinematics of K and M giants from CORAVEL/Hipparcos/Tycho-2 data. Revisiting the concept of superclusters », Astronomy & Astrophysics, vol. 430, no 1, , p. 165–186 (DOI 10.1051/0004-6361:20041272, Bibcode 2005A&A...430..165F, arXiv astro-ph/0409579).
  6. 1 2 (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5, , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971, lire en ligne).
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) B.-C. Lee et al., « Planetary companions in K giants β Cancri, μ Leonis, and β Ursae Minoris », Astronomy & Astrophysics, vol. 566, , article no A67 (DOI 10.1051/0004-6361/201322608, Bibcode 2014A&A...566A..67L, arXiv 1405.2127).
  8. (en) * bet UMi -- Variable Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  9. (en) IAU, « Star Names », 2021 ».
  10. Camille Flammarion, Les étoiles et les curiosités du ciel, Supplément de L’Astronomie populaire, Paris : C. Marpon & E. Flammarion, 1882, p.17
  11. (en) Richard Hinkley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 458.
  12. (de) Paul Kunitzszch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 171-172.
  13. Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 140.
  14. (en) Jim Kaler, « Kochab » [html], sur Stars, mis à jour le 20 décembre 2013 (consulté le ).
  15. Jean Bottéro & Samuel Noah Kramer, « L’Épopée de la création », in Quand les dieux faisaient l’homme, Paris : Ndf/ Gallimard, Paris : 19989, rééd. 1993 / Ndf, pp. 602-679, en particulier Tab. I, 83-84, p. 608
  16. (fr) Roland Laffitte, « Série MUL.APIN (BM 86378) », Tab. I,i, 20, sur URANOS, le site astronomique de la Selefa ».
  17. (en) Hermann Hunger & David Pingree, MUL.APIN, An Astronomical Compendium in Cuneiform [Archiv für Orientforschung (AfO), Beiheft n° 24, 1989].
  18. (en) Jeremy Black & Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, an Illustrated Dictionary, London: British Museum Press, 1992, pp. 56-57.
  19. Diogène Laërce, « Thalès », in Vies et doctrines des philosophes de l’Antiquité, Traduction par Charles Zévort, Paris : Charpentier, 1847, Tomes I et II, Livre I, p. 11. ».
  20. (en) bet UMi b sur la base de données NASA Exoplanet Archive
  21. (en) beta UMi b sur L'Encyclopédie des planètes extrasolaires de l'Observatoire de Paris.

Liens externes

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