Konstantin Lordkipanidze

écrivain géorgien

Konstantin Aleksandrovitch Lordkipanidze, (en russe : Лордкипанидзе, Константин Александрович, Konstantine Aleksandrovitch Lordkipanidze), (en géorgien : კონსტანტინე ლორთქიფანიძე), est un écrivain, un poète, un romancier, un traducteur et un scénariste géorgien né le 25 décembre 1904 ( dans le calendrier grégorien) à Didi Djikhaishi dans le gouvernorat de Koutaïssi, aujourd'hui municipalité de Samtredia dans la région d'Iméréthie en Géorgie dans l'Empire russe et décédé le à Tbilissi.

Constantin Lordkipanidzé
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
TbilissiVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
კონსტანტინე ალექსანდრეს ძე ლორთქიფანიძეVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Autres informations
Conflit
Distinctions
Plaque commémorative.

Biographie

modifier

Il passa son enfance à la campagne, dans le milieu paysan où l'existence était difficile. Son père, un petit agent des douanes, lui dispensa une éducation rudimentaire tandis que sa mère lui offrit l'environnement stable d'une vie simple[1]. Il développa un lien profond avec la terre où enfant il parcourait les champs, observait les villages où vivaient les siens qui l'imprégnaient de leurs récits.

Il sortit diplômé en sciences humaines de l'école de lettres de Koutaïssi en 1924 [2] mais depuis 1920, déjà, il avait commencé à écrire en prose. Il s'installa à Tbilissi et en 1924, son premier poème, dédié à Boris Dzneladze (ka) chef du komsomol géorgien, parut dans le journal Spartak, organe du komsomol tbilissien, et sa première œuvre publiée fut Le Photographe. Influencé par les symbolistes géorgiens, il fut membre de leur association littéraire Cornes bleues (ka) mais il s'en éloigna pour s'affirmer comme poète prolétarien. En témoignent, en 1926, son premier recueil de poèmes lyriques Poèmes choisis et entre autres, en 1927, des poèmes comme Sourire et Après le premier, en 1929, Nouveau abordant les thèmes de l'héroïsme ouvrier, l'espoir en l'avenir et la foi dans le collectivisme. Publié en 1927, son poème Stenka Razine dont le titre est celui du chef d'une célèbre révolte contre le tsar, est dédié à la lutte des paysans contre le tsarisme.

Au début des années 30, il abandonna définitivement la poésie et se tourna vers la prose et écrivit de nombreux essais. Il collabora aux revues Aux confins de l'Est, Écrits prolétariens (ka), Dynamite, Mnatobi (ka), Prolemaf (ka). Pendant cette période, lors d'un voyage en Polésie, il passa deux mois dans la famille d'un ancien partisan, kolkhozien et pêcheur, Petrous Gnedka. Ce dernier lui racontait des histoires de la guerre civile dans sa région. Ces souvenirs ont servi de base à Konstantine Aleksandrovitch pour ses Récits biélorusses.

En 1934, il se rendit à Moscou en tant que délégué au 1er Congrès des écrivains de l'URSS (ru), du au , à l'occasion duquel des brigades d'écrivains étaient envoyées dans les Républiques soviétiques. Pour lui ce fut la Biélorussie qui l'inspira pour écrire le recueil de nouvelles L'Immortalité[3].

Il participa à la Grande Guerre patriotique. En 1942, il s'engagea volontairement sur décision du Comité central du Parti communiste de Géorgie (ru), il fut affecté à Kertch, dans l'Armée rouge sur le front de Ciscaucasie au sein d'un important groupe de militants du parti et de la société civile pour renforcer la 414e division de fusiliers géorgiens. Opérateur téléphonique à partir du dans une société de communication indépendante, il devint à partir de 1944 correspondant et organisateur du journal divisionnaire « En avant pour la ¨Patrie ! » en géorgien. Il a également combattu dans l'armée côtière (ru) séparée et a participé à l'opération de Novorossiik-Taman (ru) et de Crimée. C'est probablement à cette époque qu'il fut victime du paludisme auquel, grâce aux soins de sa mère, il se rétablit[4]. Pour l'accomplissement exemplaire de son devoir au combat, par ordres n° 15/n du de la 414e division de fusiliers du Front du Caucase du Nord et n° 754/n du de l'OPA, le soldat de l'Armée rouge Lordkipanidze, opérateur téléphonique de la 1442e compagnie de communications, a reçu deux Ordres de l'Étoile rouge[5] ,[6]. Il a également reçu la Médaille pour la défense du Caucase. En 1945, il a été démobilisé et est rentré en Géorgie[7].

Après la guerre, l'écrivain écrivit L'Aurore de Colchide qui est peut-être l'œuvre la plus aboutie et la plus connue de tous ses écrits. En 1953, ce roman a été traduit en russe par Elizbar Gueorguievitch Ananiachvili (ru) et a été éditée en français en par les Éditeurs français réunis dans une traduction de Georges Arout. Certains le comparent pour son concept et son thème à Brouski, une «saga» de Fiodor Ivanovitch Panfiorov (ru).

De 1956 à 1962 il fut rédacteur en chef du magazine Géorgie littéraire (ka), de 1962 à 1966 il dirigea la revue Tsiskari (ka) (en français : À l'aube), de 1966 à 1973, il fut directeur de la maison d'édition Nakaduli (ka) (en français : Flux) puis de 1973 à 1986 rédacteur à l'almanach Gantiadis (en français : L'Aube) dont il devint le rédacteur en chef en 1977.

Lors de la 8e législature, de 1971 à 1974, il fut député du Soviet suprême de la République socialiste soviétique de Géorgie (ka) et en 1971 le prix d'État Prix d'Etat Chota Roustaveli (ka) récompensa son œuvre La mort attendra un peu. Ce ne fut pas sa seule distinction: il obtint plusieurs médailles et fut décoré de six ordres.

Publiée en 1974, dans la revue L'Amitié des Peuples la nouvelle Les Pêcheurs d'Artatchal ressortit sous un autre titre La Fille de Zaretchia. Cette nouvelle évoque la période précédant l'instauration du pouvoir soviétique en Géorgie par les tribulations de l’héroïne, domestique chez le vice-ministre du commerce sous le gouvernement menchevik.

Il a été membre de l'Union des écrivains de la République socialiste soviétique de Géorgie (ka).

Les thèmes principaux de ses œuvres ont été le nouveau héros, les nouvelles relations sociales, la lutte pour faire triompher de nouvelles idées, l'héroïsme du peuple soviétique, la pratique humaniste, l'enthousiasme révolutionnaire,... Ses œuvres ont été traduites en allemand, en arménien, en français, en turc, en ukrainien, par lui-même en russe et dans d'autres langues alors qu'il a traduit en géorgien plusieurs chapitres de l'épopée David de Sassoun, des écrits des Arméniens Khatchatour Abovian, Avetik Issahakian, du Français Paul Éluard, du Japonais Takuboku Ishikawa, du Polonais Adam Mickiewicz, du Russe Vladimir Maïakovski, des Ukrainiens Taras Chevtchenko et Ivan Franko[2].

Il est inhumé au Panthéon de Didube.

Sept écrivains géorgiens : Debout de gauche à droite : Ilia Onissimovitch Mossachvili (ru), Aleksandr Nikolaïevitch Koutateli (ru). Assis de gauche à droite : Benito Mikhaïlovitch Bouatchidze (ru), Rajden Matveïevitch Gvetadze (ru), Ianka Koupala, Konstantin Lordkipanidze

Œuvres

modifier
  • 1924 : Le Photographe
  • 1925 : Mousse
  • 1925 : Sur le quai
  • 1926 : Poèmes choisis
  • 1927 : Sourire, poème
  • 1927 : Après le premier, poème
  • 1927 : Stenka Razine, poème
  • 1927 : Moisissure, roman
  • 1927 : Khavsi, roman
  • 1928 : Première Mère
  • 1929 : Nouveau, poème
  • 1930 : Nouveaux Paysans
  • 1931 : À bas la République du maïs
  • 1938 : Le Tourbillon
  • 1938 : L'Immortalité. Ce recueil de nouvelles qui raconte la lutte du peuple biélorusse pendant la guerre civile de 1918 à 1920 a été traduit en russe en 1940 sous le titre Récits biélorusses.
  • 1940 : L'Histoire de Gori où il met en scène le jeune Maxime Gorki.
  • 1941 : Tsabounia
  • 1942 : Comment est mort le vieux pêcheur, récit
  • 1948-1952 : L'Aurore de Colchide. Ce roman décrit les grands changements dans la vie d'un village géorgien.
  • 1949 : La Lame sans rouille. Une série de nouvelles raconte la lutte héroïque du peuple soviétique pendant la grande guerre patriotique
  • 1949 : La Clé verte
  • 1956 : La Lame sans rouille, version révisée
  • 1958 ou 1968 : La Mort peut attendre un peu, nouvelles
  • 1955 : La Pierre magique 1re partie, roman panorama de la Géorgie soviétique composé de nouvelles qui évoquent la vie des paysans des kolkhores de Chirak
  • 1957 : Celui qui parcourt la route, la maîtrisera
  • 1965 : La Pierre magique 2e partie, roman
  • 1965 : Tsogui, une des nouvelle de La Pierre magique
  • 1968 : La mort peut attendre, un recueil de nouvelles
  • 1969 : Pêcheurs d'Ortatchal, nouvelle
  • 1970 : Vive Don Quichotte, roman
  • 1971 : Quand un homme est seul
  • 1974 : La Fille de Zaretchia, réédition des Pêcheurs d'Ortachal sous un autre titre.
  • 1977 : Ce qui s'est passé à Abacha, essai à propos de l' Expérience Abacha (ru)

Scénariste

modifier

Récompenses

modifier
Plaque commémorative pour Konstantin Lordkipanidze au 4 rue Koté Mardjanichvili à Tbilissi

Notes et références

modifier

Liens externes

modifier