L'Affaire Bojarski

film français de 2025

L'Affaire Bojarski est un film français réalisé par Jean-Paul Salomé et sorti en 2025. Il retrace l'histoire vraie de Jan Bojarski, faux-monnayeur de grand talent, et la traque policière qui le fait tomber. Sur fond de polar et de reconstitution historique des années 1950‑1960, le film suit à la fois l'obsession créatrice de cet artisan de génie et la traque patiente du commissaire Mattei, décidé à le faire tomber coûte que coûte[1],[2].

L'Affaire Bojarski
Réalisation Jean-Paul Salomé
Scénario Jean-Paul Salomé
Bastien Daret
Musique Mathieu Lamboley
Acteurs principaux Reda Kateb
Sara Giraudeau
Bastien Bouillon
Pierre Lottin
Sociétés de production Le Bureau
Les Compagnons du cinéma
Pays de production Drapeau de la France France
Genre drame biographique
Durée 128 minutes
Sortie 2025

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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En 1951, dans la Forêt de Rambouillet, des hommes braquent un fourgon de la Banque de France... 8 ans plus tôt, dans une France en reconstruction, Ceslaw Bojarski — ensuite surnommé Jan —, jeune ingénieur polonais réfugié en France, est sans identité administrative. Don absence d'état civil le prive de reconnaissance et l'empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions, le cantonnant à des petits boulots mal rémunérés malgré ses indéniables talents d’ingénierie. Humilié par ce déclassement et hanté par le sentiment d'injustice, il finit par accepter la proposition d'un gangster qui a repéré ses dons quasi obsessionnels de la précision, permettant en l’occurrence de fabriquer des faux billets d'une qualité encore inégalée[1].

Le billet de 1 000 francs Minerve et Hercule

D'abord poussé par le besoin de subsister et le désir de prouver sa valeur, Bojarski se découvre une véritable vocation secrète : seul dans un cabanon au fond de son jardin, il conçoit ses machines, fabrique son propre papier, grave ses plaques et met au point des contrefaçons plus « vraies » que les billets de la Banque de France, notamment le billet de 1 000 francs Minerve et Hercule. À mesure que sa technique se perfectionne, la fraude change d'échelle et fait de lui la bête noire de la Banque de France. Il est surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie » tant son talent est grand[1].

En parallèle, Jan mène une existence apparemment banale dans un pavillon de banlieue, auprès de sa femme Suzanne et de ses deux enfants, qui le croient simple représentant de commerce. Entre l'amour des siens et le secret qui l'isole de ses anciens amis, Jan est partagé entre la fierté de sa maîtrise technique et la peur constante de voir sa double vie dévoilée, d'autant que sa femme commence peu à peu à nourrir des soupçons.

Le billet de 100 nouveaux francs Bonaparte

Face à lui, le commissaire Mattei, meilleur flic de France, transforme l'enquête en véritable sacerdoce : arrêter Bojarski devient son obsession constante, situation qui le ronge autant que le faussaire. Malgré de nouveaux billets mis en circulation, Bojarski parvient à créer de copies, comme celle du billet de 100 nouveaux francs Bonaparte.

La traque se déroule comme un long duel à distance, ponctué de fausses pistes, de coups de filet manqués, jusqu’à ce que le filet se resserre sur Bojarski qui échappe de justesse à l'arrestation. Sa confiance le conduit à défier l'État pendant plus d'une année, mais malgré ses infinies précautions, il finit par être confondu. Le faussaire de génie, criminel et père de famille, doit payer le prix de ses actes[1].

Fiche technique

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».

Distribution

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Production

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Genèse et développement

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Jean-Paul Salomé imprègne L’Affaire Bojarski d’une atmosphère qui puise directement dans le cinéma français des années 1950-1970[6]. Il dresse par ailleurs une liste de références que comédiens et techniciens visionnent ensemble pour nourrir le tournage et la mise en scène[6]. Les films de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon dominent cette liste : Le Samouraï, Un flic ou encore Le Cercle rouge (dont Salomé reprend le nom du commissaire Mattei – interprété par Bourvil pour le personnage de Bastien Bouillon)[6],[7]. Outre Melville, Salomé cite comme références Monsieur Klein de Joseph Losey, les films avec Jean Gabin comme Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, Du rififi chez les hommes de Jules Dassin ou Razzia sur la chnouf d'Henri Decoin[8]. Salomé s'inspire aussi d'œuvres plus récentes ou internationales : Casino de Martin Scorsese pour la scène d'ouverture, Les Incorruptibles de Brian De Palma, Le Parrain de Francis Ford Coppola, Le Pont des espions de Steven Spielberg ou Heat de Michael Mann, qui modèle la longue confrontation dialoguée entre Bojarski et Mattei, à l’image du face-à-face entre Robert De Niro et Al Pacino[9],[10],[7]. Bastien Daret, coscénariste, apporte d'autres références pour nourrir le portrait intime de Bojarski : il pense à Un cœur en hiver de Claude Sautet, La Belle Noiseuse de Jacques Rivette, Le Solitaire de Michael Mann et Tandem de Patrice Leconte[11].

Jean-Paul Salomé explique par ailleurs diriger ses comédiens « comme si j’étais Melville et eux Alain Delon[12]. » Reda Kateb, pour son rôle de Bojarski, se prépare en revisionnant La Bête humaine de Jean Renoir, Le jour se lève de Marcel Carné ou encore L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville[13]. Bastien Bouillon, qui incarne le commissaire Mattei, étudie des films avec Paul Meurisse, autre acteur fétiche de Melville[6].

Ce film est coproduit aussi par Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma. Le réalisateur Jean-Paul Salomé, et toute l'équipe du film ont passé près de deux semaines dans cette région Auvergne-Rhône-Alpes[2].

Tournage

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Le tournage s'effectue à[14] :

Il se termine le [16].

Pour réaliser le film, Jean-Paul Salomé et le scénariste Bastien Daret ont approché Jacques Briod, un journaliste suisse passionné de Bojarski qui a amassé une grande quantité de documents sur le personnage, en particulier les copies des brevets déposés par Ceslaw Jan Bojarski[17]. Par souci de précision historique sur les méthodes d’impression, le réalisateur a bénéficié des conseils de Vincent Guillier, typographe et éditeur aux Éditions Voix de Garage, l’un des derniers à imprimer sur presses typographiques et à fabriquer des livres de colportage de façon artisanale[18]. Les presses de Vincent Guillier, installées dans un atelier aménagé dans son garage, ont été utilisées dans le film pour le tournage des scènes d’impression, et pour la reconstitution de l’atelier de Bojarski, situé lui aussi au sous-sol de sa maison[19].

Accueil

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Accueil critique

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En France, le site Allociné donne au film une note moyenne de 3,7⁄5 après avoir recensé 31 critiques de presse[20].

Box-office

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Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau de la France France 1 166 310 entrées[21] 16
Monde Total mondial 9 630 466 USD[22] 16

Distinctions

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Récompenses

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Sélections

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Anachronismes

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Lors de la narration du vol de papier d'impression des billets (interception fourgon Banque de France, datée en 1951), on voit l'arrière d'une Peugeot 404 (véhicule sorti d'usine seulement à partir de 1960)[réf. nécessaire].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Jacques Mandelbaum, « Dans L’Affaire Bojarski, le cinéaste Jean-Paul Salomé dresse le portrait d’un artiste en faux-monnayeur », sur Le Monde, .
  2. 1 2 « L’affaire Bojarski : clap de fin pour le tournage du biopic avec Reda Kateb », sur auvergnerhonealpes-cinema.fr, .
  3. ↑ « Congrès FNCF 2025 : Quels films en salles pour 2025-2026 ? (3/3) », sur boxofficepro.fr, (consulté le )
  4. ↑ « SCRIPTOCLAP - L'Affaire Bojarski », sur scriptoclap.fr (consulté le ).
  5. 1 2 3 « L'Affaire Bojarski », sur Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 « Jean-Paul Salomé : "Le plus dur au cinéma, c’est l’incarnation" », sur Premiere.fr, (consulté le )
  7. 1 2 « « L’Affaire Bojarski » : un bon divertissement à l’ancienne sur un faux-monnayeur de génie », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  8. ↑ [vidéo] « Heat, Le Cercle rouge... Les références de Jean-Paul Salomé pour L'Affaire Bojarski », AlloCine (consulté le )
  9. ↑ « Le réalisateur Jean-Paul Salomé : « Le cinéma m’a aidé à me forger tel que je suis aujourd’hui » », sur Le Soir, (consulté le )
  10. ↑ L'affaire Bojarski - Interview Jean-Paul Salomé
  11. ↑ « Jean-Paul Salomé et Bastien Daret : « Avec L’Affaire Bojarski, nous avons voulu nous éloigner du pur biopic » | CNC », sur www.cnc.fr (consulté le )
  12. ↑ « La Séquence du spectateur - Jean-Paul Salomé - DVDClassik », sur www.dvdclassik.com (consulté le )
  13. ↑ Hugues Dayez, « Reda Kateb dans la peau de Jan Bojarski : l’art de l’incarnation totale - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  14. ↑ Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par le générique de fin de l'œuvre audiovisuelle présentée ici, ainsi que par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
  15. ↑ « L'Affaire Bojarski : quels sont les lieux du tournage en région ? », sur Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, (consulté le ).
  16. ↑ Marie Janeyriat, « Fin de tournage pour Reda Kateb et Pierre Lottin chez Jean-Paul Salomé », sur Première, (consulté le ).
  17. ↑ Allociné, « L'affaire Bojarski », sur Allocine.fr, (consulté le ).
  18. ↑ Fanny Dolle, « Dans cette maison d’édition de l’Oise, on imprime encore les livres à la main », sur Courrier picard, (consulté le ).
  19. ↑ Fanny Dolle, « L’affaire Bojanski au cinéma : c’est un imprimeur nogentais qui a conseillé Reda Kateb », sur Courrier picard, (consulté le ).
  20. ↑ « L’Affaire Bojarski : critiques presse », sur allocine.fr (consulté le ).
  21. ↑ « L'Affaire Bojarski », sur jpbox-office.com (consulté le ).
  22. ↑ « The Money Maker (2025) », sur Box Office Mojo (consulté le ).
  23. ↑ « Palmarès de la 31e édition du Festival Jean-Carmet », sur Ciné Bocage (consulté le )

Liens externes

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