L'Odalisque

tableau de François Boucher

L'Odalisque ou l'Odalisque brune est un tableau de François Boucher peint en 1745.

L'Odalisque
ou l'Odalisque brune
Artiste
Date
Type
Technique
Dimensions (H × L)
53 × 64 cm
Mouvement
Propriétaire
Basile de Schlichting (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
RF 2140
Localisation
Musée du Louvre (Aile Richelieu, 1er étage), salle 40, Paris

Description

modifier

Le tableau représente une jeune femme allongée sur le ventre parmi des étoffes et des coussins, recouverte seulement d'une étoffe en travers du corps. La signature du peintre est gravée sur la table basse[1].

L'identité du modèle est débattue[2][1]. Toutefois, lors de sa diffusion, Denis Diderot reconnaît en cette femme Mme Boucher, la femme du peintre, l'accusant ainsi de prostituer sa femme au regard du public[3].

Histoire

modifier

En 1765, le tableau est gravé par Pierre-Charles Levesque sous le titre Le Réveil et porte la mention « Gravé d'après le tableau de M. Boucher Premier Peintre du Roi »[4].

Le tableau aurait été commandé par Alexandre Jean Joseph Le Riche de La Popelinière (l'œuvre est mentionnée dans son inventaire après son décès[5]), un mécène proche de Crébillon.

Analyse

modifier

Lors de la réalisation de ce tableau, François Boucher est en train de réaliser les illustrations d'un ouvrage de Jean Antoine Guer, Mœurs et usages des Turcs, publié dès 1746[6.1]. François Boucher ne s'est jamais rendu en Turquie : pour les réaliser, il s'inspire des œuvres de Jean-Baptiste van Mour, artiste ayant résidé à Constantinople.[réf. nécessaire]L'Odalisque brune poursuit cet imaginaire des femmes turques allongées sur un sofa et considérées comme des « libertines domestiques sans religion & sans retenue »Qui est l'auteur de cette citation ?[Quoi ?][7]. L'attitude de la jeune femme est ambigüe entre une gêne due à la présence du spectateur voyeur ou une invitation à la rejoindre[8].

Le tableau est fondé sur le pli : pli à la fesse, pli au cou selon le même Y, pli de la literie, pli de l’étoffe de velours bleu, pli du tapis[1].

L'Odalisque brune évoquerait Le Sopha. Conte moral, un ouvrage de Crébillon publié anonymement en 1742[6].

Autres versions

modifier

François Boucher a peint quelques années plus tard (1752) deux autres versions semblables[9]:

  • l'une conservée à l'ancienne pinacothèque de Munich montre une odalisque plus jeune, à la chevelure blonde et dans une attitude un peu moins exposée. Elle représenterait non plus l'épouse du peintre, mais Marie-Louise O'Murphy qui séduisit le roi Louis XV.
  • l'autre qui se trouve au musée Wallraf Richartz de Cologne ressemble à celle de Munich.

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 « L’odalisque brune - Boucher / Utpictura18 », sur univ-montp3.fr (consulté le ).
  2. Guillaume Faroult, L'Odalisque brune, Paris, Louvre éditions,
  3. Denis Diderot, Ruines et paysages. Salon de 1767., Paris, Else Marie Bukdahl, Michel Delon, Annette Lorenceau,
  4. Musée du Louvre, « Le Réveil » Accès libre
  5. Alexandre Ananoff et M. Daniel Wildenstein, François Boucher : catalogue des peintures,
  6. Guillaume Faroult, L'Odalisque brune, Paris, Louvre Edition, , 56 p. (ISBN 9788494962950)
    1. p.13
  7. Jean-Baptsite Guer, Mœurs et usages des Turcs, Paris, chez Coustelier, 1746-1747, 538 p. (lire en ligne), p. 411
  8. « Muzéo, Edition d’art et de photo / L'odalisque de François Boucher », sur Muzeo (consulté le ).
  9. Daniel Soulié, Louvre secret et insolite, Paris, Éditions Parigramme, , 192 p. (ISBN 978-2-84096-674-6), p. 123

Bibliographie

modifier

Annexes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier