L'École du pouvoir

L'École du pouvoir est une mini-série française en deux parties de 124 minutes réalisée par Raoul Peck et diffusée les 19 et sur Canal+. Elle narre, de manière romancée, la scolarité de la promotion Voltaire de l'École nationale d'administration (ENA).

L'École du pouvoir
Titre original L'École du pouvoir
Genre mini-série
Acteurs principaux Robinson Stévenin
Élodie Navarre
Céline Sallette
Thibault Vinçon
Valentin Merlet
Pays d'origine Drapeau de la France France
Chaîne d'origine Canal+
Nb. de saisons 1
Nb. d'épisodes 2
Durée 124 minutes
Diff. originale –

Synopsis

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La série raconte l’histoire de cinq jeunes élèves de la promotion Voltaire de l’ENA entre 1977, date de leur passage du concours d'entrée de l'école, et 1986. Ils sont partagés entre idéaux et désir de changement avant l’élection de François Mitterrand en 1981 et la réalité du pouvoir auquel l’école les a préparés après celle-ci. La mini-série montre leur scolarité à l'ENA, leurs stages, ainsi que le classement de sortie.

La promotion Voltaire est célèbre pour avoir compté parmi ses élèves François Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Michel Sapin, Frédérique Bredin ou Renaud Donnedieu de Vabres qui ont tous été président ou ministre sous la Ve République. Certains personnages de la mini-série en sont librement inspirés[1].

La série fait également référence à de nombreux faits d'actualités qui ont agité la France des années 70 et 80 : les élections législatives de 1978, et les présidentielles de 1981 évidemment, mais aussi la guerre Iran-Irak, les attentats en Corse du groupe anti-séparatistes FRANCIA (Front d'action nouvelle contre l'indépendance et l'autonomie), le lutte des paysans du Larzac contre le camp militaire, la fin du Centre universitaire expérimental de Vincennes, les affaires des HLM de Paris et des emplois fictifs de la mairie de Paris, l'enrichissement d’uranium illégal en Afrique, etc.

Fiche technique

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Distribution

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Production

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L'idée originale de L’École du pouvoir vient du réalisateur britannique Peter Kosminsky[2]. La rédaction du scénario est précédée par une enquête menée par les journalistes Guislaine Ribeyre et Joshua Philips sur les énarques et l'ENA, qui dure pendant deux ans, et qui les conduit à interviewer plus d'une centaine d'élèves et anciens élèves de l'école qui y ont étudié entre 1972 et 2000[2]. Ils remettent un document d'environ mille pages aux scénaristes, Aaron Barzman, Ève de Castro, Peter Kosminsky, Didier Lacoste et Raoul Peck[3].

L'objectif de la mini-série est de produire un équivalent français aux Années Tony Blair[4]. Plusieurs scènes sont ainsi basées sur des éléments réels de la scolarité à l'ENA à l'époque du tournage ou à l'époque de la promotion Voltaire, comme la séquence de travail de groupe[5]. Les avocats embauchés par les producteurs conseillent aux scénaristes de ne pas décalquer les personnages sur un élève de la promotion en particulier, afin d'éviter tout risque de plainte[2].

Deux ans et demi après le début du projet, Kosminsky doit le quitter pour un autre projet porté par Channel 4. Raoul Peck est recruté sur le projet pour le mener à bien[2]. Il modifie le scénario, en coopération avec les scénaristes de Castro, Lacoste et Barzman, « en y introduisant beaucoup plus d'éléments précis sur la politique française » (Claude Chelli)[2]. Il avait déjà réalisé, deux ans plus tôt, L'Affaire Villemin[6].

Réception

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Raphaëlle Bacqué donne une critique positive de la mini-série pour Le Monde à sa sortie[1], tout comme Christophe Alix pour Libération, qui souligne néanmoins « quelques égarements un peu neuneus »[7]. Le Journal du dimanche qualifie la série de « passionnante et documentée »[5]. Le Figaro et les Les Inrockuptibles chroniquent positivement la série[3],[8].

Hélène Marzolf se montre plus critique dans Télérama, soutenant que « le point de vue qu’il porte sur l’exercice du pouvoir n’échappe pas toujours au manichéisme », et que « [c]ertains dialogues, très théâtraux, engoncent les personnages dans des postures archétypales » ; elle conclut néanmoins que « quelles que soient ses limites, cette première fiction sur l’ENA porte en elle une ambition suffisamment rare et un point de vue suffisamment affirmé pour avoir ouvert une brèche »[4].

Six ans après sa sortie, Les Échos publient un article intitulé « L'ENA à l'écran : un "objet de fantasme" basé sur une réalité », qui revient sur le rapport de la mini-série à la réalité[9]. La mini-série est citée par Jonathan Buchsbaum, professeur à l'université de la ville de New York, dans son livre sur l'exception culturelle française Exception Taken. How France Has Defied Hollywood's New World Order[10].

Controverse

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Une projection en avant-première du premier épisode de la mini-série était prévue pour le 17 décembre 2008 à Sciences Po, suivie d'un débat entre Hervé Gaymard, Pierre Moscovici, Richard Descoings et le directeur de l'ENA, Bernard Boucault[11]. Ce débat devait s'intituler « L’ENA, s’ouvrir ou disparaître ». L'évènement était organisé par Juan Branco, élève et membre du ciné-club de Sciences Po[11].

La projection est toutefois annulée peu de temps avant la date qui avait été fixée. Rue89 rapporte que le directeur Boucault, aurait « fait purement et simplement annuler l’événement ». Il aurait été dans l'impossibilité de s'y rendre, et la tenue d'un débat intitulé « L’ENA, s’ouvrir ou disparaître » sans le directeur de l'école eût été malséant[11]. Des sources au sein de Sciences Po indique que le cabinet du ministre de la Fonction publique, André Santini, s'y serait également opposé[11].

Notes et références

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  1. 1 2 Raphaëlle Bacqué, « L'ENA, l'école du pouvoir », sur Le Monde, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 Martine Delahaye, « L'ENA au coeur d'une fiction », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  3. 1 2 « Premières armes à l'ENA », sur Le Figaro, (consulté le )
  4. 1 2 « L’ENA comme vous ne l’avez jamais vue », sur www.telerama.fr, (consulté le )
  5. 1 2 « L'ENA de François, Ségolène, Dominique et les autres », sur lejdd.fr, (consulté le )
  6. ↑ (en) Toni Pressley-Sanon et Sophie Saint-Just, Raoul Peck: Power, Politics, and the Cinematic Imagination, Bloomsbury Publishing USA, (ISBN 979-8-216-24333-5, lire en ligne)
  7. ↑ « Critique «L’Ecole du pouvoir», une fiction à élites », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ Les inrockuptibles, Editions Indépendantes, (lire en ligne)
  9. ↑ Laura Fernandez Rodriguez, « L'ENA à l'écran : un "objet de fantasme" basé sur une réalité », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ (en) Jonathan Buchsbaum, Exception Taken: How France Has Defied Hollywood's New World Order, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-54307-1, lire en ligne)
  11. 1 2 3 4 « Une affaire d’ENA », sur www.telerama.fr, (consulté le )

Voir aussi

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