Septante

traduction en grec de la Bible hébraïque, produite peu avant l'ère chrétienne
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La Septante (LXX, latin : Septuaginta) désigne l'ensemble des plus anciennes traductions grecques de la Bible hébraïque. Le nom s'applique d'abord à la traduction du Pentateuque, faite en Égypte au IIIe siècle av. J.-C.. Il s'étend ensuite à la collection formée peu à peu autour de ce noyau : les traductions des autres livres, échelonnées jusqu'au Ier siècle de notre ère, et des livres absents de la Bible hébraïque, traduits d'originaux hébreux ou araméens ou composés directement en grec.

Septante
Titre original
(grc) Ἡ μετάφρασις τῶν ἙβδομήκονταVoir et modifier les données sur Wikidata
Partie de
Littérature biblique (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Langue
Koinè juive (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Elle tire son nom du récit de la Lettre d'Aristée, selon lequel soixante-douze traducteurs envoyés de Jérusalem auraient traduit la Loi à la demande de Ptolémée II. Ce récit, repris par Philon d'Alexandrie, puis par les rabbins et les Pères de l'Église qui en font une traduction miraculeuse, est légendaire. La recherche retient une traduction du Pentateuque en Égypte au IIIe siècle av. J.-C., dont le motif reste discuté.

Le texte grec a été révisé à plusieurs reprises, dans le judaïsme puis dans le christianisme. Abandonnée par le judaïsme rabbinique, la Septante est devenue l'Ancien Testament des Églises de langue grecque. Elle reste le texte qui fait autorité pour l'Ancien Testament dans l'Église orthodoxe.

Le terme et le corpus qu'il désigne

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Le mot « Septante » ne désigne pas un objet unique. Il s'applique d'abord à la traduction grecque des cinq livres de la Torah, puis à un corpus constitué sur plusieurs siècles. Certains de ses livres ont été transmis sous plusieurs formes grecques, et les éditions modernes ne le reconstituent pas selon les mêmes principes.

Un noyau initial et son achèvement

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Au noyau des cinq livres de la Torah traduits en grec, une cinquantaine d'autres livres ont été ajoutés peu à peu pour former la Bible du judaïsme de langue grecque[1]. Tous les livres de la Bible hébraïque ont été traduits, et la Septante en contient d'autres, absents de celle-ci[2].

Ces livres ou passages supplémentaires sont de deux sortes. Les uns sont traduits d'un original hébreu ou araméen que la Bible hébraïque n'a pas retenu : une partie des additions au livre d'Esther, ou Baruch 1, 1 à 3, 8. Les autres ont été composés directement en grec : les Cantiques 9, 13 et 14, ajoutés aux Psaumes, ou la fin du livre de Baruch, à partir de 3, 9[2].

Le texte des éditions modernes

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« Septante » désigne aussi le texte que donnent les éditions savantes, qui ne suivent pas les mêmes principes. L'édition de Cambridge est une édition diplomatique : elle imprime, sauf exceptions, le texte d'un seul manuscrit, le Codex Vaticanus. L'édition de Göttingen est une édition critique : son texte ne correspond à aucun manuscrit en particulier, il est reconstitué à partir de l'ensemble des témoins conservés, regroupés en familles[3].

L'édition de Cambridge, due à Alan England Brooke (en) et Norman McLean, a paru de 1906 à 1940. Elle couvre les huit premiers livres (l'Octateuque), Samuel, les Rois, les Chroniques, 1 Esdras, Esdras-Néhémie, Esther, Judith et Tobit[4].

L'édition de Göttingen est l'œuvre du Septuaginta-Unternehmen, fondé en 1908 par l'Académie des sciences de Göttingen, dont Alfred Rahlfs fut la cheville ouvrière. Elle paraît livre par livre et vise, selon l'objectif fixé par Rahlfs, « le plus ancien texte atteignable » : l'ancêtre commun des témoins conservés, plutôt que l'original du traducteur. Les vingt-six volumes parus couvrent environ les deux tiers de la Septante. Restent à publier Josué, les Juges, Samuel, les Rois, 1 Chroniques, le Cantique des cantiques et les Proverbes. Le Septuaginta-Unternehmen a pris fin en 2015, et les éditeurs désignés des volumes restants poursuivent le travail[5].

S'y ajoute l'édition manuelle d'Alfred Rahlfs, parue à Stuttgart en 1935 en deux tomes, puis rééditée en un volume[6]. Son texte, légèrement éclectique, reste proche du Codex Vaticanus, et son apparat est très sélectif. Sa deuxième édition, dite « Rahlfs-Hanhart », date de 2006[5].

Les désignations antiques

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L'Antiquité ne dispose pas d'un titre unique pour la traduction grecque. La Lettre d'Aristée désigne la Torah par ὁ νόμος, ho nomos, « la Loi », terme qui sert aussi pour la traduction elle-même (§ 309), et par τὰ βιβλία, ta biblia, « les livres », terme emprunté au commerce des livres (§ 317). Le mot Πεντάτευχος, Pentáteukhos, n'est pas attesté avant les années 150 de notre ère. L'expression qu'emploieront les Pères de l'Église, ἡ ἔκδοσις τῶν Οʹ, hê ékdosis tôn hebdomêkonta, « l'édition des Soixante-dix », vient elle aussi du vocabulaire de la librairie grecque[7].

L'usage du terme

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Faute d'objet unique, le mot prend son sens en contexte. Selon Tuukka Kauhanen, la définition la plus pratique appelle « Septante » les ouvrages grecs que réunit l'édition de Rahlfs : les traductions juives des livres de la Bible hébraïque et les livres dits apocryphes, traduits ou composés directement en grec[8]. Pour désigner la traduction première d'un livre, les spécialistes parlent de « vieux grec » (en anglais Old Greek). Le terme a lui-même deux sens : la traduction initiale, par opposition aux traductions et révisions ultérieures, ou bien le plus ancien texte atteignable de chaque livre[9].

Origines

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Les traducteurs de la Septante inspirés par le Saint-Esprit, illustration de La Chronique de Nuremberg, 1493.

Les sources anciennes s'accordent pour situer la traduction grecque du Pentateuque à Alexandrie et l'attribuer à une initiative royale. Mais leur récit a été repris, amplifié et réinterprété pendant des siècles par des auteurs juifs, chrétiens et musulmans[10]. Il faut donc distinguer ce que racontent ces sources de ce que la recherche parvient à établir.

Le récit de la Lettre d'Aristée

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Le témoignage le plus complet est celui de la Lettre d'Aristée, adressée par son auteur à son frère Philocrate[11]. Le responsable de la bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère, propose au roi Ptolémée II de faire traduire les lois des Juifs pour en doter l'établissement. Le roi accepte, libère par décret les esclaves juifs du royaume et écrit au grand prêtre de Jérusalem, Éléazar. Celui-ci envoie avec la Loi soixante-douze traducteurs, six par tribu[11][12]. Après un banquet de sept nuits où ils répondent aux questions du roi, les traducteurs travaillent ensemble dans une île que le texte ne nomme pas, et achèvent la traduction en soixante-douze jours. Elle est lue devant la communauté juive, qui déclare qu'elle doit rester telle quelle, sans la moindre retouche[13].

L'auteur se présente comme un Grec païen. Depuis Luis Vives (1522) et Humphrey Hody (1685), on s'accorde à y voir un Juif d'Alexandrie, d'où l'usage de parler de « pseudo-Aristée »[13].

Presque tous les commentateurs admettent que l'auteur n'est pas contemporain de Ptolémée II. Selon Harl, Dorival et Munnich, les datations proposées vont de 200 avant notre ère à 80 de notre ère : le seul repère sûr est que la Lettre est antérieure à Flavius Josèphe, qui la récrit, et aucun argument décisif ne permet de trancher[14]. Benjamin G. Wright relève que la recherche actuelle écarte généralement aussi bien le IIIe siècle avant notre ère que l'époque romaine, et situe la Lettre au IIe siècle avant notre ère. D'après son vocabulaire et ses formules administratives, il la place entre les années 150 et la dernière décennie de ce siècle[15].

Tous reconnaissent à l'ouvrage un caractère apologétique. On y voit parfois une propagande adressée aux Grecs, le plus souvent une défense des productions du judaïsme alexandrin, à commencer par la traduction, à l'intention du judaïsme palestinien[16]. Sylvie Honigman y voit un « mythe fondateur », destiné à donner à la traduction le statut de texte sacré[17]. Le philosophe juif Aristobule, dans la première moitié du IIe siècle avant notre ère, attribue lui aussi la traduction de toute la Loi à l'initiative de Démétrios de Phalère, sous Ptolémée II[18].

La Lettre donne aux paragraphes 47 à 50 les noms des traducteurs, dont un manque dans les manuscrits ; Épiphane de Salamine en transmet une liste voisine et complète[19]. Les listes conservées en syriaque dérivent d'une autre tradition : elles rattachent chaque groupe de traducteurs à sa tribu et ne concordent pas entre elles[20]. Le tableau ci-dessous reproduit l'une d'elles, celle de la Caverne des trésors.

Tribus Traducteurs de la Septante selon la Caverne des trésors[21]
Réuben Josephus, Ézéchias, Zacharie, Jean, Ézéchiel, Élisée.
Siméon Judah, Simon, Samuel, Addai, Mattathias, Shalmi.
Lévi Nehemiah, Joseph, Theodosius, Basa, Adonijah, Daki.
Judah Jothan, Abdi, Élisée, Ananias, Zacharie, Hilkiah.
Issachar Isaac, Jacob, Jesus, Sambat/Sabbateus, Simon, Levi.
Zabulon Judah, Joseph, Simon, Zacharie, Samuel, Shamli.
Gad Sambat, Zedekiah, Jacob, Isaac, Jessé, Matthias.
Asher Theodosius, Jason, Joshua, Jean, Theodotus, Jothan.
Dan Abraham, Theophilus, Arsam, Jason, Jeremiah, Daniel.
Naphtali Jeremiah, Eliezer, Zacharie, Benaiah, Élisée, Dathi.
Joseph Samuel, Josephus, Judah, Jonathan, Dositheus, Caleb.
Benjamin Isalus, Jean, Theodosius, Arsam, Abijah, Ézéchiel.

Les reprises du récit

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Dans la Vie de Moïse (II, 25-44), Philon d'Alexandrie reprend le cadre d'Aristée, mais il nomme l'île de Pharos et fait des traducteurs « des hiérophantes et des prophètes ». Retirés dans l'île, ils traduisent la Loi avec les mêmes mots et les mêmes tournures, comme sous la dictée d'un invisible souffleur. Philon ajoute qu'une fête annuelle réunit encore de son temps Juifs et non-Juifs sur l'île, pour honorer le lieu de la traduction[22][23].

Flavius Josèphe, dans les Antiquités juives (XII, 12-118), récrit la Lettre en en omettant environ le tiers. Il parle tantôt de six traducteurs par tribu, soit soixante-douze, tantôt de soixante-dix[24][25]. Ce second chiffre devient vite la désignation ordinaire des traducteurs et de la traduction[26]. Le nombre de soixante-douze répond aux douze tribus d'Israël et fait de la traduction l'œuvre d'Israël tout entier. Celui de soixante-dix a été rapproché des soixante-dix anciens qui reçoivent l'esprit et prophétisent en Nombres 11[27].

Chez Aristée, l'accord des traducteurs résulte de leur travail en commun, et le récit ne contient pas de miracle. Les versions rabbiniques et chrétiennes s'en écartent délibérément : les traducteurs y sont séparés les uns des autres, de sorte qu'ils ne peuvent se concerter, et produisent pourtant des traductions identiques[28]. Ces ajouts ont servi à légitimer la version grecque et à fonder la thèse de son inspiration divine[26].

Du côté chrétien, Irénée de Lyon attribue la traduction à Ptolémée Ier et non à Ptolémée II. Chacun des soixante-dix traducteurs travaille séparément, et les soixante-dix traductions se révèlent identiques parce qu'elles sont inspirées de Dieu[29]. Irénée ajoute que Dieu avait déjà inspiré à Esdras, au retour de l'exil, la restitution des Écritures corrompues. Son récit est transmis par Eusèbe de Césarée[30] : « il les sépara les uns des autres et ordonna à tous de faire la même traduction, et il fit cela pour tous les livres. Ils se réunirent d'autre part dans un même lieu chez Ptolémée, et comparèrent la version de chacun d'eux. Dieu fut alors glorifié, et les Écritures furent reconnues pour être vraiment divines : tous avaient exprimé les mêmes pensées dans les mêmes termes et les mêmes mots, du commencement à la fin ».

Épiphane de Salamine répartit les traducteurs en trente-six paires, logées dans trente-six maisonnettes, dont les trente-six traductions concordent ; ce groupement par deux rappelle les soixante-douze disciples envoyés deux par deux en Luc 10, 1[31]. Les auteurs chrétiens étendent en outre la traduction, limitée à la Loi dans les sources juives, aux Prophètes ou à tout l'Ancien Testament[32]. Jean Tzétzès rapporte aussi cette légende[33].

Les sources rabbiniques limitent la traduction aux cinq livres de la Loi et l'attribuent au roi Ptolémée, sans autre précision[34]. Dans le Talmud de Babylone, une baraïta (tradition ancienne non retenue dans la Mishna) du traité Meguila (9a-b) raconte que Ptolémée réunit soixante-douze anciens dans soixante-douze maisons, sans leur révéler son dessein, et que Dieu inspira à chacun la même traduction. Elle énumère ensuite les passages que les traducteurs auraient modifiés à l'intention du roi[35][34]. Le petit traité Soferim (I, 7-8), du milieu du VIIIe siècle[34], juxtapose deux récits de sens contraire : le premier compare le jour de la traduction à celui où fut fabriqué le Veau d'or, le second reprend le récit miraculeux de la baraïta[36] :

« On raconte que cinq anciens traduisirent la Torah en grec pour le roi Ptolémée, et ce jour fut aussi grave pour Israël que le jour du Veau d’or, car la Torah ne put être traduite convenablement. On raconte également que le roi Ptolémée rassembla 72 anciens, il les plaça dans 72 maisons, sans leur révéler l’objet de ce rassemblement. Il vint voir chacun et leur dit : « Écrivez-moi la Torah de Moïse votre maître ». L’Omniprésent inspira chacun, et ils traduisirent de la même manière[37]. »

Le chiffre de cinq traducteurs, propre à la littérature rabbinique, répond sans doute aux cinq livres de la Loi[38].

Ce que l'on peut établir

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Alexandrie a été le principal centre de la diaspora juive d'Égypte. Les Ptolémées semblent avoir assigné aux Juifs l'un des cinq quartiers de la ville ; au Ier siècle, Philon parle de deux quartiers juifs, des Juifs habitant aussi les autres. Les historiens estiment à environ deux cent mille le nombre des Juifs d'Égypte, dont la moitié à Alexandrie[39]. Leur langue de tous les jours était le grec[40].

Toute la tradition affirme l'origine égyptienne de la traduction de la Loi, et la langue des traducteurs la confirme : ils emploient des termes techniques de l'administration ptolémaïque et la géographie en usage sous les Ptolémées. Ces indices ne suffisent pas, en revanche, à prouver une origine proprement alexandrine[41].

Les sources anciennes divergent sur la date : Irénée tient pour Ptolémée Ier, la plupart des autres pour Ptolémée II ; parmi ces derniers, divers chronographes anciens, auteurs de tables chronologiques, proposent au moins six dates, échelonnées de 285-281 à 266-265 avant notre ère[42]. Le plus ancien témoignage extérieur est celui de Démétrios le Chronographe (en), historien juif sans rapport avec Démétrios de Phalère, qui écrit vers 220-210 : ses citations suivent la Septante, notamment dans ses chiffres chronologiques, qui diffèrent de ceux du texte hébreu. Le plus ancien manuscrit de la Loi grecque, le Papyrus Rylands 458 (en), date de la première moitié du IIe siècle avant notre ère[43]. La traduction du Pentateuque remonterait donc au IIIe siècle avant notre ère[43].

Le rôle attribué à Démétrios de Phalère pose une difficulté. Conseiller de Ptolémée Ier, il avait recommandé d'écarter de la succession le futur Ptolémée II, qui le fit emprisonner à son avènement : il n'a donc pas pu collaborer avec lui[44]. Gilles Dorival en tire l'hypothèse d'une traduction faite à l'initiative de Démétrios avant la mort de Ptolémée Ier en 282, qu'Aristée aurait déplacée sous le règne suivant[45].

L'opinion majoritaire tient pour légendaire la venue de traducteurs de Jérusalem et attribue la traduction à des lettrés juifs d'Alexandrie, ce que confirment les travaux des philologues et des papyrologues. L'étude des noms donnés par Aristée a toutefois conduit B. S. J. Isserlin (en) à admettre une part palestinienne dans l'entreprise[46].

Le motif de la traduction reste discuté. Depuis que Hody a montré que la Lettre est une pseudépigraphie, c'est-à-dire un écrit placé sous un faux nom, les historiens ont cessé de l'utiliser comme document. Ils ont invoqué les besoins liturgiques de la communauté juive d'Alexandrie, Henry St. John Thackeray étant le représentant le plus connu de cette explication[40]. Celle-ci se heurte à deux faits : toutes les sources juives anciennes présentent l'initiative comme royale, et les plus anciennes traductions connues dans le monde antique sont des traductions officielles[47].

Elias Bickerman, puis L. Rost, Dominique Barthélemy et Joseph Mélèze-Modrzejewski ont donc proposé d'y voir le résultat d'une initiative officielle. Pour Barthélemy, la traduction permettait à une importante minorité de la capitale d'être jugée selon un code rédigé en grec[48]. Pour Mélèze-Modrzejewski, elle s'inscrit dans la mise en place, vers 275, du système judiciaire de Ptolémée II, qui fit aussi traduire en grec le droit coutumier des Égyptiens, rédigé en démotique[49]. Pour Gilles Dorival, l'initiative officielle a répondu à des besoins latents de la communauté, qu'ils soient cultuels, d'instruction ou d'apologie : la communauté attendait la traduction, sans en avoir pris l'initiative[50]. Tessa Rajak voit dans la traduction un moyen, pour la communauté juive d'Alexandrie, de s'inscrire dans la culture grecque dominante, et suppose que des Juifs bien placés ont pu susciter l'initiative royale[51].

La thèse de Paul Kahle, selon laquelle des « targoums grecs », traductions orales analogues aux targoumim araméens, auraient précédé la traduction écrite et auraient été unifiés plus tard, n'est plus guère admise[52].

La traduction

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Chronologie des traductions

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La Loi a été traduite vers 280 avant notre ère : sûrement avant 210, probablement avant 260, peut-être avant 282[53]. Rien ne prouve que la traduction des Prophètes et des autres livres ait commencé avant le IIe siècle avant notre ère. Gilles Dorival explique ce délai d'environ trois quarts de siècle par un changement de motif : les autorités religieuses juives prennent le relais de l'initiative royale[54].

Les critères externes (âge des manuscrits, témoignages et citations des auteurs anciens) ne suffisent pas à établir l'ordre de traduction de tous les livres. On recourt donc à des critères internes, comme les allusions historiques ou le vocabulaire. Ainsi, la traduction d'Ésaïe rend les « navires de Tarsis » de l'hébreu par « navires de Carthage », ce qui n'était plus possible après la destruction de la ville en 146[55]. Une étude du vocabulaire menée par Olivier Munnich a montré que le Psautier grec a influencé la traduction de nombreux livres, qui lui sont donc postérieurs : les Juges, une partie des Règnes, Job, Ézéchiel, plusieurs des Douze Petits Prophètes, le Siracide et les Proverbes[56].

Les datations proposées sont approximatives et souvent discutées. Le Psautier remonte probablement au début du IIe siècle avant notre ère, les Douze Petits Prophètes à la première moitié du même siècle, Ésaïe aux années 170-132. Le Siracide a été traduit entre 132 et 117, Esther avant 78-77 avant notre ère. Dominique Barthélemy attribue au groupe kaigé, présenté plus bas, les Lamentations, dans la première moitié du Ier siècle avant notre ère, ainsi que Ruth et le Cantique des cantiques, dans la première moitié du Ier siècle de notre ère. L'Ecclésiaste serait peut-être l'œuvre du jeune Aquila[57]. Ce rapprochement a été contesté par des études ultérieures : certains procédés de traduction du livre sont typiques d'Aquila, d'autres non[58]. Par ailleurs, la datation paléographique du rouleau des Douze Petits Prophètes de Nahal Hever, de la fin du Ier siècle avant notre ère, oblige à faire remonter l'activité du groupe kaigé au moins à cette époque[59].

Langue et technique de traduction

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Le grec de la Septante est celui de l'époque hellénistique, la koinè. Adolf Deissmann a trouvé dans les papyrus et les inscriptions des parallèles à de nombreuses tournures que l'on tenait jusque-là pour des hébraïsmes, c'est-à-dire des calques de l'hébreu. Depuis ses travaux, les spécialistes ont renoncé à parler de « grec biblique » ou d'un dialecte « judéo-grec ». Ils reconnaissent cependant des sémitismes réels, syntaxiques et lexicaux, moins nombreux qu'on ne le croyait[60].

C'est d'abord un grec de traduction. On appelle « technique de traduction » les procédés propres à chaque traducteur, qui varient d'un livre à l'autre. Ainsi, les traducteurs de la Genèse à Josué transcrivent le nom des Philistins, alors que ceux de la plupart des autres livres le traduisent par ἀλλόφυλοι, allóphuloi, « étrangers »[61]. Depuis James Barr (en), la recherche emploie avec prudence les catégories de traduction « littérale » et « libre »[62].

Le « paradigme interlinéaire » d'Albert Pietersma, qui sous-tend la New English Translation of the Septuagint (NETS), explique les particularités de ce grec par sa fonction. La traduction aurait été conçue pour être lue avec l'original hébreu, comme une aide à son étude. Tessa Rajak lui objecte notamment que les traductions ont très tôt été employées seules et restent intelligibles, et que leur ordre des mots s'écarte trop de l'hébreu pour un véritable usage interlinéaire. Elle lui reconnaît toutefois une réelle valeur explicative[63].

Noms divins et vocabulaire

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La Septante rend Élohim par θεός, theós, « Dieu », et le tétragramme YHWH par κύριος, kúrios, « Seigneur » : le Dieu du peuple hébreu reçoit ainsi des noms qui en font la divinité universelle. En Exode 3, 14, le nom révélé à Moïse devient ἐγώ εἰμι ὁ ὤν, egô eimi ho ôn, « Je suis l'étant ». Le titre παντοκράτωρ, pantokrátôr, absent du Pentateuque mais employé près de deux cents fois dans les autres livres, rend le plus souvent l'hébreu Sabaoth[64]. Pour Albert Pietersma, kúrios appartient à la traduction originale, et le tétragramme présent dans certains manuscrits résulte d'une correction faite sur l'hébreu[65]. La thèse d'une « hellénisation » de la Bible par la traduction est aujourd'hui nuancée : les spécialistes replacent la Septante dans les traditions juives et y voient un équilibre entre l'expression grecque et les éléments juifs qui en déterminent le sens[66].

En Genèse 1, 2, le tohu wabohu hébreu devient ἀόρατος καὶ ἀκατασκεύαστος, aóratos kaì akataskeúastos, « invisible et inorganisée ». Les traducteurs semblent y avoir vu l'équivalent du chaos grec, voire de la matière première, et l'on a rapproché le premier adjectif du Timée de Platon ; le second n'est employé qu'en ce passage dans la Septante[67]. Dans le même verset, πνεῦμα, pneûma, qui traduit toujours l'hébreu rûaḥ dans le Pentateuque, garde les sens multiples de l'original (vent, souffle, esprit de Dieu), tout en pouvant évoquer le pneuma des stoïciens[68].

Rapport au modèle hébreu

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Les traducteurs ont travaillé sur des formes du texte hébreu antérieures à celle que fixèrent plus tard les massorètes. Comme on ne connaît exactement ni le texte hébreu qu'ils avaient sous les yeux ni l'état premier de leur traduction, on ne parle pas de « fautes » de la Septante mais de « divergences » entre deux traditions. Elles sont très inégalement réparties : le Pentateuque coïncide largement avec le texte massorétique, alors qu'Ésaïe et surtout Jérémie s'en éloignent beaucoup[69]. Marguerite Harl distingue cinq sources de divergence[70] :

  • un modèle hébreu différent du texte massorétique ;
  • une compréhension de l'hébreu qui n'est plus celle des hébraïsants modernes ;
  • les simples contraintes de la langue grecque ;
  • des interventions de type « targumique », destinées à rendre le texte clair et actuel ;
  • des interprétations théologiques volontaires.

La découverte des manuscrits de la mer Morte a fait apparaître de nombreux accords entre ces manuscrits hébreux, antérieurs au texte massorétique, et la Septante. On dispose désormais souvent d'un texte hébreu identique au modèle des traducteurs, de sorte que des leçons (formes du texte portées par un manuscrit) tenues pour des erreurs ou des libertés de traduction se trouvent attestées en hébreu[71]. Selon Anneli Aejmelaeus (en), il est devenu courant depuis lors d'évaluer les leçons hébraïques que reflète la Septante à égalité avec celles des manuscrits hébreux. Les rouleaux étant fragmentaires, la Septante reste la source la plus riche de leçons qui s'écartent du texte massorétique[72].

Ainsi, en 1 Samuel 1, 23, le texte massorétique fait dire à Elkana que le Seigneur accomplira « sa parole ». La Septante porte ἀλλὰ στήσαι Κύριος τὸ ἐξελθὸν ἐκ τοῦ στόματός σου (alla stēsai Kyrios to exelthon ek tou stomatos sou, « que le Seigneur accomplisse ce qui est sorti de ta bouche »), expression qui désigne le vœu d'Anne, et le manuscrit 4QSama (en) a la même leçon en hébreu. Pour Aejmelaeus, ces deux témoins conservent la forme la plus ancienne du texte, et la leçon massorétique résulte d'une intervention éditoriale[73].

Transmission et révisions

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Recension stemmatique des principaux manuscrits du texte biblique d'après l'Encyclopaedia Biblica. Les lignes pointillées bleues indiquent les textes utilisés pour les modifications.
MT = texte massorétique. LXX = version originale de la Septante. א [aleph] = Codex Sinaiticus. A = Codex Alexandrinus. B = Codex Vaticanus. Q = Codex Marchalianus.

Le texte grec n'est ni uniforme ni fixé une fois pour toutes : il a été recopié, révisé et recensé dans les divers milieux qui l'ont utilisé[74]. On distingue deux types d'intervention. Les révisions juives retouchent le texte pour en corriger les inexactitudes ou l'adapter à l'évolution du texte hébreu : les réviseurs créent un texte nouveau. Les recensions chrétiennes cherchent à établir un bon texte à partir de manuscrits divergents : les recenseurs choisissent entre des leçons existantes[75].

Manuscrits

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Les témoins directs du texte sont les manuscrits grecs : papyrus, manuscrits en onciale (majuscules) et manuscrits en minuscule, qui se succèdent à peu près du IIe siècle avant notre ère à la Renaissance. Les témoins indirects sont les traductions faites sur la Septante, dites « versions filles », et les citations des auteurs anciens[76]. Le catalogue des manuscrits publié par Alfred Rahlfs en 1914 reste l'instrument de référence ; sa mise à jour attribue 2 238 sigles[77].

Le plus ancien témoin est le Papyrus Rylands 458 (en), qui conserve une vingtaine de versets de Deutéronome 23-28. Olivier Munnich le date de la première moitié du IIe siècle avant notre ère[78], Michael P. Theophilos du milieu ou de la fin de ce siècle[79]. Le Papyrus Fouad 266 réunit trois rouleaux, numérotés séparément dans l'édition de Göttingen, qui contiennent des fragments de la Genèse et du Deutéronome et datent de la fin du IIe siècle ou du début du Ier siècle avant notre ère. Dans l'un d'eux, le copiste a laissé un blanc à la place du tétragramme, où le nom divin a été inscrit ensuite en écriture paléo-hébraïque[79]. Des fragments grecs ont aussi été découverts à Qumrân, ainsi que, dans le désert de Juda, un rouleau des Douze Petits Prophètes dont le texte a été révisé sur l'hébreu[78].

Page du Codex Vaticanus.

De nombreux manuscrits de la Septante (en) nous sont parvenus. Les plus célèbres sont des codex qui contiennent l'ensemble de la Bible, Ancien et Nouveau Testament : la Septante y est l'Ancien Testament d'une Bible chrétienne. La tradition transmet le plus souvent la Septante par blocs de livres, comme l'Octateuque, les livres historiques ou les seize Prophètes[80]. Les trois plus anciens sont les suivants :

  • le Codex Vaticanus (B), du IVe siècle, peut-être vers 350, contient un texte presque complet de la Septante, sans les livres des Maccabées. Son texte, en général de grande qualité, est antérieur à la recension d'Origène ; mais il est touché par la révision kaigé dans les Juges et souvent dans les Règnes, et donne pour Daniel la version de Théodotion[81][82] ;
  • le Codex Sinaiticus (S), du IVe siècle, vers 360, découvert au monastère Sainte-Catherine du Sinaï et aujourd'hui dispersé entre Londres, Leipzig, Saint-Pétersbourg et le Sinaï, conserve l'Ancien Testament de façon lacunaire. L'un de ses correcteurs a utilisé un manuscrit revu par Pamphile sur l'exemplaire d'Origène[83][84] ;
  • le Codex Alexandrinus (A), du Ve siècle, contient les quatre livres des Maccabées. Son texte est éclectique, marqué selon les livres par la recension d'Origène ou par la recension lucianique[83].

On conserve une trentaine de manuscrits en onciale, dont le Codex Marchalianus (en) (Q), copié en Égypte au VIe siècle, qui contient les Prophètes et porte en marge les leçons des réviseurs juifs et les signes critiques d'Origène. Les manuscrits en minuscule, environ 1 600, ont été copiés entre le IXe siècle et le XVIe siècle. Certains conservent des états très anciens du texte, et leurs notes marginales sont une source précieuse pour connaître les révisions juives[85].

Les révisions juives

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Dès le début de notre ère, le texte grec a été retravaillé à plusieurs reprises dans le judaïsme, souvent en révisant une révision : Aquila et Symmaque retouchent en général un texte déjà révisé par le groupe kaigé-Théodotion, si bien qu'une même leçon est souvent attribuée aux trois réviseurs[86]. Ces révisions visaient à rapprocher la version grecque des textes hébreux, alors en cours de fixation[87].

La révision dite du « groupe kaigé » a été identifiée en 1963 par Dominique Barthélemy, à partir d'un parchemin découvert en 1952 dans le désert de Juda. Elle doit son nom à l'emploi de καί γε, kaí ge, au lieu de καί, kaí, pour rendre la particule hébraïque gam, « aussi ». C'est une révision hébraïsante, qui corrige le vieux grec sur un texte hébreu de type protomassorétique, c'est-à-dire proche de celui que fixeront les massorètes[88]. Elle aligne le grec sur l'hébreu jusque dans l'ordre des mots et l'emploi des temps, et rend certains termes toujours de la même façon : le pronom hébreu ʾānōkî, « je », devient ἐγώ εἰμι, egô eimi, même devant un verbe conjugué[59].

Elle touche environ un tiers des Règnes, la révision de Théodotion sur Daniel, les ajouts de Théodotion à Job et ceux, souvent anonymes, à Jérémie, la sixième colonne des Hexaples lorsqu'elle porte vraiment le texte de Théodotion, la Quinta du Psautier et la révision des Douze Petits Prophètes. Les Lamentations, vraisemblablement le Cantique des cantiques et Ruth auraient été non pas révisés mais traduits par ce groupe[89]. Pour Robert J. V. Hiebert, la traduction grecque de Ruth présente plusieurs traits de la tradition kaigé, dont καί γε pour gam, sans les appliquer de façon constante. Celle du Cantique en présente aussi, de façon moins régulière, tandis que celles des Lamentations et de l'Ecclésiaste se rattachent à cette tradition[90].

Le rouleau des Douze Petits Prophètes de Nahal Hever est daté, d'après son écriture, de la fin du Ier siècle avant notre ère : la révision remonte donc au moins à cette époque. Cette date affaiblit l'identification, proposée par Barthélemy, de Théodotion avec le sage Jonathan ben Uzziel[59]. Une révision hébraïsante plus légère, dite « semi-kaigé », a été relevée dans d'autres parties de la Septante[91].

Pour certains livres, deux formes grecques ont été conservées. Alfred Rahlfs et Joseph Ziegler éditent le livre de Daniel en double texte : le Codex Vaticanus contient la révision de Théodotion, tandis que la Septante proprement dite n'est attestée que par le manuscrit Chisianus R VII 45, la version syro-hexaplaire et le papyrus 967[92]. Le livre de Tobie présente lui aussi deux formes, éditées séparément par Rahlfs et Robert Hanhart[93]. Ces états distincts touchent jusqu'aux grands manuscrits : dans les Juges, le Codex Vaticanus porte la révision kaigé[83]. Pour ce livre, Rahlfs imprime deux textes, l'un fondé sur le Codex Alexandrinus (texte A), l'autre sur le Vaticanus (texte B), comme s'il s'agissait de deux traductions. Selon Natalio Fernández Marcos, les études ont depuis montré que cette histoire très complexe remonte à une seule traduction, touchée d'abord par la révision kaigé puis par une forte influence hexaplaire ; on admet généralement que le vieux grec se lit dans le texte antiochien[94].

Théodotion est présenté par Irénée de Lyon comme un prosélyte d'Éphèse, et Épiphane de Salamine le situe sous l'empereur Commode, vers 190[95]. Pourtant, des leçons propres à sa version se lisent dès le Ier siècle, notamment dans le Nouveau Testament : la citation d'Ésaïe 25, 8 en 1 Corinthiens 15, 54 ne correspond qu'au texte de Théodotion, ce qui fixe une date limite vers 57[96]. C'est le problème dit du « proto-Théodotion ». Selon Siegfried Kreuzer, la solution la plus plausible est de rattacher ces leçons au texte de type kaigé[59].

Aquila, originaire du Pont, vécut sous le règne d'Hadrien (117-138). Prosélyte, il fut formé par les maîtres tannaïtes, en particulier Rabbi Akiva, et Épiphane date sa révision de 128-129[97]. Origène souligne son attachement étroit à la lettre de l'hébreu et note que les Juifs tiennent sa version en haute estime[98]. En 553, la novelle 146 de Justinien règle la langue de la lecture de l'Écriture à la synagogue : elle y admet le grec, dans la Septante ou dans la version d'Aquila. Selon Giuseppe Veltri et Alison Salvesen, seul le grec était permis[99]. Selon Tessa Rajak, la novelle autorise aussi le latin ou d'autres langues, présente la Septante comme la version la plus exacte et admet Aquila à défaut[100].

Les sources anciennes datent Symmaque de façon contradictoire : certaines placent son activité entre 161 et 180, et Origène disposait de sa version. Présenté depuis Eusèbe comme un ébionite, il serait plutôt, selon Dominique Barthélemy, un Samaritain converti au judaïsme[101]. Selon Olivier Munnich, sa version est la plus claire des révisions : elle remplace les calques de l'hébreu par des tournures grecques naturelles et varie la traduction d'une même expression. C'est elle qui a le plus influencé Jérôme dans la rédaction de la Vulgate[102][103].

Les recensions chrétiennes

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Selon Jérôme, trois recensions de la Septante circulaient de son temps : celle d'Origène en Palestine, celle d'Hésychius en Égypte[104] et celle de Lucien, en usage « de Constantinople à Antioche »[105].

Origène a constitué à Césarée les Hexaples, une édition en six colonnes parallèles : le texte hébreu, sa transcription en caractères grecs, les révisions d'Aquila et de Symmaque, la Septante, puis la révision de Théodotion. Pour certains livres s'ajoutaient d'autres révisions anonymes, la Quinta et la Sexta[106][107]. Olivier Munnich situe ce travail entre 215 et 245[104], Peter J. Gentry entre 234 et 250[107].

Distincte des Hexaples, la recension d'Origène marque les écarts entre le grec et l'hébreu par des signes critiques empruntés aux philologues alexandrins. Un obèle signale les passages de la Septante absents de l'hébreu, un astérisque les passages ajoutés pour combler ce qui manquait au grec, le plus souvent d'après Théodotion[108]. Mal recopiés puis abandonnés, ces signes ont cessé de distinguer les couches du texte, et les leçons de cette recension ont pénétré presque tous les manuscrits de la Septante[109]. Les Hexaples furent conservés dans la bibliothèque de Césarée jusqu'à sa destruction en 640[109]. La traduction syriaque de la recension d'Origène faite par Paul de Tella en 616-617, dite Syro-hexaplaire, en conserve en général les signes critiques à leur place[110].

La recension attribuée au martyr Lucien d'Antioche (mort en 311 ou 312) est plutôt appelée aujourd'hui « texte antiochien », parce que les Pères antiochiens des IVe et Ve siècles citent la Septante sous cette forme ; le lien avec Lucien lui-même est douteux. On y distingue deux couches : des retouches visant surtout à améliorer le grec, qui remontent vers l'an 300, et un fond plus ancien, dit « proto-lucianique », dont témoignent la Vetus Latina et le texte biblique de Flavius Josèphe[111]. On ne décèle pas de recension lucianique dans le Pentateuque[112]. L'existence même d'une recension d'Hésychius est aujourd'hui mise en doute[113].

Réception

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Dans le judaïsme

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À Alexandrie, la traduction fut bien accueillie. Au milieu du Ier siècle, Philon d'Alexandrie tient la Septante pour inspirée et identique au texte hébreu. Son œuvre, un commentaire suivi de passages de la Loi, montre qu'elle faisait l'objet d'une étude systématique dans le judaïsme de langue grecque. Son usage liturgique, sans être directement attesté, est très probable : la note finale d'Esther rattache la traduction à la fête de Pourim, et la version d'Aquila, qui l'a remplacée, était lue à la synagogue[114].

En Palestine, l'accueil fut contrasté. À Qumrân, au moins six manuscrits grecs différents, datés entre environ 200 avant notre ère et le Ier siècle, montrent que la communauté connaissait la Septante[115]. Le prologue du Siracide affirme en revanche la supériorité de l'original hébreu sur la traduction, et les révisions hébraïsantes, dont celle du groupe kaigé, montrent que le texte grec était désormais jugé défectueux[116].

Selon Harl, Dorival et Munnich, la Septante fut éliminée du judaïsme dans les années 90-130. Pour Dominique Barthélemy, la raison n'en est pas linguistique : elle tient à la polémique avec les chrétiens, qui avaient fait de la Septante leur Ancien Testament et y lisaient l'annonce du Christ. Parmi les passages que la tradition rabbinique dit modifiés « pour le roi Ptolémée » figurent des versets comme Genèse 1, 26, que les chrétiens invoquaient à l'appui de la pluralité en Dieu[117]. Tessa Rajak conteste cette thèse de l'abandon : elle repose en partie sur un « synode de Jamnia » dont l'existence même est douteuse, et les témoignages indiquent plutôt, au IIe siècle, un intérêt juif croissant pour plusieurs versions grecques, dont l'ancienne[118].

Le judaïsme n'a pas pour autant renoncé au grec : la version d'Aquila, vers 130, remplace pratiquement la Septante, et c'est elle que la novelle 146 de Justinien autorise encore, au VIe siècle, pour la lecture à la synagogue[119]. Des textes rabbiniques plus tardifs vont jusqu'à comparer le jour de la traduction à celui du veau d'or[120]. Le judaïsme rabbinique s'en tient au texte hébreu, accompagné de traductions araméennes, les Targoumim, qui couvrent la Torah, les Prophètes et les Écrits, à l'exception d'Esdras-Néhémie et de Daniel[121]. À la différence des autres traductions anciennes, ils n'ont jamais existé séparément du texte hébreu : on les récitait à la synagogue en accompagnement de la lecture hébraïque, dans une position subordonnée[122].

Dans le christianisme ancien

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La majorité des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau Testament suivent la Septante, sous l'une ou l'autre de ses formes. Comme plusieurs formes du texte grec circulaient déjà, dont des révisions rapprochées de l'hébreu, les citations ne sont pas uniformes, et leurs écarts s'expliquent de plusieurs façons[123]. Certaines suivent une révision plutôt que la Septante ancienne et sont ainsi plus proches du texte massorétique : en 1 Corinthiens 15, 54, Ésaïe 25, 8 est cité sous la forme de Théodotion, comme la plupart des citations de Daniel[124]. D'autres ne correspondent à aucune forme grecque connue : elles peuvent témoigner d'un texte perdu, être citées de mémoire, retouchées pour le style ou fondues dans des citations composites, comme Deutéronome 18, 18-19 en Actes 3, 22-23. D'autres enfin sont adaptées à dessein par les auteurs, notamment Paul, aux besoins de leur argumentation[125].

L'exemple le plus connu est Ésaïe 7, 14 : la Septante y porte « la vierge » là où l'hébreu dit « la jeune fille », leçon que reprend Matthieu 1, 23[126]. Dès le IIe siècle, la controverse entre juifs et chrétiens porte sur ce verset, et Irénée y fonde l'inspiration de la traduction[127].

La Septante fut l'Ancien Testament des Églises de langue grecque, qui n'eurent pas à choisir leur Bible. Les Pères grecs, fondateurs de la théologie chrétienne, ont travaillé avec elle seule, et le recours à l'hébreu resta chez eux très rare ; seuls les Pères antiochiens, à partir du milieu du IVe siècle, reviennent parfois directement à l'hébreu[128]. Pour eux, le texte est divinement inspiré jusque dans ses moindres parties, et tout y parle du Christ[127].

Dans le monde latin, la Vetus Latina avait été traduite sur la Septante[129]. À la fin des années 380, Jérôme traduisit d'abord plusieurs livres sur la recension d'Origène, dont le Psautier dit « gallican ». Au début des années 390, il entreprit sa traduction iuxta Hebraeos, « selon les Hébreux »[130]. Augustin lui objecta qu'il ne fallait pas troubler les fidèles et qu'il était impensable que les soixante-dix traducteurs se fussent trompés : là où ils s'écartent de l'hébreu, ils visent un enseignement nouveau[131]. Il lui rapporta l'incident d'Oea, en Afrique, où la lecture de sa traduction de Jonas avait provoqué un tumulte dans l'assemblée. Jérôme y avait rendu par hedera, « lierre », à la suite d'Aquila et des autres versions hexaplaires, la plante que la Septante appelle κολοκύνθη, kolokúnthê, « courge »[132][133]. Dans La Cité de Dieu, Augustin explique encore qu'en Jonas 3, 4 les « trois jours » de la Septante et les « quarante jours » de l'hébreu relèvent tous deux d'une intention prophétique[134].

La vieille version latine resta en usage bien après Jérôme et ne disparut qu'avec Isidore de Séville et Bède, au début du VIIe siècle et vers 700. Le Psautier traduit sur l'hébreu ne s'imposa jamais dans la liturgie, où prévalut le Psautier gallican[135]. Jusqu'au VIIe siècle, la Bible des Églises chrétiennes est la Septante, en grec ou dans l'une de ses traductions, sauf en Syrie et en Mésopotamie, qui lisent une version syriaque faite sur l'hébreu[136].

Dans les Églises orthodoxes

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Pour l'Église orthodoxe, le texte qui fait autorité pour l'Ancien Testament est celui de la Septante. Là où il diffère de l'hébreu, les orthodoxes considèrent, selon Kallistos Ware, que les différences sont dues à l'inspiration de l'Esprit saint et font partie de la continuité de la révélation[137]. Eugen Pentiuc (en) souligne toutefois que l'Église orthodoxe n'a jamais « canonisé » un texte particulier, même si la Septante y a eu la préférence[138]. Il tient pour erronée l'idée que les orthodoxes emploient exclusivement la Septante[139].

Le Psautier est lu en entier chaque semaine aux offices[140], et deux fois par semaine pendant le Carême ; pour cette lecture continue, les 150 psaumes sont répartis en vingt cathismes, divisés chacun en trois stases[141]. Dès le VIIe siècle, les autres lectures de l'Ancien Testament ont été réunies dans un livre propre, le Prophétologion, dont le contenu est passé au XIIe siècle dans des livres liturgiques comme le Triode et le Ménée[142]. La langue de la Septante a marqué l'ensemble des compositions liturgiques de tradition grecque[143].

Selon Ștefan Munteanu, de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, le Psautier liturgique orthodoxe repose sur le texte dit « lucianique » (voir plus haut). Il reproduit aujourd'hui, en langue liturgique ou en langue courante, l'un de trois textes : celui de la Bible de l'Église grecque établie par Panagiotis Bratsiotis en 1937, celui de la Septante publiée à Moscou en 1821 avec la bénédiction du Saint-Synode russe, ou celui de la Bible slavonne réalisée à Saint-Pétersbourg entre 1751 et 1756, sous l'impératrice Élisabeth[144]. Cette dernière est l'aboutissement d'une longue histoire : la version en vieux slave, faite sur la Septante par Cyrille et Méthode, a été remaniée au cours des siècles, des livres ayant été retraduits sur la Septante, sur l'hébreu (Esther) ou sur la Vulgate[136], et la Bible de Gennade (1499) suit la Vulgate pour certains livres[145]. Cette version slavonne reste la Bible officielle des Églises orthodoxes de langue slave[136]. L'Ancien Testament de la Bible synodale russe (1876), traduction en russe moderne, repose en revanche sur le texte massorétique[145].

Le canon

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Si l'Ancien Testament chrétien contient plus de livres que le canon hébreu, c'est, selon Gilles Dorival, parce que l'Église a hérité des livres juifs avant que le judaïsme ne clôture la collection des Écrits, et qu'elle ne s'est jamais sentie tenue par cette clôture[146]. L'hypothèse d'un « canon alexandrin », selon laquelle l'Église aurait reçu de la synagogue d'Alexandrie un canon plus large, celui des grands codex, est abandonnée par la plupart des chercheurs depuis Albert Sundberg (de). Celui-ci, suivi sur ce point par John Barton et Lee McDonald, soutient que les chrétiens ont formé leur propre Ancien Testament à partir d'une littérature religieuse juive étendue[147].

Les listes chrétiennes du IVe siècle vont plutôt dans le sens d'une collection étroite, réduite aux livres de la Bible hébraïque, alors que les grands codex attestent une collection large, qui comprend les deutérocanoniques[146]. Athanase, dans sa 39e lettre festale de 367, distingue les vingt-deux livres canoniques, qui sont ceux de la Bible hébraïque, les apocryphes à rejeter, et d'« autres livres » recommandés aux catéchumènes : la Sagesse, le Siracide, Esther, Judith et Tobit[148]. Dans l'Occident latin, le concile de Florence (1438-1439) a fixé la position, largement confirmée au concile de Trente, selon laquelle l'Ancien Testament comprend les livres de la Septante et ne se limite pas à la Bible hébraïque[149].

Selon Kallistos Ware, dix livres propres à la Septante, appelés « deutérocanoniques », ont été reçus par les conciles de Jassy (1642) et de Jérusalem (1672) comme faisant partie intégrante des Écritures : 1 Esdras (3 Esdras), Tobit, Judith, 1 à 3 Maccabées, la Sagesse, le Siracide, Baruch et la Lettre de Jérémie, certaines éditions ajoutant 4 Maccabées. La plupart des théologiens orthodoxes contemporains estiment toutefois, à la suite d'Athanase et de Jérôme, que ces livres ne sont pas au niveau du reste de l'Ancien Testament[126].

Pour Eugen Pentiuc, la Confession de Dosithée, adoptée au synode de Jérusalem, rapproche la position orthodoxe de celle du concile de Trente en déclarant ces livres canoniques, alors que la Confession de Pierre Moghila, approuvée à Jassy, ne les consacre pas. Rédigées dans les controverses entre catholiques et protestants, ces confessions ne représentent pas selon lui la tradition orthodoxe dans son ensemble[150]. Faute de concile œcuménique ou panorthodoxe, les Églises orthodoxes ont un canon « ouvert », fait des trente-neuf livres de la Bible hébraïque et d'une dizaine de livres propres à la Septante appelés anaginōskomena, « livres à lire »[151].

Traductions modernes

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Des traductions complètes de la Septante existent depuis le XIXe siècle : en anglais (Brenton, 1851), en français (Pierre Giguet, quatre volumes, 1865-1872) et en italien (Brunello, 1960). Au tournant du XXIe siècle, cinq grands projets ont été lancés : La Bible d'Alexandrie en France, la NETS aux États-Unis, la Septuaginta Deutsch en Allemagne, La Biblia griega — Septuaginta en Espagne et La Bibbia dei Settanta en Italie. Quatre d'entre eux étaient achevés en 2019[152].

La Bible d'Alexandrie, entreprise sous la direction de Marguerite Harl, consacre un volume à chaque livre ou groupe de livres. Chaque volume comprend une introduction développée, une bibliographie et une traduction annotée du texte de l'édition de Göttingen, ou à défaut de celle de Rahlfs, sans le texte grec[153]. Elle suit une approche dite « en aval » : la Septante y est lue comme un texte autonome, tel que pouvaient le comprendre des Juifs de langue grecque qui ne connaissaient pas nécessairement l'original hébreu[154]. Le premier volume, La Genèse, a paru en 1986, suivi du Lévitique (1988), de l'Exode (1989), du Deutéronome (1992) et des Nombres (1994) ; les cinq livres du Pentateuque ont été réunis en un volume en 2001. La collection, dirigée par Cécile Dogniez, Gilles Dorival, Marguerite Harl et Olivier Munnich, compte vingt volumes parus selon le laboratoire Orient et Méditerranée[155].

La NETS donne en un volume la traduction de tous les livres de l'édition de Rahlfs, avec une brève introduction par livre[153]. Elle part du principe inverse : la Septante, au moins au moment de sa production, s'expliquerait comme une traduction « interlinéaire », au sens figuré, qui aurait visé à conduire le lecteur grec vers l'original hébreu plutôt qu'à adapter l'original au lecteur grec (voir plus haut)[156]. La Septuaginta Deutsch comprend un volume de traduction et deux volumes de commentaire ; son avant-propos est signé par des représentants des Églises protestante, catholique et orthodoxe et de la communauté juive d'Allemagne[157]. La Biblia griega compte quatre volumes et La Bibbia dei Settanta cinq, cette dernière avec le texte grec de Rahlfs en regard de la traduction italienne[158].

Pour le seul Psautier, il existe en français deux traductions faites sur la Septante à l'usage liturgique orthodoxe : celle du père Placide Deseille, Les Psaumes, prières de l'Église (1979, réimprimée en 1999 par le monastère Saint-Antoine-le-Grand), et celle de Delphine Weulersse, en religion moniale Anastasia, Psautier liturgique orthodoxe : version de la Septante (Cerf, 2007)[144].

Notes et références

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  1. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 83.
  2. 1 2 Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 84.
  3. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 195.
  4. ↑ Kauhanen 2025, p. 328.
  5. 1 2 Kauhanen 2025, p. 327.
  6. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 130.
  7. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 81-82.
  8. ↑ Kauhanen 2025, p. 324.
  9. ↑ Kauhanen 2025, p. 331, n. 18.
  10. ↑ Wasserstein et Wasserstein 2006, p. ix.
  11. 1 2 Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 40.
  12. ↑ Ballard 2019, no 23, p. 43.
  13. 1 2 Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 41.
  14. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 41-42.
  15. ↑ Wright 2015, p. 21 et 28.
  16. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 43.
  17. ↑ Honigman 2003, p. 7.
  18. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 45-46.
  19. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 59.
  20. ↑ Wasserstein et Wasserstein 2006, p. 154, n. 53.
  21. ↑ « The Book of the Cave of Treasures », sur sacred-texts.com, (consulté le ), p. 271.
  22. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 46-47.
  23. ↑ André Paul, Et l'homme créa la Bible : d'Hérodote à Flavius Josèphe, Paris, Bayard Éditions, , 458 p. (ISBN 2-227-36616-8 et 9782227366169, OCLC 411921928), p. 210. L'auteur cite Philon d'Alexandrie (Vie de Moïse, II, 37) : « Les traducteurs prophétisèrent comme si Dieu avait pris possession de leur esprit, non pas chacun avec des mots différents, mais tous avec les mêmes mots et les mêmes tournures, chacun comme sous la dictée d'un invisible souffleur. »
  24. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 47.
  25. ↑ « Antiquités judaïques, livre XII », sur remacle.org. Voir II, 7 et la note 17 de la traduction.
  26. 1 2 Wasserstein et Wasserstein 2006, p. 52.
  27. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 59-60.
  28. ↑ Wasserstein et Wasserstein 2006, p. 52-53.
  29. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 49 et 62.
  30. ↑ Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, achevée vers 323, livre V, chapitre VIII, 10-15 (lire en ligne).
  31. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 62.
  32. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 49.
  33. ↑ Diana Delia cite John Tzetzes, Ploutos (Kaibel), 19-20, dans la note 28 de son article ((en) Diana Delia, « From Romance to Rhetoric: The Alexandrian Library in Classical and Islamic Traditions », American Historical Review, Oxford University Press, American Historical Association, vol. 97, no 5,‎ , p. 1449–1467 (ISSN 0002-8762, DOI 10.2307/2165947, lire en ligne, consulté le )).
  34. 1 2 3 Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 50.
  35. ↑ Wasserstein et Wasserstein 2006, p. 54-55.
  36. ↑ Wasserstein et Wasserstein 2006, p. 66 et 71.
  37. ↑ Traduction française dans « un document d'Akadem »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?) (traité Soferim, chapitre 1, 7-8) ; traduction anglaise dans Wasserstein et Wasserstein 2006, p. 71.
  38. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 58.
  39. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 33-34.
  40. 1 2 Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 68.
  41. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 55-56.
  42. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 56.
  43. 1 2 Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 57.
  44. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 57-58.
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  50. ↑ Harl, Dorival et Munnich 1994, p. 78.
  51. ↑ Rajak 2009, p. 85-86.
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Bibliographie

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Ouvrages cités

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Chapitres cités

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  • (en) Tuukka Kauhanen, « The Theory and Practice of Textual Criticism of the Septuagint », dans Sidnie White Crawford et Tommy Wasserman (dir.), The Oxford Handbook of Textual Criticism of the Bible, New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-758131-5), p. 324-339
  • (en) Leeor Gottlieb, « The Targumim and Their Value for Textual Criticism of the Hebrew Bible », dans Sidnie White Crawford et Tommy Wasserman (dir.), The Oxford Handbook of Textual Criticism of the Bible, New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-758131-5), p. 250-273

Pour approfondir

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  • Pierre Geoltrain (dir.), Aux origines du christianisme, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire » (no 98), , articles de la revue Le Monde de la Bible repris et augmentés.
  • Jaroslav Pelikan, À qui appartient la Bible ? : le livre des livres à travers les âges, Paris, La Table ronde,
  • Hubert Pernot, Observations sur la langue de la Septante, Paris, Les Belles Lettres, , 15 p., extrait de la Revue des études grecques.
  • (de) Alfred Rahlfs, Verzeichnis der griechischen Handschriften des Alten Testaments : für das Septuaginta-Unternehmen, Göttingen, (lire en ligne)
  • Laurence Vianès, Naissance de la Bible grecque : Pseudo-Aristée : Lettre d'Aristée à Philocrate ; Épiphane de Salamine : Traité des poids et mesures ; Témoignages antiques et médiévaux, Les Belles Lettres, (ISBN 978-2-251-44697-4)
  • (de) Ernst Würthwein, Der Text des Alten Testaments : eine Einführung in die Biblia Hebraica, Stuttgart, Deutsche Bibelgesellschaft, , 5e éd.

Traduction française

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Bibliographie annexe

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Articles connexes

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Liens externes

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