La Danse sur le volcan

roman de Marie Vieux-Chauvet

La Danse sur le volcan, publié en 1957, est le deuxième roman de la romancière haïtienne Marie Vieux-Chauvet.

La Danse sur le volcan
Auteur Marie Vieux-Chauvet
Pays Haïti
Genre Roman
Version originale
Langue Français
Version française
Éditeur Plon
Date de parution 1957

Le roman raconte l'histoire basée sur des faits historiques de deux jeunes actrices métisses dans le milieu du théâtre à Saint-Domingue, et leur implication dans les luttes contre l'esclavage avant la Révolution haïtienne, qui constitue la première révolte d'esclaves réussie du monde moderne.

Description

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Portrait de Madame Ailhaud, vers 1760. À gauche une esclave, au centre la colon propriétaire, et à droite la « mulâtresse ».
Portrait dessiné de Marie Vieux-Chauvet.

La Danse sur le volcan est publié en 1957, en France chez Plon. Le roman relate la situation des femmes haïtiennes à travers le portrait de deux jeunes femmes métisses dans le milieu du théâtre haïtien à Saint Domingue. Il se situe dans les années ayant précédé la révolution haïtienne au XVIIIe siècle[1] au moment de l'accession au pouvoir de François Duvalier en Haïti. Il s'agit de l'un des très rares romans écrits par une femme qui porte sur la révolution de Saint Domingue[2].

Le titre est une référence au mythe prométhéen d'Empedocle : la population blanche coloniale est décrite comme empêtrée dans les réjouissances concomitantes à l'arrivée d'un nouveau gouverneur, qu'elle ne voit pas la révolte qui gronde et finira par l'anéantir. Marie Vieux-Chauvet fait aussi référence à la résurgence continuelle des souffrances répétées de l'esclavage, tout comme Prométhée, dont le foie est dévoré chaque jour par un aigle, l'organe repoussant chaque nuit[3].

Bases historiques du roman

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Les faits décrits, bien qu'ils soient présentés comme se déroulant sur quelques journées dans le roman, font référence à des faits historiques qui se sont déroulés entre 1778 et 1793 en Haïti[4]. Ils retracent la lutte des personnes affranchies, qui étaient pour la plupart mulâtres) pour obtenir leurs droits civiques[4]. Le roman dépeint également l'engagement des femmes dans la lutte contre l'esclavage[5].

L'épigraphe du roman indique que les faits et les personnages sont tirés de faits réels, L'autrice indique également qu'elle s'est inspirée d'un ouvrage historique Jean Fouchard Le théâtre à Saint-Domingue publié en 1955[4].

Les femmes y tiennent les premiers rôles et sont au cœur de l'action[6],[7]. Les héroïnes en sont deux jeunes femmes créoles qui ont réellement existé, Minette et Lise, appartenant à la caste des gens de couleur libres, qui surmontent les préjugés pour devenir des actrices de théâtre[8]. Selon Lovia Mondésir, Marie Vieux-Chauvet y propose une conception de l'esclavage comme résultant d'une triple domination : sexuelle, sociale et raciale[3]. Marie Vieux-Chauvet présente le libertinage féminin colonial comme un ferment révolutionnaire, et propose un modèle nationale universaliste dans lequel la solidarité des femmes entre elles est cruciale[9].

Marie Vieux Chauvet souligne dans ce roman le rôle des mulâtres dans la révolution de Saint-Domingue. Elle y explique les origines des conflits entre populations noires et mulâtre qui préfigure la naissance du mouvement de la négritude dans les années 1940[10]. Elle conteste ainsi le discours dominant de l'histoire officielle haïtienne porté par le courant indigéniste du « noirisme » promu par Duvalier qui minimise le rôle des populations mulâtres dans la révolution haïtienne de Saint Domingue[1].

Résumé de l'intrigue

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Vincent Ogé, révolutionnaire haïtien (1755-1791) accueilli par Chavannes à son arrivée à Saint-Domingue en 1790.

Minette, la protagoniste centrale du roman, est la fille d'un propriétaire blanc et d'une commerçante, ancienne esclave affranchie qui lui a caché son ancienne condition. La mère de Minette et Lise parvient leur apprendre à lire et écrire à ses deux filles en cachette, et leur trouve ensuite un précepteur mulâtre affranchi, Vincent Ogé. Très douée pour le chant lyrique, elle parvient malgré sa condition d'actrice de couleur à grimper les échelons vers la reconnaissance, mais elle n'a pas de gages ni de contrat. Au travers des discriminations successives, elle développe une conscience politique et prend parti pour les esclaves marrons, les aidant même à fuir leurs propriétaires. La situation est rendue complexe par la relation amoureuse qu'elle entretient avec un affranchi anarchiste lui-même propriétaire d'esclaves et qui les maltraite mais qui est également un chef de la révolution contre la classe blanche coloniale[11].

Réception critique

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L'écrivaine Yannick Lahens est d'avis que le roman signe l'arrivée du roman moderne haïtien[11]. Malgré son thème subversif explorant la révolte des esclaves de Saint Domingue et critiquant le système de race et de classe en œuvre à Haïti, le roman est néanmoins rédigé de manière classique[11].

Marie Vieux-Chauvet décrit une société haïtienne complexe, composée d'un petit nombre d'aristocrates préoccupés par les différences de couleur de peau, d'affranchis esclavagistes, de planteurs avides de gain et de l'autre coté une multitude d'esclaves qui finissent par se révolter, menant à l'indépendance du pays, mais aussi à la fin du monde de Minette et des siens[11].

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages

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  • Marie Vieux-Chauvet, La danse sur le volcan, Zellige, coll. « Ayiti », (ISBN 978-2-914773-16-4).
  • [Fowler 1996] Carolyn Fowler, « Chauvet, Marie », dans Christiane P. Makward, Madeleine Cottenet-Hage, et al., Dictionnaire littéraire des femmes de langue française : de Marie de France à Marie NDiaye, Paris, Éditions Karthala, , 641 p. (ISBN 2-86537-676-1, lire en ligne), p. 126-128

Articles académiques

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  • Cae Joseph Massena, « Le texte èziliphonique : penser la voix dans la fiction de romancières haïtienns contemporaines : La danse sur le volcan de Marie Vieux-Chauvet, Le livre d'Emma de Marie-Célie Agnant et Fado de Kettly Mars », drum.lib.umd.edu, (DOI 10.13016/mjzr-qqhj, lire en ligne, consulté le ).
  • Omise'Eke Natasha Tinsley, « Femmes of Color, "Femmes de Couleur": Theorizing Black Queer Femininity through Chauvet's "La danse sur le volcan" », Yale French Studies, no 128, , p. 131–145 (ISSN 0044-0078, lire en ligne, consulté le ).
  • Curtis Small, « The Ambiguities of Agency: Marie Vieux-Chauvet's "La Danse Sur Le Volcan" », Journal of Haitian Studies, vol. 15, nos 1/2, , p. 239–255 (ISSN 1090-3488, lire en ligne, consulté le ).
  • Lucienne J. Serrano, « La Dérive Du Plaisir Dans "La Danse Sur Le Volcan" Et "Amour, Colère Et Folie" De Marie Vieux-Chauvet », Francofonia, no 49, , p. 95–113 (ISSN 1121-953X, lire en ligne, consulté le ).
  • Lovia Mondésir, « Féminisme, abolitionnisme et citoyenneté dans "La Danse sur le volcan" de Marie Chauvet », Nouvelles Études Francophones, vol. 29, no 2, , p. 10–25 (ISSN 1552-3152, lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Anja Bandau, « La représentation de la révolution haïtienne en tant que conflit civil : "La Danse sur le volcan" de Marie Vieux-Chauvet », Journal of Haitian Studies, vol. 15, nos 1/2, , p. 218–238 (ISSN 1090-3488, lire en ligne, consulté le ).
  • Maurice Joseph, « Narrativité et fictionnalité dans "la Danse sur le Volcan" », Journal of Haitian Studies, vol. 15, nos 1/2, , p. 256–259 (ISSN 1090-3488, lire en ligne, consulté le ).
  • Marie-José Nzengou-Tayo, Haïti 1804 - Lumières et ténèbes: impact et résonances d'une révolution, Iberoamericana [u.a.], coll. « Bibliotheca Ibero-Americana », (ISBN 978-3-86527-394-9, lire en ligne Accès libre [PDF]), « Les écrivaines haïtiennes et la Révolution de Saint-Domingue : La danse sur le volcan de Marie Vieux-Chauvet et La deuxième mort de Toussaint-Louverture de Fabienne Pasquet ». Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Références

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  1. 1 2 Katia Gottin, « La Danse sur le volcan de Marie Vieux-Chauvet: Un roman historique écrit par une femme », Nouvelles études francophones, vol. 34, no 2, , p. 26–40 (ISSN 1552-3152, lire en ligne, consulté le )
  2. Anja Bandau, « La représentation de la révolution haïtienne en tant que conflit civil : "La Danse sur le volcan" de Marie Vieux-Chauvet », Journal of Haitian Studies, vol. 15, nos 1/2, , p. 218–238 (ISSN 1090-3488, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 Servanne Woodward, « Imaginaires du feu en littératures d’écrivaines francophones », Mouvances Francophones, vol. 10, no 2, (ISSN 2371-7211, DOI 10.5206/mf.v10i2.22777, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 3 Nzengou-Tayo 2008, p. 202.
  5. Nzengou-Tayo 2008.
  6. Mondésir 2014.
  7. Yves Mozart Réméus, « La Danse sur le volcan : entre histoire, fiction et féminisme », dans Mirline Pierre (dir.), Dieulermesson Petit Frère (dir.) et Carolyn Shread (dir.), Marie-Vieux Chauvet. Legs et Littérature 8, Port-au-Prince, Haïti, Legs Édition, , 225 p. (ISBN 97899970-86-20-4), p. 91-108.
  8. Fowler 1996, p. 126-128.
  9. (en) Lovia Mondésir, « Féminisme, abolitionnisme et citoyenneté dans La Danse sur le volcan de Marie Chauvet », Nouvelles Études Francophones, vol. 29, no 2, , p. 10–25 (ISSN 2156-9428, DOI 10.1353/nef.2015.0022, lire en ligne, consulté le )
  10. Nzengou-Tayo 2008, p. 207.
  11. 1 2 3 4 « Dans «La Danse sur le volcan», Marie Vieux-Chauvet raconte la révolte des esclaves en Haïti - Le Temps », www.letemps.ch, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Liens externes

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