La Dernière
La Dernière (stylisé la dernière) est une émission radiophonique satirique française diffusée depuis sur Radio Nova tous les dimanches de 18 h à 20 h. Elle est présentée par Guillaume Meurice, accompagné de Juliette Arnaud, Pierre-Emmanuel Barré et Aymeric Lompret[2].
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dimanche de 18 h à 20 h |
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Concept
modifierGuillaume Meurice dit s'inspirer de l'éducation populaire pour le concept de l'émission. L'émission traite de l'actualité de manière satirique. En référence au licenciement de Guillaume Meurice de France Inter en , chaque émission est présentée comme étant la dernière de la troupe sur Radio Nova[3].
Chaque semaine, l'émission accueille un invité pour décrypter l'actualité. Celui-ci invite également une personne de son choix pour la section L'invité de l'invité. Sont présents de nombreux chroniqueurs, qui commentent l'actualité avec humour, et un ou une universitaire, dont le rôle est d'apporter des connaissances sur un sujet en particulier[4],[5].
L'émission s'inscrit dans la bataille culturelle contre l'extrême droite voulue par Matthieu Pigasse pour Radio Nova, dont il est propriétaire via Combat[6],[7]. Télérama présente explicitement l'émission comme étant ancrée à gauche et identifie l'équipe d'humoristes qui entoure Guillaume Meurice comme étant « de gauche »[8]. Pour Le Monde, elle est caractérisée par « un humour politique se revendiquant de gauche, impertinent, clivant, parfois vulgaire, qui vilipende l'extrême droite, le macronisme, le capitalisme, la gauche désunie, le gouvernement israélien et les milliardaires[7] ».
Historique
modifierGuillaume Meurice est licencié de France Inter en à la suite d'une blague controversée sur le premier ministre d'Israël, Benyamin Netanyahou, dans l'émission Le Grand Dimanche soir[9]. De nombreux chroniqueurs de l'émission démissionnent du service public en soutien.

Dès l'annonce de son licenciement, Guillaume Meurice est contacté en personne par Matthieu Pigasse[10],[11], qui lui propose de monter une nouvelle émission sur Radio Nova au même horaire, jusqu'alors occupé par Get a Room! d'Aurélien Haas et Jeff Larsson[12]. Meurice est rejoint par Juliette Arnaud et Aymeric Lompret, qui font partie de la vague de collaborateurs de France Inter ayant démissionné à la suite du licenciement de Meurice, et Pierre-Emmanuel Barré, qui avait démissionné de France Inter en [13]. L'annonce est officialisée le [14].
L'émission fait ses débuts sur les ondes le avec comme invité Johann Chapoutot[5], historien spécialiste du nazisme[15] et du fascisme[16].
L'émission connait un franc succès mais elle est émaillée de polémiques comme la plainte du ministère de l'intérieur Laurent Nunez contre l'humoriste Pierre-Emmanuel Barré suite à une de ses chroniques[17]. Durant la tournée de l'été 2026, l'émission devait avoir lieu une fois à Auray, mais elle est annulée après le passage à droite de la mairie, ce qui fait polémique[18]. La maire Françoise Naël se défend cependant de toute censure politique[18].
Audience et réception
modifierDu au , l'équipe de La Dernière figure sur l'une des quatre affiches de la campagne publicitaire de Radio Nova, avec le slogan « Nos humoristes ne se censurent pas, sinon ils sont virés » ; cette affiche est utilisée dans une opération de guérilla marketing, projetée notamment sur la façade de la Maison de la Radio, siège de Radio France qui a licencié Meurice[19].
Le podcast de l'émission se classe deuxième au classement ACPM des podcasts les plus téléchargés en France en [20], puis prend la première place du classement en [21]. L'émission permet à Radio Nova d'enregistrer, sur la période - , ses meilleures audiences Médiamétrie depuis dix ans[22], atteignant 540 000 auditeurs chaque dimanche[23]. Les autres émissions de la station profitent également de cette dynamique[22]. La station, qui était en déclin, connaît un sursaut grâce à l'émission[24]. Ainsi, après plusieurs vagues de licenciements économiques les années précédentes, la radio envisage à nouveau des recrutements, et augmente les salaires de ses collaborateurs en [25]. Selon L'Humanité en , La Dernière est devenue un « un petit phénomène de société à gauche, pour des auditeurs orphelins d'un espace de ce genre », compte tenu de ce que le journal qualifie de « gestion lamentable de la liberté d'expression sur le service public »[25]. Des chercheurs soulignent également que l'émission joue un rôle positif pour la santé mentale des militants, permettant de mieux supporter une actualité dramatique[26].
L'émission connaît un succès grandissant[27], dépassant largement le million d'auditeurs après un an, contre 300 000 auditeurs auparavant. Elle compte également des millions d'écoutes mensuelles en podcast[6].
En , Nova annonce la reconduction de l'émission pour la saison - en vue de l'élection présidentielle de [28], alors que l'émission a vu son audience augmenter de 79 % en un an[29], avec 720 000 auditeurs en moyenne chaque dimanche, et 2,5 millions d'écoutes en podcast[1]. Durant l'été 2026, l'émission part en tournée dans neuf villes de moins de 50 000 habitants[30]. L'émission est un succès[30].
Production
modifierL'émission rémunère 12 collaborateurs, ce qui en fait le programme le plus coûteux de Radio Nova[7]. La réalisation vidéo ainsi que le montage de celles-ci, la diffusion des podcasts, est assurée par les équipes de la société de production Good way prod[1].
L'émission est réalisée par le DJ Malo Williams[1] et son rédacteur en chef est Ramzi Assadi[1]. Quand l'émission est réalisée en direct vidéo, le réalisateur est Benjamin Poulin.
Lieux d'enregistrement
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L'émission est habituellement enregistrée au théâtre L'Européen à Paris[5], devant 350 spectateurs[31].
Délocalisations ponctuelles
modifierPlusieurs émissions ont néanmoins été délocalisées :
- le , à La Cabane, à Toulouse, dans les Halles de la Cartoucherie[32],[33] ;
- le , à L'Entrepôt, au Haillan, dans la périphérie de Bordeaux[34] ;
- le , au Palais des sports de Grenoble, dans le cadre de la biennale des Villes en transition[35] ;
- le , au théâtre du Châtelet à Paris, pour la dernière émission de la saison -, intitulée La Der de la Dernière, d'une durée exceptionnelle de 4 heures[36],[37] ;
- le , à l'agora de la Fête de l'Humanité, sur la base aérienne 217 dans l'Essonne[38] ;
- le , à la Halle aux grains de Toulouse[39], pour fêter la nouvelle fréquence de Nova dans la ville[40] ;
- le au Transbordeur à Villeurbanne, dans la périphérie de Lyon, à l'occasion de « Ça presse – Festival international du dessin de presse »[41],[42] ;
- le au Couvent des Jacobins de Rennes, à l'occasion du premier tour des élections municipales de [43],[44] ;
- le au Théâtre Fémina à Bordeaux[45],[46].
La Dernière Tournée
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Pour l'été , l'équipe organise La Dernière Tournée, une tournée d'émissions en plein air, gratuites, dans des villes de moins de 50 000 habitants[29]. L'idée provient du film Radiostars[11].
Après les élections municipales de , la nouvelle maire d'Auray (Morbihan), Françoise Naël, étiquetée divers droite, annule la venue de l'émission que la municipalité précédente, écologiste, avait acceptée pour le [47] ; accusée de censure et de cancel culture[48],[49], elle dément et évoque des « contraintes techniques »[50] et préfère que la commune s'acquitte des 10 000 € de pénalités prévues en cas d'annulation[51]. Les villes retenues sont finalement[52] :
- mar. : Landerneau (Finistère)
- sam. : Étauliers (Gironde)
- mar. : Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques)
- sam. : Mazères-sur-Salat (Haute-Garonne)
- mar. : Martigues (Bouches-du-Rhône)
- sam. : Riorges (Loire)
- mar. : Die (Drôme)
- sam. : Annonay (Ardèche)
- mar. : Bussang (Vosges)
À cette occasion, Guillaume Meurice reprend les micro-trottoirs décalés qu'il pratiquait sur France Inter, en allant interroger les habitants des villes où s'arrête la tournée[53],[54]. La première émission de la tournée, à Landerneau, accueille plus de 5 000 personnes[54],[55]. La deuxième émission, à Étauliers, rassemble plus de 1 500 personnes[56]. La troisième émission, à Navarrenx, voit son horaire décalé à 22 h en raison de la canicule de [57] ; malgré cette canicule, l'émission accueille plus de 1 000 spectateurs[58]. Plus de 2 000 personnes assistent à la quatrième émission à Mazères-sur-Salat[59], et autant à la cinquième émission à Martigues[60].
L'opposition municipale de Riorges demande au sous-préfet de Roanne l'annulation de la sixième émission qui doit se tenir dans leur commune[61], mais cette demande est rejetée en raison de l'absence de risque de trouble à l'ordre public[62] ; l'émission rassemble 4 500 personnes[63].
La tenue en public de la septième émission à Die est annulée par la préfecture en raison des feux de forêt dans la zone ; elle est donc enregistrée à huis clos, son horaire est décalé à 20 h et elle est diffusée également en direct sur YouTube[64]. La huitième émission à Annonay, à nouveau décalée à 20 h en raison des fortes chaleurs[65], réunit plusieurs milliers de personnes[66]. La neuvième et dernière émission fait salle comble au théâtre du peuple à Bussang, avec 890 entrées et 200 à 300 personnes à l'extérieur[67].
Intervenants
modifierOn retrouve toutes les semaines Guillaume Meurice, Juliette Arnaud pour une chronique littéraire souvent liée au féminisme[68], Pierre-Emmanuel Barré et Aymeric Lompret. Trois chroniques sont tenues par des humoristes, journalistes et universitaires, qui changent chaque semaine.
Chroniqueurs
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Humoristes
modifier- Arnaud Aymard (d)[33], alias Jean-Noël Mistral, musicien et humoriste
- Jason Brokerss[70], humoriste
- Perrine Deza[71], humoriste
- Jean-Benoît Diallo[72], humoriste
- Doully[73], humoriste
- GiedRé[33],[73], humoriste, musicienne et chanteuse
- Yann Guillarme, humoriste
- Mamari[74], humoriste
- Laurène Marx, autrice et dramaturge
- Florence Mendez[7], humoriste
- Akim Omiri[75], humoriste
- Swann Périssé[76], humoriste
- Didier Super[77], humoriste et chanteur
- Audrey Vernon[78], humoriste
- Thomas VDB[33], humoriste
Vulgarisateurs
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- Florian Gouthière, journaliste scientifique
- Samah Karaki[75], docteure en neurosciences
- Mathilde Larrère, historienne
- Tania Louis (d), médiatrice scientifique
- Albert Moukheiber[79], docteur en neurosciences
- Célia Pelluet (d)[80], physicienne
- Alice de Rochechouart[81], philosophe
- Marie Treibert, vulgarisatrice scientifique
- Laélia Véron[73], linguiste
- Seumboy Vrainom (d)[37], journaliste et vidéaste spécialiste de l'histoire coloniale
Invités
modifierParmi les invités de La Dernière :
Saison -
modifier- : Johann Chapoutot, historien, spécialiste du nazisme et du fascisme[5],[15],[16]
- : Guislaine David[82], professeure des écoles et porte-parole du SNUipp-FSU
- : Aurélien Bellanger[33], écrivain
- : Claire Nouvian[73], militante écologiste, fondatrice de l'association BLOOM qui œuvre pour la protection des océans
- : Élise Costa[71], journaliste et chroniqueuse judiciaire
- : Salomé Saqué[73], journaliste dans le média Blast
- : Nicolas Framont[25], sociologue, spécialiste des rapports de domination dans le monde du travail
- : Raphaël Garrigos (d) et Isabelle Roberts[83], fondateur et fondatrice du journal en ligne Les Jours
- : Fabrice Riceputi[84], historien spécialiste des questions coloniales et postcoloniales
- : Richard Monvoisin (d)[35], docteur en didactique des sciences
- : Alexis Rosenfeld[85], explorateur et photographe des fonds marins
- : Virginie Grimaldi[86], romancière
- : Edwy Plenel, journaliste cofondateur de Mediapart, et Rokhaya Diallo, journaliste, autrice, réalisatrice et chercheuse en résidence à Georgetown University (Washington)[37]
Saison -
modifier- : Vincent Tiberj[87], politiste français spécialisé dans la sociologie électorale
- : Aymeric Elluin (d)[74], responsable plaidoyer « Armes » chez Amnesty International
- : Karine Jacquemart (d)[88], directrice générale de Foodwatch
- : Eugénie Mérieau[89], politologue et constitutionnaliste
- : Louis Witter[90], photoreporter
- : Benoît Feuillu, porte-parole des Soulèvements de la terre
- : Monique Pinçon-Charlot[1], sociologue
- : Geoffroy de Lagasnerie[91], philosophe et sociologue
- : Nicolas Legendre[92], journaliste
- : Barbara Stiegler, philosophe[93]
- : Gwenola Ricordeau, sociologue[94]
- : Vincent Munier, photographe animalier[67]
- Suzette Delaloge, oncologue, invitée en .
- Vincent Tiberj, politiste, invité en .
- Aymeric Elluin, d'Amnesty International, invité en .
- Raphaël Pradeau, d'Attac, invité en .
- Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, invité en .
Polémiques
modifierCertaines séquences diffusées dans l'émission ont suscité des réactions dans le débat public.
En , le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, dépose plainte après une chronique de l'humoriste Pierre-Emmanuel Barré, qui compare la police et la gendarmerie à « Daech avec la sécurité de l'emploi ». La chronique est diffusée dans un contexte de controverses récentes autour d'affaires de violences policières. La direction de la radio défend alors la liberté d'expression de ses humoristes[95],[96].
En , dans sa chronique hebdomadaire, Pierre-Emmanuel Barré déclare qu'un éventuel cancer touchant Gabriel Attal ne lui inspirerait pas de compassion et met en scène Sophia Aram, qui avait remis en doute l'existence du génocide à Gaza, renversée par un « Kangoo imaginaire »[7],[97]. Cette dernière dénonce un acharnement qui viserait à faire taire ses prises de position sur l'islamisme et le conflit israélo-palestinien[98]. Matthieu Pigasse, propriétaire de Radio Nova, défend l'indépendance éditoriale de la station et la présente comme « un espace libre, parfois irrévérencieux, mais toujours vivant »[99].
Audiences
modifierL'émission est un succès d'audience quasiment immédiat. Les premiers sondages publiés en décembre 2024 indiquent que l'émission est écoutée en direct par 540.000 auditeurs auxquels il faut ajouter 2 millions de téléchargements en podcast[100]. Les audience de l'émission continue à augmenter depuis passant de 706 000 pour la période de fin 2025[101] à 833 000 auditeurs à l'été 2026[102].
Plus largement, l'émission attire un nouveau public pour Nova qui voit son audience passer de 334 000 auditeurs quotidien avant l'arrivée d'équipe de Guillaume Meurice à l'antenne à 2,1 millions d’auditeurs quotidien entre avril et juin 2026[103].
Musique
modifierMusique originale
modifierLe générique de l'émission ainsi qu'une partie de l'habillage a été composé et interprété par Philippe Monthaye.[réf. nécessaire]
Lives musicaux
modifierPublications
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- Pierre-Emmanuel Barré (texte), Philippe Arsen (texte), Relom (scénario avec), Damien Geffroy (dessins), Étienne Le Roux (dessins), Loïc Chevallier (dessins), Relom (dessins) et Drac (couleurs), Les Chroniques de Saint-Roustan, Paris, Delcourt, coll. « Humour de rire »
- t. 1 : Lundi gras, , 56 p. (ISBN 978-2-413-09274-2 et 978-2-413-07129-7, lire en ligne
). - t. 2 : Le Grand Déluge doré, , 64 p. (ISBN 978-2-413-09350-3).
- t. 1 : Lundi gras, , 56 p. (ISBN 978-2-413-09274-2 et 978-2-413-07129-7, lire en ligne
Références
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Liens externes
modifier- Site officiel
- Radio Nova, « La dernière », podcast, sur nova.fr.
- Radio Nova, « Les intégrales de "La dernière" », playlist, sur YouTube.