La Fuite de Yusef devant Zulekha

La Fuite de Yusef devant Zulekha est une peinture miniature de Kamaleddin Behzad. Réalisé en 893 de l'Hégire pour illustrer une édition du Boustan de Saadi, ce tableau représente l'épisode de la fuite de Yusef devant Zulekha. Pour créer l'atmosphère de cette œuvre, Behzād s'est inspiré des poèmes de son contemporain, Jāmi, qui décrivent l'histoire de Yusef et Zulekha, en plus des poèmes de Saadi. L'œuvre contient huit vers, dont la calligraphie est l'œuvre de Sultan Ali Mashhadi (en). Aujourd'hui elle est conservée à Dâr Al-Kutub (la Bibliothèque nationale d'Égypte).

La Fuite de Yusef devant Zulekha
Artiste
Date
Lieu de création
Commanditaire
Matériau
papier, encre et aquarelle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
Arab Farsi 908, f. 52vVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Caractéristique de l'œuvre

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L'une des caractéristiques les plus marquantes, que l'on retrouve dans la plupart des peintures de cette période – à savoir l'école de Hérat –, est la représentation simultanée de l'espace et du temps, où l'extérieur et l'intérieur de la scène sont contenus dans un seul cadre. Cela est également clairement visible dans cette œuvre. Une autre caractéristique est le mouvement abondant et le dynamisme de l'architecture du palais de Zulekha. Le dessin géométrique de l'escalier et ses angles en zigzag, rendus dans une variété de couleurs, guident le regard du spectateur, suggérant subtilement le passage de Joseph à travers les sept chambres qu'il doit traverser pour atteindre le sanctuaire intérieur de Zulekha. Les décorations géométriques et les motifs islamiques sont des éléments importants qui contribuent à la beauté de cette miniature.

Couleur

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Sur le plan chromatique, Behzād a utilisé des couleurs contrastées et complémentaires telles que le cinabre et le rouge, l'émeraude, le lapis-lazuli, ainsi que le bleu et le vert[1]. Dans ce tableau, bien que Jami et Saadi n'aient pas fait référence à la couleur des vêtements de Yusef et Zulekha, Behzād, a choisi des couleurs complémentaires, le vert et le cinabre, pour représenter symboliquement les deux personnages à travers leurs vêtements. Dans la culture symbolique des couleurs, le vert est un signe de prophétie, de pureté et de chasteté. Cette couleur, en plus d'être utilisée pour les vêtements de Yusef, est également employée sur la porte et le brise-vent. Le palais, quant à lui, pourrait être interprété comme illustrant la fuite de Yusef loin de Zulekha, vers la divinité, vers Dieu. En revanche, la couleur rouge cramoisi traduit la sensualité et la nature charnelle de la femme.

Personnages de la Bible et du Coran

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Dans le Livre de la Genèse[2], Potiphar est un officier du pharaon qui achète comme esclave Joseph, fils de Jacob, à qui il accordera toute sa confiance. La femme de Potiphar s'éprend de Joseph[3], qui refuse ses avances ; après quoi, elle l'accuse d'avoir voulu la violer et le fait jeter en prison[4].

Dans le Coran, Potiphar est appelé par son nom arabe « العزيز », littéralement « Al-Aziz » qui signifie « l'aimé », « le très cher ». Quant à sa femme, elle est appelée « امرأت العزيز » emrot Al-Aziz— littéralement « épouse ou femme d'Al-Aziz ». Cependant, une tradition médiévale l'appelle Zouleïkha.

Critique

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L'action se situe au troisième étage où mènent trois volées d'escaliers. Le mur de façade a été supprimé par le peintre. Les gestes des personnages expriment avec élégance leurs rapports psychologiques.

Behzād n'occulte pas le message spirituel des récits en représentant des événements ordinaires ; il s'efforce plutôt de réunir les deux. Cette démarche est particulièrement évidente dans ses interprétations du genre de celle de Joseph et Zuleika tirée du Bustān de Saadi avec la représentation de pièces entrelacées, d'escaliers en colimaçon et de portes et fenêtres fermées. Émotion et raison sont en équilibre dans les œuvres de Behzād. Sa vision humaniste est en parfaite harmonie avec son utilisation de la couleur, de la ligne et de la structure, un humanisme sans précédent dans l'histoire de la peinture iranienne.

Les talents de dessinateur et la maîtrise de la composition valurent à Behzad les éloges des critiques. Il a réussi à conserver l'intégrité de la vision qui caractérise la miniature persane au cours des siècles[5].

Références

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  1. ↑ « Aqiqui Hatami Pour, Rahideh ».
  2. ↑ Chapitres 37, 36 — 39, 7-20.
  3. ↑ Gn 39,7
  4. ↑ Gn 39,13-20.
  5. ↑ Basil Gray p111.

Bibliographie

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Basil Gray (trad. Yves Rivière), La Peinture persane, Skira-Flammarion,

Articles connexes

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