La Haye : le chemin menant à Rijswijk

La Haye : le chemin menant à Rijswijk est une peinture à l'huile sur panneau de bois réalisée par Paulus Constantijn la Fargue. Datée entre 1751 et 1800 environ, elle mesure 37,5 × 53 cm de large et est conservée au musée des Augustins de Toulouse[1].

La Haye : le chemin menant à Rijswijk
Artiste
Date
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Type
Matériau
Dimensions (H × L)
37,5 × 53 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
RO 698Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Description

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Ce tableau de Paulus Constantijn la Fargue a été peint entre 1751 et 1800 environ. L’œuvre fait partie de la collection du musée des Augustins de Toulouse depuis 1892, date du legs de la collection de Pierre Maury de 52 objets[2]. La toile est signée en bas à gauche, sur le bord du chemin, de la main de l’artiste. On distingue les mots suivants « P. C. la Fargue pinx », autrement dit « Paulus Constantijn La Fargue l’a peint ».

Paulus Constantijn la Fargue, Le Bocht van Guinea près du Wagenbrug, 1772, La Haye, Haags Historisch Museum (inv. no 10-1927).
Paulus Constantijn la Fargue, Vue de Rijkswijk, plume, encres noire, grise et brune et lavis gris sur papier. La Haye, Gemeentearchief (inv. klA 725).

Le titre de l’œuvre est La Haye : le chemin menant à Rijswijk (Rijswijkseweg). En effet, l’œuvre représente une allée, en pleine nature, bordée par quelques habitations à gauche ainsi que des chemins qui semblent la relier à d’autres villages. En plein chemin ou sur l’herbe, baignés par une douce lumière, on observe des habitants occupés dans leurs besognes quotidiennes. Précisément, il s'agit du chemin qui menait au village de Rijswijk, à la porte sud-est de La Haye (le Wagenbrug), dont on aperçoit à droite le clocher de la vieille église et plus loin encore la ville de Delft. Le chemin qui croise le Rijswijkseweg, le Hoockaaytje porte aujourd'hui le nom de Oranjelaan (allée des Orange) et rejoint le Hoefkade (quai des sabots). Le virage portait alors le nom de Bocht van Guinea (le virage de Guinée). À gauche, derrière les habitations dont il était question plus haut, se trouvait l'ancienne léproserie (leproo-shuis), et au-delà, un canal parallèle au chemin de Rijswijk[3].

La Fargue, peintre de la vie haguenoise, s'est surtout attaché à représenter des vues topographiques. Les scènes de campagne comme celle-ci sont plutôt rares dans son œuvre. L’œuvre intitulée la Vue du Bocht van Guinea du Historisch Museum de La Haye (inv. no 10-1927) est probablement le pendant du tableau La Haye : le chemin menant à Rijswijk. Tous deux semblent avoir un format semblable et représentent le même lieu mais selon une direction différente. La Vue du Bocht van Guinea représente le même endroit depuis la direction opposée, c'est-à-dire en regardant vers La Haye[4].

Bien que son pendant soit daté de 1772, il n'est pas sûr que l’œuvre La Haye : le chemin menant à Rijswijk lui soit exactement contemporaine. Ici l’artiste représente des maisons avec des façades de bois de type médiéval tandis que dans son pendant, La Frague représente des maisons en brique ainsi que la porte d’entrée de l'ancienne léproserie[3]. Là encore, cette porte est absente dans le tableau La Haye : le chemin menant à Rijswijk. Il semblerait donc peu probable que les tableaux aient été peints à la même période. Néanmoins, on peut imaginer que la représentation n'est pas exactement fidèle à la réalité, même si La Fargue réalisait des esquisses prises sur le motif. Ses dessins indépendants et ses esquisses préparatoires furent utilisés par ses frères Jacob Elias et Isaac Louis Karel, dont il ne nous est parvenu aucun exemplaire[5].

Analyse

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Au tournant du XVIIe siècle, après la révolte contre la domination espagnole et la création des Provinces-Unies, les Pays-Bas sont séparés en deux entités politiques opposées par la religion. De chaque côté de la frontière, le contexte de la commande artistique change et évolue. Dans les Pays-Bas du Sud, restés catholiques, la peinture religieuse s’impose tandis qu’au nord, d’autres genres artistiques se développent. Émergent alors les tableaux de paysage avec une importance croissante[6].

Au XVIIIe siècle, La Fargue suit les traces de Jan van der Heyden en adoptant un genre novateur, celui du paysage urbain. Tout comme les vues urbaines du maître, les œuvres de La Fargue se distinguent par leur objectivité « topographique », la clarté de l’atmosphère et la présence d’anecdotes à travers les figures humaines. Cependant, la précision et la fidélité à la scène observée sont en grande partie illusoires. L'impression d’objectivité provient en grande partie de l’aspect graphique de la peinture. Les personnages, et surtout les éléments architecturaux, sont d’abord définis par leurs contours. Les pavés, un motif également apprécié par van der Heyden, sont représentés dans leur abondance. Le choix du point de vue permet de mettre en avant la profondeur du paysage, rythmée par les arbres. Ce choix confère à la composition un équilibre, probablement le fruit d’ajustements effectués après l'esquisse réalisée sur place[7].

Il est intéressant de noter que La Fargue, tout comme ses contemporains, a souvent traité le sujet de l’allée bordée d’arbres. La lumière douce de la fin de journée, à la fois blanche et dorée à l'horizon, se fait encore plus tangible par le contre-jour des arbres et leurs ombres projetées. Dans cet environnement de couleurs claires, les personnages ajoutent des touches à peine colorées. En pleine activité quotidienne, ces figures rendent le paysage à la fois charmant et léger, bien que leur présence semble quelque peu artificielle[7].

Références

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  1. ↑ Notice du musée.
  2. ↑ Musée des Augustins de Toulouse, « La Haye : le chemin menant à Rijswijk (Rijswijkseweg) - Paysage », sur Site du musée des Augustins de Toulouse (consulté le ).
  3. 1 2 Haagse stadsgezichten: 1550 - 1800; topografische schilderijen van het Haags Historisch Museum, Waanders Uitg, (ISBN 978-90-6630-313-3).
  4. ↑ (nl-BE) Charles Dumas, Het verheerlijkt Den Haag: achttiende-eeuwse aquarellen en tekeningen door de familie La Fargue en haar tijdgenoten, Nijgh & Van Ditmar, (ISBN 978-90-236-7767-3).
  5. ↑ Haagse stadsgezichten: 1550 - 1800; topografische schilderijen van het Haags Historisch Museum, Waanders Uitg, (ISBN 978-90-6630-313-3).
  6. ↑ Les Pays-Bas au Siècle d'or: de l'Union d'Utrecht à la paix d'Utrecht (1579-1713): dictionnaire, Paris, CNRS éditions, , 830 p. (ISBN 978-2-271-11593-5).
  7. 1 2 David Fiozzi, Les tableaux hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles du Musée des Augustins : catalogue raisonné., Rosalis.bibliotheque.toulouse.fr / Musée des Augustins Toulouse, ce catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition « le nord en lumières » (18 décembre 2004 - 9 mai 2005) organisée par la ville de toulouse / musée des augustins., 164 p. (ISBN 2-901820-35-2), p. 24, 25, 26, 66, 67, 68, 143, 149..

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Ernest Roschach, Catalogue des collections de peintures du musée de Toulouse, Toulouse, 1908 (rééd. 1920) no 698.
  • Appendice au catalogue de E. Roschach (1908) par Henri Rachou, Toulouse, éd. Privat, 1920.
  • Henri Rachou, Musée des Augustins. Collections de peinture, dans Bulletin municipal, - .
  • Dumas Ch., Het verheerlijkt Den Haag. Achttiende-eeuwse aquarellen en tekeningen door de familie La Fargue en haar tijdgenoten, La Haye, 1984.
  • Dumas Ch., Haagse stadsgezichten. 1550-1800. Topografische Schilderijen van het Haags Historisch Museum, Zwolle-La Haye, 1991.
  • Fiozzi David, Catalogue critique et raisonné des tableaux hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles conservés au musée des Augustins, Mémoire de Maîtrise de l’Université de Paris IV sous la direction d’Alain Mérot, 1999.
  • Les tableaux hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles du musée des Augustins, Catalogue raisonné par David Fiozzi, Toulouse/Musée des Augustins, 2004.
  • Les Pays-Bas au Siècle d'or : de l'Union d'Utrecht à la paix d'Utrecht (1579-1713), dictionnaire, CNRS éditions, 2018.

Liens externes

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