La Lutte (1883)
La Lutte est un journal anarchiste publié à Lyon entre avril et . Il succède à l'Étendard révolutionnaire, banni six mois plus tôt et précède Le Drapeau noir.
| Langue | |
|---|---|
| Fondateur |
Jules Boissy, Léon Domergue, Henri Tricot, Morel, Louis Chautant |
| Genre | |
| Date de création |
1er avril 1883 |
| Date de fin |
5 août 1883 |
| Date de dissolution | |
| Lieu de publication | |
| Pays |
Alors que Lyon est un centre important du mouvement anarchiste à cette période, ceux-ci commencent à y établir des organes de presse qui se succèdent entre les interdictions et la répression importante les touchant. Suite à l'attentat de l'Assommoir, au procès des 66 en début 1883 et à la manifestation du 9 mars 1883, les anarchistes lyonnais refondent un nouveau journal, La Lutte. Il parvient à publier pendant dix-neuf numéros avant d'être banni à son tour et remplacé par Le Drapeau noir.
Il fait partie de la première période de presse anarchiste lyonnaise, comportant une série de journaux proches les uns des autres et se succédant entre les interdictions, dont Le Droit social, L'Étendard révolutionnaire, La Lutte, Le Drapeau noir, L'Émeute, Le Défi, L'Hydre anarchiste, L'Alarme ou encore Le Droit anarchique.
Histoire
modifierSituation de l'anarchisme à Lyon
modifierLyon et la région lyonnaise de manière générale deviennent vite un pôle important de l'anarchisme[1] - les anarchistes y forment une Fédération révolutionnaire lyonnaise[1],[2]. Les anarchistes lyonnais y évoluent dans un climat de répression et de surveillance de la part des autorités françaises[1],[3]. En 1878, ils décident toutefois de se doter d'un journal et fondent une société, le Droit social, destinée à réunir des fonds pour la fondation d'un journal éponyme[3].
Malheureusement pour eux, la loi oblige alors à faire un cautionnement - c'est-à-dire un dépôt de fonds auprès des autorités - pour avoir le droit de publier, ce qui rend alors une telle initiative difficile pour des raisons financières mais aussi pratiques, les journaux anarchistes ayant tendance à être rapidement interdits en France[3],[4].
En 1882, après la nouvelle loi sur la liberté de la presse de 1881, la situation évolue avec la suppression de ce cautionnement, et Le Droit social est fondé à Lyon en [3]. Il est très surveillé par les autorités françaises ; chaque numéro est analysé avec parcimonie, le commissaire spécial de Lyon cherche à découvrir les auteurs précis de chaque article et les autorités engagent des poursuites nombreuses contre les gérants du journal[3].

Ce journal est ensuite interdit à la suite de l'attentat de l'Assommoir et son gérant, Antoine Cyvoct, condamné à mort pour un des articles du journal[1]. Le mouvement anarchiste en France et plus spécifiquement à Lyon sont ensuite durement visés par la répression qui culmine en lors du procès des 66[1].
La Lutte
modifierLe , peu après la manifestation anarchiste du 9 mars 1883, les anarchistes lyonnais reforment un journal, sous le titre de La Lutte[5]. L'historien René Bianco identifie les auteurs suivants comme principaux rédacteurs[5]:
Jules Boissy, Léon Domergue, Henri Tricot et Louis Chautant.
Le journal publie son neuvième numéro sur du papier rouge pour la commémoration de la Semaine sanglante[5]. Il soutient aussi la propagande par le fait dans une rubrique intitulée « Produits anti-bourgeois » et publiée du quatorzième au dix-septième numéros, où des méthodes pour la mener sont données[5]. Le journal publie dix-neuf numéros en tout, menant à de rapides poursuites contre les deux gérants du périodique, Morel et Chautant, avant d'être interdit à son tour[5].
Il est remplacé par Le Drapeau noir dès la semaine suivante[5].
Liens externes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 Vincent Banssillon, « Lyon, capitale de l’anarchisme – 1860/1890 (5/5) », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
- ↑ Chambost 2017, p. 65-87.
- 1 2 3 4 5 « Surveillance et répression de la presse anarchiste : Le commissariat spécial près de la préfecture du Rhône (1870-1914) », sur Bibliothèque municipale de Lyon (consulté le )
- ↑ Anne-Sophie Chambost, « « Nous ferons de notre pire… »1. Anarchie, illégalisme … et lois scélérates », Droit et Cultures, no 74, , p. 65–87 (ISSN 0247-9788 et 2109-9421, DOI 10.4000/droitcultures.4264, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 René Bianco, « La Lutte : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )