La Rage du peuple

mouvement social urbain de Marseille

La Rage du Peuple est un collectif artistique et un mouvement politique créé en 2004 dans le quartier de Noailles à Marseille. Ce collectif issu des cultures urbaines s'inscrit dans l'altermondialisme à travers sa participation au Forum social mondial.

La Rage du peuple
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Pays
Organisation
Fondateurs

Origine du mouvement

modifier

La Rage du Peuple est né dans un lieu underground de Marseille, La Maison de David, où émerge une nouvelle génération d'artistes dont David Gabriel, Keny Arkana, Sista Micky, Faianatur, Akadak (...). A la suite de l'effondrement du local situé dans un immeuble dégradé à Noailles, le collectif lance un nouveau mouvement qui résonne comme un cri : La Rage du Peuple.

Révolte des banlieues et mouvement CPE

modifier

En , le mouvement se fait connaître nationalement lors des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. Dès le 5 novembre 2005, le collectif diffuse un appel à la création d'un forum social des banlieues afin de « s'organiser collectivement pour répondre à la violence actuelle, notamment sociale, policière et politique »[1]. Cette dynamique aboutira à l'organisation du premier Forum Social des Quartiers Populaires[2] à Saint-Denis et au Forum mondial des Banlieues proclamant le manifeste de la Rage du Peuple diffusé dans de nombreuses langues[3].

Le mouvement de la Rage du Peuple s'implique activement dans le mouvement social contre le Contrat première embauche. Dès , le collectif prend part à l'organisation d'une coalition à Marseille, "Jeunesse en lutte"[4]. Le collectif circule dans plusieurs universités occupées, en particulier à Grenoble, contribuant à tisser des liens entre les quartiers populaires et le mouvement étudiant. A Marseille, le collectif participe à l'occupation de l'ex Office des migrations internationales (OMI) par les familles sans papiers. Pendant plusieurs semaines, le collectif revendique l'application pour tous de l'Article 13 de la déclaration universelle des droits de l'homme. Un documentaire diffusé au Forum social mondial des Migrations de Madrid retrace ce mouvement (Katala Youth Vivra !)[5].

En 2007, le collectif met en place des assemblées populaires dans le quartier de Noailles[6]. Ces assemblées sont des espaces ouverts, libres et horizontaux qui permettent aux habitants de s'organiser de façon autonome. Des assemblées similaires ont par la suite été organisées dans différentes villes de France et européennes anticipant le mouvement d'occupation des places. Les assemblées marseillais sont prolongées par l'Appel aux sans voix lancé en 2007. Cet appel permet l'organisation d'une vingtaine de forums dans plusieurs villes ainsi que la mise en place d'un forum sur internet avec plusieurs milliers de participants réguliers[7].

Altermondialisme

modifier

Le collectif la Rage du peuple est impliqué dans le mouvement anti-globalisation et altermondialiste à travers sa participation aux contre-sommets et aux forums sociaux. Après le Forum social mondial de Mumbay puis en 2005 à Porto Alegre[8], plusieurs membres participent au Forum social mondial de Bamako en 2006. Durant ce forum le collectif initie la création d'un "Espace Zapatiste"[9] à Marseille pour créer "un espace d'intercommunication" et permettre de diffuser largement le forum social mondial à Noailles.

Cette expérience sera renouvelée lors du Forum social mondial de Nairobi avec des lieux de diffusion locaux à Barcelone, Gênes, Dublin, Philadelphie[10]. Les espaces d'intercommunications seront popularisés plus largement au sein des organisations altermondialistes lors de la journée d'action mondiale décentralisée du forum social mondial, le , qui verra l'émergence de plusieurs dizaines d'intercommunications entre Paris, Barcelone, Rome, Ramallah, Pelotas, Sao Paolo, Mexico, Lomé[11].

La Rage du Peuple a été popularisée lors de la sortie du clip "La Rage" de Keny Arkana, cofondatrice du collectif, diffusé sur internet en mai 2006, qui devient rapidement un hymne contestataire largement relayé dans les mouvements sociaux.

En 2011, un membre du collectif soutenant la révolution libyenne de 2011 est grièvement blessé à Misrata.

Notes et références

modifier

Annexes

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier