La Scala (Paris)

salle de théâtre parisienne

La Scala est une salle de théâtre située 13, boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement de Paris.

La Scala
Description de cette image, également commentée ci-après
Façade de La Scala en .
Type théâtre
Lieu 13 boulevard de Strasbourg
Coordonnées 48° 52′ 13″ nord, 2° 21′ 08″ est
Architecte Delarue et Beaupied ()
Archidev ()
Inauguration
(nouvelle salle)
Nb. de salles 2
Capacité 550 places (grande salle)
180 places (Piccola Scala)
Statut juridique théâtre privé
Structure-mère SAS Les Petites Heures
Direction Mélanie et Frédéric Biessy
logo de La Scala
Logo de La Scala.

Carte

Inaugurée en , elle fut un célèbre music-hall avant d'être transformée en salle de cinéma de style Art déco en . En , elle est reconstruite et devient le premier multisalles de la capitale spécialisé dans le cinéma porno. Le , la Scala est rachetée par Mélanie et Frédéric Biessy, qui en font un théâtre consacré aux arts de la scène, à la musique et aux arts visuels ouvert aux créations françaises et internationales.

Histoire

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Du café-concert au music-hall (-)

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En , le sieur Gauthier ouvrit à cet endroit une auberge à l'enseigne du Cheval-Blanc. Elle devint plus tard une guinguette, avec tables et chaises installées en extérieur, sous des tonnelles, et un orchestre juché sur des tréteaux, composé de deux violons, une basse et une flûte. En , le Cheval-Blanc devient un café-chantant[1].

En , impressionnée par La Scala de Milan[2], Marie-Reine Rameau, veuve Roisin, propriétaire du bal de l'Élysée-Montmartre, fait édifier à cet emplacement par les architectes Delarue et Beaupied[3] le café-concert de la Scala. La salle de 340 m2 peut contenir environ 1 400 places. Elle est surmontée d'une coupole vitrée amovible[4] (disparue depuis, malgré une hauteur sous plafonds de 25 mètres[5]). On y donne la première revue en . Le chanteur Paulus, transfuge de l'Eldorado situé de l'autre côté du boulevard, est engagé et devient une grande vedette.

En , Édouard Marchand monte à la Scala la première grande revue de music-hall à l'anglaise en France. Toutes les grandes vedettes du café-concert (caf'conc') s'y produisent : Polin, Yvette Guilbert, Fragson, Mayol, Polaire, Paulette Darty, Max Dearly ou encore Mistinguett[2]. En , Erik Satie réside plusieurs mois à La Scala, où il accompagne Paulette Darty.

En , la Scala est utilisée comme théâtre de vaudeville, où se produisent Pauline Carton ou Marie Dubas et où l'on joue Feydeau. La salle est modernisée en et accueille Raimu, Georgius, Dranem, Fréhel (elle était venue une première fois en ).

Cinéma (-)

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Transformée en salle de cinéma, elle rouvre en , avec le tour de chant de Damia et d'Alice Méva[6].

En , la Scala est confiée à une société d'exploitation cinématographique, et transformée en une salle de cinéma de 1 200 places par l'architecte Maurice Gridaine dans le style Art déco, avec un savant jeu de miroirs dans le hall. À partir de , le volume est divisé en cinq salles et la programmation est désormais consacrée au cinéma porno. La salle ferme au cours de l'été , affaibli par la concurrence des cassettes VHS[2].

Quelques mois plus tard, la Scala est rachetée par l'Église universelle du Royaume de Dieu, devenue depuis Centre d'accueil universel, pour en faire un lieu de culte, mais les oppositions du quartier amènent la mairie de Paris à refuser les permis de construire successifs. La salle était fermée en et mise en vente selon Le Parisien. La ville de Paris a envisagé d'y installer des logements sociaux et une pépinière d'entreprises, loin du projet du producteur de cinéma, Maurice Tinchant[7], qui, en , souhaitait faire renaitre ce lieu en un cinéma d'art et essai[8]. Abandonné, l'endroit a dès lors l'aspect d'un hangar vide[9].

La Scala Paris ()

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En , la Scala est rachetée par Mélanie et Frédéric Biessy (producteur de théâtre, de danse, de musique et de nouveau cirque avec Les Petites Heures) qui reconstruisent un théâtre de 550 places, un restaurant et un bar. L'agence d'architecture Archidev réalise la rénovation, accompagné des scénographes de Changement à Vue[10]. L'identité visuelle est conçue par le graphiste Rudi Meyer, qui en a dessiné le logo, les espaces sont décorés par le scénographe Richard Peduzzi et l'identité sonore assurée par les algorithmes du compositeur Philippe Manoury[11].

La nouvelle salle ouvre le avec le spectacle d'acrobatie et de machineries Scala, écrit et mis en scène par Yoann Bourgeois[12],[13],[5],[14],[15]. Ouverte à tous les courants de la création (théâtre, danse, musique, nouveau cirque, arts visuels et numériques), elle est entièrement modulable — pouvant recevoir jusqu'à 750 spectateurs selon la configuration des gradins — et dotée d'une acoustique variable de nouvelle génération, articulée autour de 172 enceintes acoustiques Amadeus et du processeur de son spatial Holophonix.

En ouvre une seconde salle modulable de 180 places en sous-sol, la Piccola Scala, destinée à accueillir et accompagner les jeunes talents dans toutes les disciplines.

Forts de leur succès, Mélanie et Frédéric Biessy prennent la direction d'une nouvelle salle à Avignon et créent un label de musique, Scala Music. L'ensemble appartient à la SAS Les Petites Heures, présidée par Mélanie Biessy. Son mari, Frédéric Biessy, en assume la direction artistique.

Ils ont aussi confié à Olivier Schmitt l'écriture d'un livre, L'Intégrale des ombres, La Scala Paris, édité par Actes Sud. Il réunit plus de cent dix documents iconographiques inédits conservés à la Bibliothèque nationale de France, au Centre national du graphisme de Chaumont et dans des collections privées qui viennent illustrer l'histoire à rebondissements de la Scala.

Incident antisémite de

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Le , lors d'une représentation scolaire organisée à La Scala, sur le thème « Femme, scène, liberté », devant des classes de première de différents lycées d'Île-de-France, le directeur du théâtre Frédéric Biessy tient des propos relatifs au président américain, « cet abruti » de Donald Trump, au président russe, « le grand dingue » de Vladimir Poutine et au Premier ministre israélien, « le non moins taré » Benyamin Netanyahou, avant de s’en prendre à Vincent Bolloré[16]. Des élèves juifs quittent la salle puis reviennent sur les instances de leurs professeurs mais sont alors accueillis par des insultes et des menaces antisémites lancées par d'autres lycéens[16],[17],[18],. Le 8 juin, Biessy adresse une lettre d'excuses aux établissements concernés déclarant que ses « propos politiques n'avaient pas leur place devant des classes de première »[18],[19],[20].

Notes et références

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  1. André Sallée et Philippe Chauveau, « Scala, ex-Cheval Blanc », dans Music-hall et Café-concert, Paris, Bordas, rééd. numérique FeniXX, coll. « Bordas spectacles », , 199 p. (ISBN 2-04-015378-0 et 978-2-04-760872-2, lire en ligne Accès limité), p. 181–182.
  2. 1 2 3 Pierre Groppo, « Retour de flamme pour la Scala », Vanity Fair, no 61, , p. 54 (lire en ligne).
  3. Aude Henry-Gobet, Action artistique de la Ville de Paris, « Cinéma La Scala : 13, boulevard de Strasbourg », dans Le 10e arrondissement : itinéraires d'histoire et d'architecture (exposition Paris en 80 quartiers, Paris, Mairie du 10e arrondissement, -), Paris, Mairie de Paris, Direction générale de l'information et de la communication, , 142 p. (ISBN 2-913246-10-9), p. 58 (lire en ligne Accès limité).
  4. César Daly, « Concert de la Scala, boulevard de Strasbourg, no 13, Paris, par M. F. Delarue, architecte », Revue générale de l'architecture et des travaux publics, 4e série, vol. II (vol. XXXII de la collection générale), , p. 98–100 (lire en ligne Accès limité).
  5. 1 2 Armelle Héliot, « La Scala, oui, mais à Paris ! » Accès payant, Le Figaro, 11-12 mai 2016, p. 35.
  6. Serge, « À la Scala : Un brillant programme de réouverture nous vaut la révélation d'une jeune chanteuse : Colette Serval », Comœdia, 28e année, no 7897, , p. 1–2 (lire en ligne, consulté le ).
  7. Laurent Laborie, « Retour à la Scala avec Maurice Tinchant », sur Paris-Louxor.fr, (consulté le ).
  8. « La secte revend le vieux cinéma La Scala », Le Parisien, .
  9. Philippe Célérier, « Scala (Paris 10e) », sur sallesdecinemas.blogspot.com, .
  10. Garance Sornin, « Une nouvelle vie signée Archidev pour le théâtre de la Scala à Paris », sur amc-archi.com, AMC, .
  11. Victor Tribot Laspière, « Réouverture de la Scala de Paris avec une « identité sonore » signée Philippe Manoury », sur radiofrance.fr, France Musique, (consulté le ).
  12. Murielle Giordan, « La réouverture de la Scala à Paris », Accès privé, sur ici.fr, France Bleu Paris, (consulté le ).
  13. Anaïs Heluin (intervieweuse) et Yoann Bourgeois (interviewé), « Scala », La Terrasse, no 268, (lire en ligne, consulté le ).
  14. Benjamin Locoge, « À Paris, la Scala renaît de ses cendres », Paris Match, 7-12 juillet 2016, p. 19.
  15. Laurent Laborie, « La renaissance de la Scala avec Frédéric Biessy », sur Paris-Louxor.fr, (consulté le ).
  16. 1 2 Le Parisien avec AFP, « Paris : le directeur du célèbre théâtre La Scala s’excuse après un discours anti-Netanyahou devant des lycéens », sur Le Parisien,
  17. « Incidents lors d'une représentation scolaire au théâtre La Scala », CRIF, (consulté le ).
  18. 1 2 « Le directeur de la Scala Paris s’excuse après un discours contre Nétanyahou, puis des insultes antisémites entre lycéens », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  19. S.H., AFP, « Après avoir critiqué Benjamin Netanyahou, le directeur du théâtre La Scala s'excuse pour ses propos politiques », BFM TV, (consulté le ).
  20. 20 minutes avec l'AFP, « Le directeur de La Scala à Paris s’excuse après avoir critiqué Netanyahou », sur 20 Minutes, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Émissions télévisées

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Liens externes

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