La Vierge à la grenade (Botticelli)
La Vierge à la grenade (en italien : Madonna della melagrana) est une peinture religieuse de Sandro Botticelli, un tondo de 143,5 cm datant de 1487 environ, conservé à la galerie des Offices à Florence.
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
c. 1487 |
| Type | |
| Technique |
Tempera sur bois |
| Dimensions (Diam × H × L) |
143,5 cm × 143,5 × 143,5 cm |
| Mouvement | |
| No d’inventaire |
1607 |
| Localisation |
Histoire
modifierC'est une œuvre de la maturité de Botticelli.
Un document de 1487 mentionne une commande à Botticelli d'un tondo avec l'image de la Vierge et de l'Enfant, de la part de la magistrature florentine des Massai di Camera afin de décorer leur Salle des Audiences qui se trouvait soit au Palazzo della Signoria (actuel Palazzo Vecchio), soit au Palazzo del Podestà (actuel musée du Bargello[1]. L'identification a été effectuée par Herbert Horne, qui reconnut sur la corniche la décoration à fleur de lys sur champ d'azur, laissant supposer une exposition publique de l'œuvre, célébrant l'alliance historique avec les Français. Néanmoins l'impossibilité de retrouver le document original a fait douter une partie de la critique quant à la chronologie même si la paternité du maître n'a jamais été mise en doute. Certains comme Ulmann, situent son exécution avant 1480, d'autres comme Arnold Bode, suivi de August Schmarsow, Yaschiro et Adolfo Venturi la situent après le séjour à Rome de l'artiste (1482 environ) et enfin Van Marle entre 1480 et 1481.
Au 17e siècle, le tableau a fait partie de la collection du cardinal Léopold de Médicis. Il est conservé au musée des Offices depuis 1780[1].

Le tableau est toujours conservé dans son cadre d'origine, ce qui est exceptionnel pour un tableau de la Renaissance. Le cadre a été attribué à Giuliano da Maiano ou Giuliano da Sangallo[1].
Thème
modifierL'œuvre reprend un des thèmes de l'iconographie chrétienne, celui de la Vierge Marie représentée avec l'Enfant Jésus entourés d'anges, et tenant une grenade au symbolisme récurrent.
Description
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La Vierge, au centre de la composition, est représentée de face, pensive, habillée d'un ample habit bleu foncé tenant l'Enfant sur ses genoux, entourée de six d'anges postés en arc et dont les regards sont dirigés en divers points.
Deux anges tiennent un livre ouvert. Les anges situés aux extrémités (dont les ailes sont bien visibles) sont appuyés sur un feston de roses blanches et rouges ; les autres anges, plus proches du visage de la Vierge, ne sont vus que par leurs têtes expressives.
Le texte brodé sur l'étole de l'ange de gauche AVE GRATIA PLENA invoque l'Annonciation.
Le rendu dans le détail des vêtements et des coiffures élaborées est particulièrement détaillé.
La scène se situe sur un fond bleu azur surmonté d'un ovale doré d'où descendent des rayons.
Seuls la Vierge et l'Enfant sont auréolés.
Analyse
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La grenade que Marie tient à la main et que l'Enfant goûte symbolise la fertilité et la noblesse et la couleur rouge des fruits, le sang de la Passion du Christ.
La physionomie de l'Enfant est typique de Botticelli avec des formes arrondies et une expression de légère mélancolie. La figure de Marie est allongée et souple dans sa conception, bien plus que dans les œuvres de Fra Filippo Lippi.
Le maître prend un soin extrême pour rendre les plis réguliers des vêtements, le détail des motifs et la transparence des voiles.
Selon une étude du chirurgien et expert en médecine artistique Davide Lazzeri, Botticelli se serait inspiré des études anatomiques de Léonard de Vinci, dans le fruit tenu dans la main de l'enfant Jésus, un détail formé par le placement des graines présenterait un cœur avec ses ventricules[2].
Copies et tableaux dérivés
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Il en existe diverses copies d'« atelier », conservées à la Gemäldegalerie de Berlin, à la collection Wernher de Londres[3]. Les figures de la Vierge et de l’Enfant sont reprises dans une version de Botticelli et son atelier, vendue à Lyon en 2017[4]. Celles de la Vierge, de l'Enfant et de deux anges, tenant cette fois les instruments de la passion, sont repris dans une copie d'atelier conservée au musée Bonnat-Helleu.
Autres tondi de la Madone chez Botticelli
modifier- La Madone du pavillon (1493), de 65 cm de diamètre, conservée à la pinacothèque Ambrosienne de Milan.
- La Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean (1490/1500), de 74 cm de diamètre, conservée au musée d'Art de São Paulo.
- La Madone du Magnificat (1481), 118 cm de diamètre, conservée à la galerie des Offices de Florence.
Notes et références
modifier- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Madonna della Melagrana » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 (en) « Virgin and Child with Angels ('Madonna of the Pomegranate') », sur uffizi.it (consulté le ).
- ↑ (it) « Arte, Botticelli stupisce: c'è un segreto nella Madonna della melagrana », sur repubblica.it (consulté le ).
- ↑ (it) « Da falsa a originale: è di Botticelli la copia londinese della Madonna della Melagrana », sur repubblica.it, (consulté le ).
- ↑ Diane Zorzi, « Un Botticelli dérivé de La Madone à la Grenade des Offices adjugé 500 000 euros », sur Magazine des Enchères, .
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- L'opera completa del Botticelli, collana Classici dell'arte Rizzoli, Rizzoli, Milan, 1978.
- Bruno Santi, Botticelli, in I protagonisti dell'arte italiana, Scala Group, Florence 2001 (ISBN 8881170914)
- Pierluigi De Vecchi, Elda Cerchiari, I tempi dell'arte, volume 2, Bompiani, Milan, 1999 (ISBN 88-451-7212-0)
- Gloria Fossi, Uffizi, Giunti, Florence, 2004 (ISBN 88-09-03675-1)