La cucaracha
La cucaracha (Le Cafard en espagnol) est une chanson traditionnelle de langue espagnole et originaire d'Espagne.

Introduite au Mexique par les Espagnols au moins depuis 1818, elle fut chantée par les partisans du président de la République mexicaine Benito Juárez qui combattaient le gouvernement de l'empereur Maximilien et par certaines factions au début du XXe siècle durant la guerre civile mexicaine[1][réf. non conforme].
Certaines strophes sont à la gloire du général juariste Porfirio Díaz, héros de la guerre contre les Français.
Histoire
modifierEn espagnol[2], le mot cucaracha désigne une blatte mais aussi une cigarette de marijuana[3].
La version mexicaine affichée en haut à droite de l'article n'est pas une version politique et ne fait pas référence à un acteur de la guerre civile. Datée de 1915, elle est postérieure au départ de Victoriano Huerta, président du Mexique en 1913-1914 ; elle a peut-être été éditée durant la présidence en 1914-1915 d'Eulalio Gutiérrez, ou encore après la victoire militaire de Carranza, président de 1915 à 1920, sur Pancho Villa[4].
Cette version ne nomme à aucun moment Victoriano Huerta par son nom mais uniquement par son surnom « la cucaracha », dû à ce qu'il portait des lunettes noires à cause d'une maladie des yeux contractée lors d'une campagne militaire, à sa façon de marcher parfois hésitante attribuée à son alcoolisme, à ce qu'il était peut-être également consommateur de marijuana, et à ce qu'il portait, lorsqu'il n'était pas en uniforme taché de graisse et de vin, une redingote qui accentuait encore sa ressemblance avec cet insecte.
Une autre version faisait référence à Pancho Villa lorsqu'il était en voiture, qui laissait dépasser du véhicule ses bras et ses jambes. Une autre version encore serait que le cafard était la voiture elle-même, un tacot fatigué qui tombait souvent en panne.
Venustiano Carranza, président de 1915 à 1920 est nommément cité dans une autre version. Dans certains couplets, les paroles le prennent à partie personnellement en tant qu'adversaire de Doroteo Arango Arámbula alias Pancho Villa durant la guerre civile qui opposa les partisans de ce dernier au pouvoir en place.
Selon l'Espagnol Francisco Rodríguez Marín, dans son livre de 1883[5], les premières apparitions de la musique de La cucaracha, avec des strophes différentes, datent du temps de la guerre contre les maures d'Espagne, soit avant 1492 :
« De las patillas de un moroTengo que hacer una escoba
Para que barra el cuartel
De la infantería española »
Une version en fut aussi chantée en Espagne entre 1871 et 1873 pendant la seconde des guerres carlistes.
« Del pellejo de Amadeo (Amédée Ier d'Espagne)Tengo que hacer una bota
para que Don Carlos lleve
El vino para su tropa »
Au Mexique, l'écrivain José Joaquín Fernández de Lizardi (1776-1827) mentionne cette chanson dans son livre La Quijotita y su prima en 1818. Il y écrit aussi que c'est un capitaine de marine espagnol qui fit connaitre cette chanson aux Mexicains[6].
« Un capitán de marinaQue vino en una fragata
Entre varios sonesitos
Trajo el de la cucaracha »
Au temps du Second Empire mexicain, soutenu par la France et ses troupes, les armées républicaines de Benito Juárez et les guérilleros sous les ordres de Porfirio Diaz en lutte contre l'empereur Maximilien en chantèrent encore une autre version :
« Con las barbas de Forey (Élie-Frédéric Forey)voy hacer un vaquerito
Pa'ponérselo al caballo
Del valiente don Porfirio (Porfirio Díaz) »
Après le , date de l'assassinat du vice-président Pino Suárez et du président Francisco I. Madero, les paroles de La cucaracha furent encore changées pour l'adapter aux événements. A partir de cette date en effet, les partisans de Madero commencent à brocarder le général Victoriano Huerta :
« Ah y tengo que agregar que a mi me llaman Victoriana Huerta porque soy cucaracha |
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Les versions des troupes de Pancho Villa en conflit avec Venustiano Carranza ajoutèrent entre autres :
« Con las barbas de CarranzaVoy hacerme una toquilla
Pa'ponérsela al sombrero
De su padre Pancho Villa »
Quand le général Emiliano Zapata entra à son tour en conflit avec Carranza, on y ajouta :
« De las barbas de Carranzavoy hacerme un calabrote
para amarrar el caballo
de mi general Coyote »
Allusion au général Nabor Mendoza (es), partisan de Zapata.
Il n'y a donc pas de paroles officielles mais des versions différentes. Chaque camp ou parti y ajouta ses propres paroles selon son idéologie, l'humeur ou les vicissitudes du moment. La cucaracha n'est pas non plus uniquement un chant révolutionnaire ou militant. Il n'est pas non plus une chanson folklorique bien que, connue à l'étranger, elle était chantée aux touristes. Les paroles connues actuellement sont une version très édulcorée de ce qui a pu se chanter autrefois.
Paroles
modifierCette version est celle des villistes (partisans de Francisco Villa) en lutte contre d'autres révolutionnaires, les carrancistes (partisans de Carranza). Elle est donc postérieure au .
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Musique
modifierQuelques interprètes
modifier- Louis Armstrong (1935)
- Jean Oberlé a fait du refrain de La cucaracha un slogan célèbre contre le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur les ondes de Radio Londres, c'est Pierre Dac qui l'entonnait : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » ()
- Bill Haley (1966)
- Doug Sahm
- James Last (1999)
- Les Négresses vertes
- Charlie Parker
- Speedy Gonzales
- Motivés !
- Lila Downs
- Los Machucambos
- André Dussollier la chante a cappella dans le film Les Reines du ring (2013)
- Serge Utgé-Royo
- Annie Cordy dans une version parodique « La coupe à Ratcha » en 1981
Références
modifier- ↑ .
- ↑ (es) J. Casares, Real Academia española, Diccionario ideológico de la lengua española, p. 306, Editorial Gustavo Gilli s.a. SADAG, Barcelone, 1942.
- ↑ Pour l'étymologie voir Wikipédia en anglais : « Roach (cannabis culture) ».
- ↑ (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, Editorial Diana, Mexico DF, , (ISBN 968-13-2560-5).
- ↑ Francisco Rodríguez Marín (Osuna 1855, Madrid 1943), folkloriste et lexicologue espagnol, Cantos populares españoles recogidos, ordenados e ilustrados, Séville, 1883.
- ↑ (es) La quijotita y su prima (1818-1819, Cámara mexicana del libro - edic. conmemorativa de la feria del libro, Mexico, DF et une réédition chez Gabriela Micheloti.
- ↑ a) La rana dorada - historia de una cucaracha - Letralia -literatura en internet - b) Carlos Vidales Rivera (ancien professeur d'histoire sociale latino américaine à l'université de Stockholm - chroniqueur de journal EL Día - Crónicas de una Cucaracha - c) Lucío Ramón Rodríguez - El pelón, recuerdos de un soldado de Huerta folletos (6 pages) del 22 IGHM - Guadalajara 1922.
- ↑ Ville de l'État de Veracruz.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :