Lagocephalus sceleratus

espèce de poissons

Lagocephalus sceleratus, connu sous les noms vernaculaires de poisson-ballon ou de ballon à bande argentée[1] ou à bandes argentées[2],[3], de poisson-coffre[4],[5] et de poisson-lapin[6], est une espèce marine de poissons osseux de la famille des Tetraodontidés.

Lagocephalus sceleratus
Description de l'image Lagocephalus sceleratus.jpg.
Classification
Règne Animalia
Domaine Eukaryota
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Osteichthyes
Classe Actinopterygii
Sous-classe Neopterygii
Infra-classe Teleostei
Super-ordre Acanthopterygii
Ordre Tetraodontiformes
Sous-ordre Tetraodontoidei
Famille Tetraodontidae
Genre Lagocephalus

Espèce

Lagocephalus sceleratus
(Gmelin, 1789)

Synonymes

  • Fugu sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Gastrophysis sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Gastrophysus sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Gastrophysus scleratus (Gmelin, 1789)
  • Lagocephalus scleratus (Gmelin, 1789)
  • Pleudranacanthus sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Pleuranacanthus sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Spheroides sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Sphoeroides sceleratus (Gmelin, 1789)
  • Sphoeroides scleratus (Gmelin, 1789)
  • Tetraodon bicolor (Brevoort, 1856)
  • Tetraodon blochii (Castelnau, 1861)
  • Tetrodon sceleratus (Gmelin, 1789)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Habitat et répartition

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Lagocephalus sceleratus est une espèce tropicale de la région indo-ouest du Pacifique arrivée au début des années 2000 en Méditerranée via le canal de Suez.

Cette espèce commune des eaux tropicales de la mer Rouge, de l’océan Indien et du Pacifique, évolue à des profondeurs de 20 à 50 m près des fonds sableux, rocheux ou des récifs coralliens, mais s’adapte facilement à de nouveaux habitats[7].

Lagocephalus sceleratus fait partie des quatre espèces du genre Lagocephalus vivant en Méditerranée dont seul Lagocephalus lagocephalus (en) est autochtone. Les trois autres espèces, Lagocephalus spadiceus (en), Lagocephalus suezensis (en) et Lagocephalus sceleratus, ont migré respectivement dans les années 1930, 1970 et 2000 depuis la mer Rouge vers le bassin du Levant via le canal de Suez[8].

Lagocephalus sceleratus atteint les eaux orientales de la Méditerranée au début des années 2000 au cours d’une migration lessepsienne. Il est détecté pour la première fois en 2003 en Turquie, et se répand dans de nombreuses zones autour du bassin du Levant.

En 2005, il apparaît pour la première fois en Grèce, puis en Crète et à Rhodes[8].

Il est pêché pour la première fois dans les eaux côtières de l'île de Lampedusa à la fin de 2013[9]. Un spécimen est pêché en France à Gruissan, dans l’Aude, en 2014[10]. Un exemplaire est pêché dans le golfe d'Orosei, en Sardaigne, en et identifié par les techniciens de l'aquarium de Cala Gonone. Ce poisson a aussi été observé par des chercheurs croates en Adriatique[11]. Un spécimen est trouvé vivant sur une plage de Belle-Île en Bretagne le puis remis à l'eau[12].

Description

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Lagocephalus sceleratus.

Le poisson ressemble beaucoup au Lagocephalus lagocephalus (it), mais est plus élancé et est doté d'une nageoire caudale symétrique. Il a aussi la capacité d'avaler de l'eau pour se gonfler lorsqu’il est effrayé.

Il a un dos gris ou brun à pois foncés et un ventre blanc. Une bande argentée large et voyante orne ses flancs.

Il mesure jusqu'à 40 centimètres.

Alimentation

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L'espèce se nourrit d'invertébrés benthiques.

Reproduction

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Les œufs et les larves se trouvent dans la zone pélagique.

Danger pour l'être humain

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Le ballon à bandes argentées est un poisson toxique : certaines parties de ce poisson contiennent en effet une substance (la tétrodotoxine) qui provoque la paralysie respiratoire et cause des problèmes de circulation sanguine. Il y a eu des cas d'intoxication mortelle par ingestion en Égypte et en Israël[13].

Espèce envahissante

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L’espèce Lagocephalus sceleratus est considérée comme envahissante en Méditerranée et figure en 2013 dans la « Liste noire des espèces envahissantes dans le milieu marin » de Méditerranée de l'UICN[14].

Son expansion est importante en Méditerranée. Il prolifère notamment de façon spectaculaire dans les eaux grecques où il représente l'une des espèces les plus importantes en termes de biomasse à Rhodes, aussi bien dans les zostères de Posidonia oceanica, que dans les zones sablonneuses[8].

Sans prédateurs naturels, son installation durable en Méditerranée est favorisée par la hausse de la température des eaux sous l’effet du réchauffement climatique[15].

Grâce à sa denture redoutable, ce poisson carnivore généraliste dévore crustacés, poissons et coquillages. Il détruit également les filets et les lignes de pêche avec ses dents lors de ses attaques contre les poissons pris dans ces pièges, causant des dommages importants au matériel de pêche et aux prises entraînant des pertes économiques conséquentes pour les pêcheurs[16].

La tétrodotoxine (TTX), un poison puissant que ce poisson bioaccumule, est une neurotoxine hydrosoluble et thermostable, c’est-à-dire résistante à la chaleur ou à la cuisson[7]. En cas de consommation, elle peut s’avérer mortellement toxique ou entraîner des paralysies du système nerveux et respiratoire chez l’homme[7]. S’ils sont pris dans une pêche, les poissons-ballons à bande argentée doivent être mis de côté et incinérés pour éviter tout risque sanitaire[15].

Des mesures sont prises dans certains pays méditerranéens, comme Chypre et la Grèce, pour favoriser la capture systématique et l’incinération de ce poisson toxique envahissant et destructeur des moyens de pêche. En Méditerranée orientale, entre 2004 et 2023, 28 cas de morsures sur des humains par des poissons-ballons, et au moins 170 cas d’intoxication après consommation, dont 27 mortels, ont été recensés par l’Organisation nationale grecque de santé publique[15].

Notes et références

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  1. « Le « Lagocephalus Sceleratus », poisson dangereux, envahit les mers de la Tunisie », Ecolomag Tunisie, (lire en ligne).
  2. Marielle Court, « Climat : les poissons mettent le cap au nord », Le Figaro, (lire en ligne).
  3. « Un poisson venimeux dans les eaux de Salakta », Tuniscope, (lire en ligne).
  4. « Le poisson-coffre, une sérieuse menace », El Watan, (lire en ligne).
  5. Dans « Surveillez vos filets ! », Encre de mer, nos 26-27, (lire en ligne), l'auteur l'écrit sans trait d'union.
  6. Ecolomag Tunisie, « Attention : poisson mortel », sur Aquapeche Algérie.
  7. 1 2 3 Frederic Salmon, « Lagocephalus sceleratus », sur Université Côte d'Azur (consulté le )
  8. 1 2 3 « Lagocephalus sceleratus - IUCN MedMIS », sur iucn-medmis.org (consulté le )
  9. (it) Giusy Ocello, « Allerta pesce velenoso nei mari italiani: non va assolutamente mangiato », .
  10. Caroline Lemaitre, « Un poisson inconnu et mortel pêché au large de Gruissan », .
  11. (en) Neven Iveša, Moira Buršić et Jakov Dulčić, « Northernmost Mediterranean record of the silver-cheeked toadfish, Lagocephalus sceleratus (Actinopterygii, Tetraodontiformes, Tetraodontidae) », Acta Ichthyologica et Piscatoria, vol. 55, , p. 77–81 (ISSN 1734-1515, DOI 10.3897/aiep.55.146945, lire en ligne, consulté le )
  12. Un poisson tropical découvert à Belle-Île, Ouest-France, août 2019.
  13. (it) « Pesce velenoso nel Mediterraneo: è mortale », Corriere della sera, (lire en ligne, consulté le )
  14. Otero, M., Cebrian, E., Francour, P., Galil, B., Savini, D., « Surveillance des espèces envahissantes marines dans les aires marines protégées (AMP) méditerranéennes », sur IUCN.org, IUCN, (consulté le )
  15. 1 2 3 Marina Rafenberg, « En Grèce, la prolifération du poisson-ballon, invasif et toxique, est un fléau pour les pêcheurs », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  16. (en) Manal R. Nader, Shadi Indary, Layal Ephrem Boustany et Fisheries and Aquaculture Management Division, « The puffer fish Lagocephalus sceleratus (Gmelin, 1789) in the Eastern Mediterranean », FAO Knowledge Repository, (lire en ligne, consulté le )

En savoir plus

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Liens internes

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Liens externes

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