Langues tivoïdes
Les langues tivoïdes sont une branche des langues bantoïdes méridionales, elles-mêmes rattachées aux langues bénoué-congolaises de la famille des langues nigéro-congolaises. Elles sont parlées dans le sud-est du Nigeria et dans l’ouest du Cameroun, surtout autour de la zone frontalière entre les deux pays[1].
| Langues tivoïdes | |
| Pays | Nigeria, Cameroun |
|---|---|
| Région | sud-est du Nigeria ; sud-ouest du Cameroun |
| Classification par famille | |
| nigéro-congolaises | |
| Codes de langue | |
| Glottolog | tivo1239
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| Carte | |
Répartition des langues tivoïdes au Nigeria et au Cameroun. | |
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Le groupe tire son nom du tiv, qui est de loin la langue tivoïde la plus parlée. Les autres langues du groupe sont souvent peu documentées, et plusieurs sont menacées de disparition[1].
Répartition
modifierLes langues tivoïdes sont parlées de part et d’autre de la frontière entre le Nigeria et le Cameroun. Au Nigeria, elles sont surtout présentes dans des zones du sud-est, en particulier dans les régions proches de la Cross River, de la Bénoué et de la Taraba. Au Cameroun, elles sont attestées dans l’ouest du pays, en particulier dans la région du Sud-Ouest[2].
Le tiv est une langue régionale importante, parlée principalement au Nigeria et aussi au Cameroun[3]. Le bitare est l’autre langue tivoïde avec un nombre important de locuteurs, mais il reste moins diffusé que le tiv[1].
Classification
modifierLes langues tivoïdes appartiennent aux langues bantoïdes méridionales. Leur dépendance linguistique peut être résumée ainsi :
Le groupe est identifié dans les travaux de l’Atlas linguistique de l’Afrique centrale sur le Cameroun[4]. Il est ensuite repris dans les classifications du bantoïde méridional[5] et dans les travaux de classification interne du bantoïde[6].
Roger Blench souligne que les langues tivoïdes font partie des groupes bantoïdes les moins bien décrits. Il indique aussi que l’unité du groupe a longtemps reposé sur des données limitées et souvent reprises d’un ouvrage à l’autre, avant l’ajout de nouvelles données de terrain collectées au Nigeria et au Cameroun[1].
Glottolog reconnaît les langues tivoïdes comme une famille et leur attribue le code tivo1239[7].
Langues
modifierLa classification interne des langues tivoïdes reste discutée. La présentation suivante suit principalement les travaux de Roger Blench, qui distingue un ensemble central mieux attesté, un ensemble septentrional moins documenté et plusieurs langues au statut incertain[1].
Langues tivoïdes centrales
modifierLangues tivoïdes septentrionales
modifierAutres langues et cas incertains
modifierDocumentation et vitalité
modifierLe tiv dispose d’une documentation plus importante que les autres langues tivoïdes. Il existe des travaux anciens et modernes sur son lexique, sa grammaire et son usage régional[8].
La plupart des autres langues tivoïdes sont peu décrites. Pour certaines, les informations disponibles se limitent à des listes de mots, à des enquêtes de terrain ou à des mentions dans des ouvrages de classification. Cette situation rend difficile l’étude précise de leur histoire, de leur grammaire et de leurs relations internes[1].
Plusieurs langues tivoïdes sont menacées, car elles sont parlées par de petites communautés et sont en contact avec des langues plus dominantes, comme le tiv, l’anglais, le français, le pidgin camerounais ou d’autres langues régionales[2].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Roger M. Blench, « New research on Tivoid and its place within Bantoid » [PDF], sur Bantu 6, Université d’Helsinki, (consulté le ).
- 1 2 (en) « Tivoid », sur Ethnologue, SIL International (consulté le ).
- ↑ (en) « Tiv », sur Ethnologue, SIL International (consulté le ).
- ↑ Michel Dieu et Patrick Renaud, Situation linguistique en Afrique centrale : inventaire préliminaire, le Cameroun, Paris ; Yaoundé, ACCT ; CERDOTOLA ; DGRST, coll. « Atlas linguistique de l’Afrique centrale », , 475 p..
- ↑ (en) John R. Watters et Jacqueline Leroy, « Southern Bantoid », dans The Niger-Congo Languages, Lanham, University Press of America, , 430-449 p..
- ↑ Pascale Piron, Classification interne du groupe bantoïde, Munich, Lincom Europa, coll. « Lincom Studies in African Linguistics », .
- ↑ (en) « Tivoid », sur Glottolog, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology (consulté le ).
- ↑ (en) Heinz Jockers, « Linguistic Studies on Tiv: Before, by, and After », Journal of West African Languages, vol. 22, no 1, , p. 71-84.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Michel Dieu et Patrick Renaud, Situation linguistique en Afrique centrale : inventaire préliminaire, le Cameroun, Paris ; Yaoundé, ACCT ; CERDOTOLA ; DGRST, coll. « Atlas linguistique de l’Afrique centrale », , 475 p..
- (en) John R. Watters et Jacqueline Leroy, « Southern Bantoid », dans The Niger-Congo Languages, Lanham, University Press of America, , 430-449 p..
- Pascale Piron, Classification interne du groupe bantoïde, Munich, Lincom Europa, coll. « Lincom Studies in African Linguistics », .
- (en) Roger M. Blench, « The Tivoid languages: Classification and Comparative Word List » [PDF], (consulté le ).
- (en) Roger M. Blench, « New research on Tivoid and its place within Bantoid » [PDF], sur Bantu 6, Université d’Helsinki, (consulté le ).