Lavr Kornilov

général russe

Lavr Gueorguievitch Kornilov (en russe : Лавр Георгиевич Корнилов), né le 18 août 1870 ( dans le calendrier grégorien) à Oust-Kamenogorsk (Kazakhstan) et mort le à Ekaterinodar (Russie), est un général russe d'origine cosaque.

Lavr Gueorguievitch Kornilov
Лавръ Георгіевичъ Корниловъ
Lavr Kornilov

Naissance
Oust-Kamenogorsk (Empire russe)
Décès (à 47 ans)
Ekaterinodar (République soviétique de Russie)
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Allégeance Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de la Russie Armées blanches
Arme Infanterie
Grade Général d’infanterie
Années de service 1889 – 1918
Commandement Armée des Volontaires
Conflits Guerre russo-japonaise
Première Guerre mondiale
Guerre civile russe
Distinctions Ordre de St-Georges IIIe classe Ordre de Saint-Georges
Ordre de Saint-Vladimir IIIe classe Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Sainte-Anne IIe classe Ordre de Sainte-Anne
Ordre de Saint-Stanislas IIe classe Ordre de Saint-Stanislas
Médaille de la première campagne du Kouban Médaille de la première campagne du Kouban (à titre posthume)
Signature de Lavr Gueorguievitch Kornilov

Promu général en 1916, il devient commandant en chef de l'armée russe en juillet 1917, alors que la Russie devenue une république (révolution de Février) est dirigée par le socialiste révolutionnaire Alexandre Kerenski. Considérant que le pays et l'armée sont en marche vers le chaos, Kornilov lance le 27 août 1917 un corps de cavalerie pour prendre le contrôle de Petrograd. Mais Kerenski réussit à redresser la situation avec l'appui du soviet de Petrograd (bolchevique) et Kornilov est arrêté.

Lorsque les bolcheviks s'emparent du pouvoir lors de la révolution d'Octobre, Kornilov s'évade et rejoint le général AlekseIev à Novotcherkassk (près de Rostov), où ils créent l'Armée des volontaires, une des premières armées blanches. Kornilov meurt en avril 1918 durant la première campagne du Kouban, menée contre l'Armée rouge de Trotski.

Biographie

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Origines familiales et formation

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Kornilov est un cosaque originaire du Kazakhstan ; son père étant officier de carrière dans l’armée impériale russe, il poursuit donc ses études au corps des cadets d'Omsk.

Carrière initiale : explorations en Asie centrale (1890-1904)

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Entre 1890 et 1904, il mène plusieurs missions d’exploration au Turkestan oriental, en Afghanistan et en Perse. Il apprend alors plusieurs langues d’Asie centrale.

Durant la guerre russo-japonaise (1904-1905)

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En , le lieutenant-colonel Kornilov est nommé à l’état-major général de Saint-Pétersbourg mais obtient rapidement sa mutation dans l’armée d’active. De à il sert en tant qu’officier (par la suite chef) d’état-major de la 1re brigade de fusiliers. Son baptême du feu a lieu lors de la bataille de Sandepu. En il couvre avec sa brigade la retraite des troupes russes de Moukden.

Encerclé par les Japonais dans le village de Vazye, Kornilov parvint par une attaque à la baïonnette à percer les lignes ennemies et à rejoindre en ordre, avec blessés et étendards, l’armée russe.

Il reçoit pour ses actions l’ordre de Saint-Georges, une arme de Saint-Georges, ainsi que le grade de colonel.

Il sert ensuite en Chine de 1907 à 1911.

Durant la Première Guerre mondiale

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Le général Kornilov et son état-major.

Au commencement de la Première Guerre mondiale, il est général-major dans la 8e armée en Galicie sous les ordres d'Alexeï Broussilov. Dans ses mémoires, Broussilov le décrit comme fougueux et indiscipliné, notamment en , où une action intempestive de Kornilov conduit à la perte de 2 000 prisonniers et d'un matériel important face à une division de honveds austro-hongroise, soit le démantèlement d'une grosse partie de sa division. Il n'évite des sanctions importantes que sur intervention de son chef direct, le général Tsourikov, qui plaide sa cause auprès de Broussilov[1].

Rattaché à la IIIe armée, sa division est encerclée par les Austro-Hongrois qui le font prisonnier en .

S'évadant en , il est promu général d’infanterie, rejoint la 8e armée et participe à l'offensive Broussilov.

Après la révolution de février 1917

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Lors de la révolution de Février (calendrier julien, mars dans le calendrier grégorien), le tsar Nicolas II est renversée et la Russie devient une république.

Kornilov commande la zone militaire de Petrograd (la capitale) en .

Le , il autorise la création d’un régiment de volontaires, nommé par la suite le régiment d'assaut de Kornilov. Ce dernier s’illustre d’abord face aux Austro-Hongrois (et par la suite au côté des armées blanches durant la guerre civile russe).

En , après l'échec de l'offensive Kerenski, le gouvernement provisoire désigne Kornilov pour commander le front du Sud-Ouest puis pour succéder à Broussilov comme général en chef de l'armée russe.

Kornilov tente de restaurer la discipline dans l'armée. Mais il ne peut empêcher les Austro-Allemands de reprendre la Galicie orientale lors de l'offensive de Tarnopol (de) (19-25 juillet 1917).

L'intervention du 27 août 1917 et l'arrestation de Kornilov

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Kornilov décide alors d’intervenir dans la situation plus que chaotique de la Russie, persuadé que la défaite militaire et la révolution de Février entraînent la Russie dans le chaos.

Le chef du gouvernement provisoire, qui est alors Kerenski, semble le soutenir dans son action. Lorsqu’il se rend compte qu’il ne maîtrise plus la situation, Kerenski change de stratégie et s’adresse aussi aux gardes rouges bolcheviques.

Le 27 août, Kornilov, croyant à tort que le gouvernement provisoire est tombé sous le contrôle des bolcheviks, ordonne au 3e corps de cavalerie (en) du général Alexandre Krymov de marcher sur Petrograd pour y rétablir l'ordre en cas de coup de force bolchevique[2].

Mais Kerenski et le soviet de Petrograd réussissent à neutraliser les soldats envoyés par Kornilov, qui est démis de ses fonctions et arrêté, tandis que le général Krymov se suicide.

Avec ses partisans, notamment Anton Dénikine, Sergueï Markov et Ivan Romanovski, il est assigné à résidence à Bykhov (actuelle Biélorussie, oblast de Moguilev), sous la protection de sa garde personnelle turkmène.

Après la révolution d'octobre 1917 : chef de l'Armée des volontaires

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Lors de la révolution d'Octobre (novembre dans le calendrier grégorien), les bolcheviks (Lénine, Trotski) s'emparent du pouvoir à Petrograd, puis dans la plus grande partie de la Russie centrale (de Petrograd à Moscou).

Dans cette situation, les prisonniers décident de fuir en direction du Don. Ayant réussi grâce à de faux papiers à échapper à la vigilance des bolcheviks[réf. nécessaire], Kornilov parvient à rejoindre le général Mikhail Alekseïev à Novotcherkassk (près de Rostov-sur-le-Don).

Ensemble, ils forment dès la fin de 1917 l’Armée des volontaires, Kornilov prenant les responsabilités militaires, Alekseïev s’occupant des affaires civiles. Il donne notamment l'ordre à ses troupes de ne pas faire de prisonniers[3].

En , l’armée, composée de quelques milliers d’anciens officiers de l’armée impériale, est forcée par l’Armée rouge à se retirer de Novotcherkassk et Rostov-sur-le-Don et entame alors sa première campagne du Kouban visant à rallier Ekaterinodar. La ville étant entretemps tombée aux mains de l'Armée rouge (créée en février 1918 par Trotski), les volontaires et leurs alliés cosaques tentent de la prendre d’assaut.

Mort (13 avril 1918) et funérailles

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Au cours de l’attaque de la ville, Lavr Kornilov est tué par un éclat d’obus dans son quartier général de campagne le [3].

Représentants de l’armée des volontaires autour de la tombe symbolique du général Kornilov, 1919

La dépouille du général est inhumée en secret au côté de celle du colonel Mitrofan Nejentsev, mort la veille, dans un village proche, à 40 verstes de la capitale du Kouban[réf. nécessaire].

Quand les bolcheviks prennent le contrôle de cette zone quelques jours plus tard, ils exhument le corps de Kornilov et le profanent[réf. nécessaire] avant de le brûler dans une décharge d’Ekaterinodar.[réf. nécessaire]

Notes et références

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  1. Alexeï BROUSSILOV, souvenirs et memoires, Genève, Edition des Syrtes, (ISBN 9782940628636), p. 168,169
  2. Orlando Figes (trad. de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, préf. Marc Ferro), La révolution russe : 1891-1924 : la tragédie d'un peuple, Paris, Denoël, , 1106 p. (ISBN 978-2-207-25839-2, OCLC 191874878), p. 559.
  3. 1 2 Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe, Tallandier, , p. 66

Bibliographie

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Liens externes

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