Le Blé noir
Le Blé noir, également connu sous le nom de La Récolte du sarrasin, est une œuvre majeure du peintre français Émile Bernard, réalisée en 1888[1]. Elle constitue l'un des manifestes picturaux les plus importants de l'École de Pont-Aven[2] et du courant synthétiste (ou cloisonniste) qu'il a cofondé avec Paul Gauguin[3].
| Artiste | |
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| Date | |
| Type | |
| Dimensions (H × L) |
73 × 90 cm |
| Mouvement | |
| Propriétaire |
collection Josefowitz |
| Localisation |
L'œuvre et son contexte
modifierÉmile Bernard a seulement 20 ans lorsqu'il séjourne à Pont-Aven (Finistère) à la fin de l'été 1888. Inspiré par le sarrasin (emblème agricole et culinaire de la Bretagne[4]), il peint cette scène rurale représentant des paysannes en costume traditionnel en train de dresser des gerbes pour le séchage[5]. Le tableau rompt radicalement avec le réalisme et l'impressionnisme. Bernard utilise de grands aplats de couleurs vives (notamment des tons jaune-orange et un fond rouge sang rappelant la couleur des champs de sarrasin mûrs) délimités par de nets contours sombres. Les formes et les figures y sont volontairement simplifiées et stylisées[6]. Le tableau est conçu comme le pendant direct d'un autre chef-d'œuvre de la même année : Le Pardon où Bretonnes dans la prairie verte[7]. Les deux toiles s'opposent de manière spectaculaire, l'une baignant dans un vert éclatant et l'autre dans des tonalités rouges et chaudes[8].
L'étude préparatoire du musée de Pont-Aven
modifierUne œuvre étroitement liée, intitulée Étude pour « Le Blé noir » (ou Pochade pour le blé noir), est quant à elle conservée au musée de Pont-Aven[9]. Il s'agit d'un petit format (24 × 19 cm) exécuté sur le motif par le peintre, qu'il avait envoyé par train à ses parents à Paris[10]. Cette esquisse prépare spécifiquement la partie droite de la composition finale en se focalisant sur deux femmes courbées sur le sarrasin. Elle est offerte au musée en 1999 par l'association des Amis du Musée de Pont-Aven[11],[12].
- Étude pour Le Blé noir, conservée au musée de Pont-Aven.
- Le Pardon, pendant du Blé noir conservé au musée d'Orsay.
Conservation
modifierLe tableau final a pour dimension 73 × 90 cm. Il fait partie[Depuis quand ?] d'une collection privée (collection Josefowitz) à Lausanne (et donc rarement visible par le grand public en dehors de prêts exceptionnels)[13].
Références
modifier- ↑ Jean-Jacques Luthi, Émile Bernard, l'initiateur, Caractères, (lire en ligne).
- ↑ (de) Emile Bernard et Mary Anne Stevens, Emile Bernard, 1868-1941 : Ein Wegbereiter Der Moderne, Städtische Kunsthalle, (ISBN 978-90-6630-130-6, lire en ligne).
- ↑ (en) John Milner, Kazimir Malevich and the Art of Geometry, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-06417-9, lire en ligne).
- ↑ « Le blé noir, symbole de la Bretagne, a inspiré le peintre Émile Bernard pour cette toile », Ouest France, (lire en ligne).
- ↑ (en) Bogomila Welsh-Ovcharov, Vincent van Gogh et Art Gallery of Ontario, Vincent Van Gogh and the Birth of Cloisonism: An Overview, Art Gallery of Ontario, (ISBN 978-0-919876-71-2, lire en ligne).
- ↑ Georges Bernier et Rosamond Bernier, L'Oeil, L'Œil, (lire en ligne).
- ↑ Anne Roquebert et Musée d'Orsay, De Cézanne à Picasso: chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard, Musée d'Orsay, (ISBN 978-2-7118-5272-7, lire en ligne).
- ↑ (de) Zeitschrift für Kunstgeschichte, W. de Gruyter & Company, (lire en ligne).
- ↑ « Étude pour "Le Blé noir" - 188... - 1999.12.1 », sur Collections du Musée de Pont-Aven | Concarneau Cornouaille Agglomération (consulté le ).
- ↑ Connaissance des arts, Société Française de Promotion Artistique., (lire en ligne).
- ↑ « Le blé noir amismpa ».
- ↑ Gazette des beaux-arts, (lire en ligne).
- ↑ « Biographie et œuvre d’Émile Bernard (1868-1941) », sur RIVAGE DE BOHÈME (consulté le ).