Le Bombé Bleu est une voie d'escalade sportive, sur la falaise de Buoux, dans le Luberon, dans le sud-est de la France. Équipée en 1991 et libérée en 2026 par Erwan Legrand qui en a proposé une cotation à 9b, cohérente avec les évaluations préalables qui la situaient dans le neuvième degré, entre 9a+ et 9b+[1],[2]. Orientée plein sud, elle n'est réalisable, selon le grimpeur Iker Pou (es), que pendant un mois par an, en raison de la chaleur excessive, le reste de l'année, pour l'effort qu'elle nécessite[2].

Le Bombé bleu
Image illustrative de l’article Le Bombé bleu
Falaise de Buoux, avec le Bombé bleu sur la droite
Présentation
Site Buoux
Secteur La Plage
Coordonnées 43° 49′ 25″ nord, 5° 23′ 09″ est
Pays Drapeau de la France France
Caractéristiques
Type de voie Escalade
Cotation 9b
Hauteur environ 30 m
Rocher Calcaire
Équipeur Marc le Menestrel
Première ascension (Erwan Legrand)
(Voir situation sur carte : Vaucluse)
Le Bombé bleu
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Le Bombé bleu

C'est une voie d'environ 30 mètres, souvent qualifiée par les meilleurs grimpeurs mondiaux de « légendaire » ou de « mythique » car elle est réputée pour sa difficulté exceptionnelle, notamment en raison de la taille réduite et la forme coupante des prises de son premier crux, très traumatisantes pour la peau et les tendons des doigts[2]. Après une approche cotée 7a ou 7b[3], le premier mouvement du crux, dont la difficulté a été évaluée par plusieurs spécialistes du bloc à 8A+ ou 8B bloc[1], est un jeté depuis une prise plate à un seul doigt, profonde seulement d'une phalange, vers une poche à deux doigts lointaine et difficile à viser ; il est suivi, sans aucune décontraction possible, par un passage coté 8c+/9a[4], constitué de grands mouvements physiques sur bi-doigts évalués à du 7C+/8A bloc.

Elle est équipée au printemps 1991, par Marc Le Menestrel, qui l'appelle alors Chantier et l'essaye sans succès[2]. L'anglais Ben Moon, qui avait libéré en 1989, au même endroit, Azincourt, le premier 8c de France, ne parvient pas à réussir tous les mouvements en isolation. Il réalise donc des moulages des prises du crux pour la travailler chez lui, mais ne parvient pas à l'enchaîner[5]. En 1992, le grimpeur slovaque peu connu Juraj Recka revendique l'ascension, mais cette réussite n'est pas étayée par des documents ni des témoignages crédibles et reste remise en cause, notamment par Ben Moon[2]. Par la suite, plusieurs grimpeurs de l'élite mondiale tentent l'ascension sans succès, notamment Stefan Glowacz, Tony Lamprecht, Klem Loskot ou Chris Sharma, qui a déclaré qu'« il n’y a pas assez de points pour essayer correctement les sections. Il en faudrait au moins deux ou trois de plus. Sinon, c’est une très belle ligne »[6]. En 2008, elle est essayée par Fred Rouhling, qui trouve une nouvelle méthode pour le crux, légèrement à gauche. Il estime le niveau à « probablement 9b ». Avec cette méthode elle est essayée par Johann Guillaume et Quentin Chastanier.

Elle est travaillée en par le basque Iker Pou (es), qui rajoute un point légèrement à gauche dans le 1er crux, et qui juge que la difficulté est au moins en 9a+[7].

À l'occasion d'un reportage pour le magazine Grimper, la voie est essayée en 2021 par Lucien Martinez, Charles Albert et Anatole Bosio[8], qui s'investit en 2022 dans ce projet d'ampleur[2], sans parvenir à le finaliser.

En 2025, Alex Megos, pressenti comme un bon candidat pour la première ascension de la voie, qui correspond bien à ses qualités, fait quelques essais mais repousse à plus tard cette ascension qui lui semble « d'une difficulté inouïe », lui convenant moins que ce qu'il espérait[9]. Il a notamment été moins à l'aise pieds nus qu'avec des chaussons d'escalade[3].

C'est finalement près de 35 ans après l'équipement de la voie, le , que sa première ascension est réalisée, pieds nus, par Erwan Legrand, fils du multiple champion d'escalade François Legrand[10], alors qu'il n'est âgé que de 17 ans[11], lors de sa quinzième session[12], moins d'un an et demi après avoir essayé la voie pour la première fois, en [3]. La finesse de ses doigts lui a notamment permis de caler son majeur par-dessus son index dans la prise du jeté qui est utilisée habituellement en mono-doigt[3]. Le , après analyse, il propose la cotation 9b[13].

Notes et références

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  1. 1 2 « Toute l'actualité escalade », sur planetgrimpe.com (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 Explore2023.
  3. 1 2 3 4 Martin Baudry, « Erwan Legrand revient sur son enchaînement du Bombé Bleu », sur Grimper.com, .
  4. https://www.lacrux.com/klettern/der-17-jaehrige-erwan-legrand-loest-eins-der-groessten-raetsel-des-sportkletterns/
  5. Ed Douglas, Statement: The Ben Moon Story, Vertebrate Publishing, 2015
  6. Interview Chris Sharma sur escalademag.com en 2008
  7. Un visiteur fanatique, Iker Pou sur escalademag.com
  8. Martinez 2021.
  9. « Interview : Alex Megos de passage à Buoux ! », sur Fanatic Climbing, (consulté le ).
  10. « Erwan Legrand libère Le Bombé Bleu ! », sur Fanatic Climbing, (consulté le ).
  11. Baudry 2026.
  12. https://www.planetmountain.com/en/news/interviews/interview-erwan-legrand-on-first-ascent-of-le-bombe-bleu-at-buoux.html
  13. Sources secondaires : Alpine Mag et Planet Grimpe. Source primaire : post d'Erwan Legrand sur Facebook, le 15 mars 2026.

Articles

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Vidéos

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Liens externes

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  • Témoignages de grimpeurs sur escalabuoux.com, le site du Festival "Escala'Buoux".
  • Photos du crux par Johan Guillaume, avec des annotations sur les prises : , , .