Le Bristol Paris

hôtel de luxe à Paris, France

Le Bristol Paris est un palace situé à Paris, en France. Il fait partie des douze palaces de la capitale française[1].

Le Bristol Paris
Façade du Bristol.
Localisation
Pays
France
Commune
Paris
Coordonnées
Architecture
Type
Ouverture
Architecte
Style
Équipements
Étoiles
Chambres
188 (dont 100 suites)
Restaurants
2
Gestion
Propriétaire
Famille Oetker
Gestionnaire
Hôtel Le Bristol (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Carte

Situation et accès

modifier

L'hôtel est situé au 112, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement.

Le quartier est desservi par la ligne 9 et la ligne 13 à la station Miromesnil du métro de Paris.

Origine du nom

modifier
Frederick Hervey, comte de Bristol par Élisabeth Vigée Le Brun ().

Il est baptisé « Bristol » en hommage à Frederick Hervey (4e comte de Bristol), grand voyageur britannique épris de luxe[2].

Historique

modifier

En , lors de la construction de la place de la Concorde, le duc de Noailles vend à Jean François Sandrié, entrepreneur des Bâtiments du Roi, un terrain maraîcher de 60 ha sur lequel est construit un hôtel particulier. Acheté par la comtesse de Damas, celle-ci, à sa mort en , le lègue à sa fille, veuve du comte Charles-François de Vogué. La demeure est vendue en au comte Jules de Castellane, qui y fait installer le théâtre privé qui devient ensuite le restaurant d'hiver de l'hôtel Bristol jusqu'en [3]. Laissé à l'abandon pendant plusieurs années, l'hôtel de Castellane est acquis en par Hippolyte Jammet (-), entrepreneur et fils des propriétaires du restaurant « Bœuf à la mode ». L'hôtel, refait dans le style Art déco avec le concours des architectes Gustave Umbdenstock et Urbain Cassan, est ouvert officiellement en , au milieu des années folles[4].

En , une polémique éclate au sujet de la nourriture servie aux employés de l'hôtel, certains d'entre eux la jugeant « infecte »[5].

Pendant l'Occupation allemande, l'architecte Léo Lehrman, juif, resta caché dans la chambre 106 du Bristol, l'un des rares grands hôtels de Paris non réquisitionnés par les Allemands car le propriétaire Hippolyte Jammet a conclu en un accord avec l'ambassadeur des États-Unis William C. Bullitt, pour en faire une annexe résidentielle de l'ambassade américaine, en contrepartie de la mise à disposition gratuite de l'établissement et de ses services[3]. La nuit, lorsque l'hôtel était vide, Lehrman quittait sa cachette, pour aller faire en secret les plans des futurs travaux de l'hôtel, et notamment de l'ascenseur en fer forgé torsadé[6]. Ce secret fut gardé par les 210 salariés du Bristol[7].

À partir de , après la Libération de Paris, l'hôtel devient un haut lieu de rendez-vous des ambassadeurs et diplomates mondiaux. L'ambassade de Turquie y est par exemple installée durant une année[8].

Il est consacré en en obtenant ses « 4 étoiles luxe », puis est classé en première position par le guide américain Fielding's Travel Guide to Europe, en , lui assurant la notoriété aux États-Unis.

En , Rudolf-August Oetker, président du groupe industriel allemand Dr. Oetker, acquiert l'hôtel. Un an après, celui-ci s'agrandit avec la construction d'une nouvelle aile côté jardin, ancien « couvent des Petites Sœurs de la Bonne Espérance ». Deux autres symboles du Bristol voient bientôt le jour : la piscine et le vaste jardin de 1 200 m2.

Dans la nuit du au , l'hôtel est le théâtre d'un fait divers sanglant qui connaît un fort retentissement médiatique[9]. Une riche femme d'affaires polonaise, Kinga Legg, est tuée par son compagnon, Ian Griffin, un ressortissant britannique, dans l'une des chambres de l'hôtel[10],[11]. En , l'auteur des faits est condamné à 14 ans de prison en appel par la cour d'assises de l'Essonne[12].

Le , le Bristol s'agrandit de 21 chambres, 5 suites et d'un nouveau restaurant, le « 114 Faubourg », grâce à l'acquisition de l'immeuble mitoyen.

En , Sonia Papet est nommée chef concierge au Bristol, devenant la seule femme à ce poste d'un palace parisien[13].

En , l'hôtel est classé « meilleur hôtel et meilleur hôtel de luxe de France » par le site américain TripAdvisor[14].

L'entrée de l'hôtel en 2025, année de son 100e anniversaire.

En , Le Bristol installe dans ses locaux un authentique moulin à céréales pour faire sa propre farine, « à la recherche du blé ancien », afin de réaliser son propre pain[1]. La même année, l'hôtel crée sa chocolaterie interne où sont réalisées toutes les confiseries chocolatées proposées aux clients de l'hôtel.

En , l'hôtel se hisse à la 19e place des World's 50 Best Hotels, un classement des meilleurs hôtels du monde[15]. est également l'année de son centième anniversaire[16].

Le , un incendie s'est déclaré dans les cuisines du restaurant « 114 Faubourg ». L'établissement a été évacué et le feu rapidement maîtrisé par les secours, sans faire de victimes graves[17],[18]. Sarah Michelle Gellar et Elijah Wood faisaient partie des évacués[19].

Propriétaires

modifier

Le Bristol appartient à la famille Oetker. Le groupe Oetker Collection est présent dans plusieurs secteurs, dont celui de l'hôtellerie de luxe. À ce jour, la famille Oetker possède le Brenners Park-Hotel & Spa (de)Baden-Baden en Allemagne), le Cap Eden RocAntibes), le Château du Domaine Saint MartinVence), L'Apogée CourchevelCourchevel en Savoie), le Palácio TangaráSão Paulo au Brésil), l'Eden Rock (en)Saint-Barthélemy dans les Antilles), Le LanesboroughLondres) et enfin Le Bristol Paris. Dans ces endroits, le groupe hôtelier est régulièrement en concurrence avec LVMH Hotel Management[20].

La société Hôtel Le Bristol a été créée en , dirigée à partir de par Luca Allegri et reprise en par Fabrice Moizan. Son chiffre d'affaires a atteint 62 M€ en et la perte nette sur cet exercice est de 11 M€. L'effectif est de 558 personnes[21].

L'hôtel

modifier

Chambres et suites

modifier
Couloir.

L'hôtel compte 188 chambres dont 100 suites[22]. La plus grande suite est la suite Impériale de 320 m2[23]. La Suite Panoramique a servi de décor au film Minuit à Paris de Woody Allen[24].

En , le prix d'une nuitée au Bristol Paris s'échelonne de 2 000 à 45 000 euros[25],[26].

Bar et restaurants

modifier
Entrée du 114 Faubourg rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris.
  • L'hôtel compte deux tables étoilées : la brasserie 114 Faubourg, une étoile au guide Michelin, et le restaurant gastronomique Épicure, trois macarons attribués par le guide Michelin[22] ;
  • Le Café Antonia ; ouvert de 8 h à 22 h, l'all-day dining accompagne chaque moment de la journée, du petit-déjeuner au dîner en passant par le déjeuner et le Tea time.
  • Le Bar du Bristol, ouvert de 17 h à 1 h.

Équipements divers

modifier
  • Un hall avec des toiles de maîtres et des sculptures du XVIIIe et XIXe siècles acquises, dans les années 1930, à une vente aux enchères des réserves du musée du Louvre, ainsi que deux grandes tapisseries des Gobelins et leurs scènes champêtres ;
  • Le plus grand jardin privé des palaces parisiens avec 1 200 m2 ;
  • Une piscine habillée de teck est située au 6e étage et offre une vue panoramique sur les toits de Paris et le Sacré-Cœur ;
  • 7 salons climatisés dont 4 ouverts sur le jardin ;
  • Un spa Le Bristol by La Mer et salle de fitness ;
  • Une boulangerie avec son propre moulin à céréales. Les équipes de la boulangerie du Bristol travaillent avec six variétés de blé ;
  • Une chocolaterie.

Personnalités liées au Bristol

modifier

Le Bristol au cinéma

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Henri Gibier, « Paris : les très sélects palaces et hôtels d'exception », Les Échos, .
  2. Jean Watin-Augouard, Marques de luxe françaises, Paris, Eyrolles, , 325 p. (ISBN 978-2-212-54493-0), p. 58.
  3. 1 2 « Le Bristol Paris : Histoire et photos de l'hôtel de luxe parisien », sur cosmopolis.ch, (consulté le ).
  4. Christian Baulez, « ? », dans Béatrice de Andia (dir.) et Dominique Fernandès (dir.), La rue du Faubourg-Saint-Honoré (exposition présentée à Paris, mairie du 8e arrondissement, -), Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, coll. « Paris et son patrimoine », , 430 p. (ISBN 2-905-118-49-0), p. 298.
  5. « À l'hôtel Le Bristol, le personnel doit manger une nourriture infecte », L'Humanité, 33e année, no 13738, , p. 5 (lire en ligne).
  6. (en) Mark Thompson, « The wrought-iron elevator gate created by architectural designer Leo Lerman », sur mrnystyleandtravel.com, (consulté le ).
  7. « - : les Français et leurs secrets », segment « L'hôtel des Justes », dans l'émission Complément d'enquête, sur France 2, .
  8. Patricia Daunt, « From Lunacy to Diplomacy. The Hôtel de Lamballe », Cornucopia (en), vol. 5, no 30, 2003-2004 (lire en ligne).
  9. Arnaud Bizot, « Meurtre au Bristol », Paris Match, .
  10. AFP, « Meurtre au Bristol : Ian Griffin conteste l'intention d'homicide », Le Point, .
  11. Jean-Pierre Vergès, « Le mystère de la chambre 503 », Le Monde, .
  12. « Meurtre au Bristol : Ian Griffin condamné à 14 ans de prison en appel », Le Parisien, .
  13. AFP, « Sonia Papet au Bristol : seule femme chef concierge d'un palace parisien », La Dépêche du Midi, .
  14. Thomas Eustache, « Le Bristol Paris élu meilleur hôtel de France », L'Express, .
  15. Laura Dinane, « Quatre hôtels français se classent parmi les meilleurs du monde », Le Figaro, .
  16. Philippe Viguié-Desplaces et Éric Martin, « Le Bristol a 100 ans : dans les couloirs du plus secret des palaces parisiens », Le Figaro, .
  17. Flavien Gagnepain, Paul Abran et Auguste Canier, « Paris : un incendie au Bristol, le palace à côté de l'Élysée, 400 personnes évacuées », Le Parisien, (consulté le ).
  18. « Paris : un incendie à l'hôtel Bristol, une centaine de pompiers mobilisés », TF1 Info, (consulté le ).
  19. Romain Fiaschetti, « Incendie au Bristol à Paris : Sarah Michelle Gellar et Elijah Wood évacués en urgence », Public, (consulté le ).
  20. Olivier Drouin, « Bernard Arnault, Xavier Niel : guéguerre dans l'hôtellerie de luxe à Courchevel », Capital, (consulté le ).
  21. « Hôtel Le Bristol à Paris 8 (75008), bilan gratuit 2016 », SIREN 572047751, sur Societe.com (consulté le ).
  22. 1 2 3 Philippe Viguié-Desplaces, « Hôtel Le Bristol à Paris, l'avis d'expert du Figaro », Le Figaro, .
  23. « Le Bristol Paris : Suite Impériale », sur oetkercollection.com.
  24. « Le Bristol Paris : Suite Panoramique », sur oetkercollection.com (consulté le ).
  25. « Le Bristol Paris, Oetker Hotels », sur booking.com.
  26. « Le Bristol Paris : Chambres & Suites », sur oetkerhotels.com.
  27. Ava Cahen, Woddy Allen. Profession : cynique, Paris, L'Archipel, , 277 p. (ISBN 978-2-8098-1757-7 et 978-2-8098-1772-0, lire en ligne Accès limité).
  28. Jean-Noël Mirande, « Non, Mireille Mathieu n'est pas une cruche ! », Le Point, (version du sur archive.org).
  29. Théo Hetsch, Cellule investigation de Radio France, « Dans l'appartement parisien d'Epstein : massages, dîners mondains et photos de jeunes filles... », sur radiofrance.fr, France Inter, .
  30. Anne-Charlotte de Langhe et Aude Vernuccio, « Paris : le 7e art au 7e ciel : Le cinoche à la trace », Le Figaroscope, semaine du mercredi au , p. 6.

Bibliographie

modifier
  • Pierre Jammet, Le Bristol : un palace dans son siècle, Paris, Hoëbeke, , 137 p. (ISBN 2-84230-057-2).
  • (fr + en) Pierre Jammet (trad. Rita Bufton), Du Bristol au Pavillon Henri IV / From Bristol to Pavillon Henri IV, Paris, Fragments international, , 135-135 p.-[8] p. de pl. (ISBN 978-2-917160-19-0).
  • Pierre Jammet, Témoignage d'un hôtelier d'exception : Le Bristol-Paris, le plus bel hôtel du monde (entretiens documentés avec l'historienne Hélène de Champchesnel), Saint-Jean-sur-Mayenne, Historien-conseil, coll. « Transmettre », , 178 p. (ISBN 979-10-227-0631-5) ; rééd., , 243 p. (ISBN 979-10-95680-04-8).

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier