Le Buffet (poème)

sonnet en alexandrins d'Arthur Rimbaud

Le Buffet est un sonnet en alexandrins d'Arthur Rimbaud. Ce poème est le sixième du second Cahier de Douai (le recueil Demeny). Il est daté sur le manuscrit « Octobre 70 ». Premières publications : Anthologie des poètes français, tome IV, Lemerre, 1888[réf. souhaitée] ; Reliquaire, Genonceaux, 1893 ; Poésies complètes, Vanier, 1898.

Le Buffet
Informations générales
Titre
Le Buffet
Auteur
Lecture du poème.

L'auteur y décrit un vieux buffet.

Ce poème fait partie du recueil de Demeny. Il a la forme d'un sonnet, deux quatrains suivis de deux tercets en alexandrins. C'est l'avant dernier des 22 poèmes du Cahier de Douai, précédant « Ma Bohème ».

Texte du poème

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C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;

— C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

— Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Analyse

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Le critique Steve Murphy déclare que « Le Buffet est un texte qui [l]e déroute totalement [...] », ajoutant « De tous les textes 70, c'est le poème qui m'échappe le plus parce que je n'arrive pas à ouvrir ce buffet ». Murphy suggère qu'il manque peut-être à la critique « une source littéraire », ou « une allégorie qui [lui] échappe ». Pour lui, si les armoires fermées à clé font partie des topoï de la représentation de la vie bourgeoise au xixe siècle, et que c'est bien dans cette tradition codifiée que s'inscrit celle des Étrennes des orphelins, poème qui « cannibalise François Coppée », Le Buffet fonctionne d'une façon visiblement différente[1].

Pierre Brunel relève la parenté avec la grande armoire à la « porte brune et noire » et pleine de « mystères dormant entre ses flancs de bois » des Étrennes des orphelins, mais ajoute que dans le Buffet, « Rimbaud ne se laisse placer ni du côté de Nerval de Sylvie ni du côté de l'intimisme de Coppée ». Son commentaire se traduit essentiellement par des interrogations : « Ce buffet est-il une chose vue dans une auberge en Belgique ? un meuble des demoiselles de Gindre à Douai ? un souvenir plus lointain ? »[2].

Notes et références

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  1. ↑ [vidéo] « Steve Murphy : les poèmes de Rimbaud de 1870 », Patrick Taliercio, , 22:21 min, entretien avec Steve Murphy réalisé en marge du film La Seconde Fugue d'Arthur Rimbaud, Shonagon films / CBA 2015.
  2. ↑ Brunel 1999, p. 791.

Bibliographie

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Sur les autres projets Wikimedia :

  • Pierre Brunel, « Le Buffet », dans Arthur Rimbaud, Œuvres complètes, Paris, Librairie générale française, coll. « La Pochothèque », (ISBN 2-253-13250-0), p. 791.
  • Lee Gonou, « Le Buffet : contemplation ou époptéia », Parade sauvage, no 11,‎ , p. 35-41.
  • Noël Cordonier, « Ouverture du Buffet », Parade sauvage, no 7,‎ , p. 8-15 (JSTOR 44780113).

Liens externes

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