Le Chant de la carriole

film de Satsuo Yamamoto, sorti en 1959

Le Chant de la carriole (荷車の歌, Niguruma no uta?) est un film japonais réalisé par Satsuo Yamamoto, sorti en 1959, adapté du roman homonyme de Tomoe Yamashiro (en) publié en 1956[1].

Le Chant de la carriole
Titre original 荷車の歌
Niguruma no uta
Réalisation Satsuo Yamamoto
Scénario Yoshikata Yoda
Tomoe Yamashiro (en) (roman)
Musique Hikaru Hayashi
Acteurs principaux Yūko Mochizuki
Rentarō Mikuni
Sociétés de production Association nationale du cinéma rural (Zennōei)
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre Drame
Durée 144 minutes
Sortie 1959

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Au lendemain de la première guerre sino-japonaise, dans un village de montagne de la préfecture de Hiroshima, Seki, servante chez un riche propriétaire terrien, épouse Moichi, un facteur qui sait lire et écrire. Moichi vient d’acheter une carriole à bras et rêve de posséder un jour plusieurs charrettes. Reniée par ses parents et renvoyée par son maître, Seki n’est acceptée par sa belle-mère, une veuve dure, qu’à condition de tirer elle aussi une carriole. Chacun tirant la sienne, les époux font chaque jour l’aller-retour de quarante kilomètres jusqu’à la ville, dans l’espoir de fonder leur propre entreprise. La belle-mère maltraite Otoyo, la fille aînée du couple, qui finit par être adoptée par Komura, l’épouse d’un charretier. Pendant des émeutes contre la cherté du riz, Moichi est arrêté. À force de travail, le couple bâtit une maison et un entrepôt. Seki soigne sa belle-mère jusqu’à la mort de celle-ci et gagne ainsi son affection.

Les charrettes à cheval, puis les véhicules à moteur, ruinent les tireurs de carriole ; Otoyo et sa sœur Tomeko partent travailler en filature pour aider la famille. Moichi se reconvertit dans l’abattage de bois pour des traverses de chemin de fer, mais prend une maîtresse, Ohina, qu’il installe sous le toit familial. Seki refuse de quitter la maison qu’elle a contribué à bâtir. La guerre emporte leur fils Saburō à Okinawa, et Sueko, leur fille, disparaît dans le bombardement atomique de Hiroshima. La réforme agraire rend enfin la famille propriétaire de ses terres. Peu après, Moichi s’effondre dans une rizière et meurt en remerciant Seki de sa patience ; elle soupçonne qu’il a été irradié en cherchant Sueko. Seki pardonne à Ohina. Alors qu’elle tire une carriole chargée de ses petits-enfants, elle voit apparaître sur la route son fils Torao, revenu du front.

Fiche technique

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Ces informations proviennent du générique du film, de la fiche Wikipédia japonaise et de la base de données japonaise NFAJ[2]

  • Titre français : Le Chant de la carriole
  • Titres alternatifs : Le Chant du chariot, La Chanson du chariot, Ballade d’une charrette[3]
  • Titre original : 荷車の歌 (Niguruma no uta?)
  • Titres anglais : Ballad of a Cart, Song of the Cart[4]
  • Réalisation : Satsuo Yamamoto
  • Scénario : Yoshikata Yoda d’après le roman homonyme de Tomoe Yamashiro (en) (1956)
  • Initiative du projet : Conseil national des organisations féminines des coopératives agricoles (全国農協婦人組織協議会, Zenkoku nōkyō fujin soshiki kyōgikai?)
  • Photographie : Minoru Maeda
  • Musique : Hikaru Hayashi
  • Montage : Akikazu Kōno
  • Lumière : Isaburō Naitō
  • Direction artistique : Kazuo Kubo
  • Son : Masatoshi Kuga
  • Production : Saburō Tateno, Wataru Nakayama
  • Société de production : Association nationale du cinéma rural (全国農村映画協会, Zenkoku nōson eiga kyōkai?) abrégée en Zennōei[5]
  • Financement : collecte de 32 millions de yens (10 yens par personne) organisée par les sections féminines des coopératives agricoles
  • Distribution : Shintōhō
  • Pays de production : Drapeau du Japon Japon
  • Langue originale : japonais
  • Format : noir et blanc — 35 mm — Format scope 2,35:1[6] — son mono
  • Genre : Drame
  • Durée : 144 minutes
  • Date de sortie :

Distribution

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Autour du film

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Traduction du carton préliminaire du film :

Ce film a vu le jour grâce aux mains de trois millions deux cent mille femmes des campagnes. Cette joie précieuse, celle d'êtres humains qui se reconnaissent mutuellement comme des êtres humains, nous voulons qu'elle appartienne à tous ! Lorsque cette joie continuera de vivre dans le cœur de nombreuses femmes, et que de nombreux jeunes prendront le relais de leurs mères, nous voulons qu'ils fassent de demain non pas la répétition d'aujourd'hui, mais un nouveau départ. C'est avec ces espoirs que ce film a été fait.

Selon Alexander Jacoby, le propos politique de Satsuo Yamamoto porte davantage lorsqu’il reste indirect, et Le Chant de la carriole en est un exemple. Dans cette production indépendante, le scénario intelligent de Yoshikata Yoda donne aux personnages une profondeur atypique, et la critique sociale naît naturellement du drame. Chronique d’un mariage malheureux de l’ère Meiji à la fin de la guerre, le film décrit l’oppression des femmes japonaises avec une force émotionnelle exceptionnelle ; Jacoby y voit probablement le chef-d’œuvre de Yamamoto. Il juge aussi que la scène de révolte paysanne, filmée avec dynamisme, illustre de façon éloquente l’engagement politique du cinéaste[7].

Tadao Satō explique que Satsuo Yamamoto tourne Le Chant de la carriole pour la Zennōei, abréviation de Zenkoku Nōson Eiga Kyōkai (« Association nationale du cinéma rural »). Cette organisation paysanne diffuse des films éducatifs en 16 mm dans les villages qui en sont membres, et finance ses productions en vendant les billets à l’avance dans ces mêmes villages. Adapté par Yoshikata Yoda d’un roman de Tomoe Yamashiro (en), le film prend la forme d’une chronique familiale couvrant les ères Meiji, Taishō et Shōwa. Il retrace le quotidien d’une paysanne usée par le travail, ainsi que les épreuves qu’elle traverse dans son mariage et dans l’éducation de ses enfants. Selon Tadao Satō, le film refuse le sentimentalisme : il met en avant la ténacité de cette femme, qui s’accroche à la terre et continue de vivre envers et contre tout. Yūko Mochizuki tient le rôle principal, dans ce qui est sans doute, selon Satō, la meilleure interprétation de sa carrière. Rentarō Mikuni joue le mari, un personnage très expressif qu’il incarne, d’après Satō, avec conviction. Une fois achevé, le film circule d’abord en 16 mm[8] dans les villages, puis sort dans les salles urbaines de la Shintōhō[5].

Récompenses

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  • Lors de la 14e édition des prix du film Mainichi (1959), Satsuo Yamamoto reçoit le prix du meilleur réalisateur pour Le Chant de la carriole et Le Mur humain (人間の壁, Ningen no kabe?), et Hikaru Hayashi le prix de la meilleure musique pour ces deux films et pour Heureux Dragon no 5 (第五福竜丸, Daigo Fukuryū Maru?) de Kaneto Shindō[9].
  • Le film se classe 4e du palmarès 1959 de la revue Kinema Junpō (33e édition)[10].

Notes et références

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  1. ↑ (ja) Kotobank, « 山代巴 - Tomoe Yamashiro (1912-2004) », sur コトバンク (consulté le )
  2. ↑ (ja) NFAJ, « 荷車の歌 - Niguruma no uta (1959) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  3. ↑ Tadao Satō, Le Cinéma japonais, t. II, Paris, Centre Georges Pompidou, (ISBN 978-2-85850-930-0), p. 295
  4. ↑ (en) Alexander Jacoby (préf. Donald Richie), A Critical Handbook of Japanese Film Directors : From the Silent Era to the Present Day, Berkeley (Californie), Stone Bridge Press, , xxxiii-398 (ISBN 978-1-933330-53-2), p. 353
  5. 1 2 Tadao Satō, Le Cinéma japonais, t. II, Paris, Centre Georges Pompidou, (ISBN 978-2-85850-930-0), p. 133
  6. 1 2 (ja) KINENOTE, « 荷車の歌 - Niguruma no uta (1959) », sur www.kinenote.com (consulté le )
  7. ↑ (en) Alexander Jacoby (préf. Donald Richie), A Critical Handbook of Japanese Film Directors : From the Silent Era to the Present Day, Berkeley (Californie), Stone Bridge Press, , xxxiii-398 (ISBN 978-1-933330-53-2), p. 350-351
  8. ↑ (ja) NFAJ, « 荷車の歌 - Niguruma no uta (1959) : copie 16mm », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  9. ↑ (ja) « 毎日映画コンクール 第14回(1959年) : Prix ​​cinématographiques Mainichi 14e édition (1959) », sur 毎日新聞 (consulté le )
  10. ↑ (ja) KINENOTE, « Classement des 10 meilleurs films de l'année 1959 par Kinema Junpō », sur www.kinenote.com (consulté le )

Liens externes

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