Le Charmeur (Delobbe)
Le Charmeur[1]est une peinture à l'huile sur toile de François-Alfred Delobbe présentée au Salon de 1895[2], au palais des Champs-Élysées[3]. Non localisé, ce tableau est connu par son édition[4] en photoglyptie Braun & Cie[5], ainsi que par la gravure qu'en tira Emile Crosbie en 1897 pour le Magasin Pittoresque[6]. Il donne à voir la vie quotidienne des campagnes bretonnes telle que Delobbe l’observe alors à Concarneau et Beuzec-Conq, celle des pêcheurs et des paysans.
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
1895 |
| Type | |
| Mouvement |
École de Concarneau (d) |
| Commentaire |
Tableau non localisé |
La version musicale du cycle de l’enfance
modifierCe tableau appartient à la même veine que Le Joueur de flûte champêtre (1874)[7], L'Accord (1882)[8], Le Goûter après le bain (1892), Deux Sœurs (1894)[9], Enfant de Bohême (1895)[10]. Delobbe explore ici la musique comme langage de l’enfance, un thème qu’il traite avec une composition triangulaire très stable. Le jeune flûtiste devient un motif moral et affectif.

Cette scène inspire au premier Grand Druide de Bretagne Jean Le Fustec un texte de présentation pour la gravure du Magasin pittoresque :
« Ceci est une paysannerie, à en juger par la tenue du petit joueur de flûte, agenouillé devant l’enfant que sa musique séduit. L’épisode relève d’une observation que chacun de nous peut retrouver au fond de lui-même, en se reportant aux jours de son enfance, si cette enfance s’est passée dans le grand air de la campagne. On a plus ou moins rencontré le long des routes ou au bord des champs, ce petit paysan ébouriffé, gardeur de vaches, de moutons ou d’oies, trottant les pieds nus dans la poussière du chemin ou la peluche verdoyante des prés. Tête curieuse, qui vous dévisage au passage, pour reprendre ensuite la chanson interrompue ou la mélopée arrêtée sur la flûte rustique taillée dans la tige d'un épi vert, quand elle n'est faîte d'une écorce savamment dégagée de son aubier. (…) C'est de la musique d'enfant et pour enfants, semble dire la composition de M. Delobbe. Pendant que le bébé tenu entre les bras de sa mère se penche vers le petit musicien, la femme détourne la tête, inattentive à la mélodie qui sort de la flûte. Elle est heureuse, sa physionomie le dit, de la joie qu'éprouve le poupon frisé ; mais le charme n'agit plus sur elle, et elle se laisse distraire par autre chose. La préciosité de métier qui caractérise l'œuvre de M Delobbe ne lui a pas interdit de sauvegarder dans ce tableau les droits de l'observation morale. Si quelque modèle ou quelque inspiration classique l'a obsédé pendant l'exécution de cette composition, celle-ci n'en reste pas moins assez proche de la vie actuelle pour être comprise de tous. »
— Le Magasin pittoresque[11].
Notes et références
modifier- ↑ Explication des peintures, sculptures et autres ouvrages, Veuve Hérissany, (lire en ligne).
- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : * Le Charmeur [289851] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ Musée du Petit Palais (Paris France), Catalogue illustré de peinture et sculpture (dix-septième année).: Salon de 1895, Librairie d'art, (lire en ligne).
- ↑ « Salon de 1895 », sur digital.slub-dresden.de (consulté le ).
- ↑ Journal général de l'imprimerie et de la librairie, Cercle de l'imprimerie, de la librairie et de la papeterie, (lire en ligne).
- ↑ « Le Magasin pittoresque / publié... sous la direction de M. Édouard Charton », sur Gallica, (consulté le ).
- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : *Musique champêtre [214504] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : L’accord [225756] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : * Deux Sœurs [285284] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : * Enfant de Bohême [289850] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ Le Magasin pittoresque, Bureaux d'abonnement et de vente, (lire en ligne).
Liens externes
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