Le Christ mort et les Anges

tableau d'Édouard Manet

Le Christ mort et les Anges est un tableau d’Édouard Manet réalisé en 1864, et exposé au Salon de la même année. Les réactions des critiques confirment la place du peintre en tant que représentant d’un art s’affranchissant des conventions sociales de l'époque.  

Le Christ mort et les Anges
Artiste
Date
1864
Type
Technique
Dimensions (H × L)
179 × 150 cm
Mouvement
Propriétaire
No d’inventaire
29.100.51Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Contexte

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Manet propose au Salon de 1864 deux tableaux dont Le Christ mort et les Anges. Sa démarche s’inscrit dans la mouvance des tentatives d’Ernest Renan de mettre en valeur le caractère humain du Christ. Renan s’est attiré les foudres des tenants de son caractère divin lorsqu’il publie Vie de Jésus en 1863. Afin de convaincre le jury d'accepter le tableau, Baudelaire fait jouer ses relations avec Philippe de Chennevières qui assure l'organisation de l'événement[1].

Manet fait preuve d’une grande maîtrise stylistique par le caractère spontané de ses représentations, et leur originalité. Les drapés sont notamment traités de manière sophistiquée avec des touches épaisses, tandis que le modelé, assuré par des traits de noir sur de la couleur humide, rend compte d’une forme de simplicité. D’autres parties du tableau ne sont constituées que de grands coups de pinceau, faisant ressortir les représentations plus précises[1].

Manet insère des aspects inhabituels pour l'époque, dotant de couleurs les ailes des anges, et faisant figurer la blessure du Christ à gauche au lieu du côté droit traditionnel. Ce point gêne Baudelaire, qui demande à l’artiste, sans succès, de modifier son tableau pour éviter que cela ne focalise les critiques[1].

Critiques

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Avec ce tableau, Manet s’oppose aux théories de Courbet pour qui les représentations de l’existant doivent être le seul but de l’artiste. Courbet manifeste d’ailleurs, en voyant le tableau, une expression de mauvaise humeur que Renoir rapportera[2].

Des critiques comme Théophile Thoré ou Edmond About se placent d’emblée en tenant d’une représentation plus classique et plus précise des sujets religieux, allant jusqu’à considérer le travail du peintre comme une provocation. Un autre critique compare la représentation du Christ à celle d’un mineur de charbon que l’on retire de terre. Théophile Gauthier y voit la représentation d’un corps non lavé[1].

Parcours

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Le tableau est vendu par Manet à Durand-Ruel en 1872, puis il intègre des collections privées et enfin celles du Metropolitan Museum of Art en 1929 à la suite du legs Louisine Havemayer[3].

Il est présent dans près d’une trentaine d’expositions aux États-Unis et en Europe[4].

Références

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  1. 1 2 3 4 James H.Rubin (traduction de Jeanne Bouniort), Manet, Paris, Flammarion, (ISBN 9782081208933), p. 99-105.
  2. Henri Loyrette et Gary Tinterow, Impressionnisme - Les origines 1859-1869, Paris, RMN, (ISBN 2-7118-2820-4), p. 46-53.
  3. Denis Rouart et Daniel Wildenstein, Manet - Catalogue raisonné - Peintures, Lausanne - Paris, La Bibliothèque des Arts, (lire en ligne), p. 82-83.
  4. (en) « The Dead Christ with Angels », sur metmuseum.org (consulté le ).

Liens externes

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