Courrier des Pays-Bas
Le Courrier des Pays-Bas est un journal libéral édité à Bruxelles qui était la voix principale de l'opposition de la partie sud du royaume uni des Pays-Bas. Il tient, à ce titre, un rôle considérable dans la diffusion de l'information pendant la révolution belge.
Son premier numéro date du mois d'.
Historique
modifierLe Courrier des Pays-Bas succède le au journal le Vrai Libéral, communément appelé le Libéral, dont le dernier numéro (le n° 200) est daté du [1].

En 1828, le rédacteur en chef Louis de Potter est condamné à dix-huit mois de prison et à une amende de mille florins, en raison de vives critiques envers le gouvernement du roi Guillaume Ier. Ce procès politique est l'affrontement le plus spectaculaire qui se soit produit entre l'opposition libérale et le gouvernement autoritaire. Immédiatement après sa libération, en raison des écrits révolutionnaires qu'il continuait à rédiger depuis sa cellule, De Potter, ainsi que d'autres opposants, est condamné le par la cour d'assises de Bruxelles à un exil d'une durée de huit ans.
En 1830, le Courrier, avec 4500 abonnés, est le plus grand important des journaux néerlandais. En plus de Louis de Potter, plusieurs protagonistes pro-français collaborent au journal, en particulier Alexandre Gendebien, Jean-Baptiste Nothomb, Lucien Jottrand et Sylvain Van de Weyer, ces deux derniers membres de la Société des Douze tout comme Philippe Lesbroussart ou Auguste Baron qui collaborent également à la rédaction de la Gazette des Pays-Bas. Édouard Ducpétiaux, qui fit confectionner le premier drapeau tricolore « belge » aux couleurs brabançonne par Marie Abts, pour s'opposer à l'apparition spontanée des drapeaux français, fait également partie de la rédaction.
Les journalistes du journal sont parmi les instigateurs des émeutes d'août 1830 à Bruxelles qui ont conduisent à la révolution belge.
En 1832, Lucien Jottrand prend la direction du journal, renommé dorénavant Courrier Belge, et en devient également rédacteur en chef.
Le , le journal devient la propriété du lithographe Marcellin Jobard[2],[3].
Critiques
modifier- Dans son livre La ville rebelle de , Georges Libri-Bagnano, journaliste et orangiste dont la maison d'édition et la résidence sont pillés lors des émeutes d'aout 1830 à Bruxelles, fustige Le Courrier des Pays-Bas en disant[4] : « Aussi la prétexte d'explosion est-il né, en effet, d'une pièce théâtrale, de la Muette de Portici. Déjà les journaux avaient largement rempli leur mandat de félonie et de sédition, notamment depuis les événemens de Paris. Le Courrier des Pays-Bas, cette feuille infame, qui, pour comble de scandale, compte parmi ses rédacteurs, deux empoisonneurs officiels d'esprit public, ou, si l'on veut, deux professeurs d'enseignement, Les Broussart et Van de Weyer ; le Courrier des Pays-Bas, disons-nous, avait lancé un véritable brûlot dans son no 232 du 20 août, et l'on ne sait si l'on doit le plus s'étonner de tant d'audace d'une part ou de tant de faiblesse de l'autre ; car, s'il est vrai de dire que parmi les dernières poursuites, intentées contre les feuilles incendiaires, quelques unes pouvaient, comparativement, être considérées comme futiles, il n'est pas moins vrai d'ajouter que les journaux de nos provinces méridionales, et plus spécialement ceux de Bruxelles, ont publié plus d'un article d'une telle virulence, d'une intention séditieuse tellement ouverte et manifeste, que, pour peu que les organes de l'autorité eussent été animés de ce zèle intègre et courageux, que l'amour de la patrie et le sentiment consciencieux du devoir peuvent seuls inspirer, les presses, les ateliers de ces usines de rébellion auraient été mis sous scellés, et les vingt ou trente artisans de trouble saisis, arrêtés, au même instant, et immédiatement acheminés, sous bonne escorte, vers l'extrémité de nos provinces septentrionales. »
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- La Brabançonne Texte original de l'hymne national belge, publié le dans le « Courrier des Pays-Bas », quelques jours après la représentation de La Muette de Portici et quelques jours avant la première exécution de l'hymne à le Monnaie, sur l'Air des Lanciers polonais.
Notes et références
modifier- ↑ Messager des sciences historiques de Belgique 1839-96, p.261-262
- ↑ De son prénom complet, Jean-Baptiste-Ambroise-Marcellin et connu sous le patronyme de Marcellin Jobard
- ↑ (nl) « Nieuwe aanwinsten: Kranten » dans Nieuwsbrief site "Liberaal archief". Les "Liberaal archief", le qualifient erronément de "notaire" et lui donnent comme prénom usuel son premier prénom Jean au lieu de Marcellin.
- ↑ Georges Libri-Bagnano, La ville rebelle, H. P. De Swart, (lire en ligne), p. 8